Le tournage de
Fair Game a commencé en avril 2009. Les prises de vues se sont déroulées à Washington, à New York, à Long Island au Marshall Field Estate, et dans le comté de Westchester dans l’Etat de New York. L’équipe s’est rendue à l’étranger pour tourner au Caire en Egypte, à Amman en Jordanie, et à Kuala Lumpur en Malaisie.
Mais c’est le tournage en Irak qui a représenté le plus gros défi pour le réalisateur, qui raconte : « Nous étions la première société de cinéma américaine à tourner un film à Bagdad autre qu’un documentaire. C’était épuisant nerveusement, mais travailler dans un lieu aussi instable et agité était essentiel étant donné la nature du film. »
Le réalisateur et un chargé de production se sont rendus à Bagdad en avion pour 24 heures. Sur place, ils ont rencontré le cinéaste irakien Oday Al-Rashed et un petit groupe d’hommes équipés d’armes automatiques. Portant des gilets pare-balles, Liman et Al-Rashed ont filmé à l’ancien Aéroport international Saddam Hussein, sur des ponts traversant le fleuve Tigre, et dans une mosquée désaffectée et plusieurs bâtiments bombardés par des missiles américains.
Doug Liman explique : « Où que nous nous trouvions, nous n’avions pas le droit à l’erreur. Il fallait absolument que je tourne la scène prévue le jour prévu parce que, le lendemain, ce serait trop tard. Le lendemain, nous nous retrouvions dans un autre pays. Nous n’avions aucun plan B, et nous savions que le film n’aurait pas été aussi bon autrement. »
De retour aux Etats-Unis, les cinéastes se sont installés dans un complexe tentaculaire qui abritait autrefois les bureaux d’IBM à White Plains, dans l’Etat de New York, et a été transformé en bureaux de la Central Intelligence Agency par le chef décorateur
Jess Gonchor et son équipe.
Doug Liman explique : « J’ai décidé d’aller encore plus loin dans le réalisme que pour
La Mémoire Dans La Peau. Ici, il n’y a pas de super gadgets secrets, pas de satellites qui peuvent voir à travers les murs, rien de tout cela. Tous ceux qui sont déjà allés dans des bureaux gouvernementaux savent très bien que la technologie que l’on y trouve n’a rien de révolutionnaire.
La Mémoire Dans La Peau exagérait les choses, mais dans
Fair Game nous sommes précis, authentiques à 100 %. »
Les cinéastes ont même emprunté à la CIA un de ses critères pour la collecte de renseignements : le recroisement des informations permet d’assurer leur authenticité.
Doug Liman explique : « Chaque détail de ce que nous avons filmé a été confirmé par au moins deux sources différentes, même quelque chose d’aussi mineur que le plan au sol du bureau de Valerie. C’étaitimportant car notre sujet portait sur les opérations secrètes de la CIA. »
Valerie Plame Wilson elle-même, en respectant l’accord de confidentialité qu’elle a signé avec la CIA, a pu fournir des informations utiles aux cinéastes et aux acteurs et a passé plusieurs semaines sur le plateau au moment du tournage. Elle confie : « La plupart du temps, quand je vois un film qui parle de la CIA, je trouve que ce que je regarde a bien peu de rapport avec la réalité. Ici, tout est exactement comme dans la réalité, y compris ce qui figure sur les écrans des ordinateurs, ou les cartes accrochées aux murs.
Doug Liman et tous ses collaborateurs étaient très attentifs et résolus à faire en sorte que tout dans le film soit aussi exact que possible. »
Naomi Watts a même suivi un stage auprès d’agents de renseignement et de membres des forces spéciales, qui reprenait l’entraînement très exigeant que subissent les agents de la CIA au Camp Peary, l’installation de la CIA connue sous le surnom de « la Ferme ».