Entretien avec Carine Sarfati, créatrice de costumes Qu’est-ce qui vous excitait dans un projet comme « Faubourg 36 » ?
D’abord je n’avais jamais fait de film se déroulant dans les années 30 et il est toujours excitant d’aborder une période sur laquelle on n’a pas encore travaillé. Ensuite, et même avant tout, le projet lui-même. Et l’enthousiasme, l’exigence et la détermination de Christophe. Je ne le connaissais pas, c’est Jean Rabasse qui lui a parlé de moi. J’adore travailler avec Jean. C’est quelqu’un de très inspirant. Il a en lui une part d’enfance qui rend toute collaboration avec lui stimulante et enthousiasmante. On s’entend très bien, sans doute parce qu’on se moque un peu tous les deux des conventions et de l’académisme, et qu’on aime s’amuser. La première fois que j’ai rencontré Christophe, il m’a parlé de l’histoire de Faubourg 36, du milieu du spectacle, du Front populaire, du Paris de l’époque. Et dès notre deuxième rencontre, après avoir lu attentivement son script qui m’a emballé, je lui ai montré mes premières recherches...
C’est-à-dire ?
Ma manière de travailler est toujours la même. Pour chaque personnage, je fais un dossier où je rassemble tout ce que m’évoque le personnage, son histoire, son évolution... il y a de tout : des images de films, des pages de journaux, des photos de mode, des peintures, des collages, des couleurs, des ambiances, des dessins, des échantillons de matière... Certains peuvent être liés à l’époque, d’autres pas du tout. Pour le personnage que joue Kad, par exemple, j’avais découpé aussi bien des photos de Cecil Beaton et des images de cirque que des costumes de John Galliano et des portraits d’excentriques du cinéma français. Pour Clovis, il y avait à la fois Marlon Brando et Jean Gabin... Ces dossiers, qui me sont aussi très utiles pour expliquer aux acteurs dans quelle direction je compte travailler, grossissent au fur et à mesure de mes recherches. Avec Jean, sur ce film-là, nous avons mis en commun notre documentation. C’était une vraie bibliothèque ! On avait même instauré un petit système de fiches pour savoir qui avait quel livre ! Je me suis inspirée bien sûr des films de l’époque, mais aussi des actualités qu’on voyait alors au cinéma, des photos de Brassaï, Willy Ronis, Doisneau, Bill Brandt, de vieux journaux trouvés aux puces... Je chine beaucoup, à la fois pour trouver des documents mais aussi des tissus, des matières, des couleurs. D’ailleurs, avec Jean, on discute toujours énormément des couleurs. Il me parlait de la couleur du théâtre, de la pierre du Faubourg, du ton des tableaux des spectacles, des ambiances des différents lieux et je réagissais en fonction de ça, je lui faisais des propositions de gammes... Avec Christophe, j’arrivais avec mes sources d’inspiration et mes idées, lui avait ses références et ses envies, et on en parlait. C’étaient entre nous trois des échanges continuels.
Concrètement, comment s’est passée la fabrication des costumes ?
Nous avons eu quatre mois de préparation. La plupart des costumes principaux ont été fabriqués aux Ateliers de costumes. En revanche, pour les costumes des numéros chantés et dansés, j’ai ouvert à Bry-sur-Marne un atelier où huit personnes ont travaillé pendant trois mois. Je tenais à fabriquer les costumes du music-hall moi-même pour bien respecter l’idée du film : ce sont les gens du faubourg qui ont eux-mêmes conçu et fabriqué ces costumes de scène alors que ce n’est pas leur métier. Ils s’improvisent costumiers comme ils s’improvisent chanteurs ou danseurs. Il devait y avoir un petit côté bricolage, système D... on peignait des choses sur les costumes, on mélangeait les matières... on a continué à Prague, mais là, je n’ai pu emmener que ma chef d’atelier. Lorsque certains numéros du spectacle s’inventaient ou s’enrichissaient de personnages, on créait les costumes ! L’idée que Jacky Jaquet change à chaque fois de veste et que chacune soit chaque fois plus excentrique que la précédente, c’était déjà dans le scénario ? - oui. C’est une idée magnifique et en même temps, ça a fait de Jacky le personnage le plus difficile à habiller parce qu’il fallait que ce soit à la fois extravagant et plausible. J’ai fait comme toujours, je me suis raconté des histoires. Je me suis demandé qui lui fabriquait ses vestes, où il trouvait le tissu... C’était un joli tremplin pour l’imagination. J’ai trouvé par exemple un tissu un peu fané sur lequel j’ai fait reproduire une affiche de Paul Colin, en me disant qu’il aurait très bien pu l’afficher chez lui et s’en inspirer pour s’en faire fabriquer une, ça m’amusait... J’ai bien dû concevoir une bonne dizaine de vestes, fruits d’autant d’histoires. J’aime bien en effet me raconter des histoires sur les personnages. Par exemple, pour monsieur TSF, que joue Pierre Richard, Christophe m’avait dit qu’il était habillé avec de vieux vêtements puisqu’il ne sortait plus de chez lui depuis longtemps. Je l’ai imaginé avec un col dur et une cravate, et toujours bien rasé. J’ai imaginé que tous les matins, il se disait : « Je vais essayer de sortir aujourd’hui », sans jamais y arriver, et ce depuis 30 ans ! Je trouvais ça plus intéressant que de lui donner l’allure d’un clochard. Pour Galapiat, certes c’est Le méchant du Faubourg, mais il cherche - et obtient - une certaine respectabilité. Je l’ai habillé comme un grand industriel, avec des chapeaux et de très beaux costumes sur mesure qui lui allaient très bien. Pigoil, lui, avait l’air de sortir tout droit d’une photo de Doisneau ou de Willy Ronis, ça n’était pas très compliqué.
Et pour le personnage de Douce ?
Pour Douce, certes, elle débarque de sa province à Paris sans argent, mais en même temps, elle est la fille d’une chanteuse qui avait dû être élégante et qui avait dû lui transmettre une éducation un peu esthétique, donc je me suis dit qu’elle devait toujours être bien habillée, un peu mignonne. J’ai même écrit la liste de tout ce qu’elle pouvait avoir dans sa valise ! Il y a ainsi une robe à carreaux, avec un petit manteau qui va avec, faite de tissu ancien que j’ai trouvé en chinant, que j’aime beau- coup. Puis, à partir de Bruxelles, où elle rencontre le succès, il y a forcément un changement. Elle gagne de l’argent, elle a des robes d’une autre qualité. Lorsqu’elle va avec Galapiat aux milles et une nuit, je la voulais un peu précieuse tout en lui gardant un côté enfantin, par rapport aux autres femmes qui sont assez dénudées. J’adore cette robe. C’est un plaisir d’habiller quelqu’un comme Nora. Elle est très jolie et elle a aussi une vraie fantaisie. Un petit grain de folie, quelque chose de très libre. Et quelle voix ! Ce qui m’intéressait aussi avec Douce, c’était d’essayer de donner envie aux filles d’aujourd’hui de porter ses habits. J’aime qu’il y ait un écho avec notre temps. À la fois que ce soit juste pour l’époque et que ça parle aux gens d’aujourd’hui. par exemple, pour Clovis, j’avais envie qu’il ait une silhouette assez contemporaine, avec un blouson de cuir, un petit polo que pourraient porter les jeunes gens aujourd’hui. En fait, ce qui me plaît dans mon travail sur un film, c’est de faire des vêtements, pas des costumes.
Pour « Partir », le clou du spectacle du Chansonia, qu’est-ce qui vous a guidée ?
Toute la partie spectacle de « Faubourg 36 » était pour moi un vrai cadeau, j’allais pouvoir inventer toutes sortes de choses, juste en me mettant à la place de ces gens du peuple qui se retrouvaient à défendre ce petit music-hall, à inventer leurs numéros... pour « Partir », notre défi était double : ces gens montaient un spectacle qui devait être attrayant pour le spectateur, mais on devait prendre en compte le fait qu’ils n’avaient pas beaucoup de moyens pour le réaliser. C’est comme ça que j’ai eu, par exemple, l’idée que chaque danseur représente ce qu’il était censé être dans la vie : un boulanger, une ouvrière, un garçon de café, etc.. ça m’a permis de mélanger des costumes existants, d’en faire styliser d’autres et d’en créer de nouveaux. J’ai voulu que toutes les danseuses portent les mêmes chaussures repetto même si elles étaient en bouchères ou en ouvrières, qu’elles aient les mêmes coiffures et les mêmes maquillages. J’ai voulu que tout soit dans les blancs, les gris, les beiges, les noirs pour qu’il y ait quelque chose de très uniforme. J’ai souvent eu ce souci d’ailleurs. Par exemple, dans la boîte des « mille et une nuits », je n’ai voulu que des costumes noirs pour les hommes et des robes or, argent ou blanches pour les femmes. Ça donne tout de suite une impression de luxe sans beaucoup d’effets. J’adorais aussi les girls en doré et en patin à roulettes. J’aime beaucoup travailler comme ça, par tableau. Et c’est là bien sûr que les discussions avec Jean sont très importantes... Les coiffures et les maquillages étaient encore plus importants pour les figurantes qui jouaient les spectatrices du Chansonia. Ce sont les seules choses qui pouvaient les différencier des femmes de maintenant. elles portaient en effet des affaires qu’on pourrait presque trouver au monoprix d’à-côté. On en a beaucoup parlé avec la chef coiffeuse. Tout était entre ses mains. Les crans, les coupes... Grâce à elle et à son équipe, et grâce à l’équipe maquillage - c’est un travail qui n’est pas reconnu à sa juste valeur, il n’y a pas de César de la coiffure, ni du maquillage ! - toute cette foule a pris corps, est devenue vivante...
Si vous ne deviez garder qu’une image de toute l’aventure ?
Le tournage de « Partir » était incroyable. La salle était pleine. On oubliait que c’étaient des figurants, on se serait cru au spectacle. Il y avait une atmosphère fantastique. Lorsque j’ai vu la première prise, je me suis effondrée en larmes d’émotion et aussi de soulagement, tellement j’étais tendue parce que je voulais que ça fonctionne. J’ai besoin de voir mes costumes s’incarner. Ce qui est important, c’est le film qu’on fait, et pas les costumes en eux-mêmes. C’est pour cela qu’il est indispensable pour moi d’être présente le plus possible sur le plateau, au moment du tournage. Lorsque je suis devant le combo et que je vois les acteurs jouer, tout prend sens. Je me souviens aussi de Gérard Jugnot lorsqu’il regarde Douce chanter pour la première fois. Nora chantait en direct, il y a eu un plan sur Gérard, qui était tellement remué qu’il m’a émue aux larmes ! Il a lui-même une émotivité incroyable. Je me souviens aussi d’un des premiers plans qu’on a tournés dans le théâtre, lorsque Pigoil traverse tout le Chansonia jusqu’aux coulisses. J’étais scotchée pendant toute la prise. Je me disais : « Ça, c’est du cinéma » ! C’est ce que j’aime chez Christophe, c’est qu’il va au bout de ce qu’il aime. Sa démarche est très sincère. Et puis il est très enthousiaste, il nous emmène avec lui, il nous transmet sa passion. J’ai rarement vu ça à ce point-là. Ça a été formidable de travailler sur un film comme celui-là. L’époque est excitante, il y avait beaucoup de costumes à réaliser qui requièrent de l’imagination, de l’invention, de la recherche, les acteurs étaient très motivés, toujours partants... Un vrai bonheur ! J’espère de tout cœur que j’aurai la chance de refaire un film pareil. Notes de tournage...Le 23 Août 2007 - Jugnot, Merad et Cornillac chanteurs pour Christophe Barratier
Quatre ans après sa première réalisation, Christophe Barratier revient derrière la caméra pour diriger Faubourg 36, comédie musicale sur fond de Front populaire. Le tournage, débuté en juin dernier, se déroule actuellement dans des studios de Prague. L’intérieur d’un théâtre y a été reconstitué, ainsi que des paysages de mer et de plage, qui serviront de décors à la scène finale du film. La sortie sur nos écrans est prévue pour 2008. Entretien avec Christophe BarratierEtait-ce facile après l’immense succès de Les Choristes de trouver le sujet de votre deuxième film ?
Tout le monde me disait « On va t’attendre au tournant ». C’est curieux, cette manie d’attendre au tournant... Comme si, dans notre milieu, on préférait secrètement l’arrivée du pire à celle du meilleur. Le premier qui m’attendait « au tournant », c’était moi-même. Dans un premier temps, je pensais qu’il ne fallait pas me précipiter. J’ai commencé par refuser tout ce qu’on me proposait, y compris des États-Unis. C’était facile : rien ne me tentait vraiment. Je n’ai pas écouté les conseils qu’on me donnait, pourtant de bonne foi et avec de bonnes intentions : il me fallait casser l’image donnée par Les Choristes, faire un thriller ou un film interdit au moins de 18 ans, il ne fallait surtout pas qu’il y ait de la musique et des chansons et encore moins que je retravaille avec Jugnot... mais la seule question qui m’intéressait était : « pourquoi ferais-je autre chose que ce dont j’ai vraiment envie ? ». Après un film qui était une adaptation, je savais que mon salut viendrait d’un script original, de ma capacité à écrire moi-même une bonne histoire. Le meilleur moyen pour se libérer de la pression c’était de suivre ce qui m’anime, de chercher un sujet et des personnages qui m’excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver - il ne faut pas avoir peur de se ressembler. Je ne me suis jamais demandé quel était le film qui pourrait attirer huit millions de spectateurs, ou celui que les gens avaient envie de voir. D’autant qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça que ça marche, c’est même l’inverse. Entretien avec Gérard JugnotAvez-vous été surpris quand Christophe Barratier vous a proposé le rôle de Pigoil dans « Faubourg 36 » ?
Surpris, non. Touché, oui ! Il arrive souvent lorsqu’on a fait le premier film d’un réalisateur, que pour le deuxième, le réalisateur n’ait pas envie de retourner avec vous, même si ça s’est bien passé et même si le film est un succès. Juste histoire de changer, de s’affranchir, d’imprimer sa marque. Heureusement, ça n’a pas été le cas. Christophe est extrêmement généreux et a une grande capacité d’écoute. Il n’hésite pas à utiliser les idées qui viennent de l’extérieur. Il y a entre nous une très grande complicité. Ne serait-ce que parce qu’on est tous les deux amoureux de ce cinéma français classique, populaire, construit autour de beaux dialogues, de rôles forts, de seconds rôles marquants. Et puis, je crois - et c’est ce qui me touche ! - qu’il a une angoisse existentielle encore plus grande que la mienne ! C’est un plaisir partagé que d’entretenir cette relation qui s’est créée entre nous. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné le rôle de Clément Mathieu et permis de vivre cette incroyable aventure des « Choristes », puis d’avoir ensuite écrit pour moi ce Pigoil de « Faubourg 36 ». Comme s’il était clair que j’avais ma place dans son imaginaire, dans son désir de cinéma. en plus, c’est à nouveau un personnage formidable à interpréter. Entretien avec Clovis CornillacVous souvenez-vous de la première fois que Christophe Baratier vous a parlé du projet ?
Un peu plus d’un an avant le tournage, Christophe a voulu me rencontrer, il m’a dit qu’il était en train d’écrire et qu’il pensait à moi. Il m’a expliqué son film. Tout de suite, j’ai été frappé et séduit par son enthousiasme et par l’ambition de son projet. J’ai bien aimé qu’après le succès des « Choristes », il n’aille pas vers la facilité mais qu’il ait au contraire le désir de se servir des moyens que ce succès lui offrait pour se lancer dans une histoire qui lui ressemble, pour relever un vrai défi. Le sujet m’a tout de suite plu. 1936, le point de vue ouvrier, le destin de « petites gens », les types qui reprennent eux-mêmes le cabaret qui va fermer et qui inventent des numéros même si ce n’est pas leur métier, ce personnage syndicaliste aux fortes convictions... Il y avait là les bases d’un cinéma formidablement populaire que j’aime beaucoup. Il m’a aussi parlé de Gérard Jugnot et de Kad Merad, je trouvais que c’était une excellente idée de nous réunir tous les trois. Entretien avec Kad MeradVous souvenez-vous de la première fois que Christophe vous a parlé de « Faubourg 36 » ?
Trois ans avant le début du tournage, à la sortie des « Choristes », il m’avait dit qu’il voulait qu’on retravaille ensemble. Il m’a parlé d’un projet de film autour de la période du Front populaire. Puis assez vite, il m’a parlé de mon personnage, Jacky Jacquet, en me disant que c’était par lui que le dérisoire allait intervenir. J’étais très flatté car il écrivait ce rôle en pensant à moi. C’est une chance formidable que de faire partie d’un projet depuis son origine, c’était assez nouveau pour moi. Christophe m’en parlait régulièrement et le fait que nous soyons très amis ajoutait encore au plaisir. D’autant que, sans fausse modestie, si j’avait été fou de joie de participer aux « Choristes », mon rôle était assez limité, tandis que cette fois-ci, au fur et à mesure que Christophe m’en parlait, je m’apercevais que mon personnage était vraiment consistant, qu’il évoluait, qu’il avait un destin... Quand vous êtes sur le deuxième film de Christophe Barratier, vous avez quand même envie d’avoir un grand rôle, d’avoir une histoire dans l’histoire. Là je ne pouvais rêver mieux ! C’est d’ailleurs la force de ce scénario, c’est qu’aussi bien Gérard que Clovis et moi, on a une histoire dans l’histoire. On est un peu le centre du film... Entretien avec Nora ArnezederQuand avez-vous entendu parler pour la première fois de « Faubourg 36 » ?
Lors d’un rendez-vous avec Christophe Barratier et la directrice de casting du film. Christophe m’a parlé un peu de l’histoire ainsi que du personnage de Douce, mais il m’a d’emblée annoncé que j’étais trop jeune pour le rôle. Il pensait alors que le personnage de Douce devrait avoir 25 ou 30 ans. Bien sûr, j’étais déçue mais il m’a proposé de passer des essais chant pour un petit rôle. Il m’a envoyé deux chansons du film. Je les ai travaillées pendant plus d’un mois avant de passer les essais filmés sur la scène de l’Elysée Montmartre. Finalement, il m’a envoyé le scénario en me disant qu’il allait me faire passer un essai de comédie... pour le rôle de Douce ! Je pensais que ce n’était pas un très grand rôle mais lorsque j’ai lu le scénario, j’ai vu le nom « Douce » à toutes les pages ! J’étais folle de joie. Entretien avec Pierre RichardComment vous êtes-vous retrouvé impliqué sur « Faubourg 36 » ?
Je crois que tout le monde m’en a parlé... avant Christophe ! Dominique Besnehard, Clovis... De toute façon, c’est simple, à chaque fois que Clovis est dans un film, il dit qu’il voudrait m’avoir à ses côtés. Nous en sommes déjà à notre quatrième film ensemble. Il a une passion pour moi, c’est mon agent ! Tous me disaient qu’il y avait dans Faubourg 36 un personnage magnifique qui était écrit pour moi. Mais les jours et les semaines passaient sans que j’ai de nouvelles. Christophe, je le connaissais bien mais pas tellement par le cinéma. C’est le copain d’un de mes copains, on avait dîné ensemble, et on s’était surtout vus à Cuba où il m’avait invité pour le festival du film français dont il s’occupe. Et puis, finalement, il m’a appelé. Pour me proposer ce personnage surnommé m. TSF parce que, comme il refuse de sortir de chez lui, son seul lien avec le monde est la radio... il ne m’en a pas trop dit la première fois. J’ai lu le scénario, et j’ai tout de suite été emballé. Entretien avec Bernard-Pierre DonnadieuChristophe Barratier vous a-t-il dit pourquoi il vous avait choisi pour jouer Galapiat ?
Il avait vu et aimé le téléfilm de Maurice Failevic, Jusqu’au Bout, inspiré de l’affaire Cellatex, où je jouais le rôle d’un grand syndicaliste. Et puis, Jacques Perrin et lui connaissent bien la productrice Dominique Antoine pour qui j’ai joué Jean Monnet dans le téléfilm « Nous nous sommes tant haïs ». Quand elle a lu le scénario de Faubourg 36, elle a dit à Christophe que je ferais un bon Galapiat. Il a tout de suite réagi positivement. Je ne le connaissais pas, j’avais juste aimé Les Choristes. Il m’a envoyé le scénario que j’ai lu immédiatement et que j’ai trouvé formidable. Entretien avec Frank Thomas et Reinhardt WagnerCe sont vos chansons qui ont donné l’envie à Christophe Barratier de faire « Faubourg 36 », qu’est-ce qui vous a incité à écrire et composer des chansons autour de cette époque-là ?
Frank Thomas - Comme toujours, les choses naissent un peu par hasard. Il se trouve que 1936, c’est l’année de ma naissance. Je ne sais pas trop pourquoi j’avais écrit beaucoup de textes autour de cette époque, où il était déjà question d’un accordéoniste. Mais je n’avais pas de but précis. Il m’arrive souvent d’écrire des textes sans savoir ni pour qui, ni pour quoi. Et puis un jour, ce devait être en 1992 ou 1993, une amie m’a présenté Reinhardt Wagner que je connaissais de nom pour l’avoir remarqué dans des génériques de film. Il m’a proposé de faire des chansons ensemble. Je lui ai donné un de mes textes - pas un des plus simples, histoire de le tester ! Quelques jours après, il m’a joué la musique qu’il avait écrite. C’était formidable ! J’ai tout de suite vu qu’il n’était pas qu’un excellent mélodiste mais un vrai compositeur. Entretien avec Jean RabasseDe quelle manière Christophe Barratier vous a-t-il parlé de « Faubourg 36 » la première fois ?
J’étais à Las Vegas où je travaillais sur « Love », le spectacle du Cirque du Soleil en hommage aux Beatles, lorsque Christophe m’a appelé. Je l’ai rencontré dès mon retour. Il m’a raconté son film et très vite nous avons parlé des grands classiques du cinéma français des années 30 et 40, des décors qui, pour lui, ne devaient pas être juste des reconstitutions mais des interprétations. Il avait une vision précise et une analyse intéressante de ce qu’il voulait. J’étais ravi que Christophe me choisisse pour de bonnes raisons, il était très clair sur ses motivations. Il est très sensible aux informations que le décor apporte à son analyse des personnages. Pour lui, le décor est vraiment important et, en même temps, il doit être au service de son histoire et de son propos. Bien sûr, on a parlé d’Alexandre Trauner, des grands décorateurs des années 30/40, mais aussi des photographes comme Brassaï, Izis, Doisneau dont il voulait retrouver à la fois la vérité et l’humanité... puis, au fur et à mesure de nos discussions, nous avons abordé des références plus contemporaines. Nous avons regardé nombre de films ensemble, comme par exemple Les Sentiers De La Perdition de Sam Mendes, quasiment image par image, parce qu’il y a des choses incroyables dans ce film. |
|
|