Pour les cinéastes, il était inconcevable de tourner
Fighter ailleurs qu’à Lowell, dans le Massachusetts, la ville natale de Micky Ward et Dicky Eklund, devenue un véritable personnage du film.
Située le long des rapides du fleuve Merrimack, à 50 kilomètres au nord-est de Boston, Lowell a été fondée en 1826 et a été la première ville industrielle du pays, un grand centre de manufactures textiles qui a attiré de nombreux travailleurs immigrés venus d’Irlande, du Canada, d’Allemagne, de Pologne, du Portugal, de Lituanie et d’autres pays.
Après des années de prospérité, le déclin de ses usines a fait basculer la ville dans une longue et profonde crise dont elle commence seulement à sortir. Lowell est pourtant restée un endroit chaleureux et métissé aux rues animées, où l’esprit ouvrier qui a aidé Dicky, puis Micky, à se faire un nom sur le ring est toujours vivant.
David O. Russell raconte :
« Nous savions tous que ce film devait être tourné à Lowell. Quand vous demandez aux gens qui habitent le Massachusetts s’ils connaissent Lowell, ils répondent tous « évidemment ! » comme si c’était le centre du monde. C’est un endroit très fort, très particulier. Avec ses usines qui datent pour les plus anciennes du XVIIIe siècle, Lowell a été le fer de lance de la Révolution Industrielle américaine. Ses habitants sont très fiers de leur identité. Ce sont des gens rudes, mais aussi très gentils quand vous commencez à bien les connaître.
« La ville a une architecture très particulière, poursuit le réalisateur.
Les rues sont sinueuses et n’arrêtent pas de se croiser. Il y a aussi tous ces carrefours à cinq rues et ces immeubles d’angle à deux niveaux avec des bardeaux. C’est vraiment unique, c’est un endroit qu’on ne peut recréer nulle part ailleurs dans le monde. »
Pour capter l’énergie de la ville et celle des familles Ward et Eklund,
David O. Russell a travaillé avec une équipe d’artistes expérimentés comprenant le directeur de la photographie
Hoyte Van Hoytema qui a éclairé le film de vampire indépendant
Morse, la chef décoratrice
Judy Becker qui a signé les décors de films comme
Le Secret De Brokeback Mountain et
The Extra Man, et le chef costumier
Mark Bridges qui a récemment travaillé sur le chef-d’oeuvre de Paul Thomas Anderson,
There Will Be Blood.
Hoyte Van Hoytema a renforcé le dynamisme et le côté intime de l’histoire en tournant presque toutes les scènes en caméra portée ou avec un Steadicam, en utilisant la nouvelle caméra Aaton Penelope 35 mm 2 perfs, qui permet une plus grande souplesse et a une autonomie de tournage plus longue sans avoir recours au numérique.
De son côté,
Judy Becker a utilisé le plus de décors naturels possibles, dont le West End Boxing Gym de Lowell, le club de boxe d’Art Ramalho, l’homme qui a entraîné les deux frères au début de leurs carrières. Dire qu’Art était heureux d’avoir Dicky et Micky et toute l’équipe du film dans son gymnase serait en dessous de la vérité. Art, qui permet à de nombreux enfants et adolescents du quartier de venir boxer gratuitement quand ils n’ont pas d’argent pour se payer des cours, a confié que l’argent de la location de son club allait lui permettre de payer ses factures de chauffage dans les temps pour la première fois. Il était aussi ravi de pouvoir figurer dans le film avec son fils.
Le Tsongas Arena de Lowell a été utilisé pour les combats les plus importants.
Mark Wahlberg raconte :
« Quand nous avons tourné les combats, c’était incroyable de voir le nombre de personnes qui sont venues pour remplir la salle. Ils voulaient tous voir ce qui se passait et participer. »
Pour recréer l’environnement de Micky et Dicky,
Judy Becker a utilisé une maison située à trois pâtés de maisons de celle de leur famille, qu’elle a décorée comme l’originale. La chef décoratrice a aussi utilisé un appartement dans lequel ont habité plusieurs membres de la famille du vrai Micky Ward pour recréer celui où il a vécu.
Les costumes de
Mark Bridges sont eux aussi imprégnés de détails authentiques. Le chef costumier raconte :
« C’est presque un film d’époque – l’histoire se déroule dans les années 80 et au début des années 90. Les gens avaient des coupes de cheveux spéciales et portaient des vêtements très colorés. Dans une ville comme Lowell, les modes ont tendance à durer plus longtemps que dans les grandes villes. C’est un monde très particulier et les costumes des personnages sont très forts sur le plan visuel. »
Tous ces éléments ont renforcé l’ambiance sur le plateau et aidé les acteurs à jouer leurs personnages.
Christian Bale commente :
« C’est toujours formidable de tourner en décors naturels, et c’est encore mieux quand vous tournez dans les lieux où tout s’est vraiment déroulé. C’était vraiment super de pouvoir répéter nos scènes avec Micky et Dicky qui nous racontaient ce qui s’était passé dans chaque endroit où nous filmions. »
Un des aspects les plus excitants du tournage à Lowell a été de voir ses habitants s’impliquer dans la production avec autant de passion qu’ils se sont intéressés aux vies et aux destins des deux frères.
Todd Lieberman raconte :
« Beaucoup de gens qui ont joué un rôle plus ou moins important dans l’histoire de Micky et Dicky sont venus voir le tournage et passer du temps avec nous. Il y a un vrai sentiment d’appartenance à Lowell, une sorte de fierté de clan parmi les personnes qui connaissent et aiment cette histoire et cette famille, et je pense que c’est une chose qui se ressent dans le film. »
David O. Russell ajoute :
« Tourner à Lowell a été aussi agréable pour nous que cela a été excitant pour eux. Ils étaient vraiment heureux de voir leur histoire interprétée par ces acteurs. Pour nous, cela a été merveilleux d’être accueillis aussi chaleureusement et de rencontrer ces gens – Micky, Dicky et leur famille – parce qu’ils nous ont réellement inspirés. Ils sont forts et humbles à la fois, et cela a été une expérience formidable de faire un film ainsi. »
A bien des égards, le tournage a été une expérience familiale qui, à l’image de cette histoire, a rapproché tous ceux qui se sont battus pour la raconter avec humour, émotion et exactitude.
David O. Russell commente :
« C’est ce qui fait la force de cette famille. Malgré tout ce que Micky et Dicky ont traversé, et malgré toutes leurs disputes, ils sont unis par des liens indestructibles, et c’est ce qui leur a permis de gagner quand tout le monde les donnait perdants. »
Pour le vrai Micky Ward, participer à la création d’un film qui retrace l’histoire de sa carrière et de sa famille est une victoire de plus dans sa vie déjà remarquable.
Il conclut :
« J’ai adoré faire ce film parce qu’il montre que quand tout va mal, vous pouvez en sortir vainqueur si vous ne baissez pas les bras, si vous travaillez dur, si vous restez fidèle aux personnes que vous aimez et si vous faites les bons choix. J’en suis la preuve vivante. »