Notes de Prod. : Fighting

    en DVD le 27 Octobre 2009

Notes de production

Feu vert pour fighting

Durant son mandat Universal, le producteur Kevin Misher s’intéressa de près au phénomène des rodéos urbains et en tira un succès mondial : Fast And Furious. Quelques années plus tard, l’envie lui vint d’illustrer un autre sport clandestin à haut risque : «J’avais le désir d’explorer un monde où se retrouvent des hommes d’origines ethniques très diverses, un monde où vos dons comptent infiniment plus que votre look ou votre façon de vous exprimer. Un monde qui susciterait chez les spectateurs la même montée d’adrénaline que Fast And Furious...»

Après avoir vu le premier film de Dito Montiel, A Guide To Recognizing Your Saints, interprété par Channing Tatum, Misher eut envie de réunir ces deux hommes sur ce projet consacré à un sport urbain extrême. Il su très tôt qu’il aurait de bonnes relations de travail avec Montiel : «Dito est un gars du Queens, comme moi, et je pressentais que nous allions bien nous entendre. Le public avait aimé l’authenticité des A Guide To Recognizing Your Saints, il avait senti que son scénariste/réalisateur lui parlait de choses vécues.»

Montiel et Tatum souhaitaient travailler à nouveau ensemble (ils ont actuellement deux projets en cours). L’acteur fut le premier à suggérer un sport qui mettrait à profit sa forme athlétique : la boxe de rue. Montiel accepta la suggestion et développa l’intrigue en y mettant certains souvenirs liés à sa jeunesse new-yorkaise : «J’ai essayé de vous faire ressentir l’effervescence qui grandit à la tom- bée de la nuit dans une grande ville. Je me suis rappelé mes attentes et mes espoirs d’enfant lorsque j’en étais réduit à vendre des oranges pressées ou des cacahuètes dans Broadway ou la 42ème rue.»

Le casting

«Dito et moi voulions faire un film sur la rencontre de deux solitaires», explique Tatum. «Fighting confronte deux hommes de styles très différents, qui se découvrent un terrain d’entente et comprennent qu’ils ont besoin l’un de l’autre.»
Le rôle de Shawn, fort différent de l’Antonio hyper-violent des A Guide To Recognizing Your Saints, représentait un nouveau défi pour l’acteur.

Channing Tatum : «Shawn est un type sensible, pacifique, qui a eu pour père un entraîneur extrêmement dur qui entendait faire de lui un lutteur. Beaucoup de parents tentent ainsi de s’accomplir par procuration, en poussant leurs enfants à faire mieux qu’eux. Cette pression a suscité de nombreuses frictions entre Shawn et son père.»
«Depuis les SAINTS, Dito et moi sommes sur la même longueur d’onde. Nous nous comprenons à demi-mot, et il me suffit de l’observer pour capter ses intentions.»

Kevin Misher : «Channing montra dans les A Guide To Recognizing Your Saints qu’il avait l’étoffe d’une star. C’est pourquoi nous avions tellement envie de reconstituer le tandem. Dito a retrouvé dans Fighting le degré d’intensité émotionnelle de son premier film.»
Après avoir prouvé l’étendue de ses talents dans des films aussi divers que HUSTLE & FLOW, Collision et Iron Man, Terrence Howard interprète ici Harvey, le mentor de Shawn, une relation lointainement inspirée de Macadam Cowboy.

Dito Montiel : «Je me suis demandé comment rendre crédible la scène où Shawn accepte de suivre Harvey quelques minutes après leur rencontre dans la rue. Et puis je me suis souvenu de ma propre jeunesse et de l’époque où j’aurais suivi le premier barjo venu qui m’aurait permis de me faire 20 dollars. Mais Harvey est un type bien, et ce genre de bonhomme possède une aura qui incite à la confiance surtout lorsqu’on attend depuis si longtemps de décoller.»

Terrence Howard souhaitait travailler avec Montiel depuis le festival de Sundance 2006 où il fut l’un des jurés qui décernèrent le Dramatic Directing Award au réalisateur.
Terrence Howard : «Dito avait pris des risques à peine croyables A Guide To Recognizing Your Saints ! J’ai rarement vu une histoire racontée de façon aussi originale. Alan Rudolph et moi étions tous deux jurés cette année-là. A Guide To Recognizing Your Saints ouvrait la manifestation, et après la séance, Alan m’a dit en plaisantant : «Autant s’arrêter là, rentrer à la maison et revenir dans 8 jours pour lui donner le prix !» Nous sommes restés, bien sûr, mais aucun des autres films n’arrivait à la cheville des A Guide To Recognizing Your Saints. C’est ce souvenir qui m’a amené à faire Fighting. Je savais que je serais entre de bonnes mains.»
Shawn et Harvey sont tous deux en quête d’un deuxième souffle «Harvey est dans une impasse, il est prêt à saisir la première occasion qui se présentera. Vendeur de chaussures, Pourquoi pas ? Manager ? OK, même s’il est aussi étranger que Shawn au monde du street fighting.»

Luis Guzmán interprète Martinez, un ancien ami d’enfance de Harvey, devenu organisateur de combats. L’acteur fut impressionné par l’approche réaliste de Montiel, qu’il avait déjà pu apprécier dans les A Guide To Recognizing Your Saints : «Dito avait créé là des personnages très forts à partir de ses propres expériences. Quelqu’un qui a grandi, comme moi, dans les bas quartiers de New York ne peut qu’y être sensible.» Shawn entame une histoire d’amour avec Zulay, une jeune mère célibataire qui a de bonnes raisons de se méfier des hommes.

Dito Montiel : «Le personnage se prénommait Tasha dans le script, mais nous avons décidé de lui donner le prénom de son interprète, dont j’avais admiré le culot au cours de la première audition. Zulay Henao s’est vraiment emparée du rôle et lui a conféré une grande dignité.»
«Bien que nos vécus soient très différents, je n’ai pas de mal à comprendre cette femme», dit l’actrice. «Elle a fait, comme chacun de nous, des erreurs, et va en subir les conséquences. Mère célibataire, elle travaille dans un night-club et doit subvenir aux besoins de sa famille. Nous cherchons souvent à faire croire aux autres que tout va pour le mieux. Zulay, elle, n’a que faire des faux-semblants. Shawn, Harvey et elle s’exposent, se dénudent l’un l’autre sans ménagement.»

Brian White interprète Evan Hailey, un ancien co-équipier de Shawn devenu lutteur professionnel. La distribution intègre aussi plusieurs comédiens des A Guide To Recognizing Your Saints, tels Peter Tambakis et Michael Rivera, ainsi que les lutteurs professionnels Yuri Foreman et Cung Le.


Les Combats

Les combats ont été réglés conjointement par le brillant chef cascadeur Mic Rodgers Fast And Furious et la franchise L'Arme Fatale) et le coordinateur combats Mike Gunther (Underworld, Fast And Furious, Vivre Libre Ou Mourir). Les deux hommes commencèrent l’en- traînement de Tatum cinq semaines avant le début du tournage pour mettre au point des numéros associant boxe, lutte gréco-romaine et arts martiaux. Une préparation d’autant plus nécessaire que l’acteur serait opposé à des hommes solidement entraînés, voire à des professionnels comme le russe Yuri Foreman (dans la scène de Brighton Beach), le champion coréen Cung Le (le «Palais des Plaisirs») et le vétéran street fighter Dante Nero (la séquence du Bronx).
Shawn est censé avoir une formation de lutteur, niveau lycée. Les deux coordinateurs en tinrent compte, et se félicitèrent d’avoir en Channing Tatum «un excellent athlète».

L’ancien footballeur Brian White s’entraîna 3 heures par jour durant 1 mois pour assimiler des mouvements inspirés notamment du jujitsu brésilien et du muay thaï. Cette préparation permit à White d’exécuter lui-même la plupart de ses cascades, renforçant du même coup le réalisme de ces scènes : «Lorsqu’il voit un personnage de dos encaisser un coup, le spectateur comprend immédiatement qu’il s’agit d’une doublure. Faire soi-même le boulot ajoute à la crédibilité du film.»

Tatum et Cung Le répétèrent trois jours de suite, compte tenu de la complexité de leur scène où se mêlent techniques de street fighting «orthodoxes» et coups bas. L’affrontement ne fut que partiellement réglé, de manière à laisser aux acteurs une marge d’improvisation.

Mic Rodgers et Mike Gunther accordèrent la priorité à la sécurité des interprètes : «C’est une pression supplémentaire pour nous, mais si l’acteur se blesse, c’est tout le tournage qui souffre. Personne ne souhaite cela», commente Gunther.
«Je suis fan de lutte», dit Misher, «et j’ai rarement vu les acteurs exécuter ce genre de cascade comme ils le font ici. J’apprécie les qualités des boxeurs et des pratiquants des arts mariaux, et je suis heureux que nous ayons pu les mettre en valeur de façon aussi réaliste.»
Mic Rodgers : «Les combats de Fighting ne sont pas des bagarres de cinéma traditionnelles. Nous avons essayé d’y introduire de la nouveauté, en étroite collaboration avec le département effets spéciaux.»

En dépit d’une solide formation athlétique, Channing Tatum ne s’était jamais entraîné à la lutte. Dans de telles scènes, l’acteur ne doit pas simplement mémoriser des enchaînements de coups et de parades, mais conférer un haut degré de réalisme à l’action. Il doit aussi maintenir un même degré d’implication durant de longues heures de tournage. «C’est difficile lorsque vous travaillez 14 heures par jour», déclare le comédien. «Vous devez afficher un certain type d’émotion lorsque vous prenez un coup, une autre lorsque vous agrippez l’adversaire, une autre encore lorsque vous le plaquez au mur, etc. C’est ce que Mel Gibson faisait si bien dans L'Arme Fatale. Il ne se contentait pas de trucs physiques, il «vendait» à chaque seconde l’émotion appropriée.»

«Nous avons filmé ces combats simultanément sous trois axes, caméra à l’épaule», indique le directeur photo Stefan Cazpsky. Cela a fourni un matériau abondant au chef monteur, Jack Pushinsky. «Il fallait, bien sûr, choisir de bons angles pour donner l’illusion que l’acteur encaissait réellement des coups. Channing en a reçu un vrai au cours d’une prise, et il a compris tout l’intérêt qu’il y a à truquer ce genre d’effet : c’est nettement moins douloureux !»

«Une bonne image ne garantit pas à elle seule le dynamisme et la véracité d’un combat filmé», précise Pushinsky. «C’est en réalité la combinaison son/image qui fait le succès de la scène. Lorsque les gens entendent l’impact sonore d’un coup, ils y croient, quand bien même ils ne voient pas le coup atterrir. J’ajoute que le spectateur perçoit davantage la réaction de celui qui est censé encaisser le coup que la force ou l’habileté de celui qui le donne. N’importe qui peut donner un coup de poing dans le vide, mais il faut un certain talent pour faire croire qu’on vient tout juste d’être frappé.»
Et Pushinsky d’ajouter «La musique m’aide à trouver le rythme d’une scène de combat. Je monte toujours en musique, même si ce n’est pas nécessairement celle qu’on entendra au final. Cela ajoute à la scène un feeling auquel le spectateur est sensible.»

Les Décors

L’itinéraire de Shawn le mène des bas quartiers new-yorkais aux luxueuses résidences de financiers de Wall Street avides de sensations fortes.
Le film est ponctué de quatre grands combats, situés dans le Bronx, à Flushing, Brighton Beach et, pour finir, dans une tour de Wall Street. À chacun de ces sites se dévoilent une ethnie distincte et une pratique différente du street fighting.

«Le travail de Dito est solidement ancré dans la réalité», témoigne la chef décoratrice Thérèse Deprez. «La déco ne devait jamais être montée en épingle ni vous rappeler frontalement que «ça-se-passe-à-New-York». Les choses devaient être à la fois subtiles et authentiques.»

Les responsables du casting recrutèrent la figuration dans les différents quartiers cités plus haut : de nombreux Russes à Brighton Beach, des acteurs Dominicains dans le Bronx, des figurants coréens à Flushing. «J’avais envie de me balader en toute liberté dans New York et de capter les visages si divers, si intéressants qu’on y remarque», explique Montiel. «C’est bien pour cela qu’on tourne dans cette ville.»

L’équipe filma sur la Linden Place de Flushing le combat de Shawn et du lutteur coréen. L’établissement, très populaire, accueille de nombreux banquets de noces et constituait un décor idéal pour cette rencontre aux enjeux financiers non négligeables.

La penthouse de Wall Street est la propriété d’un des principaux dirigeants de Google. Située à l’angle de Nassau Street et Spruce Street, elle était encore en chantier lors du tournage. Ses trois niveaux, ses immenses baies, sa vaste terrasse donnant sur Manhattan en font une des plus belles demeures de la ville. «Nous recherchions un espace en construction», explique DePrez, «car nous voulions une action très dure, avec pas mal de casse. Mais les deux atouts majeurs de ce site étaient assurément sa vue et son ampleur.»

Le tournage de cette scène finale s’étendit sur plus d’une semaine, par un froid glacial qui exigea des acteurs une grande ténacité. «J’avais pratiqué les arts martiaux durant mon enfance, mais la préparation d’une bagarre de rue qui se conclut par la mort d’un des adversaires a été une expérience très intense», témoigne Channing Tatum.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 12 entrées
  • 1er jour IDF : 486 entrées
  • 1ère semaine IDF : 4 518 entrées
  • Cumul IDF : 9 531 entrées

  • 1er jour France : 1 160 entrées
  • 1ère semaine France : 13 749 entrées
  • Cumul France : 27 269 entrées