Flicka est l’adaptation au cinéma du bouleversant classique de Mary O’Hara « Mon amie Flicka ». L’aventure du film a commencé par le scénario de
Mark Rosenthal et Lawrence Donner, auteurs des scripts de films comme
Le Diamant Du Nil ou
La Planete Des Singes.
Mark Rosenthal explique : « Lorsque Elizabeth Gabler, présidente de Fox 2000, nous a contactés pour nous confier l’écriture du scénario, nous avons décidé de revenir à la source et de conserver le ton du roman original, qui était profondément émouvant et assez sombre. Ses thèmes étaient peut-être même plus significatifs encore à notre époque, parce que l’ouest des Etats-Unis, particulièrement le Wyoming, est devenu un lieu de prédilection pour les résidences secondaires de gens riches, et que les ranches traditionnels ont de plus en plus de difficultés à perdurer. L’histoire d’une famille de niveau social moyen, travaillant dur pour vivre sur les terres de ses ancêtres en élevant des chevaux semble encore plus pertinente à la lumière du climat économique actuel. »
Origine du projet
C’est Elizabeth Gabler qui a eu l’idée de renouveler l’histoire en transformant le personnage principal, qui était dans le livre un garçon nommé Ken, en une jeune fille, Katy.
Mark Rosenthal commente : « Le fait que ce soit non plus le fils, mais la fille qui aime et comprenne la terre et le ranch représente un nouveau défi pour le père. Cette notion, assortie à la personnalité très forte de Katy et à son tempérament fougueux, offrait la possibilité d’une toute nouvelle vision du sujet. »
Lawrence Donner ajoute : « Cette idée nous a permis de construire une histoire père-fille où les deux personnages ont quelque chose à apprendre l’un de l’autre et sur eux-mêmes. Chacun doit réexaminer son rôle au sein d’une dynamique familiale révisée. »
Le scénario a été envoyé à
Michael Mayer, célèbre metteur en scène de Broadway qui venait juste de réaliser son premier film,
La Maison Au Bout Du Monde. Bien qu’il n’ait aucune expérience des chevaux, sa vision du sujet, son sens de la narration et son talent pour dresser le portrait des émotions humaines en faisaient un candidat idéal. Il confie : « C’est une magnifique histoire, universelle, sur un père et sa fille. Il se trouve simplement qu’un mustang sauvage est le pivot de leur relation… J’ai aimé la notion de cette famille qui se donne tant de mal pour s’en sortir. Tout le monde a les meilleures intentions du monde, il n’y a pas d’autre adversaire que les difficultés de la vie, de l’époque, des circonstances. » (…)
Des chevaux et des hommes
Avant de tourner, le réalisateur et ses acteurs ont dû se familiariser avec les chevaux durant plusieurs semaines. Ce stage intensif, dirigé par le chef dresseur
Rusty Hendrickson, a permis à toute l’équipe de se sentir parfaitement à l’aise. Hendrickson explique : « Qu’il s’agisse de leur apprendre à faire tournoyer un lasso, à monter et descendre de cheval ou à les soigner, l’objectif était de faire en sorte que tout cela paraisse parfaitement naturel à l’écran. » Il poursuit : « Puisque
Alison Lohman est celle qui passe le plus de temps avec les chevaux, c’est elle qui a dû apprendre le plus de choses. Impossible de faire semblant ! Vous ne pouvez pas « jouer » le fait de monter à cheval, vous devez savoir monter pour de vrai. Elle y est parvenue très vite, elle m’a impressionné ! »
La jeune actrice explique : « Il n’y a pas de secret : il faut s’exercer, être avec les chevaux, les toucher, leur parler, passer du temps avec. C’était difficile au début, mais après quelques semaines, tout s’est mis en place. Je suis fière de ce que j’ai fait en si peu de temps ! »
Rusty Hendrickson raconte : « Alison voulait vraiment apprendre à connaître les chevaux, savoir ce dont ils ont besoin, ce qu’elle peut en attendre en retour. Elle a travaillé aussi dur sur sa relation avec eux que sur la pratique de l’équitation proprement dite. »
Maria Bello confie : « J’ai toujours été attirée par les chevaux, mais j’en avais un peu peur. Après ma troisième leçon sur Belle, la jument que je montais, j’ai soudain compris ce que c’était de trouver son équilibre, son assiette, de ne faire qu’un avec le cheval. C’est une question d’équilibre, de contrôle, d’abandon… une expérience très zen ! » (…)
Entraînement mis à part, tous les acteurs ont éprouvé de l’amour et du respect pour ces animaux majestueux.
Tim Mcgraw explique : « Ils sont impressionnants et imposent le respect. Leur puissance, leur sensibilité… Impossible de ne pas nouer des liens particuliers avec eux. »
Alison Lohman ajoute : « Les chevaux incarnent la beauté et la liberté. Lorsque vous les montez, vous éprouvez une impression viscérale, stupéfiante, magnifique. »
Les chevaux au travail
Les chevaux aussi ont dû suivre un entraînement particulier.
Rusty Hendrickson a travaillé avec 10 autres dresseurs, 30 chevaux, 10 chevaux supplémentaires et 6 « Flicka » différents préparés spécialement pour le film. Il commente : « Le plus difficile est d’apprendre au cheval à respecter ses marques, surtout sans cavalier. Il faut énormément d’entraînement. Il faut marquer les traces sur le sol et conduire les chevaux dessus encore et encore, jusqu’à ce qu’ils comprennent. Mais une fois qu’ils ont compris, ils font ce qu’il faut à chaque fois. » Les dresseurs ont également choisi les différents chevaux qui allaient tenir le rôle-titre. Après avoir rencontré le réalisateur et la production et s’être mis d’accord sur la couleur et l’aspect exacts de Flicka, ils ont créé « une équipe Flicka ».
Hendrickson raconte : « Avant la période de préparation, nous ignorions quel cheval serait bon à quoi, mais nous savions en revanche tout ce que nous allions essayer de faire avec eux. Nous espérions simplement que les chevaux qui sont les plus beaux pour les gros plans seraient aussi doués et athlétiques qu’il le fallait… Nous avons eu de la chance, parce que ça a été le cas. »
Danny Pino, qui joue Jack, raconte : « Les chevaux que nous avions sur le plateau étaient des vétérans habitués aux tournages. Ils étaient très calmes, mais lorsqu’ils entendaient « En place ! », ils dressaient les oreilles… Quand ils entendaient « Moteur ! », ils commençaient à s’agiter… Au moment où Michael criait « Action ! », ils cherchaient leurs marques… même quand ils ne devaient pas forcément faire quelque chose ! »
Michael Mayer raconte : « J’ai fini par ne plus dire « Action ! » mais « Go ! », et tout est rentré dans l’ordre ! » (…)
Les lieux de tournage
Bien que
Flicka se déroule dans le Wyoming, la plus grande partie du film a été tournée dans la région de Los Angeles. Le directeur de la photographie, J. Michael Muro, commente : « Nous avons cherché la beauté souvent cachée derrière les paysages contemporains. Quand on regarde le film, il est difficile de croire que toute cela a été filmé à Los Angeles ! « Nous avons évité le style visuel typique du film familial, suréclairé, pour chercher au contraire une ambiance plus sombre qui convienne mieux à un sujet classique (…).
Alison Lohman confie : « J’aimerais que ce film donne envie aux gens de revenir à la nature, qu’ils se souviennent qu’il faut préserver les grands espaces et les chérir, leur conserver leur beauté naturelle. Les hommes ont besoin d’espace… » Le réalisateur conclut : « Chacun des personnages du film est une sorte de déclinaison de l’individualisme américain, chacun poursuit sa propre vision du Rêve Américain. Il y a quelque chose dans ce film qui nous parle à tous, parce que nous savons tous qu’on n’a rien sans rien dans ce pays que nous avons créé… Aucun des personnages ne s’en sortira sans faire de sacrifice personnel, d’une manière ou d’une autre. Et pourtant, ils finiront tous par se respecter et s’honorer. C’est cela qui est magnifique. »