Notes de Prod. : Food, inc.

    en DVD le 06 Octobre 2010

Note d’intention du réalisateur de Food, inc.

Que savons-nous vraiment des produits que nous achetons au supermarché ?

Dans Food, inc. le réalisateur Robert Kenner, le journaliste d’investigation Eric Schlosser (auteur de « Fast Food Nation ») et le journaliste scientifique Michael Pollan (auteur de « The Omnivores’s dilemna» - Le Dilemme de l’omnivore) lèvent le voile sur l’industrie agro-alimentaire. Une industrie qui a souvent fait passer ses profits avant la santé des consommateurs, la survie d’exploitants agricoles, la sécurité des travailleurs et notre environnement à tous.

Dans nos assiettes, des blancs de poulet plus appétissants que jamais ; au restaurant, des côtelettes de porc parfaites ; dans nos bacs à légumes, des tomates aussi belles au dixième qu’au premier jour… Mais aussi de plus en plus d’obèses, particulièrement parmi les enfants ; une véritable épidémie de diabète chez les adultes ; de nouvelles souches de la bactérie Escherichia coli ultra virulentes, colportées par la viande de vaches que l’on gave de maïs (environ 73.000 personnes sont infectés aux Etats-Unis chaque année…).

Derrière tous ces problèmes de santé publique, on retrouve les choix productivistes d’une poignée d’entreprises qui contrôlent l’approvisionnement de centaines de millions de personnes. Ces entreprises déploient des trésors d’imagination et de marketing pour maintenir en vie le mythe selon lequel ce que l’on mange vient directement de la ferme.
Une ferme avec une gentille vache cornue (appelons-la Marguerite), de l’herbe grasse et des barrières joliment peintes en blanc ! Mais les ingrédients de base proviennent en réalité d’exploitations agricoles aux méthodes industrielles, et sont transformés dans de gigantesques usines. Le soja a été génétiquement modifié pour résister à des doses massives d’insecticide, et les tomates, pour être transportées et conservées des mois sans perdre leur belle robe rouge. Les animaux quant à eux sont « calibrés » pour devenir plus gros, plus vite et pour s’adapter sans perte de temps ni d’argent aux abattoirs géants où ils finissent leur vie. Nous ne sommes plus très loin du poisson carré…

Le plus surprenant est que tout ceci se produit sous les yeux des instances de régulation américaines, l’USDA (United States Department of Agriculture, équivalent du ministère de l’agriculture) et la FDA (Food and Drug Administration, mélange de nos Agence du Médicament et Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments). C’est moins étonnant lorsqu’on découvre avec Food, inc. le jeu de chaises musicales auquel se livrent les décideurs de ces instances, tantôt employés par des administrations fédérales, tantôt salariés des entreprises qu’ils sont censés contrôler.
Les victimes de ce système dysfonctionnel sont évidemment les consommateurs. Sur le terrain, les agriculteurs sont jusqu’à présent restés silencieux, de peur d’éventuelles représailles ou de poursuites judiciaires. Monsanto – fabriquant, en son temps, de l’agent orange utilisé au Vietnam et du DDT – a gagné, en l’espace de dix ans et à la faveur de lois américaines qui permettent de breveter des semences, le contrôle de 90% des graines de soja du pays.

Interdiction est faite aux agriculteurs de conserver ou de réutiliser ces graines. Ils doivent, chaque saison, en racheter de nouvelles auprès de la compagnie, qui emploie d’ailleurs un bataillon de 75 personnes chargé de vérifier que le copyright sur le vivant est bien respecté. Monsanto dépense ainsi des millions de dollars chaque année pour enquêter, intimider et poursuivre les fermiers récalcitrants. Ou simplement ceux qui ont eu la malchance de voir leurs champs colonisés par les semences OGM de ce géant de l’agro-chimie.
Beaucoup d’entre eux ne sont malheureusement pas financièrement en mesure de se battre contre la compagnie. Food, inc. dresse également le portrait de nombreuses personnes qui refusent de rester les bras croisés. Certaines d’entre elles sont des chefs d’entreprise visionnaires, comme Gary Hirshberg de Stonyfield Farm’s et Joel Salatin de Polyface Farm’s, qui trouvent le moyen de travailler à l’extérieur ou à l’intérieur du système pour améliorer la qualité de la nourriture. D’autres sont des hommes et des femmes qui ont choisi de témoigner : Carole Morison, éleveuse de poulets, Moe Parr, ouvrier agricole, et Barbara Kowalcyk qui milite pour l’amélioration de la sécurité alimentaire, après le décès de son fils de 2 ans, suite à une infection E. coli.

Leur histoire, à la fois touchante et héroïque, montre le niveau d’humanité et d’engagement qu’il est nécessaire d’avoir pour combattre ces entreprises qui contrôlent l’industrie agro-alimentaire. Le réalisateur a aussi tenté d’interviewer les représentants de Monsanto, ou des transformateurs de viande Tyson, Perdue et Smithfield. Tous ont refusé. Food, inc. révèle ce que les géants de l’industrie agroalimentaire ne veulent pas que l’on voie, que l’on analyse, que l’on questionne. Il nous rappelle aussi que chacun de nous a encore le pouvoir de faire changer les choses trois fois par jour : au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner.

Robert Kenner, réalisateur de Food, inc.

Entretiens croisés autour de Food, inc.

Quelle est la genèse de Food, Inc. ?
Robert Kenner : Eric Schlosser et moi voulions réaliser une version documentaire de son livre « Fast Food Nation » mais pour diverses raisons cela n’a pas pu se faire. Au moment où nous avons commencé à travailler sur Food, Inc. nous avons réalisé que toutes les sortes de nourritures étaient aussi mauvaises que celles des fast-foods et qu’elles étaient toutes produites de la même manière.

Regard sur Food, inc. par Colette Roos

Une population malade de trop et mal manger, un environnement poussé à bout par des méthodes de production agricole intensive, des éleveurs qu’on manipule, des animaux traités comme des objets… Food, Inc. donne à voir une réalité cauchemardesque qu’on préfèrerait ne pas connaître. Et qu’on peut toujours oublier en se rendormant derrière un argument rassurant : « Ça ne se passe pas ici, ces horreurs ont lieu aux Etats-Unis. » Certes, les consommateurs européens sont protégés par l’Union. Il est ainsi impossible de vendre en Europe de la viande bovine « aux hormones ».
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 19 entrées
  • 1er jour IDF : 92 entrées
  • 1ère semaine IDF : 866 entrées
  • Cumul IDF : 1 172 entrées

  • 1ère semaine France : 1 622 entrées
  • Cumul France : 2 628 entrées