Un film satirique sur l’industrie du cinéma américain
« Tout a commencé grâce à l’attitude et au sens de l’humour de Christopher » se rappelle le comédien
Fred Willard.
« Quand lui et Eugene Levy son réunis… C’est une combinaison mortelle ! ». Et tout ça pour une véritable satire, où des acteurs se moquent de leur propre sérieux et des étranges rituels de l’industrie cinématographique américaine.
« Il y a vraiment quelque chose de fun à propos du sujet du film. Nous lui donnons un ton léger, une approche très drôle. On ne se moque pas méchamment du business. En fait, on s’amuse avec tous les gens qui en font partie » explique
Eugene Levy, co-auteur du scénario et interprète de Morley Orfki, agent de l’un des acteurs du film.
Pour
Fred Willard, qui incarne le présentateur vedette Chuck Porter :
« le public est aujourd’hui très informé à propos de ce qui se passe en coulisses. Il va rire de toutes les petites vanités des gens et des conflits entre acteurs quand quelques-uns sont nominés, laissant les autres à leur seule jalousie. Je pense que les spectateurs vont aimer ça ! »
Un film dans un film : les origines du concept de Home For Purim
« L’idée de s’installer à Valdosta en Géorgie, vient d’une expérience de Chris Guest, vécue alors qu’il travaillait dans l’un des états du Sud. Il rencontra un groupe de juifs qui parlaient certes en Yiddish mais avec un dialecte du sud. Cela sonnait vraiment d’une manière amusante, et nous nous sommes dit : "Pourquoi ne pas situer l’action de notre histoire en Géorgie, durant les années 40 ?". L’histoire est celle d’enfants revenant à la maison voir leur mère mourante lors de la fête qui lui tient le plus à cœur, Purim. C’est une fête juive pleine d’entrain ar les participants endossent des costumes et nous l’avons perçu comme un cadre parfait pour un scénario amusant ! » se souvient
Eugene Levy.
Dur, dur de débarque dans une équipe soudée
Christopher Guest, le roi des docu-fictions improvisés, s’est créé une véritable petite troupe de comédiens habituels dévoués.
« Les comédiens aiment vraiment travailler avec lui devant la caméra parce qu’ailleurs, ils n’ont pas souvent la chance d’avoir autant de liberté » explique Levy. Mais rien n’empêche Guest d’accueillir de nouveaux acteurs sur ses plateaux, comme
Ricky Gervais qui raconte :
« L’idée de travailler avec Guest était irrésistible. Je ne m’engage habituellement pas dans des projets dont je ne suis pas à la base, mais il y a des opportunités auxquelles on ne peut dire non. Travailler avec l’équipe qui nous a offert Spinal Tap, probablement l’une des meilleures comédies de tous les temps, était une chance incroyable. Christopher Guest est un héros de la comédie pour moi ! »
Mais débarquer dans une telle équipe n’est pas forcément évident, Gervais poursuit :
« J’avais le sentiment d’être le nouveau qui débarque à l’école. J’avais en moi une angoisse sourde, peur qu’ils me brutalisent, me plongent la tête dans la cuvette des toilettes, et volent l’argent de mon déjeuner ! Mais ils ne l’ont pas fait… Ils ont été très accueillants à dire vrai. Tout le monde a été gentil, drôle. C’était très intimidant car on arrive à un point où l’on se dit "Je ne peux rien apporter à ce film. Je en peux seulement le rendre que…légèrement pire !" »
« Vertige Identitaire »
L’histoire de
For Your Consideration offre aux acteurs un cadre particulièrement fertile pour permettre d’exprimer leurs personnalités comiques. Les comédiens sont amenés à jouer deux ou trois rôles durant le tournage :
« C’est difficile pour les gens de garder leur sérieux » commente
Rachel Harris qui joue Debbie Gilchrist, comédienne participant à Home For Purim.
« Par exemple, je disais à Catherine O'Hara : "Qui es-tu à l’instant présent ? Es-tu la vraie Catherine ou bien l’actrice Marylin ? Ou bien alors le personnage d’Esther ?" C’est vraiment amusant, tout le monde rentre et sort de son personnage constamment ».
Jim Piddock, qui interprète Simon, le directeur de la photographie sur le tournage de Home for Purim, a souvent fait face à la même confusion :
« Il fut un temps où Christopher se mettait à rire dès que je parlais. Je lui demandais alors : "Qui est en train de rire ? Le réalisateur Christopher Guest ou bien le réalisateur Jay Berman ?" Et je n’ai jamais eu de réponse ! »