Notes de Prod. : Franz et le chef d'orchestre

    en DVD le 06 Juin 2007

Interview de Uzi Geffenblad et Lotta Geffenblad, réalisateurs du film

L'histoire de “Franz et le chef d'orchestre” se déroule dans le monde de lamusique. Uzi, est-ce que le fait d'être vous-même musicien, vous a donné l'envie de montrer cet univers ? Même le jeu vidéo dans le film est sur la musique !
La réponse fait partie de votre question… J'ai été élevé dans une maison de musiciens et la plupart de mes meilleurs souvenirs d'enfance sont liés aux colonies musicales. A 3 ans, je connaissais déjà les noms de tous les instruments d'un orchestre symphonique et ceux des compositeurs de musique classique mais par contre, je ne pouvais pas citer un seul nom de chanteur ou de groupe Pop Rock (pas même les Beatles !) avant mes 15 ans ! Le monde de la musique classique est isolé du reste du monde, comme une vieille île au milieu des temps modernes. Et je pense qu'il n'y a aujourd'hui plus grand monde sur cette île !

Vous utilisez la technique du papier découpé dans le film, pourtant vous utilisez aussi des objets en 3 dimensions dans le film, comme les plantes. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu plus la conception du film ?
En effet les chardons sont vrais et ont été importés du Moyen-Orient. L'ambition était de créer le sentiment d'un univers en 3 dimensions tout en continuant d'utiliser la technique du papier découpé dont nous avions l'habitude. Toutes les têtes des personnages sont d'abord créées en marionnettes et ensuite photographiés à 360°. Il y a 25 personnages qui ont 30 positions différentes, donc nous avons pris environ 750 photos. Chaque photo est ensuite retravaillée, notamment repeinte et photocopiée en deux tailles (de manière à pouvoir faire
des gros plans et des plans de groupes). Les 1500 images ont été alors découpées et photocopiées. 1500 ont été collées sur un film plastique blanc et 1500 sur un film plastique noir. Nous avions donc 3000 silhouettes en plastique. Les corps des personnages quant à eux sont dessinés à la main sur du papier noir. Chaque partie ainsi obtenue est alors placée sur les différents niveaux de la table multiplane (une machine faite de 3 à 6
niveaux de verre d'une dimension de 120x70). Ensuite il suffit de bouger chaque partie (personnage, décors…) à la main pour animer. Les expressions des personnages sont créées en mettant un film transparent
sur les visages et en dessinant les différentes expressions (bouches, cils, joues…) directement sous la caméra. Nous utilisons toujours une caméra 35mm mais la table multiplane et les mouvements de caméra sont contrôlés par ordinateur. Nous contrôlons l'image grâce à une petite caméra vidéo, du coup nous filmons à la fois avec la caméra vidéo et la caméra 35mm. C'est aussi simple que ça ! Plus que sur les mouvements des personnages, vous jouez énormément sur les expressions faciales de vos personnages, ce qui permet de rendre l'ensemble de votre film très “vivant”. Est-ce que c'était pour vous la meilleure façon de raconter cette histoire ? Créer un personnage “vivant” en animation est l'une des choses les plus compliquées à faire. Il est plus facile de se concentrer sur l'action ou le mouvement et il est moins commun de se concentrer sur les visages. On a tout fait pour créer des personnages avec des visages forts y compris les personnages secondaires.

Vous avez fait le film avec une petite équipe. Combien de temps a duré sa fabrication ?
L'idée nous est venue en 1996 mais cela a pris du temps pour développer et financer le projet. On a ensuite cherché des animateurs en Suède qui utilisaient la technique du papier découpé, mais à part Lotta, on n'en a pas trouvé ! On a eu des contacts avec des animateurs en Europe mais il paraissait compliqué de travailler à distance sur un film si personnel. Donc au final toute l'animation a été faite par Lotta. Seul le jeu vidéo a été fait par quelqu'un d'autre (Mia Tinglöf) ainsi que quelques autres détails dans l'animation mais ensuite ils ont été animés sous la caméra par Lotta, ce qui fait que ce projet a duré assez longtemps, presque 7 ans de travail, dont 4 à 5 ans uniquement pour l'animation. Pour l'équipe, une trentaine de personnes a travaillé sur de courtes périodes au studio pour découper, peindre, boire des cafés… Mais nous avons aussi fait des pauses pendant la production pour faire d'autres choses, sinon nous serions devenus fous ! Lotta dessine des personnages pour une série télé appelée Creep School, quant à moi je produis des courts métrages.

Et comment travaillez-vous ensemble ? Qui fait quoi ?
Uzi a écrit le scénario et ensuite, nous avons développé le story-board tous les deux. Uzi a fait le timing de chaque scène et nous avons " réalisé " ensemble le film sur papier. Je me suis occupée ensuite de l'animation. Au milieu de certaines scènes, on regardait les rushes pour corriger ce qui n'allait pas. Uzi a fait le montage du film et me demandait pendant ce temps là de faire ou refaire de nouvelles prises si nécessaire. On a rajouté environ 200 scènes durant le tournage. On a animé environ 90 minutes de film et le montage final fait 46 minutes ! En ce qui concerne le son, Uzi a enregistré la musique et les voix mais nous avons dirigé les acteurs tous les deux.

Vous jouez beaucoup avec le medium cinéma : le voyage est réalisé comme un film 8 mm et la séance photos est faite… de photos. Est-ce que c'est important pour vous ?
J'apprécie de pouvoir utiliser toute la gamme de possibilités que m'offre le fait d'être réalisateur. Et j'aime l'idée qu'en plein milieu d'un film on vous rappelle que vous regardez un film, que vous êtes au cinéma ! C'est comme quand Mel Brooks ou Woody Allen se mettent en plein milieu d'une scène à parler directement à la caméra. Cela permet de vous sortir de l'illusion du cinéma pour mieux vous y replonger par la suite. C'est aussi une bonne manière d'être sûr que le spectateur ne s'endorme pas ! Pour nous, faire de l'animation ce n'est pas seulement raconter une histoire, mais aussi explorer différentes formes d'expressions artistiques.

L'un des thèmes centraux de votre film est la relation qui unit ce passionné demusique à son fils auquel il refuse la possibilité de jouer d'un instrument. Plus on avance dans le film, plus on se rend compte que le fils est plus mature que le père.
Tout parent doit accepter qu'un jour son enfant grandisse. Quand vous êtes enfant, vous voulez à la fois ressembler à vos parents et vous en affranchir. Franz veut intégrer le monde de son père moins pour lui ressembler que pour lui prouver qu'il existe.

Pourquoi avez vous choisi le point de vue du petit garçon ? Est-ce que vous pensez que les enfants ont une meilleure vision du monde ?
En fait l'enfant est étranger à l'orchestre et c'est pour cela qu'il raconte l'histoire. Il raconte seulement ce qu'il voit ou comprend, ce qui n'est pas forcement toute l'histoire. Il croit qu'il raconte ce qui arrive aux autres (son père, l'orchestre, le joueur de cor) mais en fait il se dévoile lui-même. Je ne pense pas que les enfants aient une meilleure vision du monde, ils ne le connaissent pas encore vraiment. Il sont surtout fascinés et intéressés par les petites choses. Et pour moi ce sont ces petites choses qui font les histoires intéressantes ! Le monde est fait pour les adultes, mais beaucoup d'entre eux ne le comprennent pas vraiment non plus.

Les personnages principaux

FRANZ
Franz est un petit garçon dont le père est chef d’orchestre. Il rêve de jouer d’un instrument mais son père le trouve encore trop jeune. Alors, il observe sagement les répétitions et participe à sa manière en battant la mesure sur une boîte en métal. Le jour où le soliste perd l’embouchure de son cor, il fait tout son possible pour l’aider à la retrouver. Il a alors l’impression d’être utile et de prendre enfin part à la vie de cet orchestre.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 832 entrées
  • Cumul IDF : 1 310 entrées

  • 1ère semaine France : 3 369 entrées
  • Cumul France : 6 789 entrées