Qu’est-ce qui vous a attiré dans le personnage de Vincent ?
Il y a d’abord eu la rencontre avec
Xavier De Choudens environ deux ans avant le tournage. C’était très simple et immédiat. Ensuite, il y a le thème de la fraternité que je trouve très beau à explorer. C’est un rapport mystérieux et multiple, une chose donnée -ce qu’on appelle les liens de sang- et qui pourtant n’empêche pas, comme au départ du film, que deux frères soient deux étrangers l’un pour l’autre. Le personnage de Vincent n’est fait que de manques. Pour y remédier, il s’est construit des murailles et s’est blindé, si bien qu’il ne parle pratiquement pas.
Comment avez-vous travaillé avec le metteur en scène ?
On s’est beaucoup et très souvent parlé avant et pendant le tournage, mais sans se perdre non plus à expliquer tous les ressorts psychologiques du personnage que j’interprétais. C’était plutôt de l’ordre de la sensation.
Dans le travail, quel genre d’acteur êtes-vous ?
Dans le cas de "Frères", j’ai l’impression que le temps a beaucoup joué. Que les choses ont mûri d’elles même, l’air de rien, à mon insu. Il y a des moments concrets de travail, où vous relisez le scénario et vous plongez dedans. Et puis les autres, où vous rêvez au rôle...
Si vous ne deviez garder qu’un souvenir du tournage de FRERES?
J’en garderais deux. Les scènes sur la plage, que nous avons tournées dès le premier jour et qui m’ont donné, tout au long du tournage, la sensation de savoir "où on allait". Et puis, la scène du restaurant où Serge et Vincent se parlent enfi vraiment. Je m’en souviens au niveau du jeu. Je n’ai pas une grande expérience du cinéma et comme tout est allé très vite sur ce film, il est difficile pour moi de ressentir si la vérité des émotions passe bien.
Là, dans ce face à face entre les deux personnages, l’intensité de ce qui circulait entre
Serge Riaboukine et moi m’a paru soudain palpable.