Comment êtes vous arrivé sur ce projet ?
J’ai rencontré Luc grâce à
India Osborne qui travaillait avec lui à Los Angeles. Elle avait lu un pilote que j'avais écrit pour HBO,
Killer Elite. À l’époque, Luc avait dans la tête l’histoire d’un tueur à gages américain qui vient vingt-quatre heures à
Paris pour faire un boulot et qui est conduit à travers toute la ville par un sbire de l'Ambassade. Le sbire découvre petit à petit l’activité de celui qu’il conduit et se rêve en agent secret. Les deux hommes vont vivre une aventure palpitante d’une journée et en sortir… grandis, différents.
Pourquoi un « buddy movie » ?
C’est une idée de Luc. Lors de notre première réunion de travail, il m’a décrit la séquence du dîner dans l’appartement de Reese. Les personnages en place : Wax, Reese, Carolina (la fiancé de Reese) et une amie de Carolina. Il y avait tout dans cette scène : l'humour, l’amitié, la relation, l'intrigue et l'action. La séquence commence par une fête et se termine par Wax qui démolit l’amie de Carolina – qui s’avère être une espionne – et qui tire sur Carolina. Tout est réuni dans cette séquence.
Que retirez vous de cette expérience ?
Travailler avec Luc est une expérience hors du commun. Après une semaine de travail ensemble très intense, nous avions écrit une grande partie de l’intrigue, nous avions toutes les scènes du film. Ensuite, nous avons développé par correspondance, en échangeant nos textes, nos notes, nos commentaires. Puis nous nous sommes revus pour ajuster. Et puis un an plus tard, j’ai reçu un coup de fil pour me dire que le film était en préparation. Ce fût de loin, ma meilleure expérience à Hollywood.
Comment avez-vous eu l’idée du personnage de Wax ?
Luc m’avait dépeint Wax comme étant un tueur à gages extravagant, un assassin en mission pour le gouvernement. Il était important d’en faire un personnage haut en couleurs. Une fois cette personnalité extravagante définie, ajustée, le côté « comique » est venu tout seul. Wax est en mission, mais ne sait pas vraiment pourquoi il doit tuer des gens, ni pourquoi il les pourchasse ! Tout ce qui est sûr, c’est que rien ne peut l’arrêter dans sa mission.
Comment avez vous eu l’idée du personnage de Reese ?
Une fois le personnage de Wax en place, créer celui de Reese a été un jeu d’enfants car il est spectateur de l’action. C’est monsieur-tout-le-monde. Qui n’a jamais eu envie de devenir un mauvais garçon ? Qui n’a jamais voulu résoudre les problèmes en faisant tout sauter ? Reese est un personnage fantaisiste. Il est un peu la dernière roue du carrosse à l’ambassade. Il prépare l’action mais n’y prend jamais part alors qu’il en meurt d’envie et qu’il voudrait prouver qu’il peut lui aussi être un dur à cuire… L’ironie est qu’une fois cet objectif atteint, il se rend vite compte que cela ne correspond pas à ses attentes. C’est à ce moment de l’intrigue que surgit sa motivation principale : rentrer chez lui et retrouver sa petite amie… et surtout s’éloigner le plus possible de Wax.
Etait-ce difficile d’écrire un scénario dont l’histoire se passe à Paris ?
Tout le processus d’écriture a été intense. J’étais à Los Angeles en train de travailler sur le script d’un film qui se passe à
Paris : l’histoire de deux américains pris dans le feu de l’action. J’ai été une ou deux fois à
Paris pour faire du tourisme. Ce qui était réellement intéressant, et à nouveau on en revient à notre première réunion avec Luc, c’était qu’il voulait utiliser des lieux parisiens très touristiques comme la Tour Eiffel, mais il voulait également qu’une grande partie du film se déroule en banlieue. En tant que touristes, nous n’avons jamais accès à ce type d’endroits. Pourtant ce sont des lieux chargés d’émotion et marqués par les différences culturelles. C’était très important pour Luc que nous mettions en place une grande partie de l’action dans ces endroits, ce qui permettait de donner une autre vision de
Paris, une image que nous n’avions jamais vue.
Qu’avez vous ressenti en découvrant le casting final ?
C’est toujours très impressionnant lorsque l’on découvre l’acteur qui a été choisi pour un rôle que l’on a eu en tête pendant des mois. Quand j’ai appris que
John Travolta allait interpréter le rôle de Wax, tout s’est mis en place. Il est réellement doué pour jouer des personnages hauts en couleurs et dès les premières images du film, il nous donne le ton : cette fameuse scène de l’aéroport lorsqu’il donne du fil à retordre à la douane française en essayant d'introduire dans le pays ses boissons à base de caféine. Il va tout de suite à fond dans son personnage, prouvant qu’il peut être l’américain insupportable et caricatural, pour finalement parvenir à faire passer son arme ! Travolta fait cela avec un naturel déconcertant ! Sans parler de son look ! Travolta comme vous ne l’avez jamais vu auparavant ! C’est en quelque sorte le faire renaître pour un nouveau public. J’ai trouvé cela vraiment réussi, une super façon de démarrer !
D’où vient le titre From Paris with love ?
La production m’a confirmé ce titre alors que nous étions encore en train de travailler sur le plan du scénario. On m’a dit que le titre du film était
From Paris with love. Et c’est tout ! Luc était à
Paris, introuvable. De mon côté, je tentais de déchiffrer le message qu’il essayait de m’envoyer à travers ce titre. Allions-nous basculer vers une comédie romantique ? Je me suis arraché les cheveux pendant des heures en essayant de trouver. Je suis retourné à mes notes, au synopsis, etc. Puis j’ai fini par revoir Luc et lui ai dit : « Luc, ce titre est génial mais pourquoi celui-là ».
Et il a répondu : « Tu ne comprends pas pourquoi ? ». J’ai répondu : « Non. Je présume que c’est un hommage à From Russia with love (
Bons Baisers De Russie) ? ». Il m’a répondu : « Oui. Mais la principale raison vient d’une réunion avec mon comptable où nous avions besoin de trouver un titre pour ce projet. Nous nous sommes dits que ce serait drôle qu’au lieu de From Russia with love, on l’appelle
From Paris with love! ». Et du coup ce titre est resté !