Notes de Prod. : Fur

    en DVD le 13 Août 2007

Notes de production

Steven Shainberg avait impressionné le public et les critiques avec son film aussi atypique que grinçant, La Secrétaire. Pour son nouveau film, l’une des plus grandes actrices qui soient, Nicole Kidman, trouve un rôle unique dans le saisissant portrait imaginaire d’une femme mondialement célèbre. Loin d’être une simple biographie de Diane Arbus, célébrissime photographe américaine dont la vision singulière a révolutionné le monde de la photo, Fur - Portrait Imaginaire De Diane Arbus allie les faits historiques et l’imagination pour une exploration hallucinante de l’éveil d’un génie de la création. La passion, l’art et la séduction sont au cœur de l’histoire de cette femme, une artiste en quête d’elle-même. Exactement comme les photos de Diane Arbus nous transportent dans des mondes étranges et inconnus, Fur - Portrait Imaginaire De Diane Arbus passe à travers le miroir pour explorer la transformation d’une femme timide en une artiste d’une extraordinaire originalité. A une époque où la place des femmes était entièrement codifiée, Diane Arbus a fait exploser toutes les limites pour imposer les siennes. Le film se déroule en 1958, l’année où la vraie Diane Arbus a effectivement entamé sa carrière de photographe. , Fur - Portrait Imaginaire De Diane Arbus est un mélange étonnant de conte de fées, d’étude psychologique, de film historique et d’histoire d’amour...Au-delà de tout, c’est le reflet de l’admiration et de la compréhension d’un réalisateur pour une artiste hors du commun.

Une longue histoire

Steven Shainberg a grandi à New York environné des photos de Diane Arbus, bien avant qu’elle ne devienne une légende. C’était en effet une amie proche de son oncle, l’écrivain Lawrence Shainberg, qui achetait à l’occasion à la photographe encore inconnue des photos et en recevait en cadeau. A l’époque, Diane Arbus luttait pour vivre de son art et imposer une vision artistique exceptionnellement originale. Ses photos ne ressemblaient à rien de connu, particulièrement ses portraits de gens que la bonne société ignorait ou dont elle se moquait. Diane Arbus était en effet fascinée par les marginaux, les « monstres », des individus avec des anomalies physiques ou psychologiques, artistes de cirques, travestis…

Dans son enfance, Steven Shainberg considérait ces photos comme l’œuvre d’une amie de son oncle. « Je n’ai jamais rencontré Diane, mais elle faisait partie intégrante de mon univers, et c’était quelque chose de mystérieux et d’intrigant. Ses photos ont joué un rôle fondamental dans mon éducation visuelle. De la même manière que certains parents lisent des contes de fées ou les œuvres du Dr Seuss à leurs enfants le soir, moi je montais dans ma chambre en passant devant la photo de « Géant juif » - une des célèbres photos de Diane, représentant Eddie Carmel, 2,43m et 224 kg et ses parents. »

Steven Shainberg garde un souvenir très vif de l’impression que lui a faite la première photo de Diane Arbus. « Elle se trouvait en haut des escaliers, entre le deuxième et le troisième étage, juste à côté de la chambre de mes parents. Diane avait photographié deux adolescents debout dans la rue. Lui porte une sorte d’imperméable sombre qui lui arrive aux genoux, et il se tient à côté de sa petite amie. Je me souviens d’être rentré de l’école un jour, de m’être arrêté devant cette photo, et d’avoir été incapable de dire si les sujets étaient adolescents ou s’il avaient une cinquantaine d’années. J’ai pensé - je m’en souviens très bien – que c’était bizarre. J’étais perplexe, dérouté par cette question très simple. Cette photo a déclanché quelque chose, elle m’a poussé a regarder par la suite toutes les photos en général en me demandant ce qui s’y passait et quel était leur sens. »

Devenu adulte, Steven Sainberg s’est mis à collectionner les photos de Diane Arbus dans le cadre de son importante collection de photographie américaine. Il avait depuis longtemps envie de faire un film sur elle. Et il n’était pas le seul.

En 1984 était publié le livre de Patricia Bosworth, Daine Arbus : A biography. C’était la première biographie, et la seule à ce jour, consacrée à cette artiste. Bonnie Timmermann, qui était alors au début de sa carrière et allait devenir une directrice de casting réputée, a lu le livre et a été fascinée par Arbus et son travail. Elle raconte : « J’ai commencé à regarder ses photos et à les étudier avec attention avant même de savoir que je produirais un film un jour. J’ai toujours eu avec ses photos une relation très personnelle, comme si j’avais quelque part un lien avec Diane. Et je connais beaucoup de gens qui éprouvent la même chose. »

Bonnie Timmermann s’est renseignée sur les droits d’adaptation du livre mais ils étaient alors indisponibles. Depuis 1984, ils ont appartenu successivement à MGM, Lorimar et Barbara Streisand. Différents acteurs et actrices, divers producteurs et scénaristes avaient été pressentis puis avaient quitté le projet. Bonnie Timmermann, qui était une amie de Patricia Bosworth, a suivi la situation des droits au fil des ans jusqu’en 1997, date à laquelle ils sont redevenus disponibles. Elle a alors proposé le projet au producteur Edward R. Pressman, qui a accepté de faire équipe avec elle et d’acquérir les droits. Ils ont ensuite passé les six années suivantes à développer le film. Sur cette période, trois réalisateurs différents ont été envisagés. Pressman explique : « Chacun avait sa propre vision, mais ils prévoyaient tous de faire un fiml autobiographique traditionnel. » Puis, en 2002, Timmermann et Pressman ont vu le film de Steven Pressman ont vu le film de Steven Shainberg La Secrétaire, et ils ont été impressionnés par son approche audacieuse, sensuelle, pointue psychologiquement et d’un humeur noir, de la relation perverse entre un avocat et sa nouvelle secrétaire. Le film avait pour producteur exécutif Michael Roban, qui a alors rejoint la société de Pressman, Contentfilm, comme directeur des affaires commerciales. Par son intermédiaire, Pressman et Timmermann ont contacté Shainberg. Bonnie Timmermann raconte : « Steve nous a parlé de sa passion pour Diane Arbus, du fait qu’il avait envie de faire un film sur elle et son œuvre depuis longtemps. Il connaissait beaucoup de choses sur elle : sa famille, ses photos, et tout ce qu’elle a écrit. Et il avait une idée très intéressante sur la manière de transposer tout cela. »

Pendant quinze ans, Steven Shainberg avait tenté à plusieurs reprises d’acquérir les droits de la biographie de Patricia Bosworth. « J’ai eu tout le temps de réfléchir à la manière de faire un film sur Diane Arbus ! confie-t-il. De mon point de vue, ce qui rend ses photos si inhabituelles et si émouvantes, c’est qu’elles naissent d’une relation longue et complexe avec le sujet. Pour la photo du Géant juif par exemple, on ne connaît qu’une seule photo, celle du géant avec ses parents debout à ses côtés, s amère qui lève les yeux vers lui. Mais la vérité est que Diane connaissait Eddie Carmel depuis dix ans et qu’elle a pris des centaines et des centaines de photos de lui en d’innombrables occasions. Et elle n’en a publié qu’une ! Et cette photo qu’elle a créée, qu’elle a « découverte », est née de cette longue relation qu’elle avait avec le sujet. C’est vrai d’un grand nombre de ses clichés. Quand j’ai rencontré Bonnie, mon point de vue était qu’il fallait que le film parle de l’intimité entre Arbus et le sujet. Un film sur Diane Arbus devait parler de la création d’un seule photo. » Timmermann et Pressman étant d’accord, le projet Fur - Portrait Imaginaire De Diane Arbus a commencé à avancer. Erin Cressida Wilson, scénariste de La Secrétaire a rejoint l’équipe pour écrire le scénario.

Les acteurs

Le premier choix de Steven Shainberg pour incarner Diane Arbus a été Nicole Kidman. « J’adore Nicole, confie-t-il, et je crois que je penserais à elle quel que soit le film… Il est vrai que la choisir n’était pas une évidence au départ parce qu’elle ne ressemble pas à Diane Arbus physiquement, mais ce qui m’a guidé, c’est ce qu’elle ressentait envers elle. Est-ce quelle pouvait effectuer le voyage émotionnel du personnage ? Nicole possédait toute la subtilité, la disponibilité émotionnelle, le mystère et la tendresse dont le personnage avait besoin. » Bonnie Timmermann a remis le scénario à une amie, Susan Batson, coach d’acteurs, qui se rendait justement en Australie pour travailler avec Nicole Kidman. Nicole Kidman raconte : « Je n’avais jamais rien lu de pareil, et bien entendu, rien que cela m’attirait déjà. Ensuite, mes recherches sur Diane Arbus ont encore attisé ma curiosité. L’histoire est une métaphore pour bien d’autres choses, à travers l’évolution d’une femme qui découvre sa créativité, la manière dont elle est attirée par l’inconnu. C’est une histoire d’amour, belle et tragique, mais c’est aussi une histoire dans laquelle Lionel libère des choses chez Diane et l’aide à se révéler. Jamais rien ne serait arrivé si elle ne l’avait pas rencontré. C’est miraculeux qu’il habite justement au-dessus… On se demande s’il n’aurait pas vraiment existé.

Sur le fil entre fiction et réalité

Plutôt qu’une approche biographique traditionnelle, Steven Shainberg et Erin Cressida Wilson ont développé une structure narrative qui mélange des événements de la vraie vie de Diane Arbus avec des éléments imaginaires sur sa métamorphose artistique. Erin Cressida Wilson commente : «mélanger les faits et la fiction prenait particulièrement du sens pour un film sur Diane Arbus. L’une des caractéristiques les plus importantes de son travail est justement le mélange d’imaginaire et de la réalité dans ce qu’elle a de plus âpre. C’était inhérent à sa vision du monde.» Le réalisateur et la scénariste ont crée un personnage qui intègre l’histoire de base de la vraie Diane Arbus : une jeunesse privilégiée et surprotégée dans la famille qui possédait Russek’s, fourreur et grand magasin new-yorkais de luxe, et une vie adulte consacrée au mariage, à la maternité, et à travailler avec son mari photographe de mode et de publicité comme assistante et styliste.

Le tournage

Le tournage de Fur - Portrait Imaginaire De Diane Arbus s’est déroulé durant 57 jours à New York, de début mai à début août 2005. Un certain nombre d’extérieurs et d’intérieurs ont été filmés dans New York, mais la plus grande partie des intérieurs ont été tournés sur des décors construits aux Steiner Studios à Brooklyn. Steven Shainberg a travaillé avec son équipe de création, dont le directeur de la photo Bill Pope, la chef décoratrice Amy Danger et le chef costumier Mark Bridges, pour créer un paysage cinématographique dans lequel la réalité coexiste avec la fiction de façon crédible. L’appartement de Lionel est semé de références subtiles à « Alice au pays des merveilles », comme la tasse de thé qui attend Diane à son arrivée, ou le lapin blanc de Lionel. L’équipe a cependant veillé à ne pas trop appuyer sur les références.