
Je suis né dans une grande famille russe porteuse de valeurs russes assez traditionnelles. Que ce soit du côté maternel comme du côté paternel, mes parents entretenaient la mémoire de leurs aïeux et de la culture dont ils étaient empreints. Il s’agissait d’un mélange typique dans la noblesse russe : combinaison de coutumes russes et de culture occidentale - française et allemande pour l’essentiel. Lorsque j’étais enfant, je passais des heures avec mon grand-père, Piotr Konchalovsky, un peintre admirable dans le droit-fil des traditions de l’élite artistique russe ; il avait fait ses études à Paris aux côtés de Picasso, avait correspondu avec Matisse et était le successeur de Cézanne. Je me souviens encore de l’odeur de térébenthine et de peintures à l’huile de son atelier et me revois disposant les couleurs sur sa palette... La Russie, bien évidemment, ne pouvait pas ne pas influer sur ma perception du monde et sur mon activité, à savoir mon œuvre dès lors que je suis devenu metteur en scène.