Notes de Prod. : Gypsy Caravan

    en DVD le 21 Mai 2008

Les Artistes filmés

Maharaja est un groupe qui réunit des musiciens de premier plan issus de différentes castes tribales originaires du désert du Rajasthan dans le nord ouest de l’Inde. Maharaja s’est illustré dans de nombreux concerts à travers le monde et a ébloui le public par son mélange énergique de musique indienne, d’acrobaties et de danse. Fondé en 1995 ( initialement sous le nom Musafir), cette formation rassemble musiciens, poètes et shamans qui, au Rajasthan, ne pourraient pas jouer ensemble, mais créent ici une exaltante fusion entre folk d’Inde du Nord, classique, musique arabe, transe soufi et styles métissés à l’origine d’une esthétique très éclectique. Lors de la première tournée de la Gypsy Caravan, ils ont découvert le flamenco, d’où un projet parallèle, Maharaja Flamenca, à l’affiche de la seconde tournée avec Antonio El Pipa.

Antonio El Pipa Flamenco Ensemble d’Andalousie, Espagne, est l’un des plus traditionnels groupes de flamenco actuels. Né à Jerez, Antonio vient d’une dynastie familiale d’artistes gitans, parmi lesquels figure sa grand-mère, la légendaire Tia Juana la del Pipa, aujourd’hui décédée, ainsi que sa tante, Juana la del Pipa qui, en plus de danser dans ce groupe, chante avec une voix râpeuse aussi à vif que des siècles de souffrance. Leur spectacle, « Gypsy Passion » a valu à Antonio et à sa tante l’approbation de nombreux critiques en Europe et aux Etats-Unis, et ils continuent de se donner en représentation aussi bien à travers le monde entier que devant le plus exigeant des publics de flamenco, à savoir les Espagnols.

Esma Redzepova, de Macédoine, sur scène depuis plus de 40 ans, est considérée dans le domaine de la musique comme la « reine des Tsiganes ». Sa voix passionnée peut aisément arracher des larmes au public et, l’instant d’après, le faire danser dans les allées. D’un point de vue acoustique, Esma sollicite pour l’accompagner l’accordéon, la clarinette, la trompette, la tarabuka et la double basse. Diva plutôt glamour en apparence, Esma a été nominée pour le Prix Nobel de la paix dans le cadre de son œuvre politique en faveur de ses semblables. Son défunt mari et elle ont adopté rien moins que 47 enfants, qu’ils ont encouragés à gagner leur vie avec la musique, et son sous-sol abrite une station de télévision qui diffuse 24 heures sur 24 tout ce qui concerne la communauté tsigane - nouveautés musicales et appels aux anniversaires communautaires y côtoient des reportages sur les 5000 réfugiés tsiganes macédoniens ou le Kosovo.

Fanfare Ciocarlia est un orchestre de cuivres et de bois de 11 musiciens originaires du village de Zece Prajini, près de la frontière entre la Roumanie et la Moldavie. Leur musique combine des influences roumaines, tsiganes et turques, et même quelques éléments klezmer. Leur trois albums ont remporté un énorme succès, et ils ont participé à de nombreux festivals partout dans le monde, de même qu’à la bande son cinéma de réalisateurs comme Goran Bregovic et Emir Kusturica. « Nous sommes l’un des derniers, et nous sommes les plus rapides de tous » proclame le leader, Ioan Ivancea. Il est vrai que la Fanfare Ciocarlia mérite réellement le titre de la plus rapide et peut-être la plus excentrique des formations de cuivres tsiganes.

Taraf De Haïdouks est un enthousiaste groupe de musiciens roumains dont le répertoire inclut des airs de mariage , des ballades au violon, et des accompagnements jazz, classique et rock. Ils ont joué avec Yehudi Menuhin et le Kronos Quartet, participé à une grande partie du très encensé film de Tony Gatliff, Latcho Drom, et ont également fait une apparition aux côtés de Johnny Depp dans The Man Who Cried de Sally Potter. Sur scène, 12 musiciens se répondent adroitement les uns aux autres dans des créations musicales qui trouvent écho chez un public qui va bien au-delà des amateurs de World Music et de Fusion. Mais aussi étrange que leur paraisse être leur toute nouvelle célébrité, leur musique reste fidèle à elle-même, avec cet indéfinissable charme, cette sorte d’étrangeté qui lui sont caractéristiques. Leur talent paraît s’améliorer avec chaque concert, chaque nouvel album, et leur vaut de plus en plus de louanges de la part des médias. Le doyen est le violoniste meneur, âgé de 79 ans, et les autres, entre la vingtaine et la soixantaine, jouent de leurs cymbales, de leur accordéon, de leur flûte ou tout simplement de leurs puissants poumons. Lorsqu’ils retournent dans leur village natal, l’économie de ce dernier en est améliorée, car leurs gains même les plus modestes leur permettent d’envoyer leurs enfants à l’école et d’acheter les produits locaux, ce qui suffit à maintenir le village à flot jusqu’au prochain concert. Autrefois très demandés pour animer les mariages, les musiciens de Clejani ont subi de plein fouet l’abandon progressif des traditions, d’où leur reconversion dans les tournées internationales. Taraf De Haidouks (litéralement « bande de brigands) est probablement le groupe de musiciens tsiganes le plus connu de nos jours.

A Propos du film

L’avenir

La musique tsigane s’échappe de son « ghetto » en Roumanie pour devenir un élan mondial que certains fans comparent déjà aux débuts du jazz… La musique tsigane exalte le public à travers le monde, et les meilleurs groupes d’Europe Centrale donnent déjà plus d’une centaine de concerts par an à l’étranger. Les cinéastes s’intéressent tout particulièrement à leur production, tandis que les critiques comparent le phénomène à la naissance du jazz aux Etats-Unis dans les années 1920. Comme le dit Simon Broughton, co-éditeur du Rough Guide to World Music : « cette musique accomplit ce que devrait faire toute musique : elle fait vibrer vos cordes sensibles et vous échauffe le sang ».
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 3 394 entrées
  • Cumul IDF : 6 477 entrées

  • 1ère semaine France : 7 580 entrées
  • Cumul France : 14 641 entrées