« Rares sont les gens auprès de qui on choisirait de vivre. »
Abel Turner
David Loughery, le scénariste de
Harcelés, se souvient : « Beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi le type le plus blanc des Etats-Unis écrivait un film qui traite de problèmes raciaux. C’était une sorte de défi, je voulais écrire quelque chose de très nouveau pour moi, j’ai donc imaginé un thriller qui exploite certains thèmes sous un angle différent. Je pense qu’un grand nombre de personnes se retrouveront dans cette histoire. Quelle que soit leur opinion sur les races, les couleurs, les relations humaines, ils pourront la confronter à ce qu’ils verront sur l’écran. »
Le réalisateur
Neil Labute s’est fait remarquer en 1997 dès son premier film,
En Compagnie Des Hommes, une vision au scalpel de l’univers sombre et sexiste des cadres américains.
Neil Labute s’est ensuite construit une réputation de cinéaste et de dramaturge controversé qui n’a pas peur de soulever le voile d’éducation et de comportement social qui recouvre les aspects les plus laids de la nature humaine.
David Loughery reprend :
« La sensibilité unique de Neil Labute faisait de lui le meilleur réalisateur possible pour Harcelés. Il sait vraiment comment pousser à bout le public. Ses films et ses pièces sont insoutenables, dans le bon sens du terme, parce qu’il crée des situations inconfortables et pleines de suspense. Je savais qu’il allait apporter quelque chose à ce film que les autres réalisateurs n’avaient pas, une véritable tension qui donne au comportement et aux relations des personnages un côté très réaliste. »
Neil Labute raconte :
« Quand j’ai lu le scénario, j’ai pensé qu’il m’offrait la possibilité de créer une histoire complexe et à plusieurs niveaux d’interprétation. L’histoire se déroule à Los Angeles, et j’y ai vécu suffisamment longtemps pour connaître les incendies et les tensions raciales qui y ravagent les maisons et les quartiers. Ce projet me tentait donc beaucoup. »
David Loughery continue :
« Le conflit entre les personnages est au centre de l’histoire ; il repose en partie sur le racisme, mais ce n’est qu’un aspect de cette bataille de voisinage. Le film parle autant de racisme que d’espace personnel, de frontières et des efforts que nous faisons pour protéger ce qui nous appartient. Tout le monde s’est déjà retrouvé avec un voisin pénible. Ce peut être à cause de son chien qui aboie constamment, de son gamin qui met la musique à fond ou de n’importe quoi d’autre, mais nous savons tous que le moindre problème entre voisins peut rapidement se transformer en querelle d’ampleur. C’est ce que montre le film. »
Neil Labute précise :
« Tout commence à cause de cet homme qui a grandi avec certaines valeurs et qui n’est pas capable d’accepter celles des autres. Tout le monde a déjà vécu à côté, au-dessous ou au-dessus d’un voisin gênant. Nous nous sommes tous déjà dit : « Oh mon Dieu, qu’est-ce que c’est que tout ce bruit ? Qu’est-ce qu’ils font ? ». Quand ce voisin est un policier, cela peut devenir très compliqué parce que vous vous retrouvez en conflit avec les personnes qui sont justement là pour faire respecter l’ordre. On ne sait plus vraiment quoi faire ni vers qui se tourner, cela crée une situation de stress intense. Cela n’a rien à voir avec le racisme, le personnage d’Abel Turner fonctionnerait aussi bien avec un acteur d’une autre origine ethnique comme Tommy Lee Jones ou Edward James Olmos. Au-delà de son incapacité à accepter le mélange des races, c’est un homme qui refuse toute concession avec ses voisins. »
David Loughery confie :
« Je veux que le public se sente mal à l’aise devant Harcelés. Je veux que les spectateurs se tortillent sur leur fauteuil, mais en même temps je désire qu’ils trouvent le film divertissant et passent un bon moment. »<

div class=textimageright>Star internationale dont la filmographie comprend
Pulp Fiction de
Quentin Tarantino et
Jungle Fever de
Spike Lee,
Samuel L. Jackson interprète Abel Turner. Il raconte :
« Quand j’ai lu le scénario, je l’ai trouvé passionnant parce qu’il oppose des personnages forts et propose un regard différent sur le racisme. Ici, le « raciste » n’est pas celui qu’on pourrait croire. Abel Turner est un policier noir, une personne que tout le monde aurait tendance à considérer comme un homme normal et respectable, et pourtant c’est de lui que viennent les problèmes de voisinage et de racisme, c’est ce qui le rend aussi intéressant. C’est une chose que tout le monde peut comprendre, quelle que soit sa culture. »
Samuel L. Jackson poursuit :
« Je savais que l’expérience de dramaturge de Neil Labute allait être utile pour développer le scénario et les personnages. Il avait une vision très claire de son film, mais il nous a laissé apporter des idées qui ont été intégrées à l’histoire. Il nous a aussi permis de faire ce qu’il fallait pour rendre le film et ses personnages réalistes et authentiques. »
Connue pour avoir incarné Della Bea Robinson, la femme de Ray Charles dans
Ray de
Taylor Hackford, l’actrice
Kerry Washington joue Lisa Mattson. Elle observe :
« La force de ce film réside dans ses personnages et son histoire. C’est vraiment très bien écrit. Les films que je préfère traitent en général de gens ordinaires dans des situations extraordinaires, et ce film parle justement de trois personnes qui se retrouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Abel, Chris et Lisa sont des gens tout à fait normaux, ils vivent dans notre monde et subissent les mêmes pressions et les mêmes problèmes que nous depuis leur naissance jusqu’à leur mort. On ne sait jamais ce que nous réserve la vie, et nous les découvrons justement à un moment où tout peut basculer pour eux. »
Patrick Wilson interprète Chris Mattson, le mari de Lisa. Il déclare :
« J’admire beaucoup la façon dont Neil Labute a exploré et développé les interactions entre les trois personnages principaux. Il sait comment souligner les problèmes relationnels et vous emmener là où vont ses personnages. Il a une idée précise de ce qu’il veut, je crois que c’est une qualité qui lui vient de son expérience de dramaturge. Il y a dans son écriture une franchise et une simplicité que j’aime beaucoup. Pour un acteur, c’est fantastique de travailler avec lui parce qu’il crée toujours des personnages vraiment très riches. »
Kerry Washington confirme :
« Neil Labute fait partie de ces personnes qui ne perdent jamais leur sens de l’humour. A n’importe quelle heure du jour et de la nuit, il est toujours de bonne humeur. C’est quelqu’un avec qui il est bon de faire équipe. Il a beaucoup de respect pour tous ses collaborateurs et demande à tout le monde de faire le meilleur travail possible. Dans chaque département, il est capable d’engager les meilleures personnes et de les laisser faire leur travail comme bon leur semble, et pour moi c’est ce qu’il y a de plus important chez un réalisateur. Il donne à tout le monde la possibilité de s’impliquer dans le processus créatif, c’est ce que j’aime dans le cinéma, c’est un effort collectif. »