Quand la temperature monte« Tu veux appeler les flics ? Je peux te dire qui est de service. »
Abel
La plus grande partie de Harcelés a été filmée dans la ville de Walnut en Californie, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Los Angeles. La voie sans issue où vivent Turner et les Mattson est entourée d’un magnifique paysage de collines et de canyons.
David Loughery explique : « En écrivant le scénario, je voulais que cette histoire se déroule dans un environnement similaire à celui dans lequel nous vivons en Californie du Sud. Nous pensons vivre dans une zone sûre et sécurisée, mais la nature réserve bien des surprises. La ville qu’habitent Abel, Chris et Lisa est construite sur les collines et constamment menacée par des coulées de boue, les tremblements de terre et les incendies. Dans le film, on ressent la présence de ce feu incontrôlé qui se rapproche lentement dès le premier jour où Chris et Lisa s’installent dans leur maison. Plus la tension monte entre les personnages, plus on sent que l’incendie gagne du terrain juste de l’autre côté de la colline. »
La spécificité du décor nécessitait de trouver des propriétaires disposés à abandonner leur maison pendant cinq semaines, ainsi qu’une ville qui accepte le tournage d’un film dans ses rues pendant 25 jours. Pour trouver cette perle rare, les cinéastes se sont servis d’un outil inhabituel durant les premières phases de leur recherche : Google Earth, un site Internet qui fournit des vues aériennes de la surface terrestre. Le chef décorateur Bruton Jones commente : « Nous avons d’abord repéré des maisons et différents quartiers, et puis ensuite nous sommes allés sur place pour rencontrer les propriétaires. C’était un peu bizarre parce qu’on frappait à la porte des gens, on disait « Bonjour, nous savons que vous avez une piscine derrière votre maison, on peut jeter un coup d’œil ? », et ils acceptaient alors que nous étions de parfaits inconnus. Je ne me doutais pas que notre société pouvait être aussi confiante. Nous avons fini par trouver Walnut, qui est une petite communauté traditionnelle et bien ordonnée. L’endroit réunissait plus d’avantages que tous les autres. La plupart des éléments visuels précisés dans le scénario étaient présents, en particulier la façon dont on peut voir le jardin et les fenêtres de ses voisins. »
Neil Labute observe : « Bien que le film se déroule dans un petit quartier de banlieue, nous ne voulions pas que toutes les maisons se ressemblent. Nous souhaitions un contraste fort entre les deux maisons principales. Même si le cul-de-sac est bordé de maisons de style espagnol pour la plupart, dont celle d’Abel, nous avons eu la chance d’en trouver une pour Chris et Lisa dont l’architecture imitait celle de Cape Cod. »
Bruton Jones reprend : « C’était ma première collaboration avec Neil Labute. Ce qu’un réalisateur apporte au scénario donne automatiquement le ton du tournage, et Neil a énormément apporté. Il est très cérébral et aime la controverse, avec lui chaque plan est très subtil et possède un sens caché, cela m’a permis d’aller un peu plus loin dans mon travail. Ensemble, nous avons décidé de créer des intérieurs qui reflètent les valeurs et le style de vie des deux familles pour illustrer leurs différences. Nous avons beaucoup parlé des couleurs et des meubles. La maison d’Abel est très chaleureuse, c’est un environnement maternel centré sur les enfants. Celle des Mattson est plus branchée et moderne. Nous avons aussi essayé de créer des éléments visuels qui traduisent la tension provoquée par la menace de l’incendie et l’escalade du conflit entre les personnages. Pour créer un univers homogène et souligner ces thèmes, nous avons coordonné les décors, les éclairages et les costumes. Le rouge est très présent dans la maison Turner parce que nous voulions montrer qu’Abel est un personnage dynamique et potentiellement agressif. Nous avons aussi ajouté des orangés et des jaunes qui adoucissent de façon très subtile la présence du rouge dans le décor. »
« La palette de couleurs liée à Chris et Lisa reflète ce qu’ils sont intérieurement et extérieurement. Leur monde est plus graphique et culturellement plus diversifié. Leur maison est pleine de couleurs sophistiquées et de tissus à motifs élaborés. Quelque part, leur décoration moderne et branchée est là pour les rassurer dans leur idée qu’ils sont un couple qui assume sa différence. »
Le directeur de la photographie Rogier Stoffers et le chef costumière Lynette Meyer ont aussi beaucoup contribué à créer l’esthétique du film. Rogier Stoffers souligne : « J’avais déjà travaillé avec Neil Labute et je sais qu’avec lui les détails comme les pointes de rouge dans les costumes de Celia et les tenues branchées de Lisa sont très importants. Nous voulions que les personnages paraissent réalistes et aient du poids. Nous avons donc utilisé une palette de couleurs très chaude qui exprime autant l’idée de chaleur physique que morale. »
Lynette Meyer explique : « Le personnage de Kerry Washington devait être le plus naturel, le plus « biologique » possible. Nous avons donc utilisé des tissus et des marques respectueuses de l’environnement pour donner cette impression et créer un contraste fort avec Abel et son monde. Kerry a pris cet aspect très au sérieux et a beaucoup travaillé avec nous pour développer le look de son personnage. Au final, nous avons créé un style très à la mode, dans des tons ocre, assez sexy et très original. »
Les cascades ont été réglées par le coordinateur des cascades Ben Bray qui a travaillé sur No Country For Old Men - Non, Ce Pays N'Est Pas Pour Le Vieil Homme des frères Coen, Le Monde De Narnia - Chapitre 1 : Le Lion, La Sorcière Blanche Et L'Armoire Magique d’ Andrew Adamson, et J'Adore Huckabees de David O. Russell.
Kerry Washington raconte : « J’ai pris beaucoup de plaisir à faire moi-même mes cascades. J’ai été très impressionnée par l’extrême compétence de Ben Bray, il est fantastique. Quand nous avons vu la séquence finale pour la première fois avec Samuel et Patrick, nous étions comme trois gamins en train de découvrir le ballet « Casse-Noisette » pour la première fois. On n’en croyait pas nos yeux !
« C’était très excitant de voir les cascadeurs faire ces mouvements avec autant de précision et nous avons redoublé d’efforts pour essayer de faire aussi bien qu’eux. Souvent, les coordinateurs des cascades chorégraphient l’action non pas pour les acteurs, mais pour les cascadeurs, ou en fonction de ce qu’ils savent faire ou voudraient faire eux-mêmes. Quand vous faites vous-mêmes vos cascades, il faut être très attentif, et leur montrer que vous savez ce que vous faites. »
Samuel L. Jackson ajoute : « Parfois, ils sont assez surpris de voir que vous pouvez faire une cascade d’une façon aussi efficace que celle qu’ils avaient imaginée, c’est toujours amusant ! J’en ai fait le plus possible, mais comme ils aiment bien passer par les fenêtres ou être mis K.O., je leur en ai laissé quelques-unes. Si vous engagez des cascadeurs pour un film, il faut quand même les laisser s’amuser un peu ! »
Ben Bray observe : « C’est toujours plus difficile quand l’action doit rester réaliste, j’ai donc essayé de créer des cascades qui n’aient pas l’air de cascades. Elles devaient garder un côté spontané et maladroit, il ne fallait pas qu’elles semblent avoir été chorégraphiées. Neil et moi avions la même idée à ce sujet, dans ses notes il avait précisé que les scènes d’action devaient paraître les plus naturelles possible, et c’est ce que nous avons fait. Il sait exactement ce qu’il veut, et cela facilite le travail de tout le monde. C’est très agréable de travailler avec Neil, j’aimerais que tous les réalisateurs soient comme lui ! » Notes de Production« Rares sont les gens auprès de qui on choisirait de vivre. »
Abel Turner
David Loughery, le scénariste de Harcelés, se souvient : « Beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi le type le plus blanc des Etats-Unis écrivait un film qui traite de problèmes raciaux. C’était une sorte de défi, je voulais écrire quelque chose de très nouveau pour moi, j’ai donc imaginé un thriller qui exploite certains thèmes sous un angle différent. Je pense qu’un grand nombre de personnes se retrouveront dans cette histoire. Quelle que soit leur opinion sur les races, les couleurs, les relations humaines, ils pourront la confronter à ce qu’ils verront sur l’écran. » Entre enemis et voisins« Ça peut être cool d’habiter près d’un flic. On pourra lui emprunter ses menottes. »
Chris
David Loughery raconte : « Quand j’ai appris que Samuel L. Jackson avait été engagé pour jouer Abel Turner, je me suis dit qu’ils avaient fait le meilleur choix possible. Il était fait pour ce rôle parce qu’il est à la fois charmant et menaçant, cela rend son personnage aussi sympathique qu’effrayant. Il est vraiment fantastique dans ce film. Il a un sens de l’humour un peu étrange qui donne encore plus de profondeur à son personnage parce qu’il masque le sentiment de danger qui émane de lui. C’est le méchant du film, mais au premier abord rien ne permet de le deviner, bien au contraire. Abel protège ce qui lui appartient et fait ce qu’il pense être bien pour sa famille et pour lui-même. » |
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