Note de productionProvocant, sexy, Hard Candy est un thriller atypique qui renverse les rôles et met les nerfs à vif... Une jolie adolescente rencontre un trentenaire. Un malentendu, trop de secrets, et le cauchemar commence…
Mis en scène par David Slade, le film joue avec les apparences, les non-dits, le suggestif, et nous entraîne de surprises en révélations. Sulfureux, provoquant, voici un film qui après vous avoir tenu en haleine, soulèvera beaucoup de questions personnelles…
Face A Face
Le producteur David Higgins se souvient : « J’ai eu l’idée de Hard Candy en lisant un article de journal sur des jeunes filles au Japon qui entamaient des relations sur Internet avec des hommes plus âgés, leur fixaient rendez-vous, et les attendaient avec plusieurs amis pour les agresser… C’était une nouvelle approche de la notion de proie et de prédateur. J’ai resserré sur l’idée d’une seule fille, qui traque les types qui cherchent les adolescentes sur Internet. Si vous enfermez deux acteurs dans une même pièce pendant plus d’une heure et demie, il vous faut quelqu’un qui sache écrire sur les personnages, et pas seulement sur l’intrigue. J’avais lu une des pièces de Brian Nelson qui m’avait beaucoup plu, et je cherchais depuis longtemps un sujet sur lequel nous puissions travailler ensemble. »
Brian Nelson raconte : « Quand David Higgins m’a appelé, j’ai demandé à réfléchir… et j’ai rappelé le lendemain pour dire que j’étais d’accord. Le sujet m’a parlé, mais pour des raisons que je ne comprenais pas vraiment moi-même à l’époque. »
Michael Caldwell, également producteur, explique : « Lorsque Rosanne Korenberg, la productrice exécutive, m’a donné le scénario, elle m’a convaincu en une seule phrase. Elle m’a dit : “ Un homme de 32 ans et une fille de 14 ans se rencontrent par Internet et décident de sortir ensemble. C’est elle le prédateur. ” ». David Higgins reprend : « Je n’avais encore jamais vu un tel personnage, une justicière de 14 ans. C’est tout simplement un Hannibal Lecter de 14 ans… ».
Brian Nelson précise : « Dans chaque grand film avec deux personnages, les deux sont liés l’un à l’autre. C’est une chose que j’ai retrouvée dans la manière dont Patrick Wilson et Ellen Page ont travaillé : ils rebondissaient l’un sur l’autre, ils se donnaient des suggestions, des conseils. A un certain niveau, même si c’est une danse de mort qu’ils effectuent, leurs personnages se comportent de la même façon. Hayley et Jeff ont besoin l’un de l’autre, ils s’aident l’un l’autre - bien que différemment de ce qu’ils avaient prévu au départ ».
Le producteur Michael Caldwell note : « Elle conduit l’action, mais c’est lui qui vit cette expérience cathartique. Ils sont comme des miroirs l’un pour l’autre ».
Brian Nelson observe : « Nous n’avons pas voulu livrer un message du genre “ la pornographie enfantine est mal ”. C’est une évidence, mais ce n’est pas sur cela que nous interpellons le public. La vraie question est : que devient-on si l’on choisit la vengeance ? Nous rêvons tous de ce que nous pourrions infliger aux meurtriers et aux pédophiles, mais si on le faisait vraiment, quelle genre de personne deviendrions-nous ? Les gens qui ont lu le scénario, les hommes en particulier, m’ont tous dit que cela les avait fait réfléchir à leur propre comportement. En ce sens, c’est un film qui provoque ».
David Higgins note : « Vous pouvez prendre l’histoire au niveau le plus simple, celui où un sale type n’a que ce qu’il mérite. Ou vous pouvez la prendre à un niveau plus complexe, et vous demander qui est vraiment puni ». Brian Nelson intervient : « C’est cela qui importe : qui est vraiment puni ? Le scénario a évolué : à l’origine, nous avions écrit une Hayley plus fière d’elle et de ses actes. À présent, elle est en partie fière, mais aussi torturée. Toutes les émotions se jouent sur son visage, et Ellen, Patrick et David Slade ont merveilleusement réussi à faire passer cette notion ».
Le Réalisateur
David Higgins, producteur, explique : « Le travail de David Slade qui m’a tout de suite sauté aux yeux, par son style, son sens visuel. David est aussi le premier à m’avoir parlé immédiatement des personnages, de l’histoire, du scénario. Tous ses commentaires étaient justes, il ne voulait pas de compromis précisément sur les mêmes choses que nous. Nous avons choisi David parce que nous voulions quelqu’un qui mènerait les mêmes batailles que nous : sur les films à petit budget, il faut toujours se battre pour ne pas laisser les choses s’échapper».
Le réalisateur David Slade confie : « Ce sont les premiers films de Nicholas Roeg qui m’ont donné envie de faire du cinéma, et de tout ce que j’ai pu lire aux Etats-Unis. Le script de Brian Nelson montre un monde où l’on doit remettre en question ses valeurs et ses préjugés. Pendant la moitié du film, vous méprisez cette fille. Et soudain, vous avez un dilemme : vous n’êtes pas supposé avoir de sympathie pour un pédophile ».
Il poursuit : « Hard Candy allait être difficile à faire au plan émotionnel, mais je pensais que cela servirait le film. J’ai demandé à Brian de rester sur le projet pendant le tournage, pour qu’il soit là chaque fois que je voulais changer le dialogue. J’avais le plus grand respect pour son écriture. 18 jours de tournage, c’est très court, il n’y a pas de temps pour se fâcher, ni pour passer des heures à discuter d’une scène ».
« Je pense qu’il y aura des spectateurs pour ressentir ce que j’ai moi-même éprouvé dans la salle de montage. Parfois je méprisais Hayley, parfois je ne doutais plus une seconde de la culpabilité de Jeff. Chacun réagira différemment, en tant qu’homme ou en tant que femme, mais aussi en fonction de son passé, de sa personnalité. Certains seront aussi peut-être déstabilisés parce que ce film perturbe le schéma de pensée habituel… »
Deux pour une rencontre…
Rosanne Korenberg, la productrice exécutive, explique : « Le casting nous a demandé du temps parce qu’il n’était pas facile de trouver une actrice qui puisse jouer une fille de 14 ans. Il fallait quelqu’un d’un peu plus âgé et d’émancipé. Nous avons commencé la distribution des rôles par Hayley, parce que si nous ne pouvions pas trouver l’actrice, alors le film ne se ferait pas…. 125 filles et sept mois plus tard, nous avons vu la cassette d’Ellen. Elle était saisissante ».
Michael Caldwell poursuit : « Trouver Hayley a précisé les qualités qu’il nous fallait chez l’acteur qui jouerait Jeff. Il devait être gentil, mais également crédible dans le rôle d’un monstre. Quand j’ai vu Patrick dans Angels In America, j’ai su qu’il était le meilleur pour le rôle ». Les personnages principaux et leur acteurJeff
David Slade observe : « Patrick Wilson était idéal pour Jeff. Il avait une intuition remarquable et a enduré le côté physique du rôle. Ses mains sont rougies parce qu’il est resté ligoté pendant des heures, ce n’est pas du maquillage… Nous nous efforcions de tourner dans l’ordre chronologique, il nous a fallu lui faire vivre un enfer…. Pendant trois jours, nous l’avons pendu, trempé, castré… ». |
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