Notes de Production : de la genèse au dernier opus« Tu es un sorcier, Harry ».
Il y a une dizaine d’années, ces quelques mots marquaient les débuts d’un périple cinématographique hors du commun d’un jeune garçon dont le seul nom est devenu synonyme de magie : Harry Potter. Depuis lors, la saga éponyme s’est gravée dans l’histoire du cinéma, tout en bouleversant la vie des acteurs et des techniciens qui ont accompagné la transposition à l’écran de l’ouvrage en sept volumes signé J.k. Rowling.
De Harry Potter à L'école Des Sorciers (2001) jusqu’au diptyque final, Harry Potter Et Les Reliques De La Mort - 2ème Partie, les différents épisodes composent aujourd’hui la saga ayant engrangé le plus de recettes au box-office mondial. en outre, les livres et les films font désormais partie intégrante de notre culture et ont même inscrit des mots nouveaux, comme Moldu, Quidditch, Poudlard, ou même « Expelliarmus ! », dans notre vocabulaire.
Après avoir découvert, en 1997, le manuscrit de qui n’était pas encore publié, David Heyman a produit l’ensemble des adaptations pour le cinéma. « Quand on s’est lancé dans l’aventure, je n’aurais jamais pu imaginer l’accueil triomphal du public qui ne s’est pas démenti au fil des années », reconnaît-il. « Cela a dépassé mes rêves les plus fous, et j’éprouve de la fierté et surtout de la gratitude envers les fans et, plus encore, envers J.k. Rowling ».
Dans l’ensemble, Harry Potter constitue une entreprise inédite car jamais auparavant une saga n’avait suivi les mêmes personnages pendant huit longs métrages.
Le producteur David Barron explique : «C’était une expérience unique, mais qui était entièrement tributaire des livres dont nous nous sommes inspirés ».
La romancière et productrice J.k. Rowling ajoute :
«J’avais une idée très précise de l’aboutissement du périple d’Harry. À mon sens, une adaptation cinématographique ne pouvait qu’aller dans le même sens. Quand j’ai rencontré David Heyman, il a tout de suite partagé mon point de vue ».
L’écrivain a fait équipe avec le scénariste Steve Kloves qui a adapté six volumes sur les sept que compte la saga : «Steve a vraiment compris l’esprit du livre », dit-elle. « Depuis le début, je suis consciente que la transposition cinématographique impose des modifications. Et pourtant, même les scènes qui se démarquaient de ce que j’avais écrit ont toujours été fidèles à l’esprit du roman ».
« Nous avions à notre disposition une histoire cohérente et captivante qui n’avait pas de conclusion quand nous avons commencé puisque seuls les trois premiers épisodes avaient été publiés », constate Kloves. « Même si cela m’a parfois rendu la tâche difficile, je me suis toujours fié à mon instinct. Et quand j’avais vraiment besoin d’aide, j’avais à mes côtés une alliée dont les conseils étaient plutôt fiables : Jo ! », ajoute-t-il avec humour. « Sans trop entrer dans les détails, elle était constamment disponible et disposée à me remettre sur les rails au cas où je déviais un peu. En fin de compte, j’ai respecté un grand principe qui s’est avéré payant : s’attacher aux personnages ».
« En s’attachant ainsi à eux, un grand nombre des valeurs que Jo met en avant dans ses ouvrages transparaît dans les films : la loyauté, l’amour, l’amitié et la tolérance », souligne David Yates.
« Le pouvoir de l’amour est un thème fort qu’on retrouve dans les livres et les films », note J.k. Rowling. « Il y a plusieurs formes d’amour dans cette histoire, mais c’est l’amitié qui me semble la plus marquante à l’écran ».
À cet égard, on pense bien entendu aux relations entre les personnages d’Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger. Ils sont incarnés par trois jeunes acteurs qui ont grandi au fil des films : Daniel Radcliffe, Rupert Grint et Emma Watson.
« Je n’aurais même pas les mots pour exprimer ce que le rôle d’Harry Potter représente pour moi, mais ce que je peux dire, c’est que je ne l’ai jamais pris à la légère », affirme Radcliffe. « Et si c’est le même personnage tout au long de la saga, Harry – comme tout un chacun – a beaucoup changé au fil des années. Du coup, j’ai essayé de me renouveler à chaque film et de mettre en avant des traits de caractère différents ».
« Je me sens très privilégiée d’avoir campé Hermione », déclare Watson. « Je pense qu’elle incarne un personnage que les jeunes filles peuvent admirer car elle reste fidèle à elle-même. Elle est très intelligente et courageuse, et c’est une amie fidèle qui garde la tête froide dans les situations les plus complexes. C’était formidable de pouvoir réunir tous ces éléments de sa personnalité dans les films ».
« Je suis sûr que Ron va me manquer car je me suis vraiment identifié à lui », poursuit Grint. « Et j’ai beaucoup aimé la manière dont le personnage s’est épanoui. Au départ, c’est un gamin peureux qui se révèle peu à peu courageux et astucieux, et plus encore dans cet ultime épisode où les personnages se trouvent face à une situation des plus périlleuses ».
« Au cours des films, nous avons pu réunir la fine fleur des comédiens anglais, ce qui est extraordinaire », souligne Heyman. « Mais ce qui m’a vraiment fait plaisir, c’est de voir nos jeunes acteurs s’épanouir et s’affirmer. Nous sommes très fiers d’eux ».
Si les jeunes personnages de la saga sont peu à peu devenus des adultes, l’intrigue s’est, elle aussi, enrichie. « Ce sont comme des "muscles" qui ont besoin d’être développés », remarque Alan Rickman qui campe le professeur Severus Rogue depuis le début. « Pour y parvenir, il fallait que la saga donne matière à réflexion : comment distinguer entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ? À qui peut-on faire confiance et de qui doit-on se méfier ? Que faut-il entendre par courage ou loyauté ? Tous ces thèmes y sont abordés ».
Au fur et à mesure qu’avance la saga, les enjeux sont de plus en plus importants et les dangers qui guettent nos héros de plus en plus redoutables car Lord Voldemort est de retour...
Dans Harry Potter Et Les Reliques De La Mort – 2ème Partie, les jeunes sorciers s’apprêtent à livrer une guerre sans merci. « C’est la bataille ultime pour Poudlard et pour le monde des sorciers et – point d’orgue de la saga – le combat final entre Harry et Voldemort ».
« Il était crucial de conclure la saga sur une séquence d’anthologie qui réunisse des dragons, des araignées et des géants – même si, au fond, ce sont toujours les personnages qui sont les plus importants »« La dimension spectaculaire compte, mais c’est l’identification aux personnages impliqués dans cette bataille qui pousse le spectateur à les accompagner ».
« Même s’il y a pas mal de scènes d’action, c’est avant tout l’émotion qui nous a guidés, et on n’a jamais voulu sacrifier cela », poursuit Barron.
« La guerre totale entre les forces du bien et du mal est captivante, mais l’histoire, au fond, est toujours très émouvante », reprend Heyman. « Les enjeux sont beaucoup plus forts car on s’attache à eux depuis très longtemps ».
« Ce qui m’a vraiment intéressé dans cette histoire, c’est que la frontière entre le bien et le mal est ténue et que certains personnages sont bien plus complexes qu’à première vue », ajoute le réalisateur.
« Tous les personnages, y compris Harry, ont des défauts », observe l’écrivain. « Personne n’est tout blanc ou tout noir – à l’exception de Voldemort. Il incarne le mal absolu : rien ne peut le racheter ».
Ce dernier opus ramène les personnages dans certains lieux bien connus d’eux, comme l’école de Sorcellerie de Poudlard – qu’on n’avait pas vue dans la première partie du diptyque. Imaginée par Rowling et conçue par le chef décorateur Stuart Craig, Poudlard incarne tout à la fois un foyer, un QG et un refuge pour les élèves et les professeurs.
Mais l’école va bientôt se transformer en champ de bataille.
« Si ce que tu dis est vrai, et qu’il détient la Baguette de Sureau, alors j’ai bien peur que tu n’aies aucune chance face à lui ».
Le deuxième volet du diptyque reprend à la fin de la première partie, autrement dit sur un larcin aux re- bondissements multiples. La crypte de pierre d’Albus Dumbledore est profanée et une baguette reconnaissable entre toutes est subtilisée des mains du défunt directeur. avec toute la malveillance qui le caractérise, le voleur – Lord Voldemort – lève la Baguette de Sureau en l’air et déclenche la foudre qui illumine les nuages noirs.
Selon la légende, la Baguette de Sureau est l’une des reliques de la Mort – qui comptent aussi la Pierre de résurrection et la Cape d’Invisibilité – qui rendent immortel celui qui les détient toutes les trois. Chacune d’entre elles a des qualités propres, mais la Baguette de Sureau est réputée pour être la baguette magique la plus puissante qui ait jamais existé.
Ralph Fiennes, qui une fois encore campe le Seigneur des ténèbres, explique : «Voldemort croit que celui qui possède la Baguette atteint le pouvoir absolu, mais les choses sont plus compliquées que ça, ce qui nourrit sa frustration ».
Voldemort a appris l’existence de la Baguette de Sureau par M. Ollivander qu’il a torturé jusqu’à ce qu’il lui en révèle la cachette. Le fabricant de baguettes prévient Harry que si Voldemort met la main sur la Baguette de Sureau, il n’a aucune chance de le battre. Mais rien ne saurait dissuader Harry Potter de sa mission : retrouver et détruire les Horcruxes qui existent encore grâce auxquels le Seigneur des ténèbres a enfermé son âme dans sa quête pour l’immortalité. trois de ces précieux objets ont été détruits, mais il en reste quatre : tant qu’ils n’auront pas tous été éliminés, Voldemort ne pourra pas être vaincu.
« Au début de cette deuxième partie du diptyque, Harry est devenu un homme et il est absolument déterminé dans la tâche qui lui incombe : il doit tuer Voldemort », souligne David Yates. « Il sait que lui seul peut accomplir cette mission et il est résolu à aller jusqu’au bout ».
« Même parmi les gobelins, tu es célèbre, Harry Potter ».
C’est un gobelin du nom de Gripsec, qui travaille à la Banque de Gringotts et qu’Harry a rencontré sur le Chemin de traverse, qui indique à notre héros où retrouver la trace d’un autre Horcruxe.
Warwick Davis, qui prêtait déjà sa voix à Gripsec dans Harry Potter à L'école Des Sorciers, incarne le personnage dans le dernier opus de la saga. Il s’est aussi fait connaître pour avoir interprété le professeur Filius Flitwick de Poudlard : «Le fait d’avoir campé deux rôles m’a permis de jouer sur plusieurs registres car les deux personnages sont aux antipodes l’un de l’autre », dit-il. « Flitwick est un sorcier chaleureux, tandis que Gripsec est un gobelin qui ne fait pas confiance aux sorciers. Et puis, Gripsec tente de retourner la situation à son avantage. Si vous croisez un gobelin, méfiez-vous », ajoute-t-il en souriant. « Ils sont très égoïstes et sont prêts à tout pour arriver à leurs fins ».
Gripsec informe Harry qu’il existe une réplique de l’épée de Gryffondor dans le coffre de Bellatrix Lestrange à la Banque de Gringotts. Mais elle ignore qu’il s’agit d’une copie et qu’Harry est en possession de la vraie. Le gobelin révèle à notre héros que ce n’est là qu’un des nombreux objets qui se trouvent dans le coffre de Madame Lestrange : Harry se dit que la chambre forte d’un Mangemort pourrait bien s’avérer la cachette idéale pour dissimuler un Horcruxe.
« En fait, ils doivent braquer une banque », explique Yates. « Il leur faut entrer dans la banque pour voir s’il y a un Horcruxe dans la chambre forte de Bellatrix. S’ils le trouvent et qu’ils le détruisent, ils augmentent leur chance de tuer Voldemort. Mais dévaliser les Gringotts n’est pas une mince affaire, pour ne pas dire autre chose. Leur parcours est semé d’embûches ».
Gripsec accepte de les aider à pénétrer dans l’antre des Gringotts s’ils lui rapportent l’épée de Gryffondor. Pour autant, entrer dans le coffre de Bellatrix est une tout autre histoire. Grâce au Polynectar, ils donneront l’illusion d’être accompagnés par Madame Lestrange – ou plutôt par Hermione Granger déguisée en Bellatrix.
Depuis son apparition dans Harry Potter Et L'Ordre Du Phénix, Bellatrix Lestrange est caractérisée par sa folie – et Helena Bonham Carter a toujours trouvé l’excentricité de son personnage jubilatoire. Mais pour camper Hermione qui fait semblant d’être Bellatrix, il a fallu établir quelques règles. « Ce n’est pas vraiment Bellatrix : c’est Bellatrix revue par Hermione », indique l’actrice. « Elles sont très différentes l’une de l’autre, et c’était amusant à jouer car c’était un tout autre registre ».
Pour bien camper les multiples facettes du personnage, une étroite collaboration entre Helena Bonham Carter, David Yates et – surtout – Emma Watson s’est avérée indispensable.
« On a organisé une séance de répétition, où Emma a joué toute la scène, en nous montrant quelle démarche et quel accent elle adopterait et on l’a filmée, et puis on a montré la vidéo à Helena pour qu’elle intègre ces éléments à son propre jeu », note Yates.
« Avec Emma, on a longuement parlé de la scène et elle m’a donné quelques tuyaux extrêmement utiles, qui sont devenus mon "guide de compréhension d’Hermione." »
« Ce que je voulais vraiment qu’Helena réussisse à jouer, c’est à quel point cette expérience est désagréable pour Hermione », précise Emma Watson. « Elle est très mal à l’aise parce qu’Hermione est assez prude, alors que Bellatrix est excentrique et se balade en corset de cuir. D’autre part, Bellatrix est malveillante et arrogante, tandis qu’Hermione est quelqu’un de bien, si bien que se comporter en égocentrique mesquine lui est totalement étranger ».
Alors que Ron est déguisé en Mangemort, et qu’Harry et Gripsec sont dissimulés sous la Cape d’Invisibilité, ils s’introduisent dans la banque de Gringotts sous le regard indifférent de dizaines de guichetiers Gobelins.
Pour cette séquence, Davis a non seulement campé le rôle de Gripsec, mais aussi servi de directeur de casting. « Je m’occupe d’une agence de comédiens de moins d’1m50 et la production m’a donc demandé de leur trouver une soixantaine de personnes susceptibles d’interpréter les Gobelins et de supporter le maquillage prosthétique », explique-t-il. « J’ai fait venir des acteurs de toute l’Europe et, du coup, c’est devenu une sorte d’Organisation des Nations Unies des Gobelins ».
Il a également fallu recourir aux talents du maquilleur effets spéciaux Nick Dudman et de son équipe pour transformer ces acteurs en Gobelins. Ils ont d’abord sculpté les visages des créatures, en partant du principe que chacun devait être unique. « Il fallait qu’on soit très minutieux s’agissant du graphisme pour nous assurer qu’aucun visage ne ressemblait à un autre », souligne Dudman. « On a ensuite fabriqué les éléments prosthétiques en série, même si chacun devait être peint à la main et que les poils des sourcils ont dû être insérés un par un dans le silicone. C’est un travail extrêmement long et minutieux ».
170 maquilleurs ont été embauchés pour effectuer le maquillage des Gobelins : ce travail « à la chaîne » prenait environ quatre heures par créature. afin de répondre à ses exigences, Dudman a mis en place
un atelier pendant trois jours, au cours desquels une équipe internationale d’artisans s’est efforcée d’appliquer le maquillage jusqu’à ce qu’il soit d’une justesse parfaite. Le chef maquilleur précise : «Personne n’a quitté l’atelier sans que je vérifie chaque créature ».
Etant donné que les Gobelins sont banquiers, la chef costumière Jany Temime et son équipe ont conçu de traditionnels costumes trois pièces à fines rayures dont chacun a été fabriqué sur mesure.
La scène de Gringotts dans Harry Potter à L'école Des Sorciers avait été tournée en décors réels puisque l’ambassade d’Australie avait campé la banque des sorciers. Mais il n’était pas possible d’y tourner à nouveau pour ce nouvel opus puisque le décor allait être sérieusement endommagé. La Banque de Gringotts a donc été construite dans le hangar pour avions des studios Leavesden.
Chef décorateur sur l’ensemble des épisodes de la saga, Stuart Craig en a profité pour affiner les décors de la banque, en allant plus loin dans l’imaginaire tout en restant fidèle au premier film. « C’est une banque magique, si bien qu’on a cherché à forcer le trait d’un décor de banque traditionnelle », précise-t-il. « Par exemple, on y trouve plus de marbre poli que partout ailleurs : il y a des sols en marbre, des murs en marbre, des colonnes en marbre et des guichets en marbre. C’est du faux, mais l’effet est saisissant. Et on a trouvé amusant que les Gobelins soient majestueusement perchés sur de très hauts tabourets et affairés sur de très hauts bureaux, d’où ils toisent leurs clients. On a également construit trois énormes lustres car on n’a pas pu trouver d’exemplaires de taille suffisante correspondant à nos besoins ».
Grâce à une bonne dose de ruse et de magie, Harry, Hermione et Ron réussissent à s’introduire dans les coffres de Gringotts, situés dans une immense grotte au sous-sol du bâtiment. on ne peut y accéder qu’avec un chariot qui circule sur des rails décrivant de larges boucles, pareilles à des montagnes russes et à une vitesse comparable... mais sans dispositif de sécurité. Le superviseur effets spéciaux John Richardson raconte : «On a construit le chariot de A à Z, en nous inspirant des graphismes de Stuart Craig. Contrairement à la plupart des véhicules, dont nous avions plusieurs exemplaires, nous n’avons fabriqué qu’un seul chariot : il fallait donc l’attacher à différents équipements et l’installer sur les rails afin de pouvoir le piloter dans toutes les directions ».
Dans les entrailles de la grotte, Harry, Ron et Hermione sont en butte au système de sécurité ultra-performant de la banque : un dragon géant crachant du feu qui est à la fois prisonnier et gardien des lieux. Cette redoutable créature a été conçue en infographie par l’équipe effets visuels de Tim Burke.
Lorsque Gripsec révèle le point faible du dragon, la petite bande parvient à échapper à sa vigilance et à trouver la chambre forte de Bellatrix. quand la porte s’ouvre, nos héros découvrent une fortune extraordinaire en pièces d’or et divers objets d’une valeur inestimable.
extrêmement prudente, Bellatrix a instauré un dernier dispositif de sécurité : un maléfice de Gemino par lequel chaque objet touché par un intrus se multiplie à l’identique de manière infinie. Dès lors qu’il sent la pré-
sence d’un Horcruxe – la coupe de Helga Poufsouffle –, Harry n’a que quelques secondes pour le prendre et sortir de la chambre forte avant qu’ils ne finissent tous écrasés par le trésor qui grossit à vue d’œil.
tout en travaillant dans un espace aux dimensions limitées, l’équipe de Richardson a conçu une série de plateformes élévatrices qui, en montant, donnent l’illusion que le trésor augmente. Le département accessoires dirigé par Barry Wilkinson et le chef modéliste Pierre Bohanna ont moulé quelque 200 000 pièces d’or et des milliers d’autres objets pour remplir la chambre forte. Des effets visuels ont ensuite été utilisés pour dupliquer le moindre objet à l’identique et en très grand nombre.
Dès que Harry, Ron et Hermione ont le Horcruxe en main, il leur faut à la fois de l’intelligence et de la compassion pour fuir Gringotts. Mais de plus graves dangers attendent le trio qui se retrouve, une fois encore, face à lui-même : les trois amis ne peuvent plus faire marche arrière.
« En fin de compte, ils savent tous pourquoi ils se sont engagés dans cette aventure, et cela les dépasse, eux, leurs amis et leurs familles », reprend Radcliffe. « C’est assez impressionnant que des jeunes de 17 ans aient la maturité et le courage d’admettre que les enjeux auxquels ils doivent faire face sont plus importants que leurs préoccupations personnelles, et c’est aussi ce qui rend cette histoire aussi émouvante ».
« Le garçon a découvert notre secret, Nagini ».
Les rapports uniques entre Harry Potter et Voldemort ont certes fait souffrir le jeune sorcier, mais ils lui ont aussi permis de pénétrer dans l’esprit du Seigneur des ténèbres. Il comprend alors que Voldemort sait ce qu’ils ont manigancé. Pire encore, loin de l’affaiblir, la destruction de chaque Horcruxe a fait de lui un animal blessé : d’autant plus dangereux qu’il est désespéré.
«Quand Voldemort comprend que Harry est à la recherche des Horcruxes, il prend conscience pour la première fois de sa vulnérabilité : on le voit alors se morceler, pas tant physiquement que moralement », indique David Yates.
« À chaque fois qu’un Horcruxe est détruit, quelque chose d’essentiel est arraché à Voldemort, et David m’a poussé à jouer ces scènes comme s’il implosait », souligne Fiennes. « David a été formidable : pour chaque plan – même ceux qui ne durent pas plus d’une fraction de seconde –, il a tâché de mettre en valeur tout ce qui se passe en Voldemort, et j’y ai été très sensible ».
« Avec Ralph, on voulait explorer la peur et la colère de Voldemort : tout ce qui explique sa monstruosité », déclare le réalisateur.
Evoquant l’importance des effets visuels, Tim Burke rappelle que la production souhaitait que la destruction de chaque Horcruxe se manifeste concrète- ment. « Il fallait représenter la noirceur de Voldemort avec des images terribles et dérangeantes qui puisent vraiment dans les peurs inconscientes des gens », dit-il.
Depuis que Voldemort a été ressuscité dans Harry Potter Et La Coupe De Feu, des effets visuels ont été utilisés pour mettre au point son visage aux traits sinueux. « On a eu recours à un dispositif qui s’appelle prothèse numérique », explique Burke. « En fait, on est parti des traits de Ralph auxquels on a ajouté des expressions de serpent, comme les fentes pour ses narines. On retrouve ses mimiques dans le moindre plan de Voldemort, ce qui est un exploit en soi ».
Par ailleurs, l’équipe effets visuels a également imaginé le serpent, Nagini, qui n’est jamais bien loin de Voldemort. « Il est très affectueux avec lui », affirme Fiennes. « Leur relation est sans doute la plus intime qu’il ait jamais eue avec quelqu’un, comme s’il s’agissait de son alter ego ».
« Tu es Abelfort, le frère de Dumbledore ».
En s’introduisant dans l’esprit de Voldemort, Harry apprend qu’un autre Horcruxe se trouve à l’école de Sorcellerie de Poudlard. « Il est parfaitement logique que Voldemort ait dissimulé un Horcruxe à Poudlard puisqu’il les a, pour la plupart, cachés dans des lieux qui comptent pour lui et que Poudlard était autrefois chez lui », remarque Rowling. « C’est quelque chose que lui et Harry ont en commun : pour eux deux, Poudlard est un refuge ».
Cependant, l’espace qui fut un refuge pour Harry est désormais un territoire ennemi contrôlé par les Mangemorts et les Détraqueurs qui patrouillent les lieux. Le retour à Poudlard va mettre sa vie en danger, ainsi que celle de tout son entourage, mais c’est un risque qu’il doit prendre.
Harry, Ron et Hermione doivent s’introduire dans l’école à travers un passage secret de Pré-au-lard. Mais dès qu’ils « transplantent », des alarmes se mettent à retentir. nos trois héros sont tout près de se faire sur- prendre lorsqu’une porte s’ouvre et qu’une silhouette familière les fait entrer à l’intérieur. Pendant un instant, ils croiraient presque qu’il s’agit du défunt pro- fesseur Albus Dumbledore, mais leur sauveur n’est autre que son frère Abelforth avec qui il s’était brouillé.
Ciarán Hinds campe Abelforth Dumbledore dont la rancœur tenace à l’égard de son frère remonte à des événements survenus dans leur enfance. « Ils se sont disputés autrefois car Albus a pris des décisions au détriment de leur petite sœur, Ariana », note Hinds. « Et on comprend qu’il n’a pas réussi à surmonter cet événement à travers la manière dont Abelforth parle de lui ».
Même si la production ne souhaitait pas qu’Abelforth ressemble comme deux gouttes d’eau à Albus, Dudman et la maquilleuse Amanda Knight ont fait en sorte que les deux frères aient un véritable air de famille.
Pour autant, comme le signale Jany Temime, « son style vestimentaire est totalement différent de celui d’Albus car Abelforth est propriétaire d’un pub, tandis qu’Albus est professeur. Les Dumbledore sont écossais et le kilt était donc un élément essentiel de leur garde-robe ».
Bien qu’il soit venu en aide à Harry, l’amertume d’Abelforth rejaillit : il tente de le dissuader de risquer sa vie pour accomplir une mission que lui a confiée Albus. Mais quelles que soient les critiques acerbes à l’égard du professeur Dumbledore, Harry a pris sa décision. « Depuis quelques épisodes, la confiance est un thème qui revient constamment », souligne Radcliffe. « Pendant combien de temps encore Harry pourra-t-il faire confiance à cet homme dont les valeurs sont de plus en plus contestées ?»
«Harry a choisi de faire confiance au Dumbledore qu’il a toujours connu, à cet homme en qui il a cru et qui ne l’a jamais déçu », indique Barron. « Dumbledore lui a confié une mission décisive, qu’il doit accomplir quels qu’en soient les risques, et Harry doit désormais s’en acquitter ».
« Rogue est au courant. Il sait qu’Harry a été repéré …»
La détermination de Harry l’emporte sur les griefs de Abelforth. Ce dernier finit par céder et demander de l’aide. C’est un vieil ami Neville Londubat, incarné à nouveau par Matthew Lewis, qui accourt. tout en étant ravis de retrouver leur colocataire à Gryffondor, Harry, Ron et Hermione sont très choqués d’observer les traces de maltraitance subies par Neville. C’est le premier signe des changements survenus à leur école, qui du reste a un nouveau directeur, Severus Rogue.
« Poudlard n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était », déclare Heyman. « Les Mangemorts ont pris le relais et la moindre infraction à leurs règles est punie avec une sévérité impitoyable ».
«C’est devenu un lieu vraiment sinistre qui ressemble plus à une prison qu’à une école de magie », note Yates qui, en collaboration avec le chef opérateur Eduardo Serra, a adopté un style particulier de tournage pour créer l’atmosphère du film. « Nous avons utilisé une large palette de couleurs de bleus et dans une tonalité plus froide. Et par la suite, nous avons employé des jaunes et des rouges plus spectaculaires évoquant le feu et le sang... Je voulais que certaines séquences de la 2ème Partie évoquent un film de guerre épique ».
Guidés par Neville, Harry, Hermione et Ron passent par un tunnel dérobé et arrivent à Poudlard
où ils sont accueillis avec joie et soulagement par un grand nombre de leurs vieux amis, dont Luna Lovegood, Cho Chang, Seamus Finnigan et , interprétés respectivement par Evanna Lynch, Katie Leung, Devon Murray et Alfie Enoch. Ils espèrent que le retour de Harry sera pour l’armée de Dumbledore le signal d’une nouvelle rébellion. « Sa seule présence leur donne du courage », remarque Barron. « C’est la preuve qu’ils ne sont pas seuls », poursuit-il.
Pour l’instant, ce sont eux dont Harry a besoin pour identifier les indices qui le mèneront à un Horcruxe, dont il sait qu’il a un rapport avec Rowena Serdaigle. Luna et Cho, tous deux des Serdaigle, supposent que c’est peut-être le fameux diadème que Rowena a perdu et qu’ils décrivent comme une sorte de couronne... qu’aucun être vivant n’a d’ailleurs jamais vu. avant que Harry n’ait pu se servir de cette information, Ginny Weasley arrive précipitamment et, plutôt que de laisser éclater sa joie de revoir Harry, leur apprend que ce dernier a été repéré... et que Rogue est au courant.
Bonnie Wright campe à nouveau le personnage de Ginny. Quand celle-ci était adolescente, elle était déjà attirée par Harry et elle entretient désormais avec lui une véritable relation amoureuse. « À cet instant, ils sont réunis et leur attachement est évident mais ils ne peuvent passer du temps ensemble car le temps presse », explique-t-elle. « Et Ginny comprend qu’il a de plus grandes responsabilités, ce qui d’une certaine manière la séduit. Elle ne le perçoit pas comme « l’Élu » mais comme Harry. Cela m’a plu de faire évoluer la petite fille timide qu’elle était en cette jeune femme sûre d’elle, qu’est devenue Ginny », poursuit-elle.
Rogue a convoqué tout le monde dans la Grande Salle, désormais grise et glaciale, et franchement loin de la convivialité chaleureuse d’autrefois. Les longues tables chargées de magnifiques victuailles vivement éclairées par des lustres au plafond ont disparu. Les élèves, au lieu de s’attrouper bruyamment par classes, entrent en silence, en rangs serrés et sont regroupés selon la maison à laquelle ils appartiennent. Ces rangs serrés servent de paravent à un jeune homme à lu- nettes portant une marque révélatrice.
L’énigmatique professeur rogue interprété par Alan Rickman prévient les élèves de sa voix reconnaissable par son élocution lente et mesurée qu’on réserverait un traitement « d’une sévérité exemplaire » à quiconque surpris en train d’aider Harry Potter. Yates souligne que « la manière dont Alan utilise non seulement les mots mais les temps morts entre les mots est un vrai bon- heur. Je n’ai jamais travaillé avec un acteur qui parle aussi lentement qu’Alan », reconnaît le metteur en scène qui ajoute : «on est suspendu à ses lèvres car on est impatient de savoir ce qui va suivre ».
«D’une certaine manière, il suffit de s’approprier le sujet », déclare Rickman. « Jo a tracé une feuille de route très précise. Nous savons à quoi ressemblent les cheveux de Rogue ainsi que ses vêtements, et il est d’ailleurs toujours habillé de la même manière », ajoute-t-il en riant. « Nous savons qu’il mène une existence solitaire. On nous indique qu’il n’élève jamais la voix. Il a un tempérament volcanique... mais il se domine ».
À peine Rogue a-t-il fini de parler qu’Harry s’avance pour défier l’homme qui a tué le professeur Dumbledore sous ses yeux et qui a eu l’impudence de prendre sa place. La témérité d’Harry lui gagne le soutien de ses amis et de ses professeurs, dont les professeurs McGonagall et Flitwick. Et sur le pas de la porte se tiennent Remus Lupin, interprété par David Thewlis, et Kingsley Shacklebolt, campé par George Harris, ainsi que des membres du clan Weasley : les parents Molly et Arthur interprétés par Julie Walters et Mark Williams, les jumeaux Fred et George, incarnés par James et Oliver Phelps, et les nouveaux mariés Bill et Fleur, interprétés par Domhnall Gleeson et Cleménce Poésy. À peine l’élu est-il de retour que les membres survivants de l’ordre du Phénix se lèvent pour se dresser contre le Seigneur des ténèbres.
Maggie Smith interprète à nouveau Minerva McGonagall, qui s’interpose entre Rogue et Harry pour engager un duel de baguettes magiques avec son ancien collègue. « Maggie est une immense actrice qui tire le meilleur parti des scènes dans lesquelles elle joue et de ses répliques. C’était un grand plaisir de la diriger une nouvelle fois », déclare Yates.
Rogue bat en retraite de façon très théâtrale mais la fête est de courte durée car Lord Voldemort fait vite sentir son omniprésence. alors que la guerre menace, McGonagall lance un sort pour convoquer toutes les forces de Poudlard susceptibles de défendre le château et ranime les sentinelles pétrifiées qui depuis des années montent la garde en silence. Les soldats inanimés ont été conçus et sculptés par le chef décorateur Stuart Craig et son équipe, puis animés grâce aux effets spéciaux.
L’équipe effets visuels de Tim Burke a également conçu le champ magnétique créé par la baguette magique. Ce sont les méduses qui ont inspiré Burke. « Les méduses ont », dit-il, « une incroyable texture mais elles sont translucides et émettent une lumière phosphorescente. C’est ce qui nous a donné l’idée de l’effet baguette magique qui procure cette impression de naturel. »
Les sorciers savent que le champ magnétique ne résistera pas longtemps à l’attaque des Mangemorts, mais cela devrait leur laisser assez de temps pour que Neville, Seamus et Ginny organisent un accueil fracassant aux envahisseurs. et cela permettra à Harry d’accomplir sa mission. « Car », comme l’affirme Heyman « s’il ne trouve pas les derniers Horcruxes, il n’a aucune chance d’emporter la victoire ».
«Si nous mourons pour eux, je te tuerai Harry ! »
Tandis que la bataille fait rage, Harry, Hermione et Ron se séparent : Harry part à la recherche du Horcruxe, pendant que Hermione et Ron vont tenter de trouver un moyen de le détruire. Ils n’ont plus l’épée de Gryffondor qui leur avait permis d’éliminer le médaillon de Salazar Serpentard dans la première partie du dytique mais Ron a soudain une idée. Rupert Grint explique que « Ron va utiliser un croc de Basilic pour détruire les Horcruxes comme le fit Harry pour le journal intime de Tom Jedusor dans Harry Potter Et La Chambre Des Secrets ».
Le Basilic a été tué mais son squelette, et les crocs, n’ont pas été détruits. Ron et Hermione se dirigent vers la Chambre, avec la même intention que dans le deuxième épisode de la saga – à une différence près : le squelette du Basilic, mort depuis des lustres, sera sculpté par l’équipe de Nick Dudman.
Ron arrache un des crocs et le tend à Hermione qui, avec une certaine audace, le plante dans la coupe : celle-ci se met à cracher un torrent de rage et de menaces les laissant pantois et trempés jusqu’aux os. Sans un mot, ils tombent dans les bras l’un de l’autre et se donnent enfin ce baiser si longtemps attendu par les fans.
C’est aussi un moment qu’attendent Grint et Watson, mais pour d’autres raisons. « Emma et moi nous nous connaissons depuis toujours et je me disais que ce serait bizarre », reconnaît Grint. « Sans vouloir offenser Emma, qui est évidemment très jolie, mais c’est juste que j’avais du mal à m’imaginer en train de l’embrasser. Plus j’y pensais, plus ça m’angoissait ».
Et il se trouve qu’Emma partageait son appréhension. « Comme Rupert et moi sommes vraiment liés d’amitié, cela me mettait mal à l’aise », explique-t-elle. « Si vous avez grandi avec quelqu’un que vous considérez comme un frère et que vous vous trouvez dans une situation où il faut l’embrasser comme on embrasse un amoureux, ça fait drôle ».
David Yates avait deviné leurs appréhensions. Du coup, il ne leur a dévoilé la date du tournage de la scène du baiser que la veille au soir, non sans leur avoir donné un conseil de pro. « Je leur ai dit de se débarrasser de Rupert et Emma et d’entrer complètement dans les personnages de Ron et Hermione. Ils se sont totalement investis, et ce fut magnifique.... vraiment génial », dit-il, admiratif.
Pendant ce temps, Harry court vers la salle commune de Serdaigle, mais il est arrêté dans son élan par Luna Lovegood qui fait preuve d’une force de caractère assez rare chez elle. « Harry se dit qu’il n’a pas de temps à perdre avec les élucubrations de Luna, mais elle doit impérativement lui dire quelque chose », explique Evanna Lynch. « Comme il refuse de l’écouter, elle s’énerve et lui hurle dessus, ce qui n’est pas dans ses habitudes ».
Rappelant à Harry qu’aucun être vivant n’a jamais vu le diadème de Rowena Serdaigle, Luna l’envoie se renseigner auprès de la seule personne – ou plutôt du fantôme susceptible de l’aider. Kelly Macdonald incarne la légendaire Dame Grise de la tour Serdaigle. C’est en réalité le fantôme de la fille de Rowena, Helena. Elle ne souhaite pas lui dire précisément où se trouve le diadème et lui propose de résoudre une énigme. La réponse à cette énigme l’envoie à la Salle sur Demande où est dissimulé le Horcruxe au milieu de meubles, livres et autres objets hétéroclites qui semblent avoir été abandonnés depuis des siècles. Craig décrit cette pièce de la manière suivante : «la Salle sur Demande a occupé un de nos plus grands espaces (60 mètres sur 90) et elle était pleine à craquer de meubles et de toutes sortes d’objets de tailles et de formes diverses. La décoratrice de plateau Stephenie Mcmillan et son équipe ont passé des mois avant le tournage à acheter des meubles d’occasion : il y avait une incroyable accumulation d’objets ». Des fonds verts entouraient le plateau permettant à
l’équipe effets spéciaux d’agrandir l’espace et de donner l’illusion de plus d’objets encore, selon les désirs de David Yates. La salle devait ressembler à « une chaîne de montagnes d’objets ». Le réalisateur confirme : «Il fallait donner l’impression que ça s’étendait à l’infini ».
Parmi cette pile d’objets, on trouve des articles spécifiques que les fans qui connaissent bien la série Harry Potter sont susceptibles de reconnaître. McMillan explique : «Nous avons recyclé pas mal d’accessoires des films précédents, vieux bureaux, tables et bancs appartenant à la Grande Salle, balais, tabourets de professeurs, pièces de jeux d’échec, le décor de la fête du professeur Slughorn… »
« Il y avait des objets et des accessoires qui venaient des épisodes précédents... c’est toute notre histoire », constate Heyman. « C’est pourquoi c’est un de mes décors préférés ».
Il a fallu un peu tricher sur la pile de meubles pour que les acteurs y grimpent en toute sécurité : tout d’abord, quand Harry recherche le Horcruxe, puis quand Drago Malefoy poursuit Harry. Il l’avait retrouvé pour lui reprendre la baguette magique que Harry lui avait dérobée au Manoir des Malefoy dans la 1ère partie. C’est là que, curieusement, Drago avait sauvé la vie à Harry en cachant à tante Bellatrix l’identité du héros.
Tom Felton, qui interprète Drago une nouvelle fois, souligne : «On ne nous explique jamais pourquoi Drago a fait ce choix, et c’est agréable que Jo nous laisse libres dans notre interprétation. Moi, je pense qu’il est arrivé à un moment où il veut se tourner du côté de la justice, mais la méchanceté est dans son ADN. Il lutte, et c’est dur pour lui, mais moi j’ai eu du plaisir à interpréter ce rôle ».
« Le personnage de Drago évolue, passant d’une brute sans intérêt à un personnage fort complexe », confirme l’écrivain. « La prestation de Tom qui commence à craquer et à révéler tout un registre d’émotions insoupçonnées dans les premiers films nous a enthousiasmés », ajoute-t-elle.
En compagnie de Blaise et de Goyle, deux de ses acolytes Serpentard, Drago défie Harry dans la Salle sur Demande, mais la confrontation tourne au drame lorsque la baguette magique de Goyle se retourne littéralement contre lui et qu’un véritable Feudemon s’engouffre dans la Salle. Même si les flammes ont été pour une grande part ajoutées en postproduction, l’équipe effets spéciaux de Richardson a placé des flambeaux à des endroits stratégiques de la pièce. « Il faisait vraiment chaud », reconnaît Felton. « On avait le sentiment à la fois d’imaginer ce qui se passait et de le voir se dérouler sous nos yeux ».
Comme toutes les issues sont coupées à cause du feu, Harry, accompagnés de Hermione et de Ron revenus juste à temps, s’emparent de balais et se mettent à voler. Mais il leur faut choisir entre laisser Drago sur place ou mettre leur propre vie en péril pour sauver leur sempiternel ennemi. Ron dit haut et fort ce qu’il pense d’un sauvetage, mais pour Harry, il n’y a pas d’alternative. Grint déclare que « c’était une scène très chouette. C’était génial de se retrouver sur un balai d’autant que nous savions que c’était la dernière fois ».
Au cours des différents épisodes, les dispositifs de trucages des balais ont évolué, permettant à la production de mettre en place des séquences de vol de plus en plus complexes, tout en s’adaptant aux comédiens qui passaient de l’enfance à l’adolescence et à l’âge adulte. Richardson souligne qu’« on a fini par concevoir un balai monté sur un cardan accompagné d’un siège fait sur mesure pour que l’acteur soit fermement sanglé afin que, même si le balai se retournait, il ne tombe pas. Ensuite le cardan reposait sur un socle mobile à six axes. Du coup, entre les deux points on pouvait obtenir un mouvement très naturel aussi désordonné qu’ample selon les besoins ».
Néanmoins, pour cet ultime épisode de la saga, il aura fallu affiner encore les effets spéciaux : en effet, pour la séquence du sauvetage, deux acteurs volaient de concert sur le même balai. « À cet effet, nous avons dû construire un autre type de dispositif pour le balai, monté sur rail », explique Richardson, « si bien qu’on pouvait le faire voler à grande vitesse en longeant une table, sur une rampe hydraulique qui se penchait et s’écroulait exactement au moment où il le fallait. L’acteur perché sur le balai devait alors attraper le type sur la table par les bras et lui faire chevaucher le balai, comme un cow-boy. C’était assez difficile à réaliser, mais je crois que ça fonctionne très bien à l’image ».
Le sauvetage impressionnant a mobilisé à la fois les acteurs et l’équipe de cascadeurs dirigée par Greg Powell. Ce dernier a également collaboré étroitement avec Richardson et avec le réalisateur 2ème équipe Stephen Woolfenden pour faire exploser la passerelle, l’une des dernières lignes de défense de Poudlard.
L’équipe de Woolfenden a pris des vues aériennes de la passerelle en surplombant le Fort William en écosse. « On a une vue panoramique du loch et de l’arrière- pays stupéfiant de beauté », déclare-t-il.
La destruction s’est faite grâce à un pont élévateur qui se trouvait dans les studios de Pinewood. Powell explique : «Tout repose sur un dispositif hydraulique, mais quand le pont s’effondre, il tombe en chute libre et laisse les cascadeurs en plein vol juste l’espace d’une seconde et l’effet est vraiment saisissant. »
Sur le pont, Neville affronte tout une armée de Mangemorts, ce qui prouve, comme le remarque Matthew Lewis, qu’« il ne faut pas s’arrêter aux apparences concernant Neville ». Ayant interprété le rôle dans l’en- semble des épisodes, le comédien était heureux de voir son personnage aller jusqu’au bout de lui-même et affirmer sa stature de héros. « Neville n’a jamais fait preuve d’un courage exceptionnel : il n’était pas digne d’être un membre de la noble maison de Gryffondor. Mais grâce à Harry qui lui a fait confiance, il s’était mis à avoir foi en lui- même et toute la force et la témérité qui ne demandaient qu’à s’exprimer éclatent enfin au grand jour. Il devient ce résistant courageux, ce qui est vraiment sympa et motivant ».
Yates ajoute : «À la fin de la bataille, Neville a été roué de coups, il est couvert de sang, mais il n’abandonne pas la lutte, ce qui est très émouvant ».
« Harry Potter, le garçon qui a survécu... Prépare-toi à mourir ».
La bataille de Poudlard fait rage autour d’eux mais Harry, Hermione et Ron continuent de mener une autre guerre... au nom du Monde de la Sorcellerie. La piste du Horcruxe suivant, sans doute la plus dangereuse, les mène au Hangar à Bateaux de l’école, où les trois amis assistent à une rencontre capitale entre rogue et Voldemort.
Heyman explique : «Ce qui m’a toujours intrigué dans les livres de Jo, c’est que les personnages ne sont ni tout blancs, ni tout noirs, mais qu’ils se situent entre l’ombre et la lumière, entre le bien et le mal, comme le commun des mortels. L’histoire de Rogue, par exemple, est bien plus complexe qu’il n’y paraît, et je pense que le public sera heureux de connaître toute son histoire ».
« On se doute bien qu’il a un plan secret », souligne Rickman. « La question est de savoir ce que sera ce plan... Les risques augmentaient au fur et à mesure qu’il pénétrait dans des eaux toujours plus troubles. En fin de compte, il s’agissait de rédemption et de fidélité, et dans le cas de Rogue, sans vouloir rien dévoiler, d’une certaine forme de courage et de conviction ».
Dans le livre, la confrontation cruciale entre le Seigneur des ténèbres et Severus Rogue se déroule dans la Cabane Hurlante, mais David Yates a reçu personnellement la permission de la part de J.k. Rowling de changer de lieu pour le film Harry Potter Et Les Reliques De La Mort - 2ème Partie.
Le Hangar à Bateaux, construit dans les studios Leavesden, est situé au bord de l’eau qui coule sous le château de Poudlard. Craig a conçu le bâtiment dans le style Tudor avec des murs en verre, de sorte que, « on ne perd jamais de vue les batailles qui se livrent à l’arrière-plan car les feux se réfléchissent dans l’eau et dans le verre », explique-t-il.
L’eau de la Pensine située dans le bureau de Dumbledore reflète les souvenirs. C’est là qu’Harry comprend ce qu’il doit faire. « Dans Harry Potter Et L'Ordre Du Phénix, Harry apprend la prophétie selon laquelle "aucun d’eux ne peut vivre si l’autre survit" », signale Daniel Rad- cliffe. « Dès lors, à chaque étape de son voyage, il sait que la situation deviendra critique à un moment donné et il est convaincu que cet instant est venu ».
«Harry est conscient que son destin et celui de Voldemort sont étroitement liés », déclare Heyman. « Quand il se retrouve confronté au dilemme d’affronter le Seigneur des Ténèbres ou de laisser tout le monde mourir, Harry est prêt à faire face à son destin. Et Dan a été formidable. Dans ces scènes, il exprimait une sagesse et une maturité qui ne correspondent pas à son âge. Il réfléchissait aux émotions et aux raisons qui poussent Harry à agir comme il le faisait et son jeu était d’une admirable authenticité ».
Et Yates d’ajouter, « Une de mes scènes préférées, c’est quand Harry va entreprendre cette longue marche pour sauver tous les autres. Il y a quelque chose de magnifique et de lancinant dans sa détermination ».
«Allez donc, Tom. Terminons ça comme nous l’avons commencé... Ensemble ».
Le face-à-face final entre Harry et Voldemort, attendu depuis longtemps, « ramène les deux protagonistes sur les lieux mêmes qui les ont vus devenir ce qu’ils sont aujourd’hui », note J.k. Rowling. « Il fallait que ça finisse à Poudlard ».
Leur confrontation a lieu dans les salles autrefois sacro-saintes de l’école. Yates a mis en scène la séquence pour qu’elle ne représente pas seulement deux sorciers en train de se battre avec des baguettes magiques, mais deux ennemis jurés s’affrontant dans un combat mortel qui ne pouvait se terminer que par la mort d’un ... voire, des deux personnages.
Le réalisateur explique : «Ils doivent traverser les salles en courant et en s’attaquant à coups de sortilèges, mais ils se battent aussi au corps-à-corps. On les voit aussi s’attraper par la gorge, tomber du haut d’une balustrade, rouler sur le sol enchevêtrés l’un à l’autre, et on ne sait plus qui est qui. Il était primordial d’exploiter cette thématique car c’est ce rapport entre les deux personnages que nous avons développé au cours de la série ».
Craig et son équipe se sont inspirés des chorégraphies de combat pour concevoir un décor à plusieurs niveaux. « Notre premier objectif était d’apporter une dimension supplémentaire à la séquence de l’affrontement afin que les déplacements des comédiens dans l’espace soient plus intéressants », signale le chef décorateur. « C’est pour cela que David (Yates) s’est impliqué dans la conception du décor dès le début. Nous avons conçu un grand nombre d’escaliers afin que, tantôt Harry, tantôt Voldemort, domine, puis que les rôles s’inversent ».
« Je pense avoir grimpé plus d’escaliers pour cette scène que pendant toute ma vie », se souvient Radcliffe en riant. « Mais c’était extraordinaire ».
Mêler les décors réels aux décors virtuels a toujours fait partie intégrante du monde de la saga Harry Potter, mais ce métissage a été encore plus crucial pour la bataille de Poudlard dans Harry Potter Et Les Reliques De La Mort - 2ème Partie. Pour la première fois, les vastes extérieurs du château de Poudlard n’ont pas été fabriqués sous forme de maquettes, mais conçus en infographie.
Yates constate : «Nous avons créé de nombreux décors mais nous avons aussi mis au point un Poudlard numérique, ce qui nous a permis de tourner l’action sans difficulté, tantôt à l’intérieur de l’école et tantôt alentour ».
Mais Harry et Voldemort ne sont pas seuls à se battre jusqu’à ce que mort s’ensuive. tout autour d’eux, les forces du bien et du mal et du monde de la Sorcellerie, les petites comme les grandes créatures, se livrent une lutte cruciale et sans merci. Ceci fait ressurgir des visages familiers des deux camps.
«Nous avons eu une chance extraordinaire car presque tous les comédiens voulaient participer à la grande séquence finale, même si on ne fait qu’entrevoir certains d’entre eux », souligne David Barron. « Mais c’était important pour eux et pour nous qu’ils soient là. Il y a même certains personnages ayant connu une fin précoce dans d’autres épisodes qui ressurgissent brusquement, comme Gary Oldman qui joue le rôle de Sirius Black et Michael Gambon, celui de Dumbledore ».
Les comédiens qu’on retrouve sont nombreux. On y voit Robbie Coltrane interprétant Rubeus Hagrid, Emma Thompson le professeur Sybille Trelawney, Jim Broadbent le professeur Horace Slughorn, Miriam Margolyes le professeur Pomona Chourave, Gemma Jones Madame Pomfresh, David Bradley Argus Rusard, Jason Isaacs et Helen Mccrory Lucius et Narcissa Malefoy, Natalia Tena Nymphadora Tonks, et Dave Legeno Fenrir Greyback.
La guerre contre les Mangemorts fait des ravages parmi un grand nombre de nos personnages favoris. Des sorciers très appréciés tombent et Bellatrix Lestrange est sur le point d’en tuer un autre, Ginny Weasley, quand Molly Weasley intervient.
L’interprète de la matrone du clan Weasley, Julie Walters, affirme : «Bien sûr, Bellatrix se dit, "Allons-y Mamie", mais elle ne se rend pas compte de ce qu’elle va entraîner en s’attaquant à l’amour protecteur et passionné d’une mère ».
La puissance de l’amour maternel est un thème prépondérant dans la saga de Harry Potter. Il commence avec Lily Potter, dont le sacrifice suprême pour son fils permet à celui-ci d’être "le garçon qui a survécu." J.k. Rowling raconte : «J’ai moi-même perdu ma mère six mois après avoir commencé à écrire Harry Potter et peu de temps après je suis devenue moi-même mère. La maternité a toujours eu une grande influence sur ma vie pendant que j’écrivais les différents tomes et, bien entendu, ce thème parcourt toute l’histoire ».
Confrontée à un choix dont l’issue sera la vie ou la mort d’Harry, Narcissa Malefoy prouve que la force de l’amour maternel ne dépend pas du camp auquel on appartient. « Narcissa a beau être née Lestrange et avoir épousé un Malefoy, c’est la fidélité envers son fils qui la définit. Au risque de sa propre vie, elle protège Drago, elle est mère avant tout ».
En revanche, « Voldemort ne ressent aucun besoin d’amour, d’amitié ou de compassion », remarque Radcliffe. « Il pense que ces sentiments sont méprisables, qu’ils sont la manifestation d’une faille, mais en réalité c’est en cela que réside sa propre vulnérabilité ».
Les hommes ne sont pas les seules victimes de la guerre. Poudlard l’imposante école de Sorcellerie n’est plus qu’un champ de ruines. Même si la destruction semble être l’effet du hasard, Craig réplique que tout était fait intentionnellement. « Il ne s’agissait pas seulement de démolir quelques murs, le bâtiment était aussi symbolique qu’une sculpture. La Grande Salle, par exemple, représentait l’épine dorsale de Poudlard et, en la détruisant, nous souhaitions toucher l’imagination du public ».
« On a le sentiment d’être témoin des ravages de la guerre : elle anéantit les lieux où on se sent en sécurité », explique J.k. Rowling. « Certes, ce ne sont peut-être que des murs, mais quand il s’agit de votre maison, c’est tout pour vous ».
La Grande Salle était un des premiers et des plus imposants décors qui aient jamais été construits et on s’y référait souvent à Leavesden tout au long du tournage de la saga. Voir le décor le plus ancien de la production transformé en décombres fut un choc pour l’équipe de production, les comédiens et les techniciens.
Radcliffe se souvient : «C’était dur de voir un bâti- ment aussi majestueux démoli si soudainement ».
« C’était très dur », confirme Grint. « Nous avons grandi dans ces décors, et ça a été difficile de voir tout ça anéanti ».
« La pensée que tout soit démoli définitivement, c’était un peu comme une mort », reprend Watson. « Je pensais sans doute que tout resterait intact pour toujours », ajoute- t-elle avec un sourire.
Heyman, qui avait assisté à la construction de Poudlard autrefois, constate : «Voir une école aussi magnifique que Poudlard s’effondrer nous a profondément
touchés. Cela nous faisait comprendre assez brutalement que le voyage touchait à sa fin ».
Toute l’équipe de production était très émue chaque fois qu’elle travaillait pour « la dernière fois » à tel ou tel aspect du tournage jusqu’au jour où le film a été effectivement dans la boîte.
Au terme de ce long périple qui a duré dix ans, comédiens et producteurs éprouvent un même sentiment de gratitude et de fierté d’avoir accompagné la série au bout du voyage.
David Barron se souvient : «Je pensais que j’étais prêt car je savais depuis longtemps que ce jour adviendrait, mais curieusement nous étions tous très émus. Nous nous étions tellement investis dans chaque épisode, et pour le dernier opus nous voulions tous qu’il soit à la hauteur de la série ». «Cela fait partie de notre travail de savoir dire adieu », observe Alan Rickman. « Il y a un moment où c’est de bonne guerre de lâcher prise; sinon on ne progresse pas. Donc tout ce qu’on peut dire, c’est que tout s’est parfaitement terminé ». Rupert Grint constate : «Je n’oublierai jamais ce travail sur Harry Potter, ce fut une période exceptionnelle de ma vie et je suis fier d’avoir fait partie de l’équipe ».
« Comment exprimer ce que cela a signifié pour moi ?» se demande, songeuse Emma Watson. « Pour moi ce n’est pas terminé car cela fera toujours partie de moi et j’estime avoir beaucoup de chance d’avoir apporté ma contribution à cette œuvre ».
Daniel Radcliffe réfléchit à haute voix : «Je suis convaincu que je ne pourrai pas voir une image de ces films sans que cela n’évoque aussitôt un lieu, une personne ou un moment du tournage. Même aujourd’hui, je ne peux pas exprimer pleinement combien tout cela a été important pour moi, mais je sais que j’ai vécu des moments extraordinaires que je ne revivrai plus jamais ».
David Yates acquiesce : «C’est vraiment difficile de raconter ce qui se passait au jour le jour, sinon que c’était vraiment sympa, avec des moments forts et parfois difficiles, mais jamais désagréables. Pour rien au monde je n’aurais
voulu passer à côté de cette expérience et je suis fier et heureux de l’avoir menée jusqu’au bout ».
« Ce fut une merveilleuse collaboration », ajoute J.k. Rowling. « J’ai été fière de travailler avec des gens aussi talentueux et de nouer des liens d’amitié durables avec eux. Cette expérience a été tout à fait exceptionnelle ».
Et le mot de la fin revient à Retour en haut de page Le 2 juillet 2009 - Bill Nighy rejoint le casting d’Harry Potter 7
L'acteur britannique Bill Nighy a confirmé sa participation au film fantastique Harry Potter Et Les Reliques De La Mort, Première Partie lors d'un entretien avec le quotidien anglais The Independant relayé sur RelaxNews. |
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