Notes de Prod. : Harvey Milk

    en DVD le 16 Septembre 2009

Témoignages

Cleve Jones
« Harvey a fait cet enregistrement de son testament en 1977 pour qu’on l’écoute au cas où il serait assassiné. Je l’ai taquiné à ce sujet, mais il avait prévu clairement ce qui allait se passer. « Quand je me trouvais au cœur de cette immense mer de bougies à Civic Center Plaza le soir où Harvey a été tué, je me suis fait la promesse que je ferais tout ce que je pourrais pendant le reste de ma vie pour qu’on se souvienne de son nom. « J’aimerais que les gens sachent qu’Harvey était un homme ordinaire.
Ce n’était ni un saint ni un génie. Sa vie personnelle était souvent chaotique. Il est mort sans le sou. Et cependant, par son exemple et ses actes, il a très certainement changé le monde. Une fois de plus, on se rend compte que l’Histoire compte d’innombrables exemples de gens ordinaires,hommes et femmes,qui en disant la vérité,par leur courage,ont effectivement changé le monde.A cette étape de l’histoire de notre pays, les gens de tous âges, de toutes races et de tous horizons ont besoin de comprendre ce qu’une seule personne peut accomplir.»

« Aujourd’hui,des centaines de gens ouvertement gays,des personnes lesbien- nes, bisexuelles ou transsexuelles ont été élues à des postes officiels dans tout le pays dans presque tous les Etats. Ce sont de bons leaders, pas seulement pour la communauté gay mais pour toutes les communautés.Harvey a ouvert la voie. Il nous a montré ce qui était possible. A travers son exemple, d’autres ont vu qu’en n’ayant pas peur et en passant par-dessus les frontières qui séparent les gens,de grandes choses étaient possibles.»
« J’ai travaillé auprès de plusieurs hommes politiques importants dans ma vie, mais je n’en ai jamais rencontré un qui ait autant d’empathie véritable qu’Harvey Milk. Il était capable de nouer le contact avec n’importe qui, les sans-abri, les riches, les pompiers, les gens de gauche...
Le fondement de sa force et la source de son pouvoir était que quand vous parliez avec lui,vous sentiez qu’il ne cherchait pas à arborer l’expression faciale la plus adéquate ou à établir à tout prix le contact visuel.Il était,tout simplement. « Voilà un homme qui a formé son identité politique et sexuelle au beau milieu d’une période extraordinairement sombre, celle de l’Holocauste. Mais il a dépassé le désespoir et le cynisme pour se battre avec courage.»

Gilbert Baker

« Nous avions tous le sentiment que nous allions changer le monde.Harvey avait la capacité de nous inspirer. Il s’est fait la voix de notre colère et de nos espoirs. Son meurtre a été un moment dévastateur. Nous avons perdu un grand leader. Mais d’une certaine façon, cela nous a aussi préparés aux temps difficiles qui allaient suivre,où beaucoup d’entre nous ont perdu des amis à cause du sida.» « L’idée du drapeau arc-en-ciel est née quand Harvey m’a appelé et m’a dit « Gilbert, il nous faut un logo. »
A l’époque, tout le monde avait le sien, comme AT&T par exemple.C’était après le Bicentenaire,et j’avais commencé à regarder le drapeau américain autrement. En tant que personnage clé du monde des drag queens,j’ai pensé « On devrait avoir un drapeau.On est une tribu globale, et les drapeaux naissent de l’âme des gens.»
« Harvey aimait l’art et la créativité, c’est la raison pour laquelle tant de ses amis étaient photographes ou artistes.J’ai flashé sur l’arc-en-ciel ; Harvey a trouvé ça génial.Le premier jour où nous avons hissé le drapeau,il m’a dit :« C’est peut- être la chose la plus importante que tu feras dans ta vie. » Les gens regardent ce drapeau à présent,et ils sentent qu’ils font partie de quelque chose.»

Allan Baird

« J’ai vécu dans le district de Castro ; j’y suis même né.Ma femme et moi étions des amis d’Harvey, ma belle-mère l’était aussi. C’était le genre d’homme qui, quand il marchait dans la rue, parlait à tout le monde. Il ne se battait pas que pour les homos, il se battait aussi pour les hétéros.Il me disait souvent :« Allan, je suis un pédé.» Je n’ai jamais aimé ce mot,mais il était très fier d’être gay,et c’était sa façon de l’exprimer.»
« En 1973, j’ai rencontré Harvey et je lui ai expliqué que je dirigeais le boycott de Coors.Je lui ai dit que j’avais besoin du soutien de la communauté gay pour que cette bière disparaisse des établissements gays. C’était quelqu’un à qui il était facile de parler, et qui ne vous racontait pas de craques. Il était réglo, toujours. « Il m’a dit :« D’accord, Allan,je le ferai mais moi aussi,j’ai besoin de tonaide ».

« Qu’est-ce que je peux faire ? » « Je veux que tu ouvres les portes du syndicat des camionneurs aux gays et qu’ils puissent bosser comme camionneurs. Tu es d’accord ? » Je lui ai serré la main et j’ai dit : « C’est d’accord.» Il a bondi de sa chaise et il a commencé à crier dans son magasin – il y avait toujours plein de monde chez lui : « Ecoutez tous ! Il faut virer la bière Coors de tous les établissements homos et hétéros. Pas seulement gays, hein, les hétéros aussi ! Je veux qu’on la supprime immédiatement ! »
« Le lendemain, trois types se sont présentés à mon bureau et ont dit qu’ils étaient gays, envoyés par Harvey Milk pour devenir des chauffeurs routiers syndiqués. Je leur ai trouvé une place, l’un après l’autre. Le premier à être engagé a été un nommé Howard Wallace,qui est très actif à présent au sein de la communauté gay de San Francisco. Je crois bien qu’on a été le premier syndicat des Etats-Unis à soutenir un type ouvertement gay pour sa candidature à une fonction officielle ! »


Danny Nicoletta

« J’avais 19 ans quand je suis venu habiter dans le Castro. Je faisais des films en Super 8,et pour les développer,je suis allé chez Castro Camera.J’ai été très surpris de l’accueil chaleureux que m’ont réservé les deux types qui tenaient la boutique, Harvey Milk et Scott Smith – surtout Harvey. A l’époque, je ne comprenais pas le sens du mot « drague », mais j’ai apprécié l’attention. « Nous sommes devenus amis. On parlait beaucoup de ce qu’il avait fait au théâtre à New York. Quand j’ai travaillé sur un show nommé « Broken Dishes » pour faire les films et les diapos qui étaient projetés sur scène derrière les deux comédiennes, Harvey et Scott sont venus le soir de la première. Harvey m’a apporté une petite boîte contenant de la porcelaine cassée. C’était sa manière de me souhaiter bonne chance, c’était « casser de la porcelaine » au lieu de « casser une jambe ». (Au Royaume-Uni, la tradition veut que l’on dise à un comédien « Break a leg », casse-toi la jambe, pour conjurer le sort). Harvey adorait faire des cadeaux.»

« A Collingwood Hall, il y avait un foyer communautaire appelé Together, en réaction au fait que la police arrêtait les types qui traînaient sur Castro Street après la fermeture des bars. Harvey et Scott y parlaient, et on sentait que cela bouillonnait dans leurs veines. C’est la première fois que j’ai été confronté aux capacités d’orateur d’Harvey.Au fil des ans,je l’ai vu les améliorer,les peaufiner pour les porter au rang d’art.»
« Lorsque Harvey a gagné, les amants de même sexe ont enfin pu se promener dans la rue main dans la main sans être harcelés. C’est pour cela que tant de gens sont venus,et viennent toujours, à San Francisco.» « Cleve et moi avons pu tous les deux suivre notre inclination naturelle, la mienne étant d’accomplir un travail créatif et la sienne étant d’œuvrer dans la politique. Ce qui ne veut pas dire que la politique n’est pas créative, et vice-versa. Nous sommes l’illustration d’une des grandes leçons d’Harvey :ces deux mondes peuvent et doivent œuvrer ensemble.»
« Harvey parlait beaucoup aux jeunes, il voulait qu’ils s’engagent,qu’ils ne soient ni abattus ni apathiques. Il disait :« Au moins, votez, s’il vous plaît, aux Noirs. Je me souviens de ce soir-là, au coin de Castro et de la 18e ; les bars avaient fermé et il y avait tous ces homos autour de lui et deux flics,et il leur a parlé en ces termes :« Pourquoi êtes-vous ici ? Nous ne sommes pas une foule violente. » Les flics attendaient parfois dehors dans la rue que les bars gays ferment et ensuite,quand tout le monde était dehors à 2 ou 3 h du matin,ils les maltraitaient.Les choses se sont nettement améliorées depuis.» « La foule se nourrissait de sa force et lui se nourrissait d’elle.Les Chinois le soutenaient.
Il était très accessible à ceux de la communauté afro-américaine.Dans Castro Street, il parlait aux gens. A tous les gens. On le sentait à l’aise avec lui- même et avec les autres,et c’est ce dont les gens avaient besoin.Il avait aussi ce petit côté new-yorkais, cet élan auquel les gens répondaient, cet air un peu déconcerté extrêmement sympathique.»

« J’ai dit une fois à Harvey : « Pourquoi, Dieu du ciel, veux-tu te présenter aux élections ? On accomplit tellement à travers la désobéissance civile et les piquets de grève ! ». Il a dit : « Tu sais, j’aime les deux ! ». Je me suis souvenu de cela plus tard,quand je me suis à mon tour présenté aux élections.Son message était : reste un militant actif et sois un élu officiel. Il apportait du cœur en politique, mais il était intelligent et pouvait se montrer calculateur.»


Jason Daniels, Résident de longue date de la Baie

« Harvey permettait aux gens de se sentir libres. En l’écoutant, on avait l’impression de pouvoir dialoguer davantage, d’être plus ouverts que par le passé.Lorsqu’il a été élu,tout le monde s’est senti plus libre,plus puissant,plus en sécurité.Il a apporté à
toute la Baie une présence totalement différente.» il faut voter ! Peu importe le côté de la barrière où vous vous trouvez. Abattez la barrière, nous vivons tous dans le même monde ! »


Anne Kronenberg

« J’ai vécu dans le Castro pendant des années mais j’avais placé Harvey sur un piédestal,et je ne le connaissais pas vraiment.Quand j’ai commencé à travailler avec lui, la première chose qu’il m’a dite a été : « Je crie beaucoup. Il va falloir que tu apprennes à me répondre ! ». Il faut dire que j’étais quelqu’un de très calme. Il m’a dit : « Tu devras me crier après et il ne faudra rien prendre de ce que je dirai personnellement, parce que c’est seulement ma façon de m’exprimer. » Par la suite, on a eu quelques matchs où ça hurlait pas mal ! Harvey ne jurait pas,moi par contre,j’avais du vocabulaire.Tout le monde chez Castro Camera aimait ma manière de répondre du tac au tac.
On est devenus une famille, et il a fallu que je veille à ce qu’ils gardent leur objectif en ligne de mire et qu’ils respectent le planning. Que ce soit à la boutique ou au QG de campagne, il y avait des gamins, des seniors, des homos, des hétéros, c’était formidable. « Finalement,Harvey était son propre directeur de campagne,ce n’était pas moi. Il avait compris que s’il voulait gagner l’élection au poste de superviseur,il fallait qu’il ait des femmes à ses côtés.Mais bien avant que je ne le rencontre,il avait déjà pris le parti du droit des femmes,de l’Equal Rights Amendment.
Tout ce que je sais de la politique, je l’ai appris d’Harvey. C’était un type brillant qui avait beaucoup d’humour.» « Harvey avait le sens du timing, il savait quand et comment s’adresser aux médias, il savait comment les accrocher. Il savait trouver le point d’accroche, il avait un vrai talent pour ça.»


Michael Wong

« Harvey avait le sens de l’humour, mais je crois que cela cachait une grande tristesse.Quand Jack Lira est mort,je l’ai appelé.C’était la première fois que lui et moi parlions de choses intimes et personnelles. J’ai réalisé qu’Harvey n’était pas très heureux dans sa vie. Je pense que c’est pour cela que la politique était si importante pour lui,cela lui donnait une occasion d’être heureux et de faire ce qu’il pouvait pour venir en aide aux autres.»
« Le tournant dans la carrière politique d’Harvey a été l’élection à l’Assemblée de l’Etat en 1976. C’était lui contre la machine.Le candidat vainqueur, Art Agnos, avait le soutien du gouverneur Jerry Brown, des syndicats ouvriers, et de tout l’establishment démocrate. Harvey a réalisé que s’il voulait gagner, ce ne serait pas avec l’appui de politiciens puissants.Après sa victoire,il s’est réconcilié avec tous et ils sont devenus de solides alliés. « Voilà les leçons à tirer de tout cela.D’abord,ne jamais abandonner.Ensuite,ne pas être un vainqueur méprisant si vous gagnez, tendre la main à ceux qui ne vous ont pas soutenu. La dernière leçon est : ne laissez pas les jeunes désespérer.»


Carol Ruth Silver

« Il s’exprimait très bien, mais il avait un accent new-yorkais qu’il n’a jamais essayé d’atténuer.Il avait un phrasé un peu haché,davantage que quelqu’un qui aurait été formé professionnellement à s’exprimer en public. Mais il ponctuait toujours ses discours avec des mouvements des mains, ce qui en faisait un orateur remarquablement efficace.»
« A l’époque où l’arrêté municipal sur les droits des homosexuels est arrivé devant le Conseil des Superviseurs,Harvey et moi n’avions rien laissé au hasard. Nous avions parlé à la totalité des membres du Conseil et nous savions ce que tous allaient voter. Quand nous sommes entrés dans la salle ce jour-là, nous savions que quelque chose d’historique était sur le point de se produire.»


Charles Leavitt, Ancien habitant de San Francisco

« Il a montré à tout le monde qu’il était un gay qui ne correspondait pas au stéréotype. On pense à lui comme à un rebelle, mais il croyait profondément au système. C’était un politicien qui jouait selon les règles. Il aurait pu faire beaucoup plus,si on lui en avait laissé le temps... »

Notes de tournage...

Le 10 Septembre 2007 - Sean Penn en député gay

L’acteur américain devrait tourner sous la direction de Gus Van Sant dans le biopic sur Harvey Milk, premier politicien américain ouvertement gay dans les années 1970.

Le film, qui n’a pas encore trouvé son titre, devrait entrer en production au début du mois de décembre prochain à San Francisco, si Gus Van Sant parvient à trouver le financement nécessaire auprès du producteur Michael London et sa société de production Groundswell Prods.

Le réalisateur Brian Singer est lui aussi sur les rangs pour tourner un long-métrage sur Harvey Milk, intitulé The Mayor of Castro Street. Mais entre le tournage de Valkyrie en ce moment à Berlin, et bientôt celui de Superman: Man Of Steel, il n’est pas sûr que le projet de Singer aboutisse avant celui de Gus Van Sant.

Devant la caméra de Gus Van Sant, on devrait retrouver Sean Penn et Matt Damon. En interprétant le rôle d’Harvey Milk, premier député ouvertement homosexuel, ce sera la première fois que Sean Penn jouera un personnage gay.
Matt Damon – si son emploi du temps quelque peu chargé le permet – devrait quant à lui prendre les traits de Dan White, qui tira sur Milk et le maire de San Francisco, George Moskone, en 1978. Condamné à une peine de sept de prison, White s’est suicidé en 1985, après cinq années d’enfermement.

Chronologie

1930,22 mai. Naissance d’Harvey Bernard Milk à Woodmere,dans l’Etat de New York.
1946 Milk entre dans l’équipe de football junior de Bay Shore High School, dans l’Etat de New York.
1947 Milk sort diplômé de Bay Shore High School.
1951 Milk obtient son diplôme de mathématiques de la State University (SUNY) d’Albany et entre dans l’U.S.Navy.

Notes de production

Milk et le quartier de Castro
Lorsque Milk et son compagnon, Scott Smith, se sont définitivement installés à San Francisco en 1972,ils ont choisi de vivre à Eureka Valley,dans le 5e District. C’était un quartier en transition qui allait bientôt être rebaptisé le District Castro, ou « Le Castro ». Eureka Valley était le centre de la culture scandinave à San Francisco jusqu’à ce que, dans les années 1930, le quartier soit peu à peu habité par une majorité d’ouvriers d’origine irlandaise. À la fin des années 60 et dans les années 70, des gays, dont certains étaient hippies, s’y sont installés. Bien qu’il y ait parfois eu des conflits avec les résidents ouvriers aux valeurs conservatrices, c’était l’un des rares endroits en Amérique où les homosexuels pouvaient vivre dans une relative liberté. Milk et Smith y ouvrirent une boutique,Castro Camera,au 575 Castro Street, près de la 19e Rue.

Sur les traces d’Harvey Milk

Tout mouvement a besoin d’un héros. Mais au fil des années, quand le changement s’est installé pour de bon, on oublie souvent qu’à l’origine de cette amélioration, il y a une personne qui s’est battue pour faire bouger les choses. Dustin Lance Black, le scénariste de Harvey Milk, a entendu parler pour la première fois d’Harvey Milk par un de ses mentors tandis qu’il travaillait dans le théâtre,au début des années 90.Quelques années plus tard,il a regardé le documentaire oscarisé en 1984, The Times of Harvey Milk. Il se souvient : « La fin de ce film montrait Harvey Milk prononçant un discours. Il disait : « Quelque part à Des Moines ou à San Antonio,il y a un jeune gay qui peut lire dans le journal « Un homosexuel a été élu à San Francisco.Il saura alors qu’il existe l’espoir d’un monde meilleur, de lendemains plus heureux.» « J’ai fondu en larmes,parce que j’ai moi-même été ce jeune homme, et qu’il m’avait donné de l’espoir.Ce qu’il disait,c’était non seulement que nous ne faisions rien de mal,mais qu’en plus,nous pouvions accomplir de grandes choses.C’était une époque très dure pour la communauté gay,avec le sida.

Une approche directe

Pour retracer l’homme et son œuvre, Dustin Lance Black est passé par plusieurs réécritures de son scénario sur une durée de presque quatre ans. « Je n’avais pas l’argent nécessaire pour faire le film moi-même,et il a fallu convaincre tous ces gens de me donner l’autorisation d’utiliser leurs histoires. Cleve Jones déclare : « J’ai trouvé le scénario de Lance magnifique. La structure en était très simple et élégante. La voix d’Harvey s’y élevait, haute et claire,je pouvais même l’entendre prononcer les mots que Lance avait écrits. J’ai dit à Lance :« J’ai un réalisateur pour toi », mais sans lui révéler de qui il s’agissait. Je savais que si mon ami Gus Van Sant réalisait ce film,ce serait vraiment un film sur Harvey,fait par un réalisateur qui se mettrait totalement au service de son sujet.» Dustin Lance Black se souvient :« Quand Cleve m’a finalement dit que l’ami qui voulait réaliser le film n’était autre que Gus Van Sant, j’étais fou de joie ! »

Le passé au présent

Harvey Milk a été entièrement tourné à San Francisco. Harris Savides y avait déjà tourné Zodiac deux ans auparavant.Le quartier général de l’équipe du film se trouvait à Treasure Island. Dustin Lance Black explique : « Jamais nous n’aurions tourné ce film ailleurs. Le film tire son esprit et son énergie de San Francisco.»

Castro Camera

Le producteur note : « Nous cherchions un lieu pour recréer Castro Camera,et nous avons fini par aller à l’emplacement exact où s’était trouvée la boutique,au 575 Castro Street.Nous sommes entrés dans le magasin actuel et avons dit :« Pouvons-nous vous emprunter votre boutique pendant neuf semaines et la retransformer en ce qu’elle était il y a trente ans ? ».

Les costumes

Danny Glicker, le chef costumier, et son équipe se sont eux aussi beaucoup basés sur les diverses collections de photos. Il note : « Sur un plan strictement visuel, mon ange gardien était Danny Nicoletta. Dans les années 70, San Francisco était le lieu où explosait le changement culturel ; tout était en constante évolution. L’énergie qu’il y avait là-bas attirait les gens. En tant que chef costumier,c’était un défi très séduisant,mais colossal ! Le secret, c’était de soigner tous les détails. « J’aime les vêtements d’époque,et j’en utilise le plus possible. Rien ne vaut l’authentique !

San Francisco : retour aux années 70

Les habitants de San Francisco se sont aperçus que certaines parties de la ville avaient reculé dans le temps pendant plusieurs semaines.Voir renaître des hauts lieux de la ville comme Aquarius Records, China Court et Toad Hall en a surpris plus d’un. Des histoires ont refait surface, les gens se sont mis à échanger leurs souvenirs, et l’excitation d’une époque de bouleversement et d’une nouvelle foi dans le potentiel des gens s’est à nouveau fait sentir. Comme il l’avait fait de son vivant, Harvey Milk rassemblait les gens...

L’héritage d’Harvey Milk

Les effets des accomplissements d’Harvey Milk ont toujours des échos dans la culture et la politique d’aujourd’hui. Le mouvement pour les droits civils des homosexuels a fait un long chemin, mais il lui en reste encore à parcourir...
Certains pays, dont le Canada, l’Espagne et le Danemark, ont légalisé le mariage de deux personnes du même sexe. Quelques Etats américains tels le Massachusetts et la Californie ont suivi.

Souvenirs

Harvey Milk
Discours de 1977 : « J’ai été élu pour ouvrir un dialogue au nom de la sensibilité de tous les gens, au sujet de tous les problèmes. Les problèmes qui touchent cette ville nous touchent tous.»

Discours de la Gay Freedom Day Parade 1978 : « Réveille-toi,l’Amérique ! Plus de racisme, plus de sexisme, plus d’âgisme,plus de haine... Nous ne serons plus harcelés, nous ne nous cacherons plus... C’est terminé ! »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 2 534 entrées
  • 1er jour IDF : 13 749 entrées
  • 1ère semaine IDF : 106 699 entrées
  • Cumul IDF : 261 865 entrées

  • 1ère semaine France : 235 246 entrées
  • Cumul France : 641 866 entrées