
En découvrant les premières pages du scénario, j’ai tout de suite su que je voulais faire ce film. Il y avait du délire et une énergie qui me plaisaient. En plus,pour la première fois parmi tous les projets que l’on me propose, je reconnaissais enfin quelque chose de moi,de ma génération. Dès la première scène, tout est déjanté, drôle, mais cela n’empêche pas le film d’aborder des thèmes plus sérieux comme l’amitié, et le rôle qu’on se croit parfois obligé de jouer pour se faire accepter quand on est jeune. Aujourd’hui, j’ai seize ans et je vis cela. Ce film m’a aussi permis d’en parler avec des plus grands et de me rendre compte que l’on passe tous par là. Cette période, cet âge, on le traverse tous et il est universel. Le film de James traite de tout cela à travers un univers qui lui est propre. Il n’est pas si courant de voir un film dans lequel nous ne sommes pas représentés comme des cas sociaux ou des torturés ! Ici, tout le monde est vivant, avec de la personnalité, des rêves, des aspects positifs et négatifs qui se mélangent à la comédie pour un film dont on sort heureux.

James a une culture énorme et il est fou ! Ce type est un feu d’artifice ! Contrairement à beaucoup, il ne copie rien, il digère tout pour inventer son propre monde, sa vision.
Hellphone, c’est l’imagination et la pêche des comédies américaines pour teenagers, alliées à l’esprit des jeunes d’ici. Je crois que beaucoup de gens pourront s’identifier à mon personnage,Sid.Il mène une vie simple, il a des potes, surtout un, Pierre, et il est fasciné par une jolie fille. Il n’est pas riche et il est timide. Il admire aussi ce frimeur de Virgile parce qu’il le croit bien dans sa peau. Ce téléphone va arriver dans sa vie comme un bon génie, du moins au début ! Sid est assez emblématique de ce que James appelle la “génération Hellphone”. C’est vrai que nous sommes nés avec des téléphones portables. Ils font partie de notre environnement. Le téléphone est à la fois un jouet et le moyen de rester en contact avec nos parents, enfin surtout avec nos proches ! Moi, j’ai eu mon premier portable à treize ans et je m’en sers beaucoup. J’envoie aussi des SMS. L’autre point qui me rapproche directement de Sid, c’est le fait qu’il travaille. J’ai moi aussi bossé dans un bar, mais le patron était un peu moins dingue que celui du film - heureusement ! Et pour mes professeurs, j’ai aussi plus de chance.

Dans le film, James a réuni ce qui se fait de pire et apparemment, beaucoup de gens en ont eu des comme ça. Pas moi ! Il est vrai que je suis en L et pas en S... Avant le début du tournage, James avait organisé quinze jours de stage avec tous les jeunes du film. Dans un théâtre, nous avons approché nos personnages à travers beaucoup d’improvisations et du travail de groupe. Cela a aussi permis que l’on se connaisse. Au début, j’étais assez mal à l’aise parce que presque tous mes partenaires de jeu avaient une expérience, souvent au théâtre, que je n’avais pas. J’étais un peu complexé et j’étais aussi gêné par mon image de « petit choriste ». Mais tout s’est mis en place et l’ambiance a été géniale. On jouait même au foot entre les prises ! Je joue la plupart de mes scènes avec
Jennifer Decker et
Benjamin Jungers, avec qui nous avons développé des liens très forts. On s’amusait beaucoup.Je me suis aussi très bien entendu avec Vladimir et bien sûr avec
Bruno Salomone, qui me fait mourir de rire. Sur le plateau, on avait souvent du mal à ne pas exploser de rire !

Avant chaque scène, je discutais avec James. Il a toujours été là pour moi. Il avait une vision de Sid et j’essayais d’y apporterle plus de moi-même. J’étais content de travailler avec lui. Il a beaucoup d’énergie,il a mille idées à la minute ! Je ne sais pas où il va chercher tout ça mais c’était génial de le voir faire. Il nous laissait souvent tenter des choses et il en a gardé pas mal. Il s’investit dans tout, des décors aux accessoires, il imagine toujours ! J’étais sur le plateau même quand ce n’était pas à moi de jouer, juste pour regarder. Par exemple, lorsque je suis censé me retirer moi-même mes bagues dentaires, c’est en fait une fausse bouche avec un moulage de mes dents que James a réalisé lui-même - il a été dentiste - et qu’il retire en très gros plan. Il se passait toujours des trucs hallucinants ! Sur ce film, que ce soit en termes de jeu ou d’action, j’étais heureux de tout. J’ai pu conduire moi-même une voiture, je me suis perfectionné en skate avec un coach et j’ai fait presque toutes mes cascades ! Les scènes de bagarre et celle où tout le monde est victime du téléphone ont été les plus physiques. Je n’ai jamais eu autant de bleus et de coups. La scène du cactus que Benjamin devait me casser sur la tête m’a laissé un souvenir douloureux : il ne se cassait pas alors que Benjamin frappait de plus en plus fort ! Nous nous sommes amusés sur tous les plans. Je n’ai jamais eu autant de choses à jouer et dans un univers aussi riche.Il y avait à la fois la dimension ludique et celle du jeu de l’acteur.

L’un de mes meilleurs souvenirs reste le tournage dans le club de strip-tease. Le cadre était incroyable et entre James qui montrait comment danser aux filles et ce que nous avions à jouer avec Benjamin,il y avait une sacrée ambiance. Dans cette scène,c’est la première fois que Sid et son meilleur ami s’accrochent, c’est la première fois que le téléphone menace directement leur amitié. Il y avait vraiment une tension à faire passer, et jouer ça dans le délire de James a été quelque chose de très fort. Comme le souhaitait James, j’ai toujours essayé de jouer le plus sincèrement, le plus naturellement possible. J’avais quelque chose de plus proche de moi à exprimer. C’est un très bon souvenir. Je crois que l’ambiance, associée à l’inventivité de James, se ressent à l’écran et que les spectateurs vont adorer prendre cette bouffée d’air frais !