Notes de Prod. : Hero

    en DVD le 24 Mars 2004
Au cœur de l’histoire : l’origine de Hero

HERO est fondé sur des événements qui se sont déroulés en Chine au troisième siècle avant Jésus-Christ. Entre 475 et 221 avant Jésus-Christ, la Chine était divisée en sept royaumes :Qin, Zhao, Han, Wei, Yan, Chu et Qi. Cette époque fut surnommée "Période des États Guerriers ", en raison des luttes de pouvoir qui opposaient les royaumes. C’était une ère de guerres brutales perpétuelles, de souffrances, d’épreuves et de privations pour la population. La guerre était devenue le mode d’existence prédominant. Les avancées technologiques permettaient désormais de fondre et forger des armes individuelles, et d’équiper ainsi des armées de fantassins. Une nouvelle organisation de combat naquit alors. Auparavant, seuls les seigneurs combattaient, sur des chariots. Désormais, une infanterie conduite par un général les remplaça, avec des lignes de front constituées de paysans et des gradés dirigeant la stratégie militaire. De nombreux traités de guerre furent écrits à cette époque troublée, notamment le célèbre "Art de la Guerre " de Sun Tzu, une étude en profondeur de la façon de combattre et de la stratégie militaire qui reste encore aujourd’hui une référence du champ de bataille …
Dominée par les luttes de pouvoir, l’époque des États Guerriers fut néanmoins une période de développement de la pensée. L’épanouissement de la culture fut tel qu’il fut bientôt désigné sous le nom de la "Période des Cent Écoles ". Le confucianisme, le taoïsme, et dans un autre registre, le légalisme se développèrent. C’est à cette époque que furent écrites certaines des plus célèbres œuvres poétiques de Chine. La guerre incessante contribua également à d’autres changements sociaux. Elle entraîna des réformes dans l’économie ; le développement du fer améliora l’agriculture, engendrant une explosion démographique. C’est à l’époque des États Guerriers que s’imposa durablement un système féodal. Le seigneur de chaque état était le rival des autres, chacun cherchant l’hégémonie, chacun étant persuadé d’être destiné à unir "Tout sous le ciel ". Le Roi de Qin était le plus ambitieux et le plus impitoyable de tous. Dépeint par les chroniques historiques comme un tyran brutal, ce roi était déterminé à conquérir et contrôler tous les états. L’Histoire chinoise regorge des histoires de ces assassins qui, venus de toute la Chine, complotaient la mort du Roi de Qin. HERO est l’une de ces histoires. Les sept états ne reculèrent devant rien pour créer le premier Empire Chinois. Ils placèrent des garnisons considérables à leurs frontières, firent construire d’immenses remparts pour les défendre, engagèrent des conseillers militaires pour renverser les armées ennemies. Des alliances furent conclues entre les états, pour mieux être trahies … Au milieu du tumulte, des guerriers errants, des combattants de talent, des mercenaires louaient leurs services aux différents états. Dans HERO, le destin de la Chine repose entre les mains de trois de ces guerriers légendaires…

Le nouveau souffle d’un genre. Une vision inédite des arts martiaux.

Zhang Yimou, réalisateur mondialement célèbre pour ses portraits de la Chine et son talent de narrateur, a toujours rêvé de faire un film d’arts martiaux. Enfant, il dévorait les romans de "wuxia ", la littérature des arts martiaux. Il ne désirait pourtant pas réaliser une adaptation à partir d’éléments venus de la littérature, préférant passer trois ans à développer l’histoire originale de HERO. Zhang Yimou : "HERO n’est pas seulement un film d’arts martiaux, mais une fascinante légende qui raconte ce qui s’est déroulé dans la Chine ancienne. Si vous vous penchez sur l’histoire de la littérature chinoise en matière d’arts martiaux, vous vous apercevrez que l’intrigue repose toujours sur la vengeance …De même, pendant des années, la revanche a constitué le thème unique des films d’arts martiaux, ceux de Bruce Lee comme ceux de Jackie Chan. J’avais envie pour ma part d’entraîner le genre dans une tout autre direction. Dans mon histoire, le but est de diminuer la violence. Les personnages sont motivés par le désir de mettre fin à la guerre. Pour les vrais héros d’arts martiaux, le cœur est bien plus important que l’épée …"

Les acteurs

Pour les acteurs, HERO représentait une opportunité unique :un film d’arts martiaux qui donnait une égale importance à l’histoire qu’à l’action. Jet Li : "HERO est un film de rêve. En lisant le scénario, j’ai pleuré à deux reprises … En vingt-deux ans de carrière au cinéma, c’est la première fois qu’un scénario m’émeut au point de me faire pleurer !C’est une histoire incroyable et magnifique, qui tourne autour d’une notion essentielle :quel genre de personne mérite vraiment le nom de "héros "… "Zhang Zi Yi est elle aussi très heureuse d’avoir pu jouer dans HERO. Zhang Ziyi : "La plupart des projets de films que l’on me propose reposent sur les scènes de combat. J’avais très envie de pouvoir utiliser mes talents physiques et ma sensibilité à la fois, de jouer avec mon cœur, et pas seulement avec mes poings… Il y a bien sûr des scènes de combat dans HERO, mais mon rôle est bien plus développé, mon personnage bien plus riche et complexe, et il a une vraie personnalité." L’action Zhang Yimou est connu pour ses portraits de la Chine, mais HERO est son premier film d’arts martiaux. Zhang Yimou : "Réaliser un film d’action recèle des difficultés bien spécifiques. Le mouvement d’une épée peut être décrit, dans un roman de "wuxia ", par sa force et sa vitesse, et c’est très excitant à lire, parce qu’on a une grande latitude pour imaginer. Mais dans un film, on a moins d’une seconde pour décrire le mouvement d’un sabre. C’est un vrai défi. Même si je me trouve en territoire peu familier, j’ai eu la chance de pouvoir travailler avec Tony Ching Siu Tung, un vieil ami depuis plus de dix ans, qui a réglé les séquences d’action. Et puis, les acteurs ont été merveilleux …J’ai eu la chance de pouvoir diriger cinq des plus grands talents de la Chine, Jet Li, Tony Leung, Maggie Cheung, Zhang Ziyi et Donnie Yen…C’est une pure joie de travailler avec eux. Faire équipe avec des gens aussi talentueux vous motive remarquablement…" Donnie Yen : "Zhang Yimou a fait preuve d’une immense maîtrise. Pour quelqu’un qui n’a jamais réalisé de séquences d’action, il a le sens de la nuance, le don de sentir les rythmes. Sans relâche, il s’évertue à obtenir la meilleure image, l’émotion la plus juste et la plus adéquate."

Plus qu’un style visuel : un monde

Qu’il s’agisse du jeu d’acteurs ou des séquences d’action, le film a été défini selon des critères très précis. Aux trois versions de l’histoire, racontées chacune selon une perspective différente, correspond une couleur dominante : rouge, blanc et bleu.
Zhang Yimou : "L’esthétique du film est liée inextricablement à l’intrigue. L’idée d’utiliser des couleurs pour raconter l’histoire est apparue très tôt dans le processus de conceptualisation du film. Le style des décors, les costumes et tout ce qui concourt à l’aspect visuel général a été développé en parallèle avec le scénario. Je réfléchissais longtemps à l’image que j’avais en tête, je la peaufinais, puis nous parlions des moyens de la réaliser en détail avec les autres gens qui travaillaient sur le film."

Les décors

En quête de perfection, Zhang Yimou a parcouru des centaines de kilomètres à la recherche des décors idéaux pour chacune des scènes. L’équipe de 300 personnes s’est ainsi déplacée de Dunhuang, au nord-ouest de la province de Gansu, à Jiuzhaiko, au nord de Sichuan, avant de construire les spectaculaires décors à la Hengdian TV &Movie City, à trois heures de la cité historique d’Hangzhou. L’équipe a même tout interrompu pour se précipiter dans une forêt de vieux chênes en Mongolie-Intérieure, afin de tourner une scène de combat entre Maggie Cheung et Zhang Ziyi, alors que le feuillage automnal avait la teinte idéale… Zhang Yimou : "J’avais envoyé sur place une personne chargée de suivre l’évolution des feuilles. Je souhaitais une couleur précise pour y tourner la scène. L’homme filmait en vidéo la variation de couleur des feuilles, quand elles sont passées progressivement du vert au jaune. Au moment où elles sont devenues dorées, nous nous sommes précipités avec toute l’équipe… Pour filmer cette scène, nous avons placé trois ou quatre caméras simultanément pour capter différents angles de prises de vues. Les feuilles devaient être d’un jaune parfait. Nous avions même mis en place un système de classification. Les feuilles "hors catégorie " pouvaient être soufflées dans le visage des acteurs. Les "première classe " pouvaient être filmées devant eux, les "deuxième classe " derrière et les "troisième classe " étaient répandues sur le sol. Un système de tapis nous permettait de récupérer les feuilles lorsqu’elles tombaient, l’équipe pouvait ainsi les ramasser, les nettoyer et les classer, puis les laisser retomber à nouveau doucement…"

Les costumes

Le soin du détail poussé à l’extrême se retrouve dans les costumes, créés par Emi Wada, lauréate d’un Oscar. Emi Wada : "Pour les costumes de HERO, nous avons essayé pas moins de 30 couleurs, chaque échantillon ayant été teint individuellement à la main. Le processus a été long, et une fois les couleurs approuvées, nous avons rencontré un problème d’un autre genre…Certaines couleurs ne pouvaient être réalisées avec les teintures et l’eau de Pékin ! Nous avons donc dû faire venir la teinture d’Angleterre et du Japon et utiliser de l’eau minérale pour en colorer certains… Nous avons tout de même terminé avec quelques milliers de mètres de tissus !" Emi Wada a apporté la même vigilance à la vérification des costumes : les rouges, par exemple, étaient créés à partir de 54 nuances de couleurs différentes…Emi Wada : outre les couleurs, nous avons également caractérisé les personnages au moyen des textures. Je me suis inspirée d’anciens costumes de Chine, de Corée et du Japon. Les lignes générales sont historiques, mais comme il s’agit d’un film d’action, il a fallu concevoir les costumes pour qu’ils soient aussi légers que des costumes de ballet…"