Notes de Prod. : Hors de contrôle

    en DVD le 17 Juin 2010

Hors de contrôle : Notes de Production

Il y a des souvenirs qui ne s’effacent jamais.
Des sentiments qu’on n’oublie pas.
Et des secrets qui vous entraînent au bord du gouffre.


Adapté de la minisérie BBC « Edge of Darkness » couronnée aux BAFTA Awards, réalisé par Martin Campbell – l’homme qui a relancé James Bond avec Casino Royale – et avec Mel Gibson dans l’une de ses plus impressionnantes prestations, voici un redoutable thriller policier doublé d’une immersion dans les sombres arcanes des pouvoirs corrompus.
Dans Hors de Contrôle, Thomas Craven, un homme accablé par le chagrin, tente de découvrir la vérité sur le meurtre de sa fille unique, Emma, abattue d’une balle qui, selon la police, lui était destinée. Anéanti par la mort brutale de sa fille, cet inspecteur de la police de Boston va se jeter tête baissée dans une dangereuse enquête pour trouver des réponses à ses questions. Mel Gibson, de retour devant la caméra après plusieurs succès en tant que réalisateur et producteur, incarne Thomas Craven.
Il s’agit de son premier rôle majeur depuis sept ans. Il raconte : « L’histoire était fascinante et pour moi, c’est le plus important. Si je crois qu’une histoire va passionner et divertir le public, je signe tout de suite. » Le réalisateur du film, Martin Campbell, observe : « Nous avons tout de suite pensé à Mel pour jouer Craven. C’était un rôle qui demandait un acteur d’envergure, et peu sont capables d’être aussi sérieux et graves que lui à l’écran. » Le producteur Graham King déclare : « Nous voulions absolument travailler avec Mel.
Nous avons eu beaucoup de chance qu’il accepte de revenir devant la caméra dans un rôle qui était parfait pour lui. » Mel Gibson explique : « Ce qui m’a vraiment plu, c’est la façon dont cette histoire joue avec vos nerfs. Quand j’ai rencontré Graham King et Martin Campbell, j’ai vu que ces deux cinéastes expérimentés avaient une vision claire et intelligente du film, et je me suis dit que travailler avec eux pouvait être une très bonne expérience. »
Avec Hors de Contrôle, Martin Campbell s’attaquait à une histoire qu’il connaissait déjà très bien puisqu’il a réalisé il y a plus de vingt ans « Edge of Darkness », la minisérie primée de la BBC dont est tiré le film. Le succès de la minisérie avait poussé BBC Films à entamer le développement d’une version cinéma. C’est Campbell qui a parlé du projet à Graham King – qui, avec Tim Headington, a produit le film sous la bannière GK Films.

Le réalisateur se souvient : « Il y a cinq ans, quelqu’un a suggéré d’adapter la série au cinéma. Je me suis dit que c’était une bonne idée parce que j’ai toujours pensé que c’était une histoire très forte : un homme perd sa fille et essaye de découvrir qui l’a tuée et pourquoi, mais aussi qui elle était vraiment. Il aimait sa fille et pensait la connaître, mais son enquête va lui apprendre qu’elle vivait dans un monde dont il ne sait rien. »Le scénariste oscarisé William Monahan déclare : « J’ai été touché par le lien existant entre ce père et sa fille.
J’ai moi-même une petite fille, je me suis donc glissé sans difficulté dans la peau de Craven, et je me suis demandé ce que je ferais à sa place. » En 1985, la minisérie en six épisodes a captivé les téléspectateurs anglais alors que le pays traversait de graves crises nationales et internationales. A cette époque, la guerre froide et la menace nucléaire de l’Union Soviétique planaient sur le monde. Le terrorisme international s’organisait sous la houlette de personnalités telles que le colonel libyen Mouammar Khadafi, et la crainte d’une guerre nucléaire était, depuis la crise des missiles de Cuba, plus forte que jamais.
Un secret inquiétant entourait toutes les activités de l’industrie nucléaire. Reflétant les inquiétudes et les peurs de cette période troublée, « Edge of Darkness » rencontra un succès sans précédent auprès des critiques et du public, et reçu six BAFTA Awards dont celui de la meilleure série dramatique. La minisérie se plaça en quinzième position de la liste des 100 meilleures émissions télévisées du British Film Institute, et est considérée comme une des meilleures et des plus influentes œuvres dramatiques de la télévision anglaise. Mel Gibson se souvient : « C’était une enquête policière, un thriller criminel et politique qui se déroulait en Angleterre à une époque de graves troubles politiques. La minisérie reflétait très bien l’atmosphère de cette époque. » Martin Campbell raconte : « La série parlait beaucoup de la politique nucléaire du gouvernement dans les années 80.
Le plutonium, sa fabrication et l’organisme chargé de surveiller tout cela posaient de gros problèmes. C’était un sujet brûlant. « Edge of Darkness » abordait ces questions avec beaucoup de sérieux et de pertinence, mais le cœur de la série était l’histoire de ce père qui perd sa fille, qui a besoin de comprendre ce qui lui est arrivé, et ce qui lui arrive à lui. » Pour le film, les aspects politiques de l’histoire devaient être actualisés, mais la trame narrative devait rester la même. Pour transformer la série de six épisodes écrite par Troy Kennedy Martin en un film de deux heures, les cinéastes se sont d’abord tournés vers le scénariste australien primé Andrew Bovell. Andrew Bovell se souvient : « J’avais adoré la minisérie quand elle était passée à la télévision.
Troy Kennedy Martin était vraiment en avance sur son temps. Il lançait un avertissement sur les connexions dangereuses entre les industriels et les opérations secrètes du gouvernement, un avertissement qui reste aussi valable aujourd’hui qu’il l’était en 1985. Que Martin Campbell me propose de travailler sur l’adaptation de cette série au cinéma est une des offres les plus excitantes qu’on m’ait jamais faites. » Martin Campbell raconte : « C’est Andrew qui a eu l’idée de transposer l’histoire à Boston, une ville qui a des racines anglaises et irlandaises très fortes. Dans la série, Thomas Craven était originaire du nord de l’Angleterre, près de Leeds ; il nous a donc semblé normal, dans un film américain, de lui donner des origines irlandaises. » Aucun autre scénariste actuel ne connaît mieux la région de Boston que William Monahan, qui a été engagé par Graham King.


En 2006, les deux hommes ont travaillé ensemble sur Les Infiltrés, qui a remporté quatre Oscars dont celui du meilleur scénario d’adaptation. Graham King voulait que le scénariste natif de Boston insuffle à Hors de contrôle son style si particulier.Mel Gibson commente : « Bill a vraiment transcrit l’esprit de Boston, le parfum et la saveur de la ville. Il a écrit une histoire dure, mais qui se place à mon avis parmi les meilleures du genre. » Martin Campbell déclare : « William est un excellent dialoguiste et a un sens des personnages sensationnel. Il a retravaillé le scénario du point de vue de l’intrigue, ce qui fait une grande différence par rapport à la série. » Ayant vécu aussi longtemps à Los Angeles, New York et Londres que dans sa ville natale, William Monahan remarque : « Je ne sais pas si je suis vraiment l’archétype du Bostonien, mais je me sens proche de cette ville. Craven est un gars du quartier de Roslindale, un homme honnête, économe et modeste qui a ses habitudes. Il a sa vie, sa maison, et sa solitude.
Il est veuf et sa fille représente beaucoup pour lui. Quand il la perd, il perd tout. » Le personnage central de Hors de contrôle, et le plus complexe de tous les protagonistes, est Thomas Craven, un inspecteur chevronné de la police criminelle de Boston qui découvre qu’il ne connaissait pas sa fille aussi bien qu’il le pensait.

Martin Campbell observe : « Ce rôle de père endeuillé et rongé par le chagrin qui tente de découvrir la vérité et de venger sa fille assassinée plaisait beaucoup à Mel Gibson. » Thomas Craven est un homme à l’agonie, un père qui tente de surmonter la mort de sa fille de la seule manière qu’il connaisse : en menant l’enquête et en trouvant son assassin. Inspecteur de la criminelle, il a toujours joué selon les règles, toujours respecté la loi, mais pour la première fois de sa vie, il réalise qu’elle ne lui sera d’aucun secours et qu’il devra faire justice lui-même. Mel Gibson observe : « Craven est un homme simple qui vit sa vie au jour le jour.

Il n’a pas été le meilleur des pères, mais il a fait le nécessaire. Sa vie s’est transformée en guerre d’usure, tout ce qu’il traverse l’use. Le stress et le traumatisme causés par la mort de sa fille ont fait de lui un homme instable sur le point de basculer dans la dépression. Il est au bord du gouffre, et seuls sa soif de vérité et son désir de vengeance l’empêchent de craquer. »

Martin Campbell raconte : « Mel livre une prestation incroyable dans ce rôle très difficile. Comme son personnage est dans presque toutes les scènes, il était tous les jours devant la caméra. Il a travaillé très dur et cela se voit à l’écran. » Graham King a apprécié le point de vue de l’acteur sur ce rôle complexe. Il explique : « Comme les policiers ont beaucoup d’ennemis, la plupart des gens pensent que la balle qui a tué la fille de Craven lui était en fait destinée. Mel a très bien compris le personnage, la culpabilité et le chagrin qu’il peut ressentir dans une telle situation. Il n’a plus rien, plus de famille, plus personne. Il veut donc savoir qui a tué sa fille, mais certaines personnes essayent de l’en empêcher. »

Mel Gibson raconte : « La plus grande difficulté avec ce personnage était de rester calme. Cela n’a jamais été mon fort, et Craven est un homme très calme et introverti ; je devais donc me maîtriser, garder un visage impassible et faire très peu de mouvements. » Craven doit agir avec précaution, en particulier quand un homme impressionnant nommé Darius Jedburgh apparaît sans prévenir.

L’acteur britanniqueRay Winstone joue le seul personnage anglais du film américain – une sorte de renversement des rôles puisque Jedburgh était le seul personnage américain de la minisérie anglaise. Martin Campbell, qui a travaillé pour la première fois avec l’acteur à leurs débuts, il y a environ trente ans, raconte : « Ray confère une aura de menace très forte au personnage de Darius Jedburgh qui en même temps, reste une énigme totale. » Ray Winstone révèle : « Jedburgh est le genre de personnage que tous les acteurs rêvent de jouer. C’est un homme intelligent capable de tuer de sang-froid. Il sait comment manipuler les gens. Je me suis dit qu’il devait exercer un certain charme sur le personnage de Mel Gibson, perdu dans sa colère et dans sa douleur. Parler avec Jedburgh apporte à Craven une forme de réconfort. »

Travaillant pour un mystérieux employeur, Jedburgh prend contact avec Craven pour découvrir à quoi était mêlée sa fille, et quelles informations elle pouvait détenir. Etant ce que certains pourraient appeler un « nettoyeur », Jedburgh est autorisé par ceux qui l’emploient à faire tout ce qu’il pense nécessaire pour résoudre la situation. Juge et juré, il est aussi bourreau quand la situation l’exige. Martin Campbell précise : « Jedburgh est un homme très puissant qui travaille pour le gouvernement depuis de nombreuses années, mais on ne sait pas vraiment pour quelle agence, ni pourquoi il a autant de pouvoir.


On fait appel à lui pour évaluer la situation et nettoyer quand les choses tournent mal, et cette fois-ci, il doit éviter ce qui pourrait être une véritable catastrophe pour la société Northmoor si l’on venait à découvrir ce qu’elle fabrique dans ses usines. » Northmoor, l’ancien employeur d’Emma, est un centre de recherche privé ultra sécurisé sous contrat avec le gouvernement. Ce dernier semble fermer les yeux sur les activités de la société. Northmoor est dirigée par un homme nommé Jack Bennett. Graham King note : « Bennett est l’archétype du méchant de notre époque. C’est un businessman charismatique et impeccable, un homme extrêmement puissant aux activités louches. »
Le personnage est interprété par Danny Huston. L’acteur raconte : « J’adore jouer des personnages mauvais en trouvant un moyen de justifier leurs actions. Bennett n’est pas un homme politique, juste un homme qui sait comment tourner les choses à son avantage. Il justifie le fait que parfois, certaines personnes doivent mourir, simplement parce qu’elles se mêlent de ce qui ne les regarde pas et qu’elles pourraient causer de gros problèmes. Il pense ne devoir aucune explication à personne. Il se moque de la politique ; tout ce qui l’intéresse, c’est l’argent. »

Martin Campbell déclare : « Danny est un acteur incroyable. Il n’y en a pas beaucoup comme lui. Je le voulais dans ce rôle parce qu’il ne ressemble pas, à première vue, à un méchant. Il y a toujours une petite pointe d’humour dans ce qu’il dit, ce qui le rend finalement encore plus menaçant. » Daniel Burnham, un employé de Northmoor qui est aussi le petit ami d’Emma, a toutes les raisons de craindre Bennett. Burnham possède la clé du passé secret de la fille de Thomas Craven. Leur première rencontre est des plus explosives et constitue un des moments forts du film. Le personnage est joué par Shawn Roberts.L’acteur raconte : « J’ai adoré le scénario parce que j’avais le sentiment qu’à n’importe quel moment, on allait frapper à la porte et que quelqu’un allait mourir. Cette tension faisait avancer l’histoire et les personnages.

Quand on voit Burnham pour la première fois, il se terre dans son appartement depuis des jours, attendant qu’on vienne frapper à sa porte... avec une arme à la main. » Etant amoureux d’Emma, Burnham est peut-être le seul personnage du film capable de comprendre le chagrin de Craven.

Née en Serbie, Bojana Novakovic joue le rôle d’Emma, dont le meurtre est le catalyseur de l’histoire. L’actrice raconte : « J’ai trouvé passionnante cette histoire émouvante qui est déclenchée par ce qu’a fait cette jeune fille. C’est un mélange très intéressant d’émotion et d’action.

Emma a agi par instinct, elle a fait ce qui lui semblait être bien et a pris la décision la plus morale, mais en faisant cela elle s’est attaquée à un groupe de gens beaucoup plus riches et puissants qu’elle. » Martin Campbell note : « Emma aimait son père, mais il lui arrivait aussi de le contredire et de s’opposer à lui si nécessaire, et elle ne lui a jamais parlé de cet autre aspect de sa vie. » Au début du film, Emma rentre chez elle à Boston pour voir son père. Bojana Novakovic précise : « On sent que ce n’est pas une simple visite. Emma vient voir son père parce qu’elle a besoin de ses conseils sur le plan personnel, mais aussi parce que c’est un policier expérimenté. Elle est comme toutes les filles, elle a besoin de son père. »

Malheureusement, Thomas Craven perd sa fille avant d’avoir pu entendre ce qu’elle avait à lui dire. L’actrice poursuit : « Après sa mort, Craven continue de voir Emma quand elle était enfant et adulte. Bien sûr, il ne fait que l’imaginer, mais il a besoin de cela pour faire ce qu’elle voulait qu’il fasse. Il a besoin de parler avec elle, parce qu’il ne lui reste plus rien. Il la voit comme il se souvient d’elle, et elle l’aide à avancer. Le seul moyen qu’il lui reste pour la sauver est de continuer de lui parler, de conserver ce lien ou de le recréer du mieux qu’il peut. » Mel Gibson observe : « Emma ne dit rien que Craven ne puisse imaginer lui- même, mais cela lui donne le sentiment de la connaître un peu mieux que quand elle était vivante. » Bojana Novakovic a rencontré Mel Gibson avant le tournage pendant les répétitions. L’alchimie a été immédiate entre les deux acteurs, rendant leur relation père-fille à l’écran particulièrement crédible et émouvante.


Mel Gibson observe : « Bojana a une présence très forte, elle attire le regard. On se souvient d’elle. » Hors de contrôle a été tourné à Boston et dans sa région, dans le quartier historique de Back Bay ; dans les parcs de Boston Common et Public Garden ; dans un superbe manoir de style Tudor de Manchester ; à Charlestown ; Newburyport ; Lincoln ; Merrimac et Rockport. Les intérieurs de la maison de Thomas Craven et de l’appartement d’Emma ont été tournés dans les studios de Chelsea. Les cinéastes ont aussi tourné dans l’ouest du Massachusetts, dans les villes pittoresques de Northampton et Amherst, et sur le mont Sugarloaf en automne. Mel Gibson raconte : « C’était fantastique de tourner à Boston, les gens étaient formidables. Partout où l’on regardait, on voyait des témoignages de notrehistoire et de notre liberté durement acquise. On avait le sentiment de se trouver dans le berceau d’une jeune nation possédant le style et le charme de la vieille Europe. » Martin Campbell souhaitait un style visuel le plus réaliste possible. Le réalisateur déclare : « Le réalisme était très important pour le film. Quand Emma est assassinée, on voit de vrais légistes, de vrais policiers, tout a été recréé comme dans la réalité. L’action du film est complètement ancrée dans la relation père-fille, tout devait donc être parfaitement crédible.

Sur le plan de l’image, nous avons utilisé un style très simple, il n’y a aucun plan prétentieux ou trop léché. » Hors de contrôle a été éclairé par le directeur de la photographie Phil Méheux, qui travaille avec Martin Campbell depuis maintenant presque trente ans, et les décors ont été conçus par Tom Sanders, qui collaborait avec le réalisateur pour la première fois. Phil Méheux explique : « Une des missions du directeur de la photographie est de souligner le contenu émotionnel de chaque scène, notamment grâce à la lumière.

Nous avons par exemple modifié l’éclairage de la cuisine de Craven et de l’appartement d’Emma pendant tout le film. Comme Craven ne va plus au commissariat, sa cuisine et l’appartement d’Emma deviennent les bases d’où il opère. Au début du film, ces deux endroits sont bien éclairés, mais plus l’histoire avance et plus on apprend des choses sur la vie et la mort d’Emma, moins il y a de lumière. Ce sont des changements subtils que le public ne remarquera pas forcément consciemment, mais je pense qu’il les ressentira. » Le chef décorateur Tom Sanders raconte : « Nous avons choisi le mont Sugarloaf parce que le tournage du film coïncidait avec l’automne et la chute des feuilles, c’était une occasion à ne pas rater. Le mont Sugarloaf domine une vallée magnifique dans laquelle se sont déroulées de grandes batailles historiques.

Nous avons installé le bureau de Bennett à Northmoor au sommet de cette montagne pour avoir une vue sur la vallée. » Pour le reste du complexe de Northmoor, Tom Sanders a utilisé un autre site historique. Il raconte : « A Amherst, nous avons construit un décor à l’extérieur du centre stratégique militaire aérien où se trouvait le bouton de la bombe nucléaire dans les années 60. Nous avons modernisé l’endroit pour en faire le siège d’une entreprise située au sommet de la montagne. » L’équipe de Tom Sanders exerçait un contrôle strict sur la palette de couleurs.

Le chef décorateur explique : « Tout devait être dans des tons sombres ou neutres pour que le regard soit d’abord attiré par les acteurs et les costumes. Cela permet aux spectateurs de mieux capter l’émotion de chaque scène. » Les scènes les plus émouvantes de Thomas Craven se déroulent chez lui et dans l’appartement d’Emma. Tom Sanders raconte : « Pour la maison de Craven, nous nous sommes inspirés d’une maison que nous avons trouvée en périphérie de Boston. Nous avons construit l’intérieur et l’extérieur en studio et dans un entrepôt.

Nous avons aussi entièrement construit l’appartement sous les toits d’Emma. » Les équipes techniques n’ont pas été les seules à travailler pour recréer l’atmosphère de Boston. Mel Gibson, un natif de New York qui a passé la plus grandepartie de son enfance en Australie, devait avoir l’air d’être né et d’avoir grandi à Boston. L’acteur raconte : « Tous mes cousins étaient du Queens et de Brooklyn. Ma mère vivait aussi à Brooklyn et avait des origines irlandaises.

Je n’ai pas oublié mes racines gaéliques, et cela m’a aidé pour jouer Craven. J’ai parlé avec plusieurs inspecteurs comme Tommy Duffy. C’est un type super, il parle comme un de ces gros bouledogues bien coriaces qu’on voit dans les dessins animés. Son accent définit vraiment le personnage. Sa façon de prononcer les diphtongues vous transporte immédiatement dans un autre monde. »

Mel Gibson s’est aussi servi de la garde-robe de Thomas Craven comme d’un accessoire pour jouer son rôle. La chef costumière Lindy Hemming a reçu du réalisateur la même instruction que le directeur de la photographie et le chef décorateur : rester réaliste. Elle raconte : « J’aime beaucoup travailler avec Martin Campbell parce qu’il prend le temps de vous parler des personnages, de ce qu’il pense d’eux, et aussi des acteurs, et ensuite il vous laisse faire. » Un élément emblématique de la minisérie de 1985 a traversé le temps jusque dans le film : l’imperméable de Craven.

La chef costumière se souvient : « Martin voulait vraiment conserver cet imperméable que Craven enfile quand Emma est assassinée, et qu’il porte quand il est à côté d’elle, complètement dévasté. Il garde cet imperméable pendant presque tout le film. D’une certaine façon, cela fait de lui un être isolé et différent dans ce monde où la plupart des gens sont en costume ou en uniforme de policier. Il est souvent le seul à porter un vieil imper usé.

Nous avons fait faire vingt-cinq imperméables ordinaires et identiques pour Craven. Plus il avance dans l’histoire, plus ils sont abîmés et reflètent l’usure du personnage. » Lindy Hemming a choisi sa palette de couleurs en procédant par élimination. Elle explique : « J’ai évité le blanc autant que possible pour permettre au regard de se concentrer sur les visages et les expressions, parce que je savais que Phil Méheux allait les éclairer de façon à les souligner.

Avec Mel Gibson, j’ai aussi évité une autre couleur, le bleu. Il porte juste un peu de bleu dans une scène où il marche sur la plage. Cette couleur faisait ressortir ses yeux et il était terriblement séduisant. Je me suis dit alors que je n’aurais jamais dû utiliser ce bleu ! »

Cette scène sur la plage n’a pas été la seule où la chef costumière a dû se battre contre le charme naturel de Gibson. Elle raconte : « Dans la scène de l’enterrement d’Emma, Mel porte un costume à 99 dollars, le moins cher que j’ai trouvé. Il devait avoir l’air d’appartenir à une personne qui ne possède pas beaucoup d’argent et ne fait pas très attention à ce qu’elle porte, mais même dans ce costume, Mel est encore trop beau ! » Lindy Hemming a utilisé la méthode inverse pour habiller le personnage de Danny Huston, Jack Bennett. Elle raconte : « La seule personne pour qui j’avais le droit de mettre le paquet était Danny Huston.

De beaux costumes, un peu de couleur, il devait être très chic. Brioni, une maison de haute couture avec laquelle j’avais déjà travaillé, a fourni tous les vêtements de Bennett, et quelques autres pour Jedburgh. Tout ce qu’ils nous ont envoyé était vraiment très beau, c’était formidable. »La chef costumière a toutefois veillé à ce que les costumes de Jedburgh restent plus sobres que ceux de Bennett. Elle explique : « Ses vêtements devaient avoir l’air de coûter cher, mais ils devaient aussi être très subtils et sophistiqués et ne donner aucune information sur sa vie et qui il est, parce que c’est un homme qui cultive le secret. Nous avons par exemple utilisé du cachemire, un tissu qui ne reflète pas la lumière – tout le contraire de Ray Winstone qui est un type plein de vie et très sociable. »


Lindy Hemming a aussi habillé le personnage de Bojana Novakovic, Emma Craven. Elle raconte : « J’ai voulu en faire une femme que vous pourriez croiser dans une rue de Boston ou Northampton, quelqu’un qui porte les mêmes vêtements que vous et moi. Comme Thomas Craven voit sa fille dans plusieurs scènes après sa mort, nous avons discuté Martin et moi pour savoir si nous devions l’habiller autrement dans ces scènes. Au final, nous avons pensé qu’on ne s’y retrouverait plus, et nous avons décidé de ne rien changer à sa garde-robe. »

Pour Martin Campbell, revisiter les personnages et les thèmes de cette histoire vingt ans plus tard a été un défi excitant. Il observe : « Comme dans les années 80, j’avais le sentiment que l’histoire bouleversante de cet homme qui perd sa fille et cherche à la venger pouvait passionner le public d’aujourd’hui. » Le producteur Graham King ajoute : « Pour moi, Hors de Contrôle, n’est pas un film sur la politique actuelle.

C’est l’histoire d’un homme qui veut que justice soit faite et est prêt à la faire lui-même. C’est aussi un thriller qui flirte avec l’inconnu, on ne sait jamais ce qui va se passer, et on se laisse volontiers entraîner dans cette enquête qui met nos nerfs à rude épreuve. »

Mel Gibson conclut : « Malgré les violentes épreuves endurées par Thomas Craven pour venger sa fille assassinée, je trouve que c’est une histoire très humaine. Les personnages et la façon dont ils réagissent à ce qui leur arrive sont passionnants. C’est aussi une histoire et une enquête qui parlent d’un monde et de problèmes dont nous ne savons presque rien. Et pour beaucoup de gens, l’inconnu est quelque chose de terriblement effrayant. »

Sur le tournage de Hors de contrôle

Le 12 Septembre 2008 - Winstone remplace De Niro
Robert De Niro, qui avait quitté le tournage de Hors de contrôle pour « différents artistiques » vient d’être remplacé au pied levé par Ray Winstone.
Il rejoint Mel Gibson au casting. Le tournage qui avait débuté le 18 août dernier, a été interrompu par le départ de De Niro au bout de deux jours. Martin Campbell va donc pouvoir reprendre la réalisation de son film qui racontera l’histoire d’un détective (Mel Gibson) enquêtant sur le meurtre de sa fille, une incorrigible écologiste.
De l’autre côté du miroir, on trouvera, un « nettoyeur » incarné par le fraîchement arrivé, Ray Winstone. Chargé d’effacer toutes les traces du meurtre, on l’imagine impitoyablement poursuivi par le justicier Mel Gibson.