Notes de Prod. : Hors-la-loi

    en DVD le 25 Janvier 2011

Sur le tournage de Hors-la-loi

28 Août 2009 - Bouchareb s’attaque à Hors-la-loi
Alors que son prochain film, London River, sortira le 23 septembre prochain ; le réalisateur s’attaque à la "suite" d’Indigènes à travers le destin de trois frères. Jamel Debbouze a finalement rejoint le casting, déjà composé de Sami Bouajila et Roschdy Zem.
Samy Naceri étant réellement hors-la-loi, c’est le seul de la bande du premier volet à ne pas rejoindre le réalisateur d’origine algérienne. Dans Hors La Loi, Rachid Bouchareb s’attache à raconter l’indépendance de l’Algérie à travers le regard de trois frères qui vont militer pour l’autonomie de leur pays.

Il ne s’agit pas - littéralement parlant – d’une suite ; sinon strictement chronologique, concernant la réflexion du réalisateur sur l’histoire du peuple algérien. Le scénario commencera à partir du 8 mai 1945, date marquée par les massacres de Sétif, et s’étendra jusqu’en 1962 et la fin de la guerre. Le film évoquera certainement la défaite française de Diên Bên Phu en 1954, qui incita les colonies à s’insurger contre l’occupant. La montée du FLN ne pourra pas non plus être ignoré, mais le destin des Harkis fera peut-être l’objet d’un troisième volet. En effet, le cinéaste n’étonnerait personne en consacrant un film entier à cette communauté, oubliée de toutes parts après l’indépendance de l’Algérie.

Le tournage doit s’achever à la mi-décembre et se déplacer en Allemagne, en Belgique, en France et aux Etats-Unis. Enfin, la sortie du film est prévue pour l’an prochain si tout se passe bien…

Hors-la-loi : Le contexte Historique

L’Algérie française : 132 ans de colonisation

Occupée par les troupes françaises à partir de 1830, l’Algérie devient en 1848 un département français. Malgré la résistance qu’ils mènent depuis des années, musulmans et juifs d’Algérie acquièrent alors de fait le statut de « sujets français ». Le régime de « l’Indigénat » en fait des citoyens de « seconde zone » qui n’ont pas les mêmes droits que les Européens d’Algérie ou de métropole. En 1870, le décret Crémieux accorde finalement aux juifs d’Algérie la pleine citoyenneté française. Au même moment, la perte de l’Alsace-Lorraine provoque l’afflux croissant de Français en Algérie : leur nombre passe de 245.000 en 1872, à 500.000 en 1914. Jusqu’à 40% des meilleures terres cultivables sont progressivement saisies pour être distribuées aux colons à des prix très avantageux, chassant de leur terre et laissant dans la misère des centaines de milliers de petits paysans. Malgré la crise agraire et des répressions cinglantes, la population « indigène » passe de 2.000.000 à 5.000.000 au cours de la même période.

Entretien avec Rachid Bouchareb, réalisateur de Hors-la-loi

A quand remonte Hors-la-loi ?
Le projet s’est imposé de lui-même. D’ailleurs, dans l’une des versions du scénario d’Indigènes, le film devait se terminer par le massacre de Sétif. Et puis, je me suis dit qu’il fallait que la dernière scène se déroule en France. Mais dès l’époque d’ Indigènes, lorsque, avec mon coscénariste Olivier Lorelle, on a rencontré d’anciens combattants d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire, on s’est rendus compte qu’il y avait chez eux une profonde déception et amertume vis-à-vis de la France. Du coup, la fin de la guerre et la Libération ont relancé le mouvement de la décolonisation. C’est à ce moment-là qu’est né Hors-la-loi.

Entretien avec Jamel Debbouze, à propos de Hors-la-loi

Comment avez-vous réagi en sachant que vous alliez reformer l’équipe d’Indigènes ?
J’ai été fou de joie ! Quand Rachid Bouchareb m’appelle, j’ai l’impression que c’est Raymond Domenech qui téléphone à ses joueurs pour reformer l’équipe de France : j’ai le sentiment de faire partie d’une sélection privilégiée pour défendre des projets que Rachid a dans la tête. Ce qui me plaît bien également, c’est qu’on a le sentiment de défendre les couleurs de la France puisqu’on raconte un pan de l’histoire de France à chaque fois.

Entretien avec Rochdy Zem, à propos de Hors-la-loi

Vous faites partie intégrante de la «troupe» de Rachid Bouchareb
Ma première collaboration avec Rachid remonte à une quinzaine d’années, et on n’a jamais cessé de travailler ensemble depuis. Et comme c’est quelqu’un de très fidèle, la question de participer à ce projet ne s’est même pas posée ! Ce que je remarque seulement, c’est qu’au fil des années, il est de plus en plus exigeant avec les comédiens. Et même s’il nous laisse pas mal de liberté dans le jeu, il fixe précisément la direction dans laquelle il veut nous emmener.

Entretien avec Samy Bouajila, à propos de Hors-la-loi

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le projet de Hors-la-loi ?
Avant même de lire le scénario, l’idée de poursuivre l’aventure avec Rachid Bouchareb me plaisait. D’ailleurs, à l’époque d’Indigènes, il nous laissait déjà entendre que nous pourrions peut-être nous retrouver pour un deuxième film. Ensuite, à la lecture, j’ai eu le sentiment que Rachid avait encore progressé par rapport à Indigènes et qu’il avait réussi une formidable fresque, avec des éléments de polar et de cinéma d’aventures. Dès le scénario, il y avait du souffle et une magnifique ampleur romanesque.