Notes de Prod. : Horton

    en DVD le 03 Décembre 2008

Un Film Complètement

Pour être certains de respecter la vision et la magie de l’univers du Dr Seuss et de ses personnages en transposant ses livres dans un monde en trois dimensions, Jimmy Hayward et Steve Martino se sont rendus à la Bibliothèque Geisel à l’Université de Californie de San Diego. C’est là que se trouvent toutes ses œuvres originales. Les deux réalisateurs ont étudié toutes les illustrations originales de l’auteur, et lu tous ses manuscrits, jusqu’à ses notes et annotations manuscrites.
Steve Martino explique : « J’ai été impressionné par certaines sculptures que Seuss avait réalisées, qui montraient quelle direction suivre pour transposer ses idées en trois dimensions. Nous avons aussi découvert des références à des couleurs, des formes et des textures que nous avons intégrées au film. »
Le coréalisateur poursuit : « En étudiant le travail du Dr Seuss pour nous en inspirer, nous avons tendu vers une « exagération seussienne » traduite en langage visuel. Par exemple, lorsqu’il a fallu « brosser » numériquement les cheveux des Zous, nous nous sommes demandés comment le faire « à la Seuss ». Nous plonger dans son univers a vraiment stimulé notre imagination. »

A partir du travail de recherche accompli par Jimmy Hayward et lui-même, Steve Martino a créé un « guide du style » qui a servi de base de départ à la création d’un monde en trois dimensions possédant des textures et une lumière réalistes. Il commente : « Nous pouvions prendre une caméra et explorer en profondeur le monde en 3D que nous avons créé. »
Le Dr Seuss aimait surprendre ses lecteurs par de petits détails et des dessins originaux. La clé du succès, pour faire vivre son univers à l’écran, était de rendre ces détails et ces dessins amusants et reconnaissables. Les cinéastes ont baptisé cette approche « la logique seussienne ». Le processus consistait à s’assurer que tout objet bizarre, tout engin ou bidule était à la fois correct au point de vue du style et divertissant.

Bienvenue à Zouville

Zouville, une cité entière juchée sur un grain de poussière qui a atterri sur une fleur de trèfle, a certains aspects en commun avec notre existence quotidienne : les enfants vont à l’école, les gens travaillent et font leurs courses. Mais un travail à Zouville peut consister à rester allongé sur un canapé toute la journée à manger des bonbons.
Les moyens de transport, à Zouville, sont aussi fantaisistes qu’efficaces. Les rues de la ville, qui ont plusieurs niveaux, sont pleines de « chaussettomobiles », de rollers sur échasses et de monocycles. Steve Martino commente : « Chaque fois que nous envisagions un moyen de se rendre quelque part, nous voulions qu’il soit le plus intéressant et le plus amusant possible. La chaussettomobile, par exemple, était l’un de nos véhicules préférés. Avec ses quatre jambes et ses chaussettes, c’est un véhicule idéal pour passer devant un hôpital ou une bibliothèque, ou dans toute zone où le silence est d’or… »
Jimmy Hayward ajoute : « Personnellement, j’aime bien aussi la « dodo-mobile ». Une voiture-lit vous économise beaucoup de fatigue, vous pouvez lire un livre sur le chemin du travail, ou même faire un petit somme supplémentaire… »
Si ces moyens de transport vous semblent encore trop conventionnels, pourquoi ne pas essayer le lance-pierre géant de Jo-Jo ? D’abord, on s’assoit sur un monocycle relié au système de propulsion, puis on pédale à reculons. Au moment même où l’on croit qu’on va être précipité dans un mur, on attrape un levier, on le tire en arrière, et le tout bascule : le lance-pierre vous projette droit en l’air, et vous n’avez plus qu’à aborder tranquillement l’escalier qui se trouve à l’apogée de votre fulgurante ascension verticale…

En matière de divertissement, pourquoi ne pas jouer au tennis ? Là encore, imagination et amusement ont été les mots d’ordre. Jimmy Hayward explique : « Le Dr Seuss ne suit jamais une ligne droite pour aller d’un point A à un point B. Nous avons donc pensé qu’un court de tennis chez les Zous suivrait la même règle. Il y a deux niveaux et des escaliers pour aller de l’un à l’autre… »

La gravité n’est pas vraiment un problème à Zouville. D’étroits escaliers sans rampe grimpent vers le ciel, et les Zous se promènent tout au bord de hauts gratte-ciel. Hayward souligne : « Il n’y a aucune raison de se blesser à Zouville. Se blesser n’est pas rigolo… »

Même lorsque Jimmy Hayward, Steve Martino et leur équipe élaboraient des créations originales, ils voulaient que le public ait l’impression de voir quelque chose qui appartienne au monde du Dr Seuss. Martino commente : « Nous avons recherché une authenticité qui corresponde aux livres du Dr Seuss, aux souvenirs que les gens en gardent. Les Zous tels qu’ils ont été créés par Seuss ressemblaient un peu à des insectes avec des têtes toutes rondes. Pour rendre les personnages plus expressifs, nous les avons un peu modifiés. Ils présentent ainsi une plus grande mobilité des traits du visage et du front. »

Nool, c’est cool

Pour la jungle de Nool, très simple dans les livres, les cinéastes ont dû faire travailler leur imagination en partant des éléments posés par Seuss. Le directeur artistique Thomas Cardone explique : « Seuss a laissé de grands espaces en blanc pour le texte et quelques dessins. En fait, il n’a pas vraiment créé de jungle. Il a fallu qu’on crée la nôtre. »
Jamais on n’avait vu de jungle comme celle de Nool, avec ses énormes feuilles ondulantes, ses buissons bleus en volutes, ses hauts palmiers surmontés de feuillage en toupets comme des cheveux… Steve Martino explique : « Il a fallu littéralement créer cet espace vierge. Nous avons commencé par utiliser la palette de couleurs de Seuss, inhabituelle pour une jungle : des bleus, des rouges, des plantes à fourrure… On est bien loin du vert luxuriant qu’on associe habituellement à l’idée de jungle : à Nool, chaque feuille a « un parfum Seuss », comme des courbes asymétriques, des petits dessins dans les nervures… »
Thomas Cardone ajoute : « Si vous regardez un arbre chez Seuss, il a toujours un certain aspect sous un angle, et un autre quand on change de point de vue… »

Un Monde Au Poil

A Zouville, la fourrure est plus que tendance, c’est carrément une mode en soi. Le moindre vêtement est fait de fourrure. La géométrie structurelle d’un Zou consiste en ce que le département fourrures de Blue Sky appelle « une cacahuète » - un Zou nu a vaguement cette forme - avec un costume, une veste, une chemise ou une robe de fourrure.
L’idée de fourrure comme une façon d’être vient tout droit du Dr Seuss. Jimmy Hayward explique : « Il avait représenté la fourrure de façon merveilleuse dans ses livres. Je me souviens d’un de ses dessins dans « Horton Hears a Who ! » qui montrait un Zou portant une chemise en fourrure. Ce personnage m’a profondément marqué, peut-être parce que je m’appelle Hayward et qu’il y avait un H sur sa chemise ! »
Steve Martino commente : « Les Zous vont chez le coiffeur et se font tailler un nouveau costume. La mode est aux mèches, aux cols roulés et aux grands cols. »

Tout vêtement, qu’il soit de haute couture ou plus fonctionnel, sort de chez un coiffeur de Zouville – et de chez les équipes créatrices des studios Blue Sky chargées des fourrures, chevelures et autres coiffures. Les fourrures et poils ont été créés par une technologie déposée Blue Sky qui repose sur le moteur de rendu en Raytracing (ou lancé de rayons) CGI Studio. Ce moteur de rendu, le plus rapide et le plus avancé de ce type, a permis aux cinéastes de manipuler les fourrures et les environnements comme s’ils travaillaient avec une lumière réelle sur un vrai plateau. Avec cette technologie, les éléments se comportent comme ils le feraient dans le monde réel. Le rendu des surfaces est tel qu’on a l’impression de pouvoir les toucher…
Le moteur de rendu a également permis de créer les importantes foules et scènes de groupe comportant des milliers de personnages à fourrure.

Une autre gageure technique pour l’équipe recherche et développement a été la création d’un champ d’un demi-milliard de fleurs de trèfle pour une scène clé du film. Après s’être emparé de la précieuse fleur de trèfle sur laquelle se trouvent les Zous, Vlad la lâche au-dessus d’un champ comportant 500 millions de fleurs semblables… Elles s’étendent aussi loin que porte la vue. Horton va examiner les fleurs une par une, se frayant un chemin dans l’immensité fleurie. C’est l’histoire de l’aiguille dans une meule de foin, en pire…
Cette scène est un tournant dans le livre. Jimmy Hayward commente : « C’est un moment formidable dans le livre lorsque Horton s’élance et s’écrie « Non ! » alors que la fleur de trèfle sur laquelle est posé le grain de poussière tombe vers la mer de trèfles… »
Comme des millions de lecteurs, Jimmy Hayward a fébrilement tourné la page pour découvrir la suite de l’histoire… Il se souvient encore de ce moment des années plus tard. Et il a replongé dans ce souvenir lorsqu’il a fallu créer la scène du film. « Au moment où Horton réalise ce qui se passe, nous avons déplacé la caméra tout autour de lui pour révéler l’immensité du champ, de gauche à droite, exactement comme on tourne une page. Cela nous a paru le moyen idéal de représenter cet instant crucial. »
L’équipe recherche et développement de Blue Sky a aussi intégré au moteur de rendu un algorithme déposé qui permet aux cinéastes de représenter le vent soufflant dans le champ de fleurs, exactement comme le vent fait onduler un champ de blé au Kansas. Steve Martino, qui est originaire du Midwest, est particulièrement fier de cet effet.
Le trèfle « héros », celui qui abrite Zouville, comprend un million de poils. Pour la scène du champ, les trèfles les plus proches de la caméra avaient le même nombre de poils ou un nombre approchant. Les « figurants » et les « seconds rôles » en comptaient environ 50 000.

Le Mouvement Comme Jamais

Pour capter pleinement l’émerveillement et la fantaisie du Dr Seuss, les créateurs de Horton ont poussé l’animation et l’articulation des personnages bien au-delà des lois de la physique. Ils ont utilisé le « squash-and-stretch », une technique qui fait faire à Horton et au Maire des mouvements étirés et déformés à l’extrême. Dans l’animation traditionnelle 2D, le squash-and-stretch donne aux personnages de l’élasticité et du mouvement. Mais Jimmy Hayward, Steve Martino et les artistes, animateurs et techniciens de chez Blue Sky ont porté cette technique un cran plus loin.
La scène qui en est sans doute le meilleur exemple est celle où Horton, son trèfle à la trompe, tente de traverser une longue passerelle qui surplombe une profonde gorge. Au même moment, le Maire va chez le dentiste, et celui-ci s’apprête à utiliser sur lui une seringue hypodermique géante. Jimmy Hayward et Steve Martino ont entremêlé les situations parallèles où chacun des deux protagonistes est « en danger ». Le résultat est une scène à la construction complexe et précise dans les relations de cause à effet. Chaque geste ou pas maladroit de Horton a une réaction égale – tout aussi folle – chez le Maire.
Dans cette séquence, les cinéastes ont utilisé le squash-and-stretch lorsque Horton gonfle sa trompe comme un ballon. Eternel optimiste, cet éléphant de cinq tonnes pense que l’air étant « plus léger » que n’importe quoi d’autre, il pourra ainsi flotter au-dessus du pont… Inutile de dire qu’il va être déçu.
Tandis que Horton et sa trompe-ballon continuent à trébucher de latte de bois en latte de bois, le pont s’effritant sous lui à chaque pas, la seringue hypodermique du dentiste atterrit dans le bras du Maire au lieu de sa bouche. Là encore, les animateurs ont repoussé les frontières de l’animation à l’extrême, étirant le bras du Maire qui finit par faire dix mètres de long… Alors que le Maire s’enfuit du cabinet dentaire, son bras tout mou heurte accidentellement plusieurs personnes…
Jimmy Hayward explique : « C’est Jim Carrey qui a eu l’idée de cette situation. Il s’est demandé « Si un éléphant était en train de porter le monde sur un grain de poussière, quel serait le pire endroit où se trouver ? » Il a très vite pensé au dentiste… avec une seringue anesthésiante ! »

Les animateurs ont également utilisé le squash-and-stretch pour un « effet de traînée », lorsque par exemple la jambe d’un personnage bouge tellement rapidement qu’elle semble devenir floue et se multiplier…

Un Elephant, Ça Ecoute Enormement

L’ouïe joue un rôle clé dans l’histoire, ce n’est donc pas étonnant que le son et la musique soient aussi importants dans Horton. Jimmy Hayward explique : « Le concept central du film est que les deux personnages principaux ne se rencontrent jamais ; ils ne peuvent que s’entendre l’un l’autre. Chacun doit croire ce qu’il entend. Et ça, c’est une idée de départ fantastique en termes de son ! »
L’alliance complexe de musique et de son est le résultat du travail de l’ingénieur du son Randy Thom (Les Indestructibles, L’etoffe Des Héros, Les Aventuriers De L’arche Perdue, Ratatouille) et du compositeur John Powell (Shrek, Happy Feet, L’age De Glace 2 et La Mémoire Dans La Peau et ses suites).
Thom et Powell ont commencé à travailler ensemble inhabituellement tôt dans le processus de création du film. Randy Thom se souvient : « John et moi avons eu plusieurs réunions de création plus d’un an avant la sortie du film. Nous étions tous conscients que Horton serait un vrai terrain de jeu en matière de design sonore. C’est un plaisir rare de pouvoir travailler sur le son avec un compositeur, et John et moi avons fait en sorte de marier nos deux domaines aussi étroitement que possible. »
Randy Thom a décidé d’ouvrir les oreilles des spectateurs à des perceptions du son différentes. Le premier contact entre Horton et le Maire implique des transitions sonores complexes. Tandis que le grain de poussière vole dans les airs, on voit les Zous hurler à l’aide. Les cinéastes font des allers-retours entre le point de vue de Horton, dont les oreilles très développées décèlent les sons ténus des voix venues du grain de poussière – et celui de Zouville, où l’on entend les hurlements des Zous.
Cherchant à prendre contact avec ce qui se trouve sur le grain de poussière, Horton crie « Allô ». On suit alors le son dans son voyage vers le grain de poussière, tel un vaisseau spatial volant vers la Terre. Il atteint la fleur, traverse une couche de nuages, disparaît dans un entonnoir géant, puis suit un labyrinthe de tuyaux jusqu’à émerger à l’oreille du Maire.
Au fur et à mesure que la voix accomplit son périple dans l’atmosphère, Randy Thom l’a modulée de différentes façons, modifiant sa tonalité et créant ce qu’il appelle un « son gazouillant » qui accompagne les images du son voyageur. Lorsque le son passe par les tuyaux, Thom a ajouté des « clings » et des « clangs » sonores et métalliques.

Le son est vraiment en vedette pour la scène épique dans laquelle tous les Zous se rassemblent et utilisent tout ce qui leur tombe sous la main pour faire le plus de bruit possible en espérant qu’on les entende – c’est le seul moyen pour eux d’échapper à un terrible sort. Ils crient à l’unisson « Nous sommes là ! ». Ils vont trouver une aide inattendue en la personne de Jo-Jo, le fils du Maire, qui va leur prêter main-forte avec son Symphoniphone, un merveilleux instrument de musique qu’il a créé à partir d’objets disparates qui n’ont rien de musical.

Audrey Geisel, l’épouse du créateur disparu de cet univers magique, conclut : « En voyant Horton, le Dr Seuss se serait certainement dit que Horton est si grand et son cœur si immense qu’il est normal que ce film soit une grande réussite ! »

Nous avons vu 30 minutes d'Horton !!

Le créateur des personnages givrés de L'AGE DE GLACE s’est rendu à Paris au début de l’année afin de présenter sa nouvelle création. Adapté d’une nouvelle de Dr Seuss, un auteur américain aussi connu là-bas que La Fontaine chez nous, Horton est le héros du nouveau film d’animation éponyme des studios Blue Sky. Horton, c’est un éléphant un peu simplet qui menait une vie paisible dans sa jungle luxuriante et colorée. Jusqu’au jour où il capte un appel au secours venant d’un grain de poussière microscopique flottant dans les airs. N’écoutant que son courage et convaincu qu’il existe réellement de la vie sur cette poussière, le pachyderme décide de venir en aide, tant bien que mal, à ses habitants...

Notes de Production

Lorsque le très grand et l’infiniment petit se rencontrent, c’est un tourbillon d’humour et d’aventure qui envahit notre monde. Entre Horton l’éléphant et les délirants habitants de la microscopique Zouville, débute la plus originale et la plus spectaculaire des amitiés.

La très grande aventure a commencé...

Horton a entamé sa nouvelle aventure, celle du grand écran, en 2003, lorsque le producteur exécutif Christopher Meledandri, alors président de Twentieth Century Fox Animation, qui supervise les studios Blue Sky, a contacté la veuve de l’auteur, Audrey Geisel, pour lui parler de son idée de créer un film d’animation en images de synthèse tiré de Horton Hears a Who !.

Les Personnages

Horton l’éléphant

Horton est un éléphant spécial. Il est grand de partout : taille imposante, cœur immense, personnalité extravagante et sens de l’humour géant. Horton est quelqu’un d’énormément gentil, de formidablement fiable et honnête, et de grandement persévérant. En dépit des nombreux obstacles, du ridicule, du mépris et du désaveu des autres, et même des menaces, Horton est résolu à mettre Zouville en sécurité. Un éléphant est fiable à 100 %...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 3 320 entrées

  • 1ère semaine France : 433 603 entrées