Notes de Prod. : Hulk

    en DVD le 07 Janvier 2004

Notes de production

"Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas ce que je deviens, mais je suis certain que tu ne vas pas aimer si je me mets en colère…"
Bruce Banner


Après plus de quarante ans de popularité, l’un des personnages de bande dessinée les plus célèbres du monde vient de prendre vie sur le grand écran. Attention : Hulk arrive…

Au-delà des modes et des clichés…

Le personnage de Hulk apparaît pour la première fois en 1962 dans une série de six bandes dessinées Marvel Comics. Deux ans plus tard, cette créature imaginée par l’auteur Stan Lee et l’illustrateur Jack Kirby s'oppose à Giant-Man dans le numéro 59 de Tales to Astonish. Dans le numéro suivant, elle a sa propre histoire.

En 1968, Hulk est devenu le personnage principal et domine toute la publication, qui est alors rebaptisée The Incredible Hulk. Le magazine est édité jusqu’au numéro 474, en 1999. Après une courte interruption, la publication reprend sous la forme d’une nouvelle série – intitulée d’abord The Hulk, pour revenir à The Incredible Hulk au douzième numéro. Son édition se poursuit à l’heure actuelle avec un succès qui ne se dément pas. Il semble que dans le monde des héros – super, anti- et autres –, l’incroyable Hulk soit vraiment invincible…

L’immense popularité de la créature a également donné naissance à une série télévisée, diffusée sur CBS de 1977 à 1982, avec Bill Bixby dans le rôle de Banner, le scientifique, et le culturiste Lou Ferrigno dans celui de Hulk. Après la fin de la diffusion, la réaction des fans du scientifique traqué et de son redoutable alter ego a poussé les responsables de NBC à créer trois nouveaux téléfilms, diffusés à la fin des années 80. Le projet d’un quatrième dut être abandonné : Bill Bixby succomba à un cancer en 1993.

Au cours de son existence chez Marvel Comics, Hulk a connu plusieurs changements – il était à l’origine gris et c’était un être nocturne – mais il est toujours resté lié à son alter ego, le scientifique Bruce Banner. C’est cette relation difficile qui semble à l’origine de l’attachement des fans à Banner/Hulk – et c’est exactement cette dynamique du yin et du yang qui en faisait un personnage idéal pour passer au grand écran.

Héros monstrueux et inversement

Stan Lee, producteur exécutif du film et cocréateur de Hulk, se souvient : " Quand j’étais jeune, j’ai adoré le film Frankenstein avec Boris Karloff, et j’aimais aussi beaucoup Docteur Jekyll Et M. Hyde. Un jour, j’ai imaginé de combiner les deux pour créer un personnage qui puisse passer de l’état d’être humain à celui de monstre. J’avais toujours pensé que le monstre de Frankenstein était au fond un être bon. Il n’avait jamais voulu nuire à personne, il était seulement poursuivi dans les collines par des idiots avec des torches… J’ai imaginé un monstre sympathique qui puisse reprendre sa forme humaine, passer de l’une à l’autre. Hulk est devenu le premier super héros à être aussi un monstre. "

James Schamus, producteur et scénariste, collaborateur de longue date de Ang Lee, commente : " Au contraire de bien des super héros, Hulk est à la fois un super héros, un monstre et un homme. Ses différentes bandes dessinées traitent aussi de sujets complexes comme les heurts entre les générations, sa recherche de ses propres origines, ses interrogations sur ce mystère... "

Ce sont également les conflits intérieurs du personnage et ses dilemmes dramatiques qui ont attiré la productrice Gale Anne Hurd.
" J’ai toujours pensé que l’histoire de Hulk avait quelque chose d’une tragédie shakespearienne, note-t-elle. Il y a chez ce personnage un vrai drame de la condition humaine. C’est un héros, mais pas vraiment comme les autres ; il est différent des autres super héros Marvel qui combattent le crime. Le conflit Jekyll/Hyde m’intriguait. C’est pour une part un récit édifiant, qui met en garde contre les démons intérieurs que nous devons affronter, mais c’est aussi une réflexion sur les implications de la technologie capable de créer une telle créature. La bande dessinée abordait les problèmes de la guerre froide. Nous l’avons réactualisée, et certaines questions sont même sans doute encore plus pertinentes à notre époque… "

Elle poursuit : " Durant les douze années qui ont été nécessaires à la préparation et au développement de ce projet, la technologie a rattrapé notre passion. Nous disposons à présent des outils technologiques nécessaires pour créer Hulk comme il aurait toujours dû l’être. Grâce aux techniques développées chez Industrial Light & Magic, nous avons pu le mettre en scène au-delà du spectaculaire. Beaucoup de procédés auraient permis de porter Hulk à l’écran avant aujourd’hui, mais aucun n’aurait été vraiment digne de la complexité et de la force du personnage. "

Avi Arad, producteur du film et président des Marvel Studios, souligne : " Chez Marvel, nous sommes très attachés à l'esprit de nos personnages. Nous avons accepté de les voir transposés au cinéma parce que nous avons trouvé des gens qui apportent vraiment quelque chose de spécial. En entendant le mot " bande dessinée ", certaines personnes ont tendance à réduire le genre à une distraction pour enfants. Cela revient à s’arrêter à la surface des choses. Au-delà des aventures, nos héros traitent de sujets qui nous concernent tous et nous interpellent. Nos films doivent être faits par de vrais cinéastes et de bons acteurs, parce qu’il faut un large registre de jeu pour leur rendre justice. "

Superproduction d’auteur

Gale Anne Hurd note : " Nous avons toujours espéré pouvoir confier la réalisation du film à Ang Lee. Nous pensions qu’il serait intéressé parce que Banner/Hulk est un personnage contradictoire. Il est l’exemple parfait d’une schizophrénie extrême : deux individus opposés cohabitent dans un même corps. Ils sont liés sur le plan génétique, mais veulent se détruire l’un l’autre. Lorsqu’on examine les films d’Ang Lee, il est évident qu’il s’intéresse profondément à l’âme, à la vie intérieure, à la dynamique de la famille, aux relations entre père et fils. Il a un grand sens de l’humour et fait toujours preuve d’une extraordinaire inventivité dans l’action – souvenez-vous de Tigre Et Dragon… Ang avait toutes les qualités pour faire de Hulk non seulement un grand spectacle, mais aussi un vrai film d’auteur. "

" Ang Lee est un réalisateur remarquablement intéressant parce qu’il ne se répète jamais, souligne Avi Arad. Il passe aisément d’un genre à l’autre ; peu de réalisateurs en sont capables. Parce que Bruce Banner et son alter ego, Hulk, sont vraiment les personnages d’un drame, il nous fallait un directeur d’acteurs. Au cœur du spectacle, il se focalise d’abord sur les personnages. "

James Schamus explique : " Ang a d’abord saisi la facette émotionnelle, positive, de Hulk. Il a compris que ce n’est pas simplement un monstre terrifiant, mais que nous avons tous en nous quelque chose de Hulk, et qu’il est grisant de se transformer parce que cela procure une vraie sensation de puissance… "
Ang Lee raconte : " Je venais de finir TIGRE ET DRAGON quand Universal m’a proposé Hulk. Ce projet m’a semblé un prolongement cohérent de ma démarche. Les premiers comics Hulk m’ont particulièrement inspiré – l’énergie et le dynamisme des dessins de Jack Kirby, la fantastique liberté des histoires de Stan Lee… Ces B.D. parlaient de grands problèmes, de grandes peurs, et leur discours était qu’il fallait trouver au cœur même de la peur la volonté et l’imagination nécessaires pour la combattre… Nous avons tous un Hulk en nous. C’est cela le plus terrifiant de tout…

" Ce film offrait aussi la possibilité de plonger dans des thèmes très différents les uns des autres, et j’ai vu comme un défi le fait de devoir tous les équilibrer et les relier de façon cohérente. J’avais affronté la même question pour Tigre Et Dragon : comment prendre un genre populaire – en l’occurrence les films d’arts martiaux – et l’approcher sans en faire un produit de plus mais en respectant les exigences du divertissement ? Sans réinventer un genre, nous devions le réaborder. Il fallait trouver le même équilibre dans HULK, ce qui en faisait un projet passionnant. Comment combiner quelque chose de visuellement excitant, d’aussi libre que l’imagination, avec la réalité du psychodrame, de la comédie, de la romance ? Tous ces éléments sont contradictoires, mais pour moi, ils représentent le dilemme de ma propre vie de cinéaste. Le plus dur, pour un cinéaste, est de trouver l’équilibre. C’est comme de marcher en permanence sur un fil… et c’est ça qui me fait vibrer."

Les personnages et les comédiens

Bruce Banner : mi-homme mi-monstre

L’histoire reposant d’abord sur le personnage double de Hulk et Bruce Banner, les producteurs et le réalisateur voulaient un acteur qui puisse non seulement expliciter le conflit intérieur du personnage, ses constantes tentatives pour réprimer ses sentiments, mais qui soit capable également de susciter la compassion. C’est l’acteur australien Eric Bana qui a obtenu le rôle, notamment grâce à sa prestation dans son premier film, Chopper, une fable atypique mettant en scène un assassin sympathique.

Les effets spéciaux

Hulk
Si le monstre vert a été entièrement créé par infographie, Eric Bana en est le point de départ. Puisque Banner est à l’origine de l’aspect physique de Hulk, on devait retrouver chez la créature certains traits et caractères de l’acteur, qui a même montré des gestes et des postures à l’équipe des effets spéciaux.