Notes de Prod. : Human Zoo

    en DVD le 10 Mars 2010

Entretien avec Thierry Arbogast (directeur de la photographie)

Quel souvenir aviez-vous gardé de Rie Rasmussen sur les tournages de Femme Fataleet Angel-A?
Il faut savoir que sur un plateau, j’ai très peu de relations avec les comédiens, je me fais discret. Sauf pour des questions de placements liées à la lumière, je les laisse à leur travail, à leur concentration et à leur échange avec le metteur en scène. Comme Rie parlait peu français à l’époque de Femme Fatale, je me rappelle plutôt de nos échanges sur le plateau d’Angel-A. Elle me posait des questions très techniques, et j’avais cru comprendre qu’elle s’intéressait de près à la réalisation. Par la suite, j’ai vu ses courts métrages que j’ai beaucoup appréciés. Je ne savais pas qu’elle était également photographe, mais cela ne m’étonne pas : c’est quelqu’un qui a du talent, et il est rare que le talent se borne à une fonction.

Vous êtes un technicien d’expérience : comment s’est passée votre collaboration avec Rie Rasmussen,dont c’était le premier long ?
Il était assez hallucinant de constater à quel point elle savait ce qu’elle voulait. Je n’ai jamais vu l’ombre d’un doute chez elle en termes de cadrage ou de découpage. C’est quelqu’un de très solide quant à la mise en scène, il n’y a chez elle aucune des hésitations propres au premier long. De mon côté, il était important de laisser s’exprimer la fraîcheur qui caractérise un premier long métrage, de m’effacer, techniquement parlant, derrière la réalisatrice.

Quelles étaient ses envies en termes de lumière et de couleurs ?
Elle avait des envies très précises quant à la lumière sur le tournage, mais aussi en termes d’étalonnage. Du côté du « look » de Human Zoo, elle souhaitait un côté rétro propre aux films des années 70 : ceux de Sam Peckinhpah ou de Clint Eastwood par exemple. C’est un cinéma que je connais très bien, nous avons donc fait des essais pour obtenir cette « couleur » d’image. Nous avons eu la chance de bénéficier d’une nouvelle pellicule 500 ASA, formidable, que nous avons poussée d’un diaph pour obtenir un peu de grain et capter la lumière naturelle, y compris quand elle était basse. Il y avait aussi le parti pris d’une image très chaude pour Marseille, et plutôt déssaturée et froide pour la Serbie.

Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?
Un excellent souvenir. J’adore la Serbie, où j’avais déjà tourné Chat Noir Chat Blanc. J’ai d’ailleurs retrouvé une partie de l’équipe de l’époque – 100% serbe – pour Human Zoo. J’ai aussi beaucoup aimé travailler sur un vrai film d’auteur à petit budget, avec tout ce que cela comporte d’originalité et de créativité.

Entretien avec Nikola Djuricko (interprète du rôle de Sdrjan)

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le personnage de Sdrjan?
C’est un type assez étrange, qui ne suit aucune règle et qui vit très exactement comme il l’entend. C’est cette liberté extrême qui m’a paru intéressante à jouer, car Sdrjan n’est pas esclave des attentes des autres. Il agit à sa guise, sans penser aux conséquences, et selon ses propres envies.

Entretien avec Nick Corey (interprète du rôle de Shawn)

Nous vous découvrons dans ce film. Comment en êtes-vous arrivé à tourner dans le premier long-métrage de Rie Rasmussen?
J’ai rencontré Rie en Californie à l’époque où nous souhaitions tous les deux réaliser des films. Tous ceux qui la connaissaient savaient à quel point elle avait du talent. Si, par exemple, on avait besoin d’un coup de main sur un script que l’on était en train d’écrire, elle débarquait, interprétait tous les rôles jusqu’à trouver la bonne scène. Si l’on ne me connaît pas encore, c’est aussi à elle que je le dois. A chaque fois que j’ai eu l’occasion de jouer dans un film, j’ai bêtement consulté Rie, qui m’a à chaque fois encouragé à laisser tomber sous prétexte que le rôle n’était pas assez bien pour moi. Elle a fini par m’avouer qu’elle ne voulait laisser personne travailler avec moi tant qu’elle n’aurait pas eu l’opportunité de le faire elle-même !

Entretien avec Rie Rasmussen

Human Zoo est marqué par un très fort contexte politique et social. Considérez-vous le cinéma comme le meilleur moyen de commenter le monde dans lequel nous vivons ?
Le plus important pour moi est de raconter une bonne histoire. Il se trouve que celle-ci s’ancre dans un contexte politique fort car elle s’inspire d’événements réels. C’est au Kosovo que cette histoire s’est imposée à moi. Mais j’aime autant Mr Smith au Sénat que Le Faucon Maltais. Mon rêve est d’ailleurs de parvenir à une telle perfection,d’être capable de varier les genres. A l’image de Billy Wilder,qui a réalisé le meilleur du film noir avec Assurance sur la mort avant d’enchaîner avec le très politique Stalag 17,puis la pure comédie qu’est Certains l’aiment chaud. Tous ces films ont en commun une narration brillante.

Notes d’intention

J’avais passé des mois à écrire un film noir contemporain qui devait être mon premier long-métrage. J’étais sur le point de livrer la première version du scénario quand j’ai réalisé que ce n’était pas l’histoire que je souhaitais raconter en premier. Par une belle et chaude journée d’août à New York et dix jours avant l’échéance de livraison du scénario, je décidais d’écrire une autre histoire pour combattre à ma façon la frustration que ressentait ma famille qui se battait pour obtenir la naturalisation de ma sœur Linh, immigrée vietnamienne. Le gouvernement danois voulait renvoyer Linh au Vietnam, ne se souciant aucunement du fait qu’elle y aurait difficilement survécu, puisque Linh n’avait plus aucune famille au Vietnam et qu’elle était née là-bas mais ne parlait pas la langue. Elle avait dû quitter le pays dans des circonstances effroyables pour se rendre en Russie où sa mère et elle vécurent pendant dix ans, dans des conditions bien plus abominables, pour ensuite venir au Danemark à l’âge de 15 ans mais sans sa mère, ce qui est encore une autre histoire que je ne raconterai pas ici.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 83 entrées
  • 1er jour IDF : 296 entrées
  • 1ère semaine IDF : 2 092 entrées
  • Cumul IDF : 2 092 entrées

  • 1ère semaine France : 2 556 entrées
  • Cumul France : 2 556 entrées