À l’image des Tributs qu’ils interprètent, les jeunes acteurs du film ont dû se plonger dans le plus intense entraînement de leur vie pour se préparer à l’action très physique des Hunger Games. Ils ont acquis et renforcé leurs capacités durant un programme d’entraînement complet mais épuisant de 8 semaines juste avant que le tournage ne débute. Par-dessus tout, ils se sont plongés dans les situations psychologiques auxquelles leurs personnages sont confrontés, dans lesquelles chacun doit utiliser tout ce qu’il a – corps et esprit – pour espérer gagner.
Gary Ross commente : « Il a fallu transformer nos acteurs, dont la plupart n’avait jamais joué de scènes d’action, en cascadeurs capables de tirer à l’arc, manier la lance et grimper aux arbres. L’entraînement a été un élément majeur pour rendre tout cela réaliste. Au final, nous n’avons que rarement eu recours à des doublures. »
Les coordinateurs des cascades
Chad Stahelski et
Allan Poppleton ont commencé par enseigner la chorégraphie des combats aux acteurs, avec un petit truc en plus.
Chad Stahelski explique : « Gary ne voulait pas que l’action paraisse chorégraphiée, nous avons donc essayé de donner une impression plus spontanée, plus sauvage. Nous avons étudié chaque personnage et discuté de leurs capacités, de leurs niveaux d’énergie, de leur façon de bouger et en travaillant avec tous ces éléments, nous avons réglé les séquences d’action. »
Entretemps, l’entraîneur des cascadeurs Logan Hood a mis sur pied un programme de sport axé sur le fitness fonctionnel – utilisant tout depuis les haltères jusqu’aux pompes et aux tractions, en passant par grimper à la corde et le saut – chaque acteur ayant un programme d’entraînement sur mesure spécifique à son personnage. Cet entraînement comprenait également des éléments de free running, le sport urbain dernier cri, composé de mouvements libres et créatifs pour franchir toutes sortes d’obstacles.
Logan Hood explique : « L’entraînement devait être directement lié à la personnalité et au profil de leurs personnages. Nous n’étions pas tant intéressés par le fait de leur donner des corps de sportifs, mais plutôt par le fait de concevoir des prestations fluides et crédibles pour chacun des Tributs. »
Bien que
Jennifer Lawrence soit naturellement athlétique, elle dit avoir travaillé dur pour mettre en valeur la grâce de Katniss au combat. Elle explique : « Comme je cours durant la moitié du film, j’ai énormément travaillé avec un entraîneur de course à pied. Toute la journée, je dévalais des montagnes et courais à travers la campagne et les broussailles, encore et encore. J’ai aussi beaucoup travaillé sur l’escalade, à la fois sur des murs spéciaux et sur de vrais arbres, mais aussi sur les cascades dans lesquelles je dois sauter et encore plus sur le tir à l’arc. L’entraînement a été très dur, mais aussi très amusant. »
Jennifer Lawrence confie : « J’ai eu un peu de mal à maîtriser la concentration nécessaire au tir à l’arc, mais cela s’est révélé très gratifiant lorsque j’y suis arrivée. »
Elle a appris à manier un arc traditionnel pour la chasse ainsi que l’arc recourbé, une variante des arcs des Jeux Olympiques actuels utilisée pour les Hunger Games. Elle déclare : « Le tir à l’arc est vraiment un sport mental, cela demande une concentration totale. Si on fait ne serait-ce qu’une chose de travers, on se fait fouetter par une corde à environ 160 kilomètres/heure et c’est douloureux ! Entre cette discipline et moi, c’est vraiment « Je t’aime, moi non plus ». Mais finalement, l’arc est devenu mon allié. »
Une partie du travail de cascade de
Jennifer Lawrence dans les bois a consisté à affronter un mur de feu créé par le contremaître des effets spéciaux, Brandon McLaughlin, et le coordinateur des effets spéciaux, Steve Cremin, qui ont fabriqué des arbres en acier capables de supporter un incendie de forêt, plus tard intensifié par
Sheena Duggal, superviseur des effets visuels. Brandon McLaughlin déclare : « L’idée de Gary était de faire en sorte que tout soit le plus réaliste possible. Du coup, au lieu d’une boule de feu de trois mètres qui défie toute réalité, il voulait une boule de feu d’un peu moins de deux mètres qui se déplace vers Katniss de manière à ce qu’on puisse vraiment la sentir. »
Lorsque le tournage a débuté,
Jennifer Lawrence était prête à affronter n’importe quelle épreuve à laquelle Katniss serait confrontée.
Robin Bissell se souvient : « Jennifer était prête pour toutes les situations, elle a eu une très bonne attitude durant l’entraînement. Elle allait tous les jours à l’UCLA pour s’entraîner puis se rendait dans la Valley pour son entraînement pour les cascades, puis elle allait faire de l’escalade et enfin elle se rendait à Santa Monica pour prendre des leçons avec un archer olympique. Elle a travaillé très, très dur et lorsque nous avons commencé le tournage, elle avait acquis le sens et une maîtrise extraordinaire de toutes les capacités de Katniss. »
Bien qu’il pratique le sport depuis son plus jeune âge,
Josh Hutcherson a dû prendre près de sept kilos de muscles pour le rôle de Peeta. Il explique : « Il a fallu que je mange beaucoup et que je fasse de grosses séances de musculation cinq fois par semaine, avec beaucoup de lever de poids. L’entraînement était rigoureux mais ça a fonctionné. Et j’ai adoré courir, sauter, et les courses-poursuites. »
Logan Hood ajoute : « Josh a dû manger en quantité et suivre un programme intensif où il a soulevé et poussé des poids très lourds. Nous avons eu peu de temps, mais il s’est tout de suite investi. »
La musculation était une chose, mais acquérir la compétitivité nécessaire aux Jeux en était encore une autre.
Josh Hutcherson raconte : « Sur le tournage, il a fallu qu’on apprenne à faire la part des choses entre les moments où nous passions du temps entre nous et où nous devions être agressifs les uns envers les autres. C’était un changement assez drastique tous les jours, mais nous étions tous très volontaires et capables de jouer cela physiquement. »
La tâche d’
Alexander Ludwig, qui incarne le féroce Cato, n’a pas été particulièrement facile. Il l’admet : « L’entraînement pour les combats a été extrêmement intense. Je me suis entraîné, encore et encore, parce que je voulais vraiment être aussi doué que Cato. Ça a été une expérience géniale parce que j’ai appris plein de trucs cool comme plonger par-dessus des objets, faire des flips et plein d’autres choses. Je voulais que tout soit dans le film, parce que je n’avais pas envie que ce que nous avions appris soit gâché. »
Dayo Okeniyi a aussi subi un entraînement poussé pour jouer Thresh. « Je devais prendre environ neuf kilos, du coup j’ai suivi un régime protéiné rigoureux, j’ai fait des exercices de bodybuilding, je me suis entraîné à manier des épées, j’ai fait de la boxe et me suis entraîné au combat à mains nues durant deux mois. Mais j’adore ça, alors ça été super. »
Tous les acteurs ont été impressionnés par le résultat de leur investissement.
Jacqueline Emerson, qui joue la Renarde, se souvient : « Nous faisions plein de trucs amusants comme des sauts périlleux, de la planche d’équilibre, du saut en hauteur et des courses d’obstacles. Mais d’un seul coup, on réalise qu’on est plus fort et plus endurant. »
Comme les Tributs, les acteurs ont également dû faire face aux difficultés d’un tournage au fin fond de la forêt, depuis des conditions climatiques extrêmes à la présence d’ours sauvages – ce qui n’était pas totalement une surprise, étant donné qu’ils tournaient dans une région de la Caroline du Nord connue pour avoir la plus importante densité d’ours noirs des États-Unis.
Jon Kilik raconte : « Parfois, on avait l’impression qu’on participait tous aux Jeux. On était réellement confrontés à des serpents, à des ours et à la foudre, et c’est quelque chose qui se ressent à l’écran. »
Jack Quaid raconte : « Cela a parfois été violent. Il y a eu des pluies torrentielles, des inondations, une canicule, et puis un ours s’est aventuré sur le plateau de tournage. Mais ça a été une aventure humaine extraordinaire. C’était le premier ou le deuxième film de la plupart d’entre nous, et on se retrouvait là, jetés dans cet univers fou... Évidemment, nous avions tous de super histoires à raconter sur ce que nous avions fait pendant les grandes vacances ! »
Au bout du compte,
Gary Ross souhaitait que le public ressente pleinement le mélange grisant de joie intense, d’adrénaline, de peur mortelle et de dilemmes moraux tandis que les personnages luttent pour survivre. Il savait qu’il ne pourrait y avoir aucune retenue, ni dans la pureté et l’intensité des émotions, ni dans l’implacabilité des décisions à prendre.
Nina Jacobson résume : « La beauté du livre de
Suzanne Collins, c’est de toujours être honorable et de ne jamais exploiter les situations ou céder à la facilité. Elle a réussi cela très adroitement, et Gary a tout fait pour rester fidèle à cette part de l’héritage de « Hunger Games ».
Pour
Suzanne Collins, cet héritage a surtout pour but de pousser les jeunes générations à réfléchir sur la direction que prend le monde. À propos de l’impact qu’elle espère pour le film, elle a déclaré au New York Times : « Il est essentiel que les jeunes réfléchissent aux scénarios du futur de l’humanité, car ce sera à eux d’affronter ces défis. J’espère qu’ils vont s’interroger sur les similitudes entre certains éléments des livres et leur propre vie, qu’ils réfléchiront aux conséquences du réchauffement climatique, de notre dédain pour l’environnement. Mais aussi qu’ils répondront à des questions telles que : Que ressentez-vous en sachant que certaines personnes tiennent leur prochain repas pour acquis alors que tant d’autres meurent de faim dans le monde ? Que pensez-vous des choix de votre gouvernement, passé ou présent, ou d’autres gouvernements dans le monde ? Quelle relation entretenez-vous avec la téléréalité, et avec les informations ? Y a-t-il des aspects du livre qui vous ont dérangé parce qu’ils reflètent votre propre vie ? Et si oui, comment pouvez-vous agir ? Parce que vous savez quoi ? Même si elles ne sont pas de votre ressort, ces questions et leur résolution seront de votre responsabilité. »