Notes de Prod. : I'm Not There

    en DVD le 19 Juin 2008

A propos de Bob Dylan

L’influence de Bob Dylan sur la musique populaire est immense. En tant que compositeur, il a ouvert la voie à une multitude de courants et à quantité d’auteurs/compositeurs dans le monde. En tant que chanteur, il a fait voler en éclats les règles selon lesquelles un chanteur devait avoir ce qu’on appelle une belle voix pour prétendre au succès et a ainsi redéfini la place du chanteur dans la musique populaire américaine. En tant que musicien, il a fait naître différents styles de musique, y compris le folk rock, la country rock et le gospel rock.
Et on est encore loin du compte. L’impact de Dylan était clair lorsqu’il a explosé dans les années 60 – le virage opéré par les Beatles, au milieu des années 60, vers un registre introspectif n’aurait jamais eu lieu sans lui – mais son influence s’est étendue aux générations suivantes. La plupart de ses chansons sont devenues des références mondiales, et ses meilleurs albums sont entrés au panthéon des classiques rock.

Avant de devenir un personnage d’une telle ampleur, Dylan est né Robert Zimmerman à Hibbing, petite ville minière du Minnesota, d’une famille modeste, dont le père tenait une quincaillerie. Dans son adolescence, il est fan de Little Richard et d’Elvis Presley, et il joue dans des groupes amateur de rock (« The Golden Chords ») En 1959, il s’inscrit à l’Université du Minnesota pour y suivre des cours d’art et découvre la chanson folk.

Il débarque en 1960 à New York et il se rend directement dans le quartier beatnik de Greenwich Village, où il se fait appeler Bob Dylan, en hommage au poète gallois Dylan Thomas et se réinvente en partie un passé. Il prend aussi modèle sur Woody Guthrie, l’icône du folk américain des années 40, et sympathise avec l’homme, au chevet duquel il se rendra à l’hôpital. Dylan commence à se produire dans les clubs folks, et son charisme rugueux finit par faire mouche. En avril 1961, il chante en première partie de John Lee Hooker, encore méconnu, au Gerde’s Folk City, un célèbre club du Village. Cinq mois plus tard, il donne un nouveau concert au même endroit et reçoit une élogieuse critique dans le « New York Times », qui lui permet peu après de signer un contrat avec Columbia Records.

Au fil de l’année 1962, Dylan commence à écrire une longue série de chansons originales, la plupart protestataires dans la veine de celles de ses contemporains de Greenwich Village. Son album « The Freewheelin’Bob Dylan », entièrement composé de chansons originales, surprend dans la communauté folk et de nombreux chanteurs se mettent à en reprendre des titres.

L’une de ces plus célèbres reprises est celle de « Blowin’in the Wind », par Peter, Paul et Mary, qui devient l’un des succès de l’été 1963, faisant ainsi de Dylan une valeur sûre et reconnue. Grâce à cette reprise, « The Freewhelin’Bob Dylan » est classé à la 23e place du top album dès l’automne 1963. C’est à cette période que Bob Dylan et Joan Baez, star de la folk music tombent amoureux : elle le fait monter sur scène en première partie de ses concerts pour lui permettre de se faire connaître d’un vaste public, et se met à enregistrer ses chansons. Dylan écrit à une vitesse sidérante et se produit en concert des dizaines de fois par an. La même année, il est la vedette incontestée du Festival folk de Newport.

« Another Side of Bob Dylan » sort en 1964 et l’album déconcerte ses fans. Délaissant les sujets de société, il privilégie des chansons intimes où il évoque notamment son amertume envers les femmes. Ca n’est que le premier d’une suite de revirements de ton et de style, perçus par ses fans comme une trahison : on le verra successivement abandonner le militantisme pour l’intime, le rock pour la country, puis le Judaïsme pour le Christianisme « Born Again ». En 1965, il provoque un scandale au Festival folk de Newport, en montant sur scène avec des musiciens de blues électrique. L’année suivante, lors d’une célèbre tournée européenne (il se produit entre autres à Paris, sur la scène de l’Olympia), avec le
groupe qui deviendra « The Band », il se fait traiter sur scène de Judas, lors de son passage en Angleterre.

La période rock du milieu des années 60 est volontiers exubérante, frénétique et
hallucinée : « Bringing It All Back Home » et « Highway 61 Revisited » (1965) gardent des accents acoustiques mais il est évident que Dylan tourne le dos à la folk music. Le public reste pourtant au rendez-vous. Ses paroles sont un torrent d’images sauvages et poétiques, chantées avec un phrasé et un timbre qui n’appartiennent qu’à lui. « Like A Rolling Stone », sa chanson la plus connue des sixties, est une ode flamboyante à la liberté, longue de six minutes. Après avoir été, à son corps défendant, le porte-parole de toute une génération, Dylan devient, avec « Like ARolling Stone », la star incontestée de la rock music. Elle est citée chanson numéro un de tous les temps par le magazine Rolling Stone en novembre 2004. En 1966, l’album « Blonde on Blonde » clôt en beauté sa « trilogie électrique » : ce premier double album de l’histoire du rock est considéré par beaucoup comme son chef-d’œuvre.

Peu après, Dylan est victime d’une fracture du cou suite à un accident de moto, ce qui marque un tournant décisif dans sa carrière. Il commence à vivre en reclus, calfeutré dans sa maison de Woodstock, où il élève ses enfants avec son épouse Sara. Il enregistre dans le sous-sol d’une maison, avec son groupe « The Band », une série de chansons surréalistes, drôles ou émouvantes. Elles seront connues plus tard comme les « Basement Tapes » et ne verront officiellement le jour que dix ans plus tard. Ce n’est qu’aujourd’hui en 2007 que la chanson la plus mythique de cette session « I’m not there » est dévoilée au public .

L’année suivante, Dylan enregistre « John Wesley Harding », son premier album après l’accident. Dylan y abandonne le rock pour un son plus personnel et apaisé. L’une des chansons, « All Along the Watchtower », sera reprise triomphalement, peu après, par Jimi Hendrix. La bande originale du film Pat Garret et Billy le Kid de Sam Peckinpah, qu’il compose en 1973, lui vaut d’avoir pour la première fois de sa vie un titre classé en tête du hit parade américain, avec « Knockin’On Heaven’s Door ».

L’album « Blood on the Tracks », qui exprime sa forte détresse sentimentale au moment de son divorce avec son épouse Sara, remporte en 1975 un immense succès, suivi l’année suivante par « Desire ». En 1979, Dylan opère un nouveau revirement dans sa vie et sa carrière, en se convertissant au courant « Born Again ». Il en résulte une série d’albums de gospel rock, dont l’Histoire retient surtout « Slow Train Coming ». En 1983, il revient au Judaïsme et « Biograph », un coffret de cinq disques, résume en 1988 la carrière du chanteur depuis les années 60.

Durant les années 80, Bob Dylan enchaîne un nombre hallucinant de concerts (dès 1988, il se lance dans le « Never Ending Tour », toujours d’actualité), avant de susciter un regain d’intérêt dans les années 90. La profession semble le redécouvrir et le couvre de récompenses : un Grammy Award en 1991 pour l’ensemble de son œuvre, trois Grammy Award (dont celui de l’album de l’année) pour son album « Time Out of Mind » sorti en 1997, enfin le Golden Globe et l’Oscar de la meilleure chanson originale, « Things Have Changed », en 2001, composée pour le film Wonder Boys, de Curtis Hanson.

Notes de Tournage...

Le 20 Août 2007 - B.O. de luxe pour I’M Not There

Le biopic sur le légendaire Bob Dylan dispose d’un casting royal pour sa bande originale, constituée par des reprises du chanteur américain.

Ce long-métrage biographique, dont la direction est assurée par Todd Haynes (Loin Du Paradis), met en scène six personnages interprétant Dylan à différents moments de sa vie. Ce projet est le seul à avoir bénéficié de l’accord du mythique musicien, qui a également abandonné ses royalties pour boucler le budget du film.

Entretien avec Todd Haynes

Est-ce que vous êtes de l’avis des fans de Bob Dylan qui le considèrent comme un trésor vivant de la culture américaine ? Croyez-vous que le film va susciter chez les jeunes un regain d’intérêt pour sa carrière ?

Todd Haynes : Les réussites artistiques de Dylan n’ont franchement pas besoin de mon soutien. Il y aura toujours ceux qui pensent qu’il est le plus grand compositeur de tous les temps et ceux qui s’en fichent totalement. Par contre, qu’on l’aime ou pas, on ne peut pas nier l’influence majeure de Dylan sur la musique populaire et sur l’évolution culturelle d’après-guerre. Il est le seul, avec les Beatles, à avoir façonné les années 60, du moins dans l’esprit des jeunes de l’époque. Pour ceux d’aujourd’hui, qui l’associent davantage à la génération de leurs parents, j’espère vraiment que ce film va dépoussiérer cette période et leur donner envie de revisiter la musique de Dylan.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 24 421 entrées
  • Cumul IDF : 50 484 entrées

  • 1ère semaine France : 48 837 entrées
  • Cumul France : 126 158 entrées