Serge Itkine, le paysan par philosophie
Le travail de la terre depuis le début du XIXème siècle a été vu comme un travail de paria et ça a fait beaucoup de mal à l’agriculture elle-même, parce que les gens qui faisaient ça, ils ont voulu se valoriser en employant beaucoup de machines. Ils auraient eu honte de continuer à travailler comment ils travaillaient avant quoi, avec les mains ou avec les bêtes.
Sur la vie des animaux et des végétaux, tout doit être vu en petit. C’est pas possible de le voir en grand.
Il faut que tout rentre dans des proportions raisonnables par rapport à ton environnement et par rapport à ce qu’on fait Il faut garder une taille humaine et c’est à chacun de voir la grandeur du troupeau qu’il peut avoir et des hectares et tout ça, sans abimer tout le monde.
Le regard qu’on a sur les enfants c’est un peu sur le nôtre aussi, sur nous-même quoi. On a l’impression que c’est un monde, c’est rond, c’est rond et ça tourne. On a surtout l’impression que la vie continue. C’est ça qui est important parce que même quand on n’est plus là, la vie continue, elle s’arrête pas. Ca donne un sentiment quelque part qu’on a réussi, parce qu’on est arrivé à transmettre quelque chose.
En fait, on fait les choses comme ça. Ca vient tout seul par des choix successifs, si on veut. On peut théoriser toujours après, mais ça parait presque inéluctable qu’on va vers ce chemin là quand on l’a, quand on l’a en soi quoi. On dit pas “je vais choisir cette vie là” comme ça, du jour au lendemain. C’est un chemin qui se fait tout seul, on le suit et voilà.