Notes de Prod. : Idlewild - Gangsters Club

    en DVD le 04 Septembre 2007

Notes de production

Que reste-t-il à faire, pour deux artistes qui ont accumulé les succès, remporté quantité de prix, donné des concerts à travers le monde, conquis des millions de fans et gravé six albums Platine mariant avec brio R & B, pop, hip-hop et musique de rue ? S’attaquer au cinéma. André Benjamin et Antwan A. Patton, plus connus sous le nom d’OutKast, n’ont pas cherché à se faire plaisir ou à être le dernier groupe en vogue à s’essayer au septième art. Loin d’être un projet de circonstance ou le reflet d’une quelconque vanité artistique, Idlewild - Gangsters Club est l’aboutissement d’un travail de longue haleine avec le réalisateur / scénariste Bryan Barber et l’expression de l’intérêt d’OutKast pour la culture afro-américaine du Sud profond. Le résultat : une comédie musicale originale, émaillée de numéros musicaux dynamiques et élaborés – un mélange roboratif de drame, d’action dans le contexte mouvementé de la Prohibition, un cocktail de musique et de danse sur des rythmes blues, swing et hip-hop. Bienvenue au Club !

Le Film


Bryan Barber, qui signe ici son premier long-métrage, fit la connaissance de Benjamin et Patton en 1993, durant ses études de cinéma à l’Université d’Atlanta. Réalisateur du tout premier clip d’OutKast : «Skew it on the Bar-B», il a contribué à leurs vidéos les plus cotées, dont «Hey Ya !», «Roses» et «The Way You Move», tout en collaborant avec des talents majeurs : Destiny’s Child, Nelly Furtado, Kelly Clarkson, Missy Elliott et, tout récemment, Christina Aguilera, sur «Ain’t No Other Man». Les trois amis souhaitaient depuis longtemps faire un film d’époque situé dans les années trente et doté d’une distribution «all-black». L’intrigue aurait une solide fondation musicale, une résonance semi-autobiographique et autoriserait quantité d’anachronismes plaisants. Elle évoquerait la moiteur et la sensualité hédoniste du Sud à l’époque de la Prohibition et baignerait dans ces sonorités ragtime syncopées d’où procède pour une bonne part le hip-hop.

Prenant pour base deux chansons du double album d’OutKast «Speakerboxxx / The Love Below», Barber élabora un traitement qu’il présenta à Erika Conner du Mosaic Group de Charles Roven ( L'Armee Des 12 Singes, Les Rois Du Desert, Scooby-doo, Batman Begins ). Le triomphe de "Speakerboxxx" renforça la crédibilité du projet et permit à l’équipe de réaliser pleinement ses ambitions. Universal en obtint les droits de distribution mondiale en septembre 2005, et il fut décidé de sortir le film en parallèle avec sa B. O., qui marque pour le duo l’aboutissement de trois années de travail.

Le Casting


Fan de comédies musicales, Barber apprécie particulièrement les films des années trente et quarante et certaines productions «all-black» de haut niveau, comme Cabin In The Sky (Un petit coin aux cieux) de Vincente Minnelli. Il voulait renouer avec leur inspiration romantique, et établit son casting en conséquence. Les deux premiers acteurs engagés furent évidemment Benjamin et Patton, dans les rôles de Percival le "bon fils" vertueux, et Rooster, le turlupin cavaleur. Benjamin ayant déjà tourné de petits rôles dans plusieurs films, dont Be Cool, avec John Travolta, les producteurs pouvaient tabler sur son expérience. Patton, dont ce serait le premier rôle, verrait son travail facilité par un rôle écrit sur mesure ainsi que par les précieux conseils de son coach et partenaire, le légendaire comédien et homme de spectacle Ben Vereen.

Pour l’aider à se mettre dans l’ambiance, ce dernier lui recommanda de visionner L'Ennemi Public, Casablanca et la comédie musicale Stormy Weather, véritable Who’s Who de talents noirs : Lena Horne, Fats Waller, Cab Calloway, Bill Robinson. Paula Patton (épouse du chanteur soul Robin Thicke) s’inspira quant à elle de Lena Horne et Dorothy Dandridge pour créer le personnage de la voluptueuse chanteuse de cabaret Angel. Terrence Howard (cité récemment à l’Oscar pour Hustle And Flow) interprète le chef de gang Trumpy, qui tente de mettre sous sa coupe Rooster et Percival. Malinda Williams interprète Zora, l’épouse de Rooster, qui peine à le ramener dans le droit chemin. L’irrépressible Faizon Love incarne le trafiquant d’alcool «Sunshine» Ace. La distribution s’enorgueillit aussi de la présence de cinq grandes stars : Cicely Tyson, les chanteuses Macy Gray et Patti Labelle, Ben Vereen et Ving Rhames, dans le rôle de Spats.

Le « SWOP »


Bryan Barber avait besoin d’un chorégraphe de haut niveau pour régler les danses d’Idlewild. Son choix se porta sur l’un des plus grands noms de Broadway : Hinton Battle, lauréat du Tony pour ses prestations dans «Sophisticated Ladies», «The Tap Dance Kid» et «Miss Saigon». «Dans les années trente, les gens avaient un comportement et des attitudes très dignes», indique Barber. «J’ai eu envie d’inscrire le hip-hop dans cette atmosphère si particulière et de faire danser le jitter-bug et le lindy-hop d’antan sur des rythmes rap. Si vous écoutez Cab Calloway ou Duke Ellington, vous constaterez que nous en sommes aujourd’hui encore très proches. «J’ai rencontré Hinton à New York et lui ai présenté cette idée. Son expérience dans le domaine du hip-hop comme dans celui du swing m’a convaincu qu’il pouvait marier ces styles. Cet homme est un génie ! « Barber et Battle recrutèrent aux quatre coins des États-Unis des danseurs pratiquant aussi bien le swing que la danse classique, la break dance, le free style et le hip-hop, l’acrobatie et la gymnastique.

Battle n’aurait pas plus de six semaines pour leur apprendre le «swop», son hybride très personnel de swing et de hip-hop. Les répétitions commencèrent en septembre 2004, six semaines avant le début des prises de vues. «Je les ai fait bosser six jours par semaine, huit heures par jour, afin qu’ils assimilent totalement les mouvements «swop» et puissent les exécuter les yeux fermés», indique Battle. «Le premier jour, ils seront restés bouche bée en découvrant l’ampleur du travail qui les attendait.» Battle a créé sept séquences de danse autonomes, basées sur des musiques adaptées par OutKast et dont chacune mélange de façon originale danse moderne, jazz et claquettes. Ces semaines de pratique intensive ne furent pas de trop pour familiariser la troupe à des numéros d’une grande complexité technique, filmés à plusieurs caméras, à la grue et à la Steadicam. La troupe dénombre 23 danseurs et 6 danseuses qui durent donner le meilleur d’eux-mêmes dans l’ambiance chaude et humide de la Caroline du Nord, peu propice à ce genre d’exercice. Même les plus coriaces eurent du mal à assurer... ce qui ne les dissuada pas d’aller «récupérer» en boite le soir et d’y affronter les talents locaux dans des joutes serrées !

Les Costumes


Barber engagea Shawn Barton (Un Homme à Part) pour créer la ligne «rétro-moderne» appropriée au film. «L’essentiel de la garde-robe des principaux personnages est influencé par les années trente», explique le réalisateur. Fort de son expérience, Barber demanda à ce que les tenues reflètent – en partie - l’esprit du temps, tout en en dégageant un feeling contemporain. Il exigea en outre qu’elles soient aussi confortables que possible et adaptées à tous les exploits physiques demandés aux danseurs. Shawn Barton reçut du réalisateur une bible listant toutes ses demandes en matière de décors et de costumes : «À partir de là, il m'a laissé carte blanche, ce qui était proprement génial !». L’équipe de Barton se documenta sur les modes de 1935 avant d’y ajouter une «touche seventies».

C’est ainsi qu’Angel, la muse de Percival, arbore des créations originales de Bob Mackie et même un ancien costume de Cher. Très conscient de ses tenues et habitué à s’habiller «comme une rock star», Benjamin n’eut aucun mal à se mettre dans la peau de l’élégant Percival. «J’ai étudié Sammy Davis Jr. dans ses films situés dans les années trente, et j’ai beaucoup observé Cary Grant. J’adore cette époque où les gens s’habillaient avec une grande élégance six jours sur sept et attendaient le dimanche pour se lâcher un peu.» L’exubérant Rooster arbore quant à lui des cravates de couleurs vives, des chapeaux à larges bords, des vestes à carreaux ornées de pochettes. Une bonne partie de ces tenues porte la griffe prestigieuse d’Armani. Ralph Lauren et plusieurs autres créateurs de renom international ont contribué à la vaste garde-robe du duo.
 

Box-office au 09 Février 2010

  • 1ère semaine IDF : 1 490 entrées
  • Cumul IDF : 1 490 entrées

  • 1ère semaine France : 1 814 entrées
  • Cumul France : 1 814 entrées