Notes de Prod. : Il était une fois dans l'Oued

    en DVD le 19 Avril 2006

ENTRETIEN AVEC SID AHMED AGOUMI, DAVID SARACINO ET MEDY KEROUANI

David Saracino : Le soir de la projection du film, j'ai eu du mal à m'endormir. J'avais des images plein la tête, j'avais ton rire dans la tête…
Sid Ahmed Agoumi : Tu avais mon rire dans la tête ?! (rires) Et toi tu t'es vu ?
Medy Kerouani : Oui.
Sid Ahmed Agoumi : T'étais mignon, hein ? Salopard… (rires)
Medy Kerouani : Et toi tu t'es aimé ?
Sid Ahmed Agoumi : Moi je ne m'aime jamais. Sur cinquante films que j'ai fait, il n'y en a pas vingt que j'ai vus…
David Saracino : J'ai remarqué que sur le plateau tu ne regardais même pas le combo.
Sid Ahmed Agoumi : Non, je fais confiance au regard du réalisateur, de mes partenaires et aussi des techniciens, qui sont les premiers spectateurs.

Vous vous êtes donc appuyé sur vos « fils » pour voir si vous étiez dans le coup durant le
tournage ?

Sid Ahmed Agoumi : Oh oui ! Les enfants, surtout, sont terribles. Je crois que ce sont les partenaires les plus difficiles. Parce qu'ils ont une spontanéité, une fraîcheur qui déstabilisent... Et vous obligent à vous remettre en question.

Vous formez à l'écran une famille très convaincante. Le réalisateur vous a-t-il fait travailler
en amont pour cela ?

David Saracino : Je pense que Djamel (Bensalah) est assez fin pour sentir au casting si cela va coller ou pas. Ils ne nous a pas demandé d'aller voir des matches de foot ensemble ou quoi que ce soit. Moi, je n'avais pas envie de rencontrer Agoumi, parce qu'il devait y avoir cette petite tension entre nous. Donc on a entretenu cette distance. En revanche avec le petit Medy, on a fait quelques lectures de scénario, un peu de fête foraine… Djamel m'a demandé de m'occuper de lui au niveau du travail, mais il savait en me distribuant que j'allais en faire un peu plus, parce que je suis un garçon sérieux ! (rires).
Sid Ahmed Agoumi : Il y a aussi une certaine similitude physique qui nous rend crédibles en tant que famille. C'est du cinéma, ne l'oublions pas. Moi, je ne « fais » pas Maghrébin typique, David ne l'est pas du tout…
David Saracino : Les liens sont venus naturellement du fait d'être là-bas, dans cet énorme hôtel soviétique - alors qu'on était en Algérie, moi je me croyais en Russie ! (rires). Cette espèce d'énorme radiateur tout en haut de la colline, avec des volumes pas possible, peu de distraction, des semaines de six jours, un tournage en lumière naturelle qu'il fallait rentabiliser donc on se levait à cinq heures du matin… Du coup quand on se retrouvait le soir on lâchait un peu de pression, on buvait deux-trois coups, on parlait , on rigolait. Rapidement le feeling est venu.
Sid Ahmed Agoumi : En fait on était une vraie famille, c'est vrai.

Entretien avec le réalisateur

Est-il vrai qu'à l'origine du projet, il y a une chanson ?
En 99 le groupe 113 a sorti « Tonton du bled », un single qui a été un très gros succès. Ce morceau racontait avec humour l'histoire d'un jeune qui doit retourner en Algérie pour les vacances. Mais il n'a pas envie de quitter sa cité, d'aller dans un pays où tout est bancal, où il sait qu'il va se faire gratter ses fringues par des cousins, ne rien comprendre à l'argot local, etc. Il y va quand même et, au bout du compte, il parle de finir ses jours là-bas… On a tous connu cette expérience. J'ai rencontré le 113 pour qu'on essaye d'élaborer ensemble un projet autour de cette idée. Je pensais faire un film qui allait s'appeler « Tonton du bled ». Mais j'ai vite réalisé qu'avec cette matière, il y avait de quoi écrire une chronique, pas une histoire. Or je ne voulais pas refaire « Le Ciel, les oiseaux et… ta mère », cinq ans après. Gilles Laurent, mon co-scénariste m'a alors proposé d'opposer Yacine qui refuse de retourner au bled, à Johnny qui rêve d'y partir. Nous avons contraint le malheureux Yacine à s'embarquer contre son gré avec sa famille et tant qu'à faire, pour bien l'enfoncer nous avons fait s'embarquer clandestinement Johnny dans ses bagages. Un emmerdeur (de classe internationale !) qui va lui pourrir la vie, mais qui finalement lui fera ouvrir les yeux sur l'amour qu'il porte à sa famille et ses racines.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 94 907 entrées
  • Cumul IDF : 288 759 entrées

  • 1ère semaine France : 277 643 entrées
  • Cumul France : 893 437 entrées