Notes de Prod. : Import Export

Interview de Wolfgang Thaler

En tant que caméraman, vous êtes célèbre pour vos images grandioses. Comment s’est passée votre rencontre avec un réalisateur qui a lui-même en tête des images fortes?
Wolfgang Thaler: Le caméraman n’est pas là pour matérialiser ses propres images, mais pour répondre aux attentes du réalisateur. Néanmoins, j’ai parfois essayé de donner un supplément d’âme aux images d’Ulrich Seidl, notamment avec la caméra à l‘épaule. Ulrich n’est plus aussi strict que lorsque nous avons travaillé ensemble pour la première fois. Il se laisse convaincre s’il sent que le résultat sera une bonne image. C’est quelqu’un qui sait précisément ce qu’il ne veut pas, et qui reste disponible pour tout le reste.

Vous considérez-vous comme un spécialiste des conditions extrêmes, que tout le monde refuserait?
Wolfgang Thaler: Pas du tout. Les conditions extrêmes m’ont simplement donné la chance d’asseoir ma carrière de caméraman. Tout a commencé lorsqu’on m’a demandé de partir au Tibet: quatre mois à porter la caméra sur mon dos en passant des cols à 5000 mètres d’altitude. C’est ainsi que j’ai débuté dans le cinéma. C’était plutôt par hasard. Dieu soit loué, je travaille aussi à des films plus reposants!

Import Export a été un projet de longue haleine. Trois ans de tournage, notamment en Ukraine par moins trente degrés, et en Autriche parmi des mourants. Avez-vous atteint vos limites?
Wolfgang Thaler: Oui, mais ce sont pour moi des conditions normales.

Interview de Ulrich Seidl

Import Export a été tourné dans des conditions difficiles: moins trente degrés en Ukraine, proximité avec des mourants en Autriche... S’agit-il là de conditions extrêmes ou normales pour vous?
Ulrich Seidl: Chaque film est particulier et je dois toujours me battre, mais les conditions extérieures me font rarement peur. Je pense que les images intenses et extrêmes ne peuvent voir le jour que dans des conditions elles-mêmes intenses et extrêmes.

Interview de Ed Lachman

Ulrich Seidl est connu pour son perfectionnisme. Ce qui ne l’empêche pas d’être ouvert aux suggestions de gens compétents. Étiez-vous prêt à vous investir dans le contenu du film?
Ed Lachman: La force d’Ulrich, c’est de raconter une histoire en utilisant des tableaux qui permettent au spectateur d’accéder à cette histoire. Presque comme quand on entre dans une pièce ou comme quand on marche dans la rue. D’une certaine manière, il permet au spectateur d’être la caméra, et utilise ensuite une caméra portable pour créer encore plus d’intimité avec les protagonistes, et par conséquent avec le public.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 17 entrées
  • 1er jour IDF : 109 entrées
  • 1ère semaine IDF : 1 331 entrées