Notes de Prod. : In the Air

    en DVD le 27 Mai 2010

En savoir plus sur In The Air

Un travail minutieux sur les décors
In the Air est un film qui, comme son héros, se ballade de ville en ville, d’aéroport en aéroport… Et le travail sur le look du film fut un vrai challenge, comme l’explique Jason Reitman : « Je pense que beaucoup de gens croient que le vrai challenge pour les décors d’un film réside dans une saga historique du 17e siècle en Angleterre. Mais c’est faux. Qui est capable de dire avec précision dans ce type de films si tel détail est inexact ? Alors que dans un film comme In the Air qui se passe de nos jours dans des lieux fréquentés par tous, on n’a pas le droit à la moindre erreur. Tout doit être d’une précision sans faille. » Il poursuit : « Nous avons tourné dans 5 villes mais nous en évoquons 20 dans le film, choisies comme Detroit, Phoenix, St Louis et Wichita, parmi celles qui ont été les plus touchées par la crise. Et Steve Saklad, notre chef décorateur a eu le génie de savoir recréer jusqu’à pas moins de 5 villes dans le même bâtiment. En allant d’étage en étage, on avait l’impression de voyager d’un bout à l’autre du pays. Car je voulais vraiment qu’on ressente les changements chaque fois que Ryan atterrit dans une nouvelle ville. A un moment, vous êtes à Miami au bord de l’eau puis vous vous retrouvez à Détroit sous la neige. Je désirais que le spectateur puisse ressentir ces changements climatiques à l’écran. Donc d’une ville à l’autre tout change : les décors bien sûr mais aussi la lumière, les costumes… »
L’atmosphère visuelle du film évolue aussi avec l’humeur du personnage de Ryan Bingham, incarné par Clooney. « Au départ, tout est parfait, quasiment virginal. On déambule dans un aéroport où tout est nickel, où les gens sont beaux, souriants. On se croirait au Paradis. », explique Jason Reitman. « Et puis, à la fin du film, comme sa vie a changé, sa vision des aéroports aussi et soudain tout devient chaotique. Un vrai enfer ! » Le producteur Daniel Dubiecki acquiesce : « La texture et la couleur des éléments du décors évoluent avec son état d’esprit, accompagnant les dialogues. Comme si ceux-ci étaient la projection de son cerveau ».

Une équipe technique de fidèles
Pour le tournage de son film, Jason Reitman s’est entouré d’une bande de fidèles, avec qui il a déjà travaillé. Parmi eux, outre le chef décorateur Steve Saklad, le directeur de la photographie Eric Steelberg, et le chef costumes Danny Glicker. Pour les repérages, il a fait appel à John Latenser qui avait fait des merveilles sur Thank You For Smoking. « Même si ça me donne plus de boulot, j’adore le fait que Jason préfère tourner en décors naturels » commente ce dernier « On ne pourrait jamais parvenir à ce réalisme en studio. »
St Louis, dans le Missouri, a été choisi comme centre névralgique de la production grâce à la grande variété de son architecture. La ville et son voisinage recèlent des coins qui ressemblent à des quartiers de Chicago et Omaha. En fait, le tournage a eu lieu dans pas moins de 30 endroits différents à travers la ville.

Filmer dans un aéroport, une gageure
Le scénario d’In the Air impliqua aussi le tournage de nombreuses scènes dans les halls d’aéroport. « Habituellement, les productions évitent de tourner dans ces endroits à cause du bruit » explique John Latenser « mais très tôt Jason avait décidé qu’on filmerait dans les aéroports. » Seulement, depuis le 11 septembre, filmer dans un aéroport aux Etats-Unis est devenu très problématique. « Tout doit être planifié à l’avance dans les moindres détails avec des contrôles de sécurité draconiens et l’obligation de ne pas gêner le rythme normal du lieu. » Mais la production a pu s’en sortir grâce à son partenariat avec American Airlines qui a permis de limiter au maximum les gênes possibles pour les passagers – qui comme pas mal d’employés des lieux – furent juste ébahis de se retrouver face à face avec George Clooney.
Le tournage dans les aéroports a débuté à Détroit dans le tout nouveau terminal McNamara et dans le Barry Terminal qui, s’il n’est plus en activité, a servi à reconstituer plusieurs autres terminaux présents dans le film.

Les autres décors du film
A Saint Louis, la production a investi le building vide GenAmerica située dans le sud de la ville qui a servi pour reconstituer l’intérieur du bureau du patron de Ryan. Évidemment, chacun des bureaux dans lequel Ryan se rend possède son propre code couleur. De la dorure pour Wichita, des tons gris rouges bleus pour Detroit, la capitale de l’automobile. « Il fallait que le spectateur puisse sentir instantanément qu’on changeait d’endroit », explique Latenser.
De la même manière, l’action se déroule dans pas moins de 7 chambres d’hôtel différents. Grâce à un accord avec le groupe Hilton, Reitman et son équipe purent trouver ce qu’ils recherchaient. « On a fui les chambres au design trop contemporain » explique Steve Saklad « et privilégié des ambiances plus classiques et indémodables pour correspondre à la personnalité de Ryan qui n’est pas un homme à l’imaginaire visuel débordant. »
Le look des chambres et la manière dont elles sont filmées sont liées à l’attitude de Ryan dès lors qu’il s’y installe. Comme le dit Saklad, « on doit sentir que, quelle que soit la chambre, Ryan connaît instinctivement comment introduire la clé, où allumer la lumière, la position de la salle de bain, celle des placards. » Mais l’équipe déco a pu se rattraper pour le tournage de la scène de mariage : « Là, il y avait énormément de travaux manuels à faire » commente Saklad « On a passé des heures à faire les décorations. On a même créé le gâteau de mariage. On s’est vraiment amusé. »

Un travail évolutif sur la lumière
Jason Reitman connaît son chef opérateur Eric Steelberg depuis les bancs de l’université et avait déjà travaillé avec lui sur Juno. « Son talent a été de savoir alterner des plans lumineux et sexy avec d’autres, très neutres, presque avec la texture d’un documentaire », résume Reitman. Pendant la phase de préparation, Steelberg se souvient que Jason Reitman lui avait indiqué qu’il voulait que son film puisse rendre romantique les voyages d’affaires. « Il m’a parlé de ces personnages comme Ryan qui aiment être sur la route, dans des hôtels, dans des avions, tout ce que la plupart d’entre nous détestons. Il voulait que le spectateur voit ce film à travers les yeux de Ryan et donc que ce petit monde soit le plus beau possible à l’écran. Alors on a filmé le voyage comme ils se faisaient voilà quelques années, quand les gens prenaient soin de s’habiller avec goût dès qu’ils montaient dans un avion. On a essayé de mettre du romantisme dans des lieux qui en manquent souvent cruellement. »
Tourner en décors naturels fut cependant un obstacle permanent. « C’est forcément difficile de tourner dans des lieux ouverts au public comme des aéroports et des hôtels. Or on n’a rien reconstitué en studio sauf les intérieurs de l’avion. On a même tourné une scène dans un vrai 757 d’American Airlines dans un hangar et là aussi on a dû faire face à des restrictions. »
La lumière du film évolue avec ce qui se passe à l’intérieur de la tête de Ryan. « Au début, on utilisait des lumières très dures, très contrastées. Puis comme lui, on est passé à des choses plus douces, chaleureuses. »

La garde-robe des personnages
C’est la deuxième fois que Jason Reitman travaille avec le chef costumier Danny Glicker (nommé cette année à l’Oscar pour Milk) après Thank You For Smoking. « C’est un génie et quelqu’un d’hilarant », résume le réalisateur. « Son oeil est unique. J’ai du mal à imaginer travailler sans lui. Dans In the Air, Ryan porte le même costume dans chaque scène et, pourtant, chacune de ses apparitions est originale. Sans compter que comme il voyage beaucoup, il faut que les gens qu’ils croisent à chaque nouvelle ville représentent vraiment le look de celles-ci par les vêtements qu’ils portent. Danny a relevé ce défi avec éclat. »
Ce dernier explique que tout part de son admiration pour le réalisateur et son scénario. « Jason a une manière de raconter des histoires à la fois intelligente et drôle. Il ne prend pas le spectateur pour un imbécile. Il aime jouer avec lui. Il a son film dans la tête sur un plateau dans les moindres détails. »
Trouver la logique de la garde-robe de Ryan Bingham fut le premier défi à relever pour Glicker. « En fait, il faut simplement comprendre que les habits de cet homme fuyant tout attachement tiennent entièrement dans une valise. J’ai donc travaillé avec George Clooney et Jason pour créer cette garde-robe qui accompagnerait ce personnage dans ses voyages. On a opté pour un style des années 60, très classique avec deux costumes identiques qu’il recycle à chaque déplacement, l’un remplaçant l’autre quand il le fait nettoyer. »
L’histoire oblige aussi à sortir Clooney de son style habituel. « On est habitué à le voir dans des costumes italiens. Là, comme le film est vraiment lié à l’univers du travail américain, j’ai voulu un look qui soit vraiment classiquement américain. »
Ce parti pris minimaliste des costumes a aussi nécessité une attention aux moindres détails : « chacune de ses chemises est faite dans un gris qui rendra magnifiquement à l’écran, quel que soit le lieu où il se trouve. Son manteau est lui dans un cachemire de la meilleure qualité pour refléter au mieux la lumière et garder cette idée d’harmonie dans n’importe quel environnement. On a travaillé dur pour que se dégage de lui en permanence ce mélange de professionnalisme et de piquant, loin d’une gravure de mode. »
Et la valise avec laquelle il voyage est, elle, directement inspirée par une valise à roulettes dont le réalisateur s’était beaucoup servie voilà quelques années : « j’ai mesuré avec précision le temps que ça me prenait pour aller de l’entrée à la sécurité puis pour passer la sécurité, pour l’ouvrir et la fermer. »
Quant à Alex, incarnée par Vera Fermiga, Glicker a opté pour un look assez proche. « Alex est élégante, sensuelle et très brillante. Et heureusement pour moi, Vera est une des rares comédiennes qui est très à l’aise avec son corps et va toujours magnifier les habits qu’elle porte. Dès les essayages, je voyais qu’elle ne se contentait pas de savoir si tel ou tel vêtement lui convenait, elle cherchait à savoir s’ils allaient l’aider à devenir le personnage. J’ai choisi pour elle des costumes Armani avec une touche féminine, des petites robes noires. Des choses séduisantes mais qui correspondent aussi à la business woman qu’elle est. »
Pour habiller Anna Kendrick en Natalie, Glicker dit avoir suivi une logique inverse. « Comme les gens de sa génération qui débarquent en entreprise en sortant de ses études, elle a peu de vêtements différents tout simplement parce qu’elle n’en a pas encore les moyens. Donc je lui ai imaginé une garde-robe évidemment en accord avec son travail mais au budget limité. »
Cependant, au final, ce qui donna le plus de travail à Glicker ne fut pas les comédiens principaux de ce film mais les figurants qui peuplent les scènes d’aéroport et d’hôtel, pour qu’on puisse comprendre à l’écran qu’on change de ville à travers ce que portent les gens. « Après la lecture du scénario, j’ai tout de suite dit à Jason que cette notion était fondamentale pour moi. Dans le film, vous verrez que dans les scènes censées se dérouler en Arizona, les gens portent du turquoise. J’ai parsemé ainsi le film de ces détails “régionalistes”. Il ne s’agissait pas de détourner le spectateur de l’essentiel mais de pimenter le voyage proposé par le film. Mon but était que le spectateur ait eu l’impression de voyager à travers le pays comme Ryan Bingham. »

Un montage, jeu de complices
Pour In the Air, Jason Reitman a aussi fait appel à une autre connaissance de longue date, la monteuse Dana Glauberman avec qui il a déjà travaillé sur Thank You For Smoking et Juno. « Je ne vois personne d’autre avec qui je pourrais imaginer partager une salle de montage. Elle comprend ma manière de filmer, mon langage visuel et elle est capable de trouver d’emblée le ton et le style que je veux au final. »
Dana Glauberman, qui fut aussi assistante monteuse sur plusieurs films d’Ivan Reitman, a connu Jason sur les bancs de l’université où ils se sont liés d’amitié. « J’ai eu un coup de foudre pour ce scénario qui porte vraiment sa patte, notamment dans l’écriture des personnages et l’humanité qui s’en dégage. C’est cependant son film le plus dramatique et celui où, par conséquent, la charge émotionnelle est la plus forte. »
L’assemblage des différentes scènes est vu comme un jeu par la monteuse. « Jason et moi nous connaissons si bien qu’on est chacun capable de terminer la phrase qu’a commencé l’autre. On se comprend sans avoir à faire de grands discours. Et, dans ce film où l’évolution des personnages doit être dosé avec subtilité, c’est un atout majeur. Je suis d’ailleurs extrêmement fière de notre travail. » Quant au moment le plus émouvant de tout le processus, ce fut sans conteste pour elle le visionnage des rushes où des gens réagissent à la perte de leur emploi : « Avec Jason, on pleurait devant notre écran. Chaque témoignage nous brisait le coeur. Ca vous rappelle à quel point on est chanceux d’avoir un travail et, plus encore, un travail qui est une passion. »

La musique, un personnage à part entière
« Pour la moi, la B.O. est un personnage à part entière du film », s’enthousiasme Jason Reitman. « Je commence à penser très en amont à la musique. J’écris le scénario avec devant moi des fichiers iTunes toutes les chansons que j’adorerais utiliser. Et, au final, j’en choisis 10 qui correspondent à la nature du film ? »
Le film s’ouvre avec une reprise contemporaine et funky du classique de Woody Guthrie, “This land is your land” qu’interprètent Sharon Jones and The Dap Kings : « Une introduction riche en sentiments forts dans le voyage que propose ce film à l’intérieur du paysage américain. »

Le mot de la fin de Jason Reitman
« J’ai fait trois films et à chaque fois, mon inspiration est venu d’une question que je me posais alors à moi-même. Mon premier film questionnait mes opinions politiques. Mon deuxième était en relation avec le fait de devenir moi-même père et donc de devoir grandir. Et le troisième est inspiré par la question la plus importante de toutes : que faire de sa vie, qu’on soit seul ou qu’on ait fondé une famille ? Et avoir tourné In the Air a renforcé mes convictions : la vie est meilleure lorsqu’on est accompagné, même si on croit n’avoir besoin de personne. »

Sur le tournage d'In The Air

Le 2 Mars 2009 - Bateman dans les airs

Voilà qui est confirmé ! Jason Bateman sera bel et bien le patron de George Clooney dans la comédie In the Air. Dans la lignée de Thank You For Smoking (puisqu’il s’agira du même metteur en scène, Jason Reitman), le film aura pour personnage principal un consultant dont la seule obsession consiste à amasser des points miles en avions, ce qui lui occupe suffisamment l’esprit pour ne pas avoir de scrupules à licencier des gens à longueur de journée. Celui-ci prendra les traits de George Clooney et sera accompagné de Vera Farmiga.

Notes de Production d'In The Air

Un héros d'anti-héros
Dans ses deux premiers longs métrages, on a remarqué le talent de Jason Reitman à mettre en scène des anti-héros volontiers provocateurs – un lobbyiste du tabac dans Thank You For Smoking et une adolescente enceinte dans Juno – et à bâtir autour d’eux des histoires singulières, surprenantes, aussi hilarantes que profondément humaines et émouvantes. Le personnage de Ryan Bingham se situe dans la même lignée, ne serait-ce que par son travail : virer lui-même des gens que leurs patrons veulent licencier. En bref, faire le sale boulot. Mais bien évidemment, In the Air n’est pas uniquement, et loin de là, le portrait d’un sale type. Car très vite, on découvre un homme plein de charme totalement en phase avec notre époque matérialiste, faite de rapidité, de technologie, de confort, d’ambition individuelle. Un homme à la vie douce et agréable, un homme qui en apparence a tout ce qu’il souhaite mais qui va s’apercevoir qu’il lui manque l’essentiel. Et son histoire soulève un certain nombre de questions qui concerne le plus grand nombre. Comment à une époque dominée par une mondialisation de plus en plus ravageuse et où les communications passent de plus en plus uniquement par ordinateurs et autres gadgets interposés, pouvons nous toujours rester connectés avec les autres aussi fortement que par le passé ? Et si ce n’est pas le cas, qu’en est il des liens qui ont constitué la base de nos sociétés depuis des années ?

Les personnages de In The Air

Vera Farmiga, Anna Hendrick : une touche sensuelle
Avec Clooney dans le rôle central, Jason Reitman s’est ensuite concentré sur le choix des deux interprètes féminines qui allaient incarner les personnages qui font bousculer les certitudes du sien.