Notes de Prod. : Inside Job

    en DVD le 23 Mars 2011

Glossaire

Asset Backed Security (ABS) – valeur mobilière adossée à des actifs
Les ABS sont des titres financiers adossés à un prêt, un bail ou des actifs clients autres que des titres immobiliers ou titres hypothécaires. Pour les investisseurs, les ABS représentent une alternative à l’investissement dans la dette d’entreprise. Un ABS est par essence la même chose qu’un titre hypothécaire, sauf que les valeurs auxquelles il est adossé sont des actifs comme des prêts à la consommation, des bails, des paiements de cartes de crédit, des créances commerciales, des royalties et autres, et non des titres hypothécaires.

Holding bancaire
Un holding bancaire se définit globalement comme toute société qui contrôle une ou plusieurs banques. Devenir un holding bancaire permet à une société de lever des capitaux plus facilement qu’une banque traditionnelle. Le holding peut assumer la dette des actionnaires sur une base exemptée d’impôts, emprunter de l’argent, acquérir d’autres banques ou des entités non bancaires plus aisément, et émettre des valeurs mobilières avec une régulation facilitée. Il a aussi une plus grande autorité légale pour effectuer des rachats de ses propres actions. Il a pour inconvénient l’obligation de se soumettre à davantage d’organismes de contrôle comme la Réserve Fédérale et la Securities and Exchange Commission.

Note : Goldman Sachs et Morgan Stanley sont devenues des holdings bancaires pendant la crise de 2008 pour pouvoir bénéficier du Troubled Assets Relief Program (TARP) gouvernemental.

Capital Structure – structure financière
Ce terme se réfère à la façon dont une société finance ses actifs et opérations à travers une combinaison de fonds propres (actions, valeurs mobilières), dettes (prêts), ou titres hybrides. La structure financière d’une entreprise est donc liée à la notion de composition, ou “structure” de ses risques et dettes. Le rapport endettement net/capitaux propres est appelé levier financier.

Collateralized Debt Obligation (CDO)
Les CDO sont un type de valeur mobilière adossée à des actifs qui repose sur un portefeuille constitué d’actifs sous-jacents à revenus fixes. Ces CDO se partagent en différentes classes selon le risque, ou tranches – les classes supérieures ou “seniors” sont considérées comme les plus sûres. Le paiement des intérêts et le remboursement du principal sont faits par ordre d’ancienneté, afin que les tranches junior offrent des coupons de montants plus élevé ou des prix plus bas pour compenser un risque de défaut accru.

Note : Chaque CDO est constitué de centaines de crédits immobiliers résidentiels de particuliers. Les CDO qui contenaient des prêts hypothécaires subprime, à haut risque, ou des hypothèques souscrites à cause de prêts prédateurs comportaient un risque élevé d’impayé. Ils sont accusés d’avoir précipité la crise mondiale et ont été appelés “armes de destruction massive”.

Commercial mortgage-backed security (CMBS)
Un CMBS est un type d’ABS adossé à des propriétés commerciales ou des copropriétés (immeubles d’habitation, de commerces ou de bureau, hôtels, écoles, biens industriels et autres sites commerciaux). Les propriétés de ces prêts varient, avec des prêts à long terme (5 ans ou plus), souvent à taux d’intérêt fixe et comportant des restrictions sur les remboursements anticipés, alors que les prêts à court terme (1 à 3 ans) sont plus généralement à taux variable et librement remboursables par anticipation.

Note : Les emprunts commerciaux (aux conditions du marché) sont souvent annoncés comme la prochaine classe de titres sujette à défaut de paiement. Fitch, l’une des trois plus grandes agences de notation financière, estime que le non-remboursement des emprunts qui menace les CMBS américains continuera à augmenter tout au long de 2010 et que le taux global de défaut de paiement des emprunts pour les affaires qu’il a notées dépassera les 11 % à la fin de l’année.

Credit Default Swap (CDS) – dérivés sur événement de crédit, ou couverture de défaillance
Un CDS est un contrat de protection financière selon lequel l’acheteur de protection verse une série de primes au vendeur de protection qui s’engage à compenser les éventuelles pertes d’un actif (généralement une obligation, un prêt ou un panier de prêts tel qu’un CDO).

Note : Nombreux sont ceux qui pensent que les CDO ont aggravé la crise financière, en permettant aux investisseurs ne possédant pas de titre de s’assurer en cas de défaillance dudit titre. AIG s’est presque effondré à cause de ces spéculations car l’assureur a dû payer des dizaines de milliards de dollars en déboursements collatéraux au bénéfice de certaines des plus hautes institutions financières américaines et européennes. AIG a dû payer à Goldman Sachs 13 milliards de dollars en argent des contribuables suite aux CDS qu’il avait vendus à la firme.

Credit Rating Agency (CRA) – Agence de notation
Une agence de notation est une entreprise ou une institution chargée de la notation des émetteurs d’un certain type de titres de créance (obligations, ABS ou CDO) et des instruments de dette eux-mêmes. Dans la plupart des cas, les émetteurs des titres de créances sont des entretprises, des entités à but spécifique, des collectivités locales, des associations à but non lucratif, ou des Etats émettant certains types de titres de créance (obligations) qui peuvent être négociés sur les marchés secondaires. La notation d’un émetteur par la CRA correspond à l’opinion de l’Agence sur sa capacité à rembourser le prêt. (Par opposition aux CRA, une société qui émet des notations pour une valeur de crédit individuelle est généralement appelée un bureau de crédit ou une agence de reporting sur le crédit à la consommation).

Note: Les trois plus grandes et plus influentes agences de notation financière sont Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch. La crise de 2008 a mis en lumière l’inadéquation des agences de notation puisque certaines sociétés en difficulté ont conservé leur évaluation jusqu’à quelques jours avant leur effondrement.

Organismes de dépôt
Ce sont les banques, sociétés de crédit immobilier et d’épargne, coopératives de crédit et autres organismes qui acceptent les fonds de leurs clients sur appel ou à des périodes fixes, et leur paient des intérêts proportionnels aux montants. Les institutions de dépôt sont identifiées à l’“épargne” et diffèrent dans leur objectif des institutions d’investissement qui gèrent activement les fonds de leurs clients à la recherche de bénéfices, ou des entreprises qui “empruntent” de l’argent au public en émettant des obligations.

Dérégulation
La dérégulation est la suppression ou la simplification des réglementations gouvernementales qui encadrent le fonctionnement des marchés. La dérégulation ne signifie pas l’élimination des lois contre la fraude, mais elle élimine ou réduit le contrôle du gouvernement sur la manière dont sont menées les affaires et dont les titres sont échangés. Les outils de dérégulation comprennent la réduction des lois et réglementations s’appliquant à la taxation destransactions sur les valeurs et la suppression des restrictions concernant les fusions et acquisitions dans l’industrie. La dérégulation soutient la “théorie du marché efficace” en économie qui affirme que les marchés financiers sont “internationalements efficaces” avec des prix qui reflètent réellement la valeur d’une société en obligations : moins il y a de taxes et de régulation, plus les prix produits par le marché sont conformes aux vraies valeurs des choses.

Note : La dérégulation a vu le jour sous l’administration Reagan et est à présent surnommée la “Reaganomics”, en référence à la politique économique prônée par le président américain Ronald Reagan au cours des années 80. Les quatre piliers de la politique économique du gouvernement Reagan étaient :

1. Réduire les dépenses gouvernementales,
2. Réduire les impôts sur le revenu et les bénéfices liés au capital,
3. Réduire la réglementation de l’économie par le gouvernement,
4. Contrôler l’émission de liquidités pour réduire l’inflation.

Produits dérivés ou contrats dérivés
Contrat entre deux parties dont le règlement s’effectue à une date future. C’est un instrumentfinancier dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution du taux ou du prix d’un produit (appelé sous-jacent) –qui peut être une action, une obligation, un indice boursier, un taux de change, une matière première ou même un flux financier lié à un événement comme une catastrophe naturelle. Les produits dérivés permettent de transférer le risque lié au prix du produit sous-jacent d’une partie à une autre. Il existe deux types de produits dérivés financiers, les produits fermes (contrats à terme, swaps dont les credit default swaps ) et optionnels (options).

Note : Par erreur, il arrive couramment que l’on se réfère à des produits dérivés comme étant des actifs. Ce qui n’est pas le cas, car un produit dérivé est incapable d’avoir une valeur propre, sa valeur dérivant de celle d’un autre actif.

Revenu fixe
Le revenu fixe définit tout type d’investissement se caractérisant par une rémunération préétablie, fixe, remise à intervalles réguliers et qui reste invariable durant toute la durée de l’investissement, sous forme d’obligations ou d’annuités. Les titres à revenu fixe sont un prêt à l’entité qui émet l’obligation. Les investisseurs se voient verser leurs intérêts à intervalles réguliers, et la valeur faciale du prêt est remboursée à la date d’échéance. Le terme “revenu fixe” peut être trompeur parce que certaines obligations ont des taux d’intérêt liés à un index, comme l’inflation ou l’US Federal Funds Rate. Des exemples d’obligations incluent les titres simples comme les dettes souvenaines émises par un Etat, des dettes municipales émises par les administrations locales ou des obligations d’entreprises émises par des sociétés. Les titres à revenus fixes plus complexes comprennent des obligations privilégiées, des titres hybrides, des asset backed securities et des collateralized debt obligations.

Note : Les titres à revenu fixe peuvent être opposés aux titres à revenu variable comme des obligations qui n’offrent aucune garantie de retour sur investissement.

Gramm-Leach-Bliley Act (GLBA)
Aussi appelée Financial Services Modernization Act de 1999, cette loi américaine met en place des banques universelles assurant aussi bien les services d’une banque de dépôt que d’une banque d’investissement et d’une compagnie d’assurances. On désigne ces industries par le terme global d’“industries des services financiers”.

Note : Cette loi abrogeait une partie des dispositions du Glass-Steagall Act qui établissait l’incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt (prêts et dépôts), de banque d’investissement (opérations sur titres et valeurs mobilières) et de compagnie d’assurances. La GLBA est aussi connue sous la dénomination Citigroup Act car elle permit la fusion de Citicorp, un holding de banques de dépôt, et de Travelers Group, une compagnie d’assurances, en 1998.

Hedge Fund – fonds alternatif, fonds spéculatif
Un hedge fund est un fonds d’investissement à haut risque qui gère de façon offensive un portefeuille d’investissements en s’appuyant sur des stratégies alternatives avancées comme l’effet de levier, la sélection de titres ou les produits dérivés, sur les marchés nationaux ou internationaux, avec pour objectif de générer des performances élevées (soit dans un sens absolu, soit sur un indicateur de marché spécifique). Légalement, les hedge funds se présentent généralement sous la forme de partenariats d’investissement privés ouverts à un nombre limité d’investisseurs et exigeant un montant minimum d’investissement initial très élevé. Les investissements dans les hedge funds sont illiquides car ils exigent souvent des investisseurs de maintenir leur argent dans le fonds pour au moins un an. Parce que les gérants de hedge funds font des investissements spéculatifs, ces fonds peuvent comporter un risque considérablement plus élevé que le marché global.

Note : Les hedge funds ou fonds spéculatifs (au contraire des mutual funds, les fonds communs de placement) sont peu régulés parce qu’ils répondent à la demande d’investisseurs sophistiqués que l’on suppose disposer de davantage de ressources dans la prise de décision concernant leurs investissements. Aux Etats-Unis, la loi exige que la majorité des investisseurs dans le fonds soient accrédités, c'est-à-dire qu’ils gagnent un minimum d’argent par an et qu’ils aient une situation nette de plus de 1 million de dollars, ainsi qu’une connaissance poussée du secteur des investissements. Les hedge funds sont considérés comme des fonds communs de placement pour les super riches. Ils sont similaires aux fonds communs de placement en ce sens que les investissements sont mis en commun et gérés professionnellement, mais ils diffèrent parce que le fonds a davantage de souplesse dans ses stratégies d’investissement.

Hedging – couverture de risque
Une couverture de risque consiste à réduire à travers un investissement le risque de fluctuation des prix concurrents dans le cadre d’un actif. Normalement, une couverture de risque consiste à prendre une position de compensation dans un titre en rapport, comme un contrat à terme.

Note : S’il est important de noter que le hedging est réellement la pratique consistant à tenter de réduire le risque, l’objectif de la plupart des hedge funds est d’augmenter au maximum le retour sur investissement. Le nom ases origines dans le passé, car les premiers hedge funds tentaient de protéger les investisseurs contre le risque d’un marché baissier sur plusieurs mois, en vendant à découvert sur le marché boursier (les fonds communs de placement ne pouvaient généralement pas prendre la vente à découvert comme objectif premier).

Banque d’investissement
C’est une institution financière qui aide les entreprises et les gouvernements à lever des capitaux en souscrivant et en agissant comme agent dans l’émission de titres. Une banque d’investissement aide aussi des sociétés impliquées dans des fusions-acquisitions et des cessions. Pour des services bancaires traditionnels d’investissement comme la souscription, l’émission de titres et les fusions et acquisitions, les banques d’investissement reçoivent des honoraires, d’habitude un pourcentage de la transaction. Elles fournissent aussi des services auxiliaires comme le market making et le commerce de produits dérivés, d’instruments à revenu fixe, les devises, les matières premières et des titres de participation. Parmi les plus grandes banques d’investissement figurent Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Bank of America, Morgan Stanley et Deutsche Bank.

Note : Contrairement aux banques de commerce et banques de détail, les banques d’investissement n’acceptent pas de dépôts. En 1998, les plus grandes banques d’investissement ont été introduites en bourse et, alors qu’elles étaient jusque-là la propriété privée de quelques associés, elles sont devenues des sociétés cotées en bourse avec des milliers d’actionnaires. Cette distance entre les dirigeants et les propriétaires de la société a été l’une des raisons pour lesquelles les banques d’investissement ont pris des risques plus grands et acheté des produits exotiques sans évaluation appropriée du risque.

Investment Grade Ratings – Grille de notation financière
Une obligation est considérée comme investment grade ou IG si sa notation est située entre AAA et BBB- selon l’échelle de Standard & Poor's, Baa3 ou plus selon Moody's ou BBB- ou plus selon Fitch. Les obligations investment grade répondent à un risque faible. L’agence de rating ou agence de notation évalue l’obligation en fonction de son potentiel à exécuter ses obligations de paiement.

Note : Les fonds communs de placement, les fonds de pension et les fonds souverains (fonds d’Etat) et autres investisseurs institutionnels sont souvent limités aux valeurs investment grades, les autres étant trop risquées. Lorsque Lehman s’est déclaré en faillite, leurs obligations ont chuté et sont tombées sous l’investment grade, ce qui a provoqué une vente massive par les fonds communs de placement, légalement restreinte aux valeurs investment grades de leur portefeuille.

Leverage – effet de levier
L’effet de levier est l’utilisation d’instruments financiers variés ou de capitaux d’emprunt, comme la marge, pour augmenter le potentiel retour sur investissement. Le levier financier désigne aussi le montant de la dette utilisé pour financer les actifs d’une société. Le levier aide à la fois l’investisseur et la firme à investir ou à fonctionner. Une société ayant un endettement supérieur à ses fonds propres est considérée comme ayant un fort levier. L’effet de levier peut être créé à travers des options, des contrats à terme (futures), des marges et autres instruments financiers. L’effet de levier est communément employé dans les transactions immobilières à travers l’utilisation d’hypothèques pour acheter une maison.

Note : L’effet de levier comporte un risque plus élevé. Si un investisseur l’utilise pour faire un investissement et que l’investissement se retourne contre lui, sa perte sera plus grande qu’elle ne l’aurait été dans le cas d’un investissement ne reposant pas sur l’effet de levier. L’effet de levier augmente les gains comme les pertes. Dans le monde des affaires, une société peut utiliser l’effet de levier pour tenter de générer de la valeur pour les actionnaires mais si elle échoue, les intérêts croissent et le risque de crédit détruit la valeur pour les actionnaires.

Mortgage Backed Securities (MBS) – titre hypothécaire
Un MBS est une valeur immobilière adossée à des actifs, une forme d’asset-backed security garantie par une hypothèque ou un ensemble d’hypothèques. Ces valeurs doivent être groupées dans l’une des deux catégories supérieures déterminées par une agence de notation certifiée, et habituellement effectuer des paiements périodiques similaires à des paiements de coupons. En outre, l’hypothèque doit avoir été prise par une institution financière accréditée et régulée.

Note: Les investisseurs dans un titre hypothécaire prêtent essentiellement de l’argent à un particulier souhaitant acquérir une maison ou à une société. Un MBS est un moyen pour la banque d’accorder des crédits hypothécaires à ses clients sans se préoccuper de savoir s’il dispose des capitaux pour couvrir son emprunt. La banque agit alors comme un intermédiaire entre l’acheteur de la maison et les marchés des investissements.

Residential mortgage-backed securities (RMBS) – titrisation de crédits hypothécaires résidentiels
Un RMBS est un type de valeur mobilière dont le cash-flow provient de dettes résidentielles comme des hypothèques, prêts sur valeur nette de la propriété ou prêts hypothécaires à haut risque. C’est un type de titre hypothécaire qui se concentre sur la valeur résidentielle au lieu de la dette commerciale. Les détenteurs d’un RMBS reçoivent le paiement des intérêts et remboursement du principal de la part des détenteurs de la dette résidentielle. Le RMBS comprend une grande part de crédits hypothécaires groupés.

Titres
Ces instruments représentent soit une possession (actions), soit un contrat de créance (obligations) ou des droits à la propriété produits dérivés). Un titre est un instrument négociable représentant une valeur financière. La société ou toute autre entité qui l’émet est appelé émetteur. Une structure de régulation du pays détermine ce qui qualifie un titre. Par exemple, des groupes d’investisseurs privés peuvent présenter certaines caractéristiques correspondant à un titre, mais ils peuvent ne pas être enregistrés ou régulés comme tels s’ils entrent dans le cadre de différentes restrictions.

Titrisation
La titrisation est le processus financier consistant à transférer à des investisseurs des actifs financiers (créances...) en les transformant, par le passage à travers une société ad hoc, en instruments financiers émis sur le marché des capitaux. Le processus peut concerner toute forme d’actifs financiers et fournit des liquidités aux marchés. La titrisation répartit le risque en regroupant des instruments de dette dans un pool, puis elle émet de nouveaux titres adossés au pool.

Vente à découvert
La vente à découvert est une suite d’opérations boursières qui consiste à vendre des titres (généralement des actions) que l’on ne possède pas et ont été empruntés à une tierce partie (généralement un courtier) avec l’intention de racheter à une date ultérieure des titres identiques, que l’on rendra alors au prêteur. Le vendeur qui vend à découvert espère que le titre va baisser et qu’il pourra réaliser ainsi une plus-value entre la vente et le rachat, car il paiera moins pour racheter les titres que ce qu’il a reçu quand il les a vendus. Inversement, le vendeur à découvert perdra de l’argent si le prix du titre augmente.

Note : Les vendeurs à découvert gagnent de l’argent si la valeur de l’action baisse. A l’été 2008, John Mack,CEO de Morgan Stanley, a attaqué avec virulence les vendeurs à découvert en les accusant de contribuer à la chute des prix des actions sur les marchés des services financiers. La capitalisation boursière des banques d’investissement durant la semaine du 15 septembre 2008 a diminué leur cotation aux yeux des investisseurs potentiels et a contribué à leur transformation en holdings bancaires.

Subprime
Terme qui désigne une classification d’emprunteurs qui n’ont pas accès aux crédits classiques – refus des banques et sociétés de crédit, revenus insuffisants, défauts de paiement antérieurs. Le prêteur utilise un système d’évaluation de crédit pour déterminer à quel genre de prêt l’emprunteur peut avoir accès. Les prêts à haut risque sont généralement ceux où l’emprunteur a un score de moins de 640. Le prêt subprime comporte plus de risque de crédit et comme tel, s’assortit de taux d’intérêt plus élevés. Approximativement 25 % des prêts immobiliers sont des prêts classés subprimes. Les prêts subprimes englobent toute une variété de types de crédits, incluant des hypothèques, des crédits à la consommation, et des cartes de crédit.

CDO synthétique
En termes techniques, le CDO synthétique est une forme de collateralized debt obligation (CDO, obligation adossée à des actifs) qui investit dans des produits type credit default swaps (CDS) pour constituer un portefeuille d’actifs à revenu fixe. Les CDO synthétiques sont une avancée moderne dans la finance qui permet d’offrir des rapports très élevés aux investisseurs. Les parts de CDO synthétiques sont généralement divisées en tranches selon le degré de risque pris par l’investisseur. Les investissements initiaux sont faits dans le CDO en commençant par les tranches inférieures, tandis que les tranches senior peuvent ne pas avoir à faire d’investissement initial. Toutes les tranches recevront des paiements périodiques basés sur les cash-flows des swaps.

Cependant, les CDO synthétiques permettent des spéculations potentiellement illimitées sur la performance d’autres titres, sans qu’aucun nouveau prêt ne soit créé. Chaque CDO synthétique, à la différence d’un vrai CDO, exige que l’une des parties vende à découvert, c'est-à-dire qu’elle mise sur la baisse de l’investissement de référence. Dans la bulle qui a précédé la crise financière, on connaît plusieurs banques d’investissement incluant Goldman Sachs et Morgan Stanley qui ont créé des CDO synthétiques dans l’intention explicite, à l’avance, de spéculer contre leurs clients. On sait aussi que dans au moins quelques cas, les banques d’investissement n’ont pas divulgué ce fait aux clients auxquels ils ont vendu ces CDO synthétiques, dont beaucoup avaient été notés AAA. Ces instruments sont le centre de l’affaire de fraude de la SEC contre Goldmans Sachs, de plusieurs procès privés, et aussi, on le pense, de plusieurs enquêtes criminelles en cours.

Tranche
Une tranche est une partie ou une portion d’un contrat ou d’un financement structuré. Cette portion est l’un des nombreux titres liés qui sont proposés en même temps mais comportent des risques, des rapports ou des échéances différents. Tranche, mot français, est le mot utilisé à l’international. La tranche désigne également une classe spécifique d’obligations à l’intérieur d’une offre où chaque tranche présente des degrés de risque variés pour l’investisseur. Par exemple, un portefeuille MBS peut comporter des crédits hypothécaires d’une maturité d’un an, deux ans, cinq ans ou vingt ans. Le terme peut aussi faire référence à des segments qui sont proposés au niveau national ou international.

Note d'intention du réalisateur

Ce film s’efforce de dresser un portrait complet et synthétique d’un sujet d’actualité essentiel. Il y est question de la pire crise financière depuis la Grande Dépression, une crise dont nous subissons toujours les effets et qui trouve des répercussions dramatiques jusque dans la gestion de la dette de plusieurs pays européens, provocant une instabilité financière planétaire. Cette crise était pourtant tout à fait évitable ; en effet, à la suite de la Grande Dépression, des mécanismes ont été mis en place et ont protégé les Etats-Unis de toute crise financière. Cependant, avec la dérégulation progressive du secteur financier, les années 80 ont vu l’émergence d’une industrie de plus en plus criminelle, dont les « innovations » ont provoqué une succession de crises financières. Chaque crise était pire que la précédente, et pourtant, au vu des enjeux d’enrichissement et du pouvoir croissant de l’industrie, chacune a envoyé très peu de gens derrière les barreaux. Dans le cas de cette dernière crise, malgré des fraudes qui ont provoqué des milliers de milliards de pertes, personne n’est allé en prison. J’ai conçu ce film avec l’espoir qu’en moins de deux heures, il permette à tout le monde de comprendre la nature fondamentale et les causes de ce problème. J’espère également qu’après avoir vu ce film, au-delà des opinions politiques personnelles de chacun, nous comprendrons tous l’importance de rétablir l’honnêteté et la stabilité de notre système financier, et de tenir pour responsables ceux qui l’ont détruit.

Les intervenants

William Ackman Managing partner, fondateur et CEO du hedge fund Pershing Square Capital Management. Il est connu pour être l’activiste financier dont la présentation de 2007, “Who Is Holding the Bag?” a été l’un des premiers cris d’alarme sur la crise imminente.