Notes de Prod. : Insoupçonnable

    en DVD le 11 Janvier 2011

Entretien avec Charles Berling, à propos d'Insoupçonnable

Qu’est-ce qui vous attirait chez Gabriel Le Bomin ?
J’avais vu Les Fragments D'Antonion. Et je trouvais son réalisateur intéressant et atypique. Gabriel a un imaginaire. Il possède aussi une façon de raconter les histoires qui lui est très singulière. Il semble n’appartenir ni à un courant ni à un autre. Le scénario aurait pu paraître dangereux et les personnages n’y rester que des «idées en l’air». Il a réussi à les incarner, à leur donner de la matière et de la chair, à les rendre attachants en prenant le temps de les filmer. Son travail sur le montage m’a surpris. Gabriel, qui sur un tournage ne cède pas à la panique, ne se situe jamais dans le rapport de force et sait parfaitement ce qu’il veut, a vraiment, je crois fait œuvre de cinéma.

Comment décririez-vous Henri ?
Il est à la fois victime et dupé par Lise. Le fait de devoir aller chercher sa sincérité sous le jeu des apparences, de le construire pour le faire exister, m’intéressait. Avec Gabriel, nous avons eu plusieurs séances de travail qui ont infléchi sa vision du personnage. Il relie son film aux comédiens. Il les aime. Il s’en sert. Bref, il se tient à l’écoute. Lors de ces petits rendez-vous, je pouvais lui parler de certaines scènes que je sentais «améliorables». Même si le décor de quelques-unes d’entre elles, comme la gare de St-Exupéry, aide aussi à saisir des choses. L’architecture n’y est pas innocente. Elle entretient un rapport fort avec l’histoire. Gabriel indiquait la direction à suivre. Moi, car c’est en cela que consiste mon travail d’acteur, j’essayais de comprendre son univers et de lui être utile.

Insoupçonnable accorde une place cruciale aux pères…
Faux pères, faux frères… Insoupçonnable évoque en tout cas, pour moi, quel- que chose de cette bourgeoisie nécrosée et de cette Europe où la transmission s’opère mal. Gabriel ne se contente pas de son thriller. Entre Lise et Sam qui tentent un «hold-up», Henri et Clément, joué par Grégori Derangère, celui, d’un autre âge encore, incarné par Francis Perrin, le film décline aussi un conflit de générations.

Quels rapports, au fond, Lise et Henri entretiennent-ils ?
Ils vivent une histoire d’amour vouée à mal se terminer, même si Henri sera peut- être le seul à s’en sortir. Gabriel et moi, étions d’accord là-dessus. Mais nous sou- haitions ne rien surligner pour ne pas ajouter une couche de malentendu. Lise se retrouve prise à son propre piège. Henri se fait avoir. J’aime l’idée que des hommes aussi établis dans une bourgeoisie, helvétique de surcroît, donc rompue au secret et taillée dans un socle solide, se révèlent tellement fragiles affectivement.

Connaissiez-vous Laura Smet ?
Un peu, je connais surtout ses parents… J’ai adoré l’hypersensibilité qu’elle développe. Laura est une fille fragile qui a beaucoup de talent.

La chronologie inhabituelle de l’histoire a-t-elle compliqué votre jeu ou influé sur lui ?
Non, car c’est précisément ce qui me plaît au cinéma. À la différence du théâtre, le cinéma n’est qu’une question de fragments. Aux comédiens de les regrouper pour faire émerger le sens du récit. À eux de décider quel «plus» y mettre. Pour cela, il faut, bien sûr, éprouver une confiance totale dans son metteur en scène. Gabriel a toujours été moteur. Sous la commande, il ne peut s’empêcher d’être un auteur. Il parvient, avec beaucoup d’humilité, à rester personnel sans se couper du public. Il n’a rien d’un «béni oui oui». Il ne cherche pas à rentrer à n’importe quel prix dans une facture commerciale. Il sait à la fois se situer dans son temps et dans l’industrie. Un équilibre difficile auquel sont confrontés tous les metteurs en scène d’aujourd’hui.

Entretien avec Gabriel le Bomin, réalisateur d'Insoupçonnable

Quelle a été la genèse d’Insoupçonnable ?
Avant même de réaliser mon premier long métrage, Les Fragments D'Antonion, je me suis intéressé à l’un des précédents romans de Tanguy Viel intitulé «L’absolue perfection du crime». Mais le projet n’a pas abouti. Deux ans plus tard, j’ai découvert «Insoupçonnable». Les droits venaient d’être pris par Marc De Bayser et Frank Le Witta. Nous ne nous connais- sions pas et j’ai sonné à leur porte en leur disant mon désir de travailler sur ce projet. Ils ont vu mon premier film et une confiance mutuelle s’est installée. J’ai beaucoup apprécié cette façon de travailler, qui trouve son moteur dans le désir commun du film. Le livre m’a tout de suite paru cinématographique.

Entretien avec Marc-André Grondin, à propos d'Insoupçonnable

Parlez-nous de votre première rencontre avec Gabriel Le Bomin
Mon agent m’a prévenu que Gabriel souhaitait me rencontrer tout en me glissant de très belles choses sur lui, car il avait vu Les Fragments D'Antonion. Je n’ai pas été déçu. Gabriel est quelqu’un d’extrêmement intelligent doté d’une écoute exceptionnelle. Il sait tirer le meilleur de vous-même. Pour Insoupçonnable, où les émotions, les histoires et les degrés de lecture s’entremêlent, cette qualité m’a paru encore plus précieuse. J’ai tout de suite su que notre travail ensemble allait en profiter.

Entretien avec Laura Smet, à propos d'Insoupçonnable

Connaissiez-vous Gabriel Le Bomin ?
J’avais travaillé avec Grégori Derangère sur Le Passager De L’été de Florence Montcorget-Gabin. Et il m’avait parlé des Fragments D’antonin, le premier film de Gabriel. Je l’ai vu et je l’ai trouvé magnifique, car poétique et juste. Il traitait des blessures psychiques de la guerre mais évoquait aussi tellement d’autres choses. J’ai donc rencontré Gabriel qui m’a parlé de son projet.