« Greg fait exactement ce qu’est censé faire un bon réalisateur », déclare
Billy Burke, qui tourna récemment
La Faille sous la direction de Hoblit. « Il sait précisément ce qu’il veut et pourquoi il engage tel ou tel collaborateur. »
Après plus de vingt ans de carrière, Hoblit n’a rien perdu de son enthousiasme : « C’est toujours un plaisir de trouver un matériau qui vous inspire dès la lecture. En lisant le scénario d’
Intraçable, je percevais déjà le look du film, je sentais l’atmosphère qui s’en dégagerait, je me croyais déjà sur le plateau.»
« Greg réalise des films adultes », reprend Burke. « Il n’est jamais condescendant à l’égard du spectateur, il fait appel à sa réflexion et à sa vigilance. »
Soucieux d’efficacité, le réalisateur fait souvent appel au même petit noyau de collaborateurs.
« Son équipe est une machine bien huilée », constate
Colin Hanks. « Au départ, c’est un peu intimidant pour quelqu’un qui vient de l’extérieur, mais on s’y habitue vite et on y trouve des avantages considérables. »
Le chef décorateur
Paul Eads fait partie de ce « noyau dur » :
« Greg est très attaché à la dimension visuelle du récit. Il réagit fortement à l’architecture et s’attache à inventer des mouvements de caméra originaux. En repérages, nous recherchions ensemble des sites qui entraient en résonance avec l’intrigue et enrichissaient la palette et l’atmosphère du film. En explorant Portland à la fin de l’automne, nous avons réalisé à quel point son ciel gris et son humidité ambiante collaient à l’histoire. Loin de constituer une toile de fond, la ville joue un rôle important dans le film, grâce à certains décors clés, dont les sept ponts qui enjambent la Willamette. »
Pour faciliter le travail de l’équipe, Eads construisit la vaste cellule Cybercrime, théâtre d’une bonne moitié de l’action, après avoir visité les bureaux du FBI de Portland et Los Angeles :
« Ces unités, de création récente, sont souvent installées dans de nouveaux locaux, dotés d’un mobilier moderne, de cloisons transparentes, etc. – tous détails que nous avons repris dans ce décor.
Pour le repaire du tueur, j’ai cherché à créer un huis clos oppressant, suggérant une notion de déséquilibre. Le plafond est aussi bas que possible, et le lieu plongé dans une inquiétante obscurité. »
La décoratrice de plateau
Cindy Carr dénicha « deux jeunes de la ville, passionnés d’informatique, qui ont construit leur propre ordinateur. Ils ont nourri notre inspiration pour le côté «geek» du tueur et nous ont aidés à créer le monde où celui-ci vit en reclus 24 heures sur 24. »