Le premier ALFIE dressa en son temps un tableau à la fois caustique et fidèle du " Swinging London " et des mœurs des sixties. À travers le portrait d’un dragueur impénitent, le grand public découvrait un état d’esprit, un style, un mode de vie… et un jeune comédien nommé
Michael Caine à qui le rôle d’Alfie servirait de tremplin.
Dans cette version contemporaine, Alfie est un séduisant londonien qui a jeté son dévolu sur Manhattan avec l’intention bien établie d’y faire fortune - et d’y faire l’amour à un maximum de belles femmes. La sophistication ambiante sert les intérêts de cet habile Don Juan qui sait tirer avantage du décor pour enrichir son impressionnant tableau de chasse.
Mais avant de faire fortune, Alfie doit bien travailler. Chauffeur de limousine, ses déplacements quotidiens à travers la section la plus huppée de Manhattan sont une occasion rêvée de tester la banquette arrière avec ses riches clientes. Car, en dépit de ses ambitions affichées, notre homme se contente des plaisirs les plus simples et les plus immédiats que lui offre la vie, en fuyant comme la peste toute forme de responsabilité.
Pour
Jude Law, un des acteurs les plus en vue de la nouvelle génération, incarner Alfie représentait un double challenge : assurer une présence permanente à l’écran dans un rôle moralement " douteux ". À quoi s’ajoutait un problème d’ordre technique : impliquer le spectateur dans les aventures d’Alfie en s’adressant régulièrement à lui " face caméra ".
Jude Law :
" Incarner ce genre de séducteur est un défi, mais le script était si bon que je n’ai pu m’y dérober. Du reste, Alfie est un personnage beaucoup plus nuancé qu’il n’y paraît. Il n’est pas dénué de conscience et fait de réels efforts pour s’amender. "
Le réalisateur/producteur/scénariste
Charles Shyer et la co-scénariste/productrice
Elaine Pope décidèrent de raconter l’histoire d’Alfie en se servant de ses propres déclarations, commentaires et justifications. Ils reprirent donc la technique, inhabituelle et novatrice, du classique des années soixante: Alfie s'adresse directement au spectateur et le prend à témoin.
Charles Shyer :
" Les réflexions de notre héros sont aussi surprenantes et scandaleuses que sa conduite. Mais en s’exposant tel qu’il est, Alfie commence aussi à voir un peu plus clair en lui-même. C’est un des moyens qui lui permet de mieux se comprendre et d’évoluer. "
Elaine Pope :
" Alfie est corrompu, auto-destructeur, mais il est d’une franchise totale. Le public, même s’il ne partage pas son point de vue, recevra de cet homme des confidences exclusives, sincères et l’énoncé de certaines vérités rarement dites en matière de relations amoureuses. "
Franchir la barrière invisible qui sépare l’imaginaire du réel n’est pas facile pour un acteur.
Jude Law :
" Au départ, j’en ai ressenti un profond malaise, mais après quelque temps, j’ai trouvé tout à fait naturel de dialoguer avec le public. Je pense qu’il en sera de même pour celui-ci, et que chaque spectateur aura l’impression qu’Alfie s’adresse à lui, tel un vieil ami. "
Complémentaires à souhait, Shyer et Law dosèrent finement drame et comédie dans leur approche d’Alfie, cet homme qui s’efforce tant bien que mal de trouver un sens à sa vie.
Jude Law :
" Alors que je tendais à souligner la noirceur d’Alfie, Charles, spécialiste de la comédie, m’incitait à réintroduire une touche de légèreté. C’était la combinaison idéale. "
Tout en appréciant la vision de Law, Shyer l’encouragea à mettre en lumière l’humour subtil des situations.
Charles Shyer :
" Alfie possède, à l’évidence, des zones d’ombre : son aveuglement, son indifférence aux autres, sa cruauté - toutes choses dont il est inconscient, jusqu’au moment où il se voit obligé de faire son bilan personnel et de mesurer les souffrances qu’il inflige aux autres. "