Notes du réalisateurL'anti-Dogme :
" Après l'hystérie provoquée par Festen, j'étais dans une situation un peu problématique. Que faire après un film Dogme ? Et bien strictement l'inverse. Le Dogme exige que la caméra soit toujours portée, et que le tournage ait lieu en extérieurs, là où se situe l'action ; dans IT'S ALL ABOUT LOVE, j'allais mettre ma caméra sur un pied ou une dolly, j'allais faire construire des décors, et travailler en studio. (…)Cela dit, être en contradiction avec le Dogme, c'est aussi être en accord avec lui : parce que le Dogme pousse sans cesse à innover. D'une certaine façon, c'est une drogue : toujours aller plus loin, toujours faire le contraire de ce qu'on vient de faire. On devient accro à ça."
La critique de la modernité :
" L'homme moderne passe l'essentiel de son existence en transit, toujours en train de quitter ou de retrouver un terminal d'aéroport, et plus généralement, en transit de réunion en réunion, d'école en école, d'ordinateur en ordinateur. Au tournant de l'an 2000 - on nous promettait déjà une révolution - j'ai eu envie de décrire cela : imaginer un futur proche où les gens mourraient de solitude. (…) Et au milieu de ces morts-vivants, un amour impossible. (…) Comment leur amour peut-il survivre au pouvoir destructeur du monde moderne…?"
Un film multi-genre :
" L'intrigue proprement dite du film s'apparente moins à un récit traditionnel qu'à un poème. (…) IT'S ALL ABOUT LOVE est un film où certaines questions restent sans réponse, comme un rêve ou un conte de fées. C'est aussi un film qui se passe dans le futur, mais sans technologie. (…) Non, ce qui compte davantage, ce sont ces gens qui enjambent des morts sans s'en soucier. C'est ça le futur. Enfin, je ne l'espère pas !"
Les comédiens :
" Les acteurs américains ne sont pas fondamentalement différents des acteurs danois que j'ai dirigés jusque-là : ils sont très gentils, très coopératifs, beaucoup plus entourés, et je ne suis pas tout à fait sûr de ce qui les intéresse à part eux-mêmes ! Claire Danes et Joaquin Phoenix sont assez différents : elle aime bien répéter; lui est plus instinctif. (…) Des trois personnages, il va s'en dire que ma préférence va à celui interprété par Sean Penn. Si on fait un film sur l'être humain aujourd'hui ou demain, l'homme aérien est essentiel." |
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