NOTES DE FRANCOIS CLUZET
Samuel m’avait parlé du projet et j’étais curieux de voir ce que donnerait sa collaboration avec Gabor, que je connaissais pour avoir interprété une de ses pièces. Dès la lecture, j’ai eu un véritable flash pour le personnage.
Pour un acteur, jouer le rôle d’un acteur est très facile. Walter peut, à lui seul, représenter tous les acteurs. Par désespoir, il dort. Il est dans la situation d’un acteur un peu ringard qui a raté sa carrière et se réveille à la première
opportunité. Sa candeur, son espoir, son envie de réussir le rôle qu’il accepte, m’ont beaucoup touché. Ce qui compte pour lui, même s’il s’agit d’une arnaque, c’est de jouer, et il se sert de ce rôle comme d’un travail d’acteur.
Personne n’a intérêt à douter qu’il est John Lennon. Moi-même, je ne me suis pas posé la question. Si l’acteur arrive à se convaincre lui-même, il peut convaincre tout le monde ! J’étais John Lennon, ce qui faisait rire tout le monde.
J’aime être responsabilisé dans mon travail, et c’est exactement ce qu’a fait Samuel. Il y avait dans l’air une liberté, un enthousiasme... Le travail préliminaire sur la coiffure de Lennon, le costume blanc, le côté "peace and love", avaient été très bien faits. Avec la costumière, nous avons essayé de recréer des costumes emblématiques mais qui me seraient propres. Il ne s’agissait pas de copier John Lennon, mais d’en donner l’image que Walter s’en fait. Cela confère une notion de vérité comique à l’approche de l’idole. Finalement, l’acteur apparaît de plus en plus. Tout ce qu’il est se révèle par contraste : sa nervosité, son manque d’humour, son côté aventureux gagné par la passion.
Face à Walter, les autres personnages se définissent comme des amateurs. Brigitte ne connaît rien aux acteurs. Pablo non plus, mais il trouve la combine. Léon est resté scotché au plafond avec le LSD et ne connaît rien à part Janis et John. Cela permettait de libérer chez mon personnage une espèce de professionnalisme qui peut, par sa radicalité même, devenir drôle.
ENTRETIEN AVEC SAMUEL BENCHETRIT
Vous avez publié un roman, écrit et mis en scène au théâtre, réalisé des courts-métrages, et vous passez maintenant au long. Pouvez-vous nous expliquer ce parcours éclectique ?
En fait, l’idée de réaliser des films était en moi depuis le début. J’ai du mal à me spécialiser parce que j’ai besoin de m’exprimer dans différents domaines - je viens par exemple d’acheter du matériel de peinture... Je souhaite pouvoir utiliser tous les potentiels des différents moyens d’expression. Réaliser un film est assez lourd et nécessite de travailler avec beaucoup de monde. La littérature et le théâtre sont plus simples car ils impliquent moins d’intervenants, laissent plus de temps, demandent moins d’argent. Chaque type de projet offre ses avantages et ses inconvénients. Mais je ne souhaite renoncer à rien. Je continue à écrire des livres et je vais retourner au théâtre.
NOTES DE Sergi LOPEZ
Ce que j’ai tout de suite aimé, c’est le ton de l’histoire. Il y avait dans tout le scénario quelque chose à la fois de très concret et de vraiment surréaliste. J’aime aussi que le film ne soit pas qu’une simple comédie ; qu’au-delà du rire, il y ait un sens. Les gens pourront s’identifier aux personnages, ils pourront s’en amuser, mais aussi se sentir concernés. Je