Les Acteurs parlent du film
« J’incarne Cécile, la trentaine, deux enfants, qui vient passer des vacances sans son mari. C’est une fille de nature joyeuse mais déstabilisée par l’impasse dans laquelle elle se trouve avec l’homme de sa vie.
J’ai accepté le film pour deux raisons : l’histoire, où les éducations des uns et des autres se confrontent ; le fait que la partie comédie soit liée à la cruauté des enfants entre eux.
Les adultes du film traversent des moments plus ou moins faciles de leur existence : ils montrent une façade qui n'a rien à voir avec leur fond. Ils essaient de donner le meilleur à leurs enfants... mais sans toujours en être capables. Ils se posent des questions, ils s’angoissent. Et parfois c’est encore pire ! Alors que les générations précédentes laissaient « l'éducation » à « l'école ». Il y a inversion des comportements entre enfants et adultes parce que les enfants en savent souvent bien plus que les parents ne l'imaginent !
Étonnamment, il est facile de trouver sa place dans un film de groupe. On ne se sent pas étouffé car on a tous un rôle à défendre, donc on n'est pas frustré et il y a un véritable échange entre les personnages. Mais il était assez étrange de tourner avec des enfants car ils sont à la fois dans le jeu tout en gardant leur naturel. C’est une force inouïe : ils jouent sans jouer. Cela apporte une légèreté et une spontanéité rares.
Anne a des idées précises et arrive à guider le groupe totalement, aussi bien les adultes que les enfants. Elle tourne en très peu de prises : c’est assez frustrant au début, puis on s'y adapte. Et elle sait tellement ce qu'elle veut qu'on essaie de lui donner dans les premières prises, c'est assez stimulant ».
« Je joue Louise, la femme de Fred et l'amie d'enfance de Cécile et Pénélope. C'est une fille attachante, drôle et qui a une grande confiance en elle. Elle a un côté « princesse » avec tous les petits aspects antipathiques qui vont avec : elle donne des leçons mais sans faire de grandes choses. Elle est séduisante et insupportable.
L'enfant a pris une place à laquelle il n'avait pas droit auparavant. On ne lui donnait pas la parole, on pensait qu'il ne pouvait pas comprendre, du coup on ne lui expliquait rien. Aujourd'hui, c'est tout le contraire : on lui dit tout, voire même trop. D’où l’aplomb et l’impertinence des enfants. Mais aussi leur difficulté à se situer. En règle générale, plus les parents sont enfantins, plus les enfants sont adultes.
J’ai trouvé les enfants extrêmement professionnels. Ils ont été formidables, ultra disciplinés alors qu'un enfant ça crie, ça bouge dans tous les sens. Mais je pense qu'ils ont aimé ce qu'ils faisaient. Ils ont réellement beaucoup donné dans le jeu ».
« Je joue Pénélope. C’est une femme assez rock’n’roll, qui a deux enfants de pères différents, fume des joints toute la journée et... a un peu la « loose » avec les mecs ! Comme pour Louise, qui s’occupe d’elle et de son petit paraître, l’éducation des enfants n’est pas une priorité. Elles sont un peu en dehors du truc, elles n’assument pas vraiment leur rôle de mère.
L’histoire dans l’ensemble m’a semblé très pertinente. Et j’ai beaucoup ri en lisant le scénario, ce qui est assez rare. J’ai 35 ans et je voulais passer à un autre stade. J’ai aimé le fait de jouer une vraie femme, une mère et non une petite poufiasse. J’ai même été étonnée qu’on me confie un tel rôle : une mère de deux gosses dont un de quatorze ans... Mais ça reste crédible, je suis une vieille peau maintenant !
J’ai l’impression, étant mère depuis peu, que devenir parent est assez paradoxal : on vieillit physiquement mais pas dans sa tête. On a envie, du moins en ce qui me concerne, de rester la personne un peu déconnante, un peu légère qu’on a été jusque-là. Mais c’est un problème car on doit donner une vision plus sérieuse, plus adulte de soi à notre enfant.
En même temps, on fait de moins en moins vieux physiquement - grâce aux techniques chirurgicales entre autres - et je trouve que les rôles ne sont pas répartis aussi clairement qu’avant : les grands-parents ne ressemblent plus à ceux d’antan, les parents sont plus ados et les enfants plus adultes ! Tout ça fait qu’il est un peu difficile de trouver ses marques.
Avec les enfants, je n’ai pas l'impression de travailler. Ils sont très étonnants. D’ailleurs, nous, adultes, en général, sommes plutôt en position de faiblesse quand nous jouons face à eux car on ne sait jamais ce qu'ils vont faire. Leur naturel nous recadre vite, nous évite de surjouer ».
« Je joue Fred qui est l'homme du groupe. Il est avec sa femme, Louise (Valérie Benguigui) et leurs enfants ainsi que des amies : Cécile (Elodie Bouchez), Pénélope (Axelle Laffont)... et donc je suis le seul homme ! Il est un peu grande gueule, assez fier de lui, un peu lourd mais assez sympathique.
Il y a des choses que l'on vit et quand quelqu'un arrive à les formuler, à les synthétiser et à les mettre dans une histoire, ça fait du bien ! C'est ce qui m'a vraiment plu dans le scénario. Il est compliqué de partir en vacances avec enfants ET amis ! Élever des enfants, c'est difficile. On a toujours le sentiment de bien faire, sans en être tout à fait sûr. Et vos amis... ont le même sentiment ! Récemment j'étais en vacances avec des copains, accompagnés de leurs enfants. Or, ces derniers faisaient ce qu'ils voulaient sans que leurs parents ne leur disent quoi que ce soit. C’est vite devenu l’enfer. Et, dans ce genre de moments, forcément, ça dégénère, les relations se distendent. Ce qui m’énerve le plus ? Le laisser-aller ou la « surautorité ». Les parents qui se mettent à hurler tout d'un coup sur leurs mômes ou, à l’inverse, ceux qui les couvent trop, qui ne les engueulent jamais. En même temps, j’ai bien conscience que ce sont sans doute des reproches qu’on peut me faire de temps à autre : il est difficile de se rendre compte de ses propres tares !
Aujourd’hui, les parents agissent comme des mômes ! C'est du ressort de la comédie. Mais c'est aussi la réalité, avec ce besoin pour les adultes d'un laisser-aller, d'une régression. Du coup tout leur échappe. Mes parents me paraissaient plus adultes que je le ne suis. En même temps, je vis dans un univers particulier, où l’on joue beaucoup. Donc, j’ai du mal à en sortir. À ceci, il faut ajouter le fait que nous sommes dans une société de loisirs où l'on a plutôt tendance à infantiliser les gens ».
« J’interprète Sami, un embrouilleur sympathique. Anne Fassio, que je connais, me parlait depuis un petit moment de cette histoire. Elle a écrit le rôle en pensant à moi et le scénario m’a plu.
Anne est très encourageante, avec les enfants comme avec nous. Elle est ultra-positive et cet enthousiasme nous porte, il est précieux. Son sens de la vérité la pousse vers des choses justes. Elle n’a pas d’idée préconçue et dirige les acteurs sans excès. Elle nous laisse assez libres ».
« Je suis Vincent, le mari de Cécile : c'est un type en pleine rupture avec sa femme, qui vit très mal qu’elle parte en vacances sans lui.
J'ai trouvé le scénario très juste et finement observé : l'enfant est de plus en plus « roi » dans nos sociétés. Les parents sont ballottés à la fois sur le plan professionnel et sentimental. Ils perdent pied. Ils tentent aussi d’épargner à leurs enfants l’autorité qu’ils ont connue. Et on en arrive à la situation que décrit le film ! ».
« Anne m’a demandé de faire avant tout un travail de conseiller musical en utilisant mes musiques. Nous avons bâti la musique de son film en adaptant des morceaux qui existaient déjà et sur lesquels j'avais travaillé avec Christophe Müller dans le cadre de différentes expériences : Boys from Brazil, Stéréo Action Unlimited...
J'avais lu le scénario puis Anne m'a montré un premier montage. Nous avons cherché quelles scènes appelaient quelles musiques. Je ne devais pas être trop condescendant avec moi-même et résister lorsque je pensais que certaines scènes fonctionnaient mieux sans musique ! » Je deteste les enfants des autres... Et vous ?Caroline Adrian, productrice : « Tout le monde se reconnaît dans ce titre : il dit à la fois le sujet du film, il le pitche et en plus il parle à chacun d’entre nous. »
Antoine Rein, producteur : « Nous avons déjà produit J'me sens pas belle et J’veux pas que tu t'en ailles, donc question titre, on est très JE, c’est un principe ! » Notes de la ProductionL'Histoire
L’histoire de Je Déteste Les Enfants Des Autres est venue petit à petit à Anne Fassio, scénariste, comédienne et réalisatrice : « Il y a longtemps que je fais des spectacles, des courts métrages sur la famille, des rapports de fratrie, des rapports parents-enfants. Autour de moi dès que l’on aborde le thème de l’éducation, comme pour la politique, les conversations s’enflamment. Par ailleurs, louer une maison à plusieurs familles est un des modes de vacances les plus courant, alors conjuguer problèmes d’éducation et promiscuité, quelle aubaine… |
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