Notes de Prod. : Je Reste !

    en DVD le 28 Avril 2004

Entretien avec Diane Kurys

Comment est né ce projet?
On était en mai 2002. Alain Terzian cherchait un metteur en scène pour un scénario de Florence Quentin. Dominique Besnehard a pensé à moi. Il m’a appelée et m’a demandée si je serais prête à réaliser un film que je n’aurais pas écrit. Je l’ai lu. Je l’ai trouvé drôle. J’ai tout de suite imaginé le film. D’habitude j’écris mes scénarios. Je suis parfois accompagnée, mais je pars toujours d’une idée, d’une histoire qui me sont proches ou inspirées par des personnages réels. C’est donc une grande première pour moi. Mais je n’ai pas hésité, j’ai tout de suite senti qu’il y allait y avoir une évidence. D’ailleurs le tournage a été à l’image de cette évidence : calme, serein, amical, sans crises, sans heurts.

Est-ce que réaliser un film que vous n’avez pas écrit a beaucoup changé votre façon de travailler ?
Non. Et le plus troublant c’est que je me suis sentie beaucoup plus libre que si j’avais écrit le scénario. Peut-être parce que je me suis retrouvée à la place du premier spectateur. Je compare souvent la naissance d’un film à celle d’un enfant. Toutes proportions gardées c’est un peu le même processus. Mais la plupart du temps, pour moi, la période de gestation est la plus douloureuse. JE RESTE ressemble à un accouchement sans douleur. Florence Quentin l’a porté pendant neuf mois et je suis arrivée … Je n’avais plus qu’à réunir les ingrédients ! Les ingrédients !!! Sophie Marceau, Vincent Perez et Charles Berling ! Un trio de rêve, non ?

Justement parlez-nous du casting …
Sophie Marceau, je la connaissais mal. Je l’ai découverte. C’est une femme rare et une comédienne magnifique. Je crois que je n’ai jamais dirigé une actrice comme Sophie. Jouer la comédie pour elle, c’est naturel, c’est respirer, c’est vivre ; elle aime ça, elle en a besoin et elle y trouve du plaisir. Je suis tombée sous son charme, comme tout ceux qui ont la chance de l’approcher. C’est comme ça. On ne résiste ni à sa beauté, ni à son charisme. Et puis c’est surtout une actrice exceptionnelle. Elle sait tout faire et elle n’a peur de rien. Toutes les situations, tous les dialogues lui vont. En plus elle est drôle, elle arrive à l’heure, elle conduit elle-même sa voiture et elle la conduit bien. Avec Vincent, on s’est tout de suite bien entendu. Il est comme Sophie, direct, positif et lui aussi, il aime ce métier à la folie. J’ai adoré son personnage et ce qu’il en a fait. A la lecture, ce n ’était pas évident pour un acteur d’avoir envie de jouer ce type épais, égoïste, égocentrique, maniaque qui ne regarde plus sa femme, qui ne voit pas plus loin que la roue avant de son vélo et qui n’est plus guidé que par l’ambition de plaire à son patron. On a beaucoup rit avec Vincent. Il adore prendre des risques, dans tous les sens du terme. Pas seulement dans les films dit “physiques ” qu’il a fait, mais aussi dans la comédie pure. Le travail qu’il a fait avec Patrice Chéreau dans Ceux Qui M’aiment Prendront Le Train annonçait déjà un acteur inspiré et courageux. Là, il va très loin dans la caricature et pourtant son personnage est toujours vrai, toujours humain. On y croit. On le reconnaît ce Bertrand Delpire. On l’a déjà croisé … Vincent est très fort, parce qu’à la fin, malgré tous ses défauts, malgré son caractère épouvantable, on aime quand même le personnage qu ’il nous présente et on irait presque jusqu’à lui pardonner. Charles Berling est venu compléter le trio. Il connaissait Vincent, mais pas Sophie. Je sentais qu’ils allaient bien s’entendre et je ne me suis pas trompée. Une vraie complicité est née entre les trois acteurs. C’était très réjouissant de les voir arriver sur le plateau avec une envie formidable de travailler, de se confronter … Charles a une façon très particulière d’aborder un rôle. Il a besoin d’envisager toutes les pistes et il procède par élimination. C’est quelqu’un qui raisonne et qui réfléchit beaucoup. Il est sans doute moins instinctif que Sophie ou Vincent et ça correspondait parfaitement à son personnage de scénariste. Quelqu’un qui écrit des histoires a parfois du mal à les vivre. Il est parfait dans ce rôle. Il a trouvé la maladresse et la tendresse du personnage, il en a fait quelqu’un de fragile, de vulnérable, tout en restant dans le registre de la comédie.

Comment s’est passé le tournage ?
Il y a vraiment eu sur le tournage une relation d’amitié et de respect mutuels. Pas de jalousie, pas de mesquineries. De la générosité, des échanges et beaucoup de fous rires. C’était très beau et plutôt rare. Les prises de vues ont duré dix semaines, à Paris et dans la région parisienne, au col d’Eze et en Normandie, à Blonville. C’est la première fois que je réalise une vraie comédie et je me rends compte à quel point tout est plus léger, plus facile quand on veut faire rire le public. Les acteurs aussi sont plus heureux sur le tournage d’une comédie. Ca fait du bien de les voir s’amuser, se faire rire, se surprendre, se laisser prendre au jeu de l’humour... Enfin sur ce film, et c’est tout à fait nouveau pour moi, j’ai laissé une grande place à l’improvisation. Je pense que j’irai de plus en plus vers cette possibilité de ne pas figer les choses, d’être disponible, prête à capter ce que proposent des comédiens en liberté. Cette faculté d’adaptation qu’on demande aux acteurs et aux techniciens, il faut l’avoir soi-même. Pour moi, ce film, c’est le retour du plaisir, c’est donc déjà très important. Je crois que c’est le premier film depuis longtemps que je vais aimer revoir. Je suis encore spectatrice. Je jubile encore.

Entretien avec Sophie Marceau

Qu’avez-vous ressenti en découvrant le scénario de JE RESTE !?
Je l’ai lu avec beaucoup de plaisir. Florence Quentin a conçu une histoire bien écrite, bien structurée, correspondant tout à fait à l’esprit de notre époque. Comme dans toutes les bonnes histoires de couple, chacun peut s’y reconnaître quelque part.

Entretien avec Vincent Perez

Comment êtes-vous arrivé sur le projet ?
Alain Terzian m’a envoyé le scénario. L’humour de l’histoire et l’originalité du personnage que j’avais à jouer m’ont tout de suite accroché. J’ai appelé Diane Kurys, avec qui travailler me tentait vraiment, et nous avons parlé. Sophie Marceau dans le rôle de Marie-Do était pour moi la cerise sur le gâteau ! J’avais très envie de la retrouver.

Entretien avec Charles Berling

Pouvez-vous nous parler de votre personnage ?
Antoine fait partie des célibataires d’aujourd’hui qui aiment bien cultiver des amours passagères. Assez volage, individualiste, il a un style de vie très urbain,fait de rencontres inattendues, de culture, de sorties. Il incarne une forme de dandysme, une façon de voir la vie et la ville sous leur jour le plus ludique possible. En tant qu’écrivain, il aime bien observer ses contemporains, il y puise d’ailleurs sa matière. Dans le trio, il est l’élément perturbateur. Il va arriver au bon moment pour s’immiscer dans une histoire. Il est la bouffée d’oxygène qui ranime cette femme trop soumise.