Pouvez-vous nous parler de votre personnage ?
Antoine fait partie des célibataires d’aujourd’hui qui aiment bien cultiver des amours passagères. Assez volage, individualiste, il a un style de vie très urbain,fait de rencontres inattendues, de culture, de sorties. Il incarne une forme de dandysme, une façon de voir la vie et la ville sous leur jour le plus ludique possible. En tant qu’écrivain, il aime bien observer ses contemporains, il y puise d’ailleurs sa matière. Dans le trio, il est l’élément perturbateur. Il va arriver au bon moment pour s’immiscer dans une histoire. Il est la bouffée d’oxygène qui ranime cette femme trop soumise.
Comment avez-vous abordé ce personnage ?
Avant le tournage, j’ai essayé de saisir ce personnage, sa façon de parler, d’être, de cerner ses motivations. Ensuite, nous nous sommes retrouvés en répétition avec
Diane Kurys,
Sophie Marceau et
Vincent Perez. Là, nous avons compris comment fonctionner, comment trouver l’énergie juste, le rythme. Il s’agit d’une comédie et il fallait donc au trio un équilibre intéressant pour le sujet, pour le film, pour l’humour. Chacun s’est appuyé sur l’archétype de son propre personnage. Sophie représente ces jeunes femmes d’aujourd’hui qui veulent à la fois fonder une famille et vivre de façon plus libre.
Vincent Perez incarne un spécimen emblématique des cadres qui trompent leur femme et ont trouvé, dans le mode de fonctionnement maîtresse-femme-bureau, une forme de liberté.
Pouvez-vous nous parler des rapports spécifiques avec chacun de vos partenaires ?
Avec le personnage de Sophie, j’entretiens un rapport de séduction. Pour cette jeune femme dont la vie est un peu trop convenue, mon personnage représente une ouverture vers la liberté, vers la fantaisie et l’imprévu. Antoine envisage la vie sous un angle tout à fait ludique. Et c’est cela qui attire cette femme. Tout à coup, il y a matière à jouer, à ressentir en dehors des contraintes conjugales ou des codes sociaux. Le rapport d’Antoine avec Bertrand est comparable à celui de frères qui auraient fait des choix opposés dans la vie. Ils vont dans des directions différentes et c’est cela même qui va les rapprocher. Malgré tout ce qui les oppose, ils sont au fond très complémentaires. Ce qui est drôle, c’est qu’a priori l’amant et le mari ne sont pas faits pour s’entendre. Et c’est cependant ce qui va arriver. C’est toujours très amusant de jouer les personnages de mari et d’amant car, en tant qu’homme, on est alternativement dans la peau de l’un et de l’autre. De nos jours, les deux personnages savent instinctivement que leur place n’a rien de définitif. Les rôles peuvent s’inverser. C’est ce que raconte le film. La roue peut tourner ou ne pas tourner, tout est possible.
Quelle était l’ambiance sur le tournage ?
Beaucoup de gaieté, d’énergie et d’humour. Dans la première scène que nous avons jouée tous les trois, Bertrand (
Vincent Perez) nous surprend au lit. Le mari attrape l’amant et s’énerve. Je suis tellement doué pour les cascades que je me suis cassé un doigt de pied en heurtant une commode ! A chaque fois, quand commence un film, quelque chose en moi se déchaîne et, avant de trouver le juste équilibre, mes forces sont mal maîtrisées. Ce qui explique l’accident. C’est bien d’avoir commencé par cette scène importante, elle nous a donné le ton du film.
Vous avez une filmographie très éclectique. On vous retrouve très à l’aise dans le registre de la comédie…
J’ai commencé par la comédie et je suis content d’y revenir avec des films comme
Pere Et Fils et JE RESTE !.On ne me voit plus seulement comme un acteur destiné aux rôles durs et dramatiques. Cela me convient parfaitement, car j’ai absolument besoin de variété dans mon travail. Pour moi, alterner les genres, mélanger les styles, les univers, est très important. En jouant dans une comédie qui aborde des sujets de société, on a forcément l’espoir de toucher les gens. Mais mon souhait n’est pas de devenir populaire à tout prix. J’ai la chance de pouvoir faire les choses à mon rythme.