Notes de Prod. : Jean-Michel Basquiat : the radiant child

    en DVD le 15 Février 2011

Note d'intention de Tamra Davis

En 1983, je travaillais dans une galerie d’art à Los Angeles tout en étudiant le cinéma au Los Angeles City College. À cette époque, Jean-Michel Basquiat, jeune peintre, était à L.A. pour sa première exposition à la Galerie Larry Gagosian. Il vint rendre visite à un ami avec qui je travaillais. Notre amour du cinéma nous a tout de suite réunis. J’ai alors commencé à le filmer en train de peindre pour l’exposition à venir. Puis, lors de ses passages à Los Angeles, je le filmais dès que j’en avais l’occasion, quand bien même nous ne faisions que traîner ensemble. Enfin en 1985, alors qu’il avait 25 ans et beaucoup de succès, j’ai réalisé un entretien très long avec lui. Notre amie commune, Becky Johnston, posait les questions. Un peu moins de deux ans plus tard, il disparaissait. J’ai alors repris tous mes rushes et les ai remisés au placard. Je savais que Jean-Michel avait été furieux d’apprendre que certains de ses amis avaient revendu les toiles qu’il leur avait offertes. Je ne voulais pas qu’il pense, même après sa mort, que j’étais de ces personnes qui tireraient profit de son travail.

Vingt ans plus tard, j’ai mentionné cet entretien à une amie qui travaillait alors sur une rétrospective de l’oeuvre de Jean-Michel au Musée d’Art Contemporain de New York. Elle m’a demandé de visionner ce film. Je lui ai montré un montage de 20 minutes que j’avais réalisé. À la surprise générale, il était clair que les archives dont je disposais étaient une plongée rare dans l’intimité d’un des artistes américains les plus importants. J’ai alors su que ces images ne pouvaient plus rester cachées. La voix de Jean-Michel devait être entendue et la véritable histoire racontée. J’ai d’abord présenté un court-métrage à Sundance en 2006. Sous l’impulsion de David Koh, j’en ai fait un long métrage.J’ai vécu un incroyable voyage à travers les entretiens réalisés auprès de ceux qui ont connu Jean-Michel, un voyage à travers une période et un lieu incroyables : le New York des années 80. Ce film est un portrait très personnel et intime d’un artiste et de mon ami. Il était un artiste incroyable qui a vécu sa vie pleinement, est mort trop jeune, et a laissé derrière lui une somme incroyable de travail.

La scène New-yorkaise 1978-1982, par Glenn O'brien

Je crois que 1960 aura été une excellente année pour naître à New York. C’était le début de la “New Frontier“, le programme de réforme de John Fitzgerald Kennedy. On était sur le seuil des “Swinging Sixties“ et à l’exception peut-être de Londres, il n’y avait pas d’autre endroit sur terre où ça balancerait plus fort qu’à Gotham City. La ville de la Beat Generation et de l’expressionnisme abstrait s’apprêtait à vivre un nouveau changement de décor. C’était maintenant le Pop Art, un mouvement qui modifierait la façon dont les gens voyaient le monde, et son irrévérence futée, sa dégaine de petit malin et son argot funky de Broadway allaient offrir une alternative vitale à la conscience cosmique des hippies de Californie. Tout ça, si vous étiez né en 1960, aurait déjà disparu dans les brumes de l’histoire, mais vous marcheriez au milieu des ruines de cette révolution sauvage et ce serait bien.