Notes de Prod. : Jennifer's Body

    en DVD le 24 Février 2010

Mangeuses d'hommes

Comme dans Juno, Diablo Cody donne à Jennifer’s body un ton décalé basé sur des dialogues vifs et une observation très pertinente de la culture pop. Elle sait comme personne explorer l’univers périlleux de l’adolescence. Elle confie : « J’ignore pourquoi les ados sont une telle source d’inspiration pour moi. Ils m’intéressent, tout simplement. Je suis fascinée par leur langage, leur culture. Les adolescents errent dans une sorte de purgatoire. Ils ne sont plus des enfants, mais ils n’ont aucune responsabilité d’adulte. Ils se confrontent simplement à l’existence, avec des émotions d’une intensité presque sauvage. »
Jason Reitman se souvient : « Nous étions en pleine « folie Juno » à l’époque des prix lorsque j’ai lu le scénario de Jennifer’s body. J’étais impatient de le lire car Diablo et moi adorons le genre horrifique. Je ne manque jamais la sortie d’un film d’horreur ; j’en ai vu plus que des comédies. Je suis resté scotché par le scénario de Jennifer’s body parce qu’il a su à la fois m’effrayer et me faire rire. »
Selon Jason Reitman, allier horreur et humour n’a rien d’incompatible. Il s’explique : « Les deux genres sont extrêmement proches. Le scénariste manipule le public pour arriver à ses fins. Vous pouvez vous asseoir devant un drame et rester impassible. Mais celui qui écrit une comédie ou un film d’horreur est quelqu’un qui veut vous amener à un comportement précis : au rire ou à l’effroi. »
Diablo Cody explique que, même si elle n’a jamais rencontré de Jennifer, elle a toutefois croisé bon nombre de filles qui « dévoraient » leur entourage. Elle plaisante : « Je pense que « mangeuse d’hommes » est le terme approprié, au sens littéral… »
Elle reprend : « Ce film évoque les rivalités haineuses entre filles, la sexualité, la perte de l’innocence… Il soulève même une réflexion politique si l’on observe la réaction des autorités et les comportements sociaux face à ces tragédies que sont les morts violentes de plusieurs jeunes hommes. Ceux ou celles qui osent émettre un avis différent de la version officielle sont aussitôt montrés du doigt. Mais il s’agit avant tout d’un film léger – un divertissement, un film popcorn. »
Jason Reitman intervient en souriant : « Je me suis aperçu que tous les types de garçons étaient représentés dans le film : le costaud de service, le gentil ringard, le gothique… Diablo prend peut-être une revanche sur les jeunes hommes de son passé. Dans Juno, elle exprimait son besoin d’amour ; ici, c’est un désir de vengeance... »

Pour Jennifer’s body, Jason Reitman et ses associés sur JUNO, Mason Novick et Daniel Dubiecki, se sont à nouveau réunis, cette fois autour de la réalisatrice Karyn Kusama. Jason Reitman explique : « Depuis le début, nous souhaitions confier la réalisation du projet à une femme. Nous voulions donner une nouvelle dimension au genre. C’est un film d’horreur vu sous un angle totalement féminin : le personnage principal est une femme, de même que le réalisateur et l’auteur. J’admirais le travail de Karyn depuis que j’avais vu Girlfight au Festival de Sundance en 1999, et j’étais particulièrement enthousiaste à l’idée de notre collaboration ».
Diablo Cody se souvient : « Nous avons auditionné beaucoup de réalisateurs, et puis j’ai rencontré Karyn dans un hall d’hôtel, et cinq minutes ont suffi à me donner envie d’appeler les producteurs pour leur dire : « Engagez cette femme sur-le-champ ! » J’étais emballée. Elle avait tout compris du scénario et j’étais bluffée. »
Karyn Kusama se souvient : « J’ai tout de suite adoré le scénario : il m’évoquait ma propre adolescence et mes années lycée. Il me rappelait notamment certaines amitiés féminines obsédantes et sans doute un peu néfastes. C’est une histoire très forte aux personnages riches et nuancés, qui prend à contre-pied les conventions habituelles du genre horrifique. J’étais ravie de pouvoir travailler sur un projet aussi original et frais. »
Elle poursuit : « Jennifer’s body évoque le passage de l’enfance à l’âge adulte. Chacun doit apprendre à repérer les forces négatives, à faire ses propres choix et à se défendre seul. Je pense que l’horreur du film ne repose pas sur l’apparition de démons, la vue du sang ou des viscères. Ce qui est vraiment effrayant, c’est de constater à quel point les adolescents peuvent se montrer cruels et blessants entre eux. »

Jennifer’s body est aussi l’histoire de deux amies d’enfance, Jennifer et Needy, dont les chemins sont sur le point de se séparer. Diablo Cody développe : « Psychologiquement, elles ont beaucoup évolué et n’ont plus rien en commun. Needy est effacée, soumise et anxieuse tandis que Jennifer est une vraie bombe, une fille très cool qui dégage beaucoup d’assurance. Pourtant, leur amitié a survécu. Elles sont très proches mais on perçoit nettement leurs tensions et Jennifer traite Needy assez mal. »
L’événement déclencheur du film survient lors d’un concert de rock où Jennifer emmène Needy. L’action se déroule dans un bar de Devil’s Kettle, la petite ville dans laquelle elles ont grandi. Ce soir-là, de sinistres rockers sacrifient Jennifer au démon au cours d’un rite destiné à leur assurer la gloire et le succès. Cependant, le rituel démoniaque va échouer. En effet, pour qu’il fonctionne, Jennifer aurait dû être vierge. Un démon va alors prendre possession d’elle et la pousser à dévorer de jeunes hommes…
Karyn Kusama observe : « Souvent, dans les films d’horreur que l’on a pu voir ces derniers temps, les gens n’ont plus la possibilité d’évoquer leurs propres démons. Or je crois qu’il faut titiller leurs doutes pour qu’ils puissent « vivre » le film. Ici, on leur dit : « Imaginez que la plus jolie et la plus populaire des filles du lycée soit réellement un démon… » L’idée est intéressante et elle peut trotter dans les esprits. Nous avons tous connu ce genre de lycéennes imperméables à la critique et toujours très sûres d’elles. Finalement, ces filles suscitent l’admiration, c’est vrai, mais aussi la crainte. Elles ont quelque chose de négatif… En faire un vrai démon était tentant ! »

Jennifer Check est une fille à la fois belle, pleine d’assurance, téméraire… et monstrueuse. Megan Fox, qui l’interprète, déclare : « Le personnage de Jennifer est drôle, mais se limiter à cette seule dimension aurait été simpliste. Nous lui avons donné plus de profondeur. Elle est superficielle, bien entendu, mais à certains moments, vous la sentez véritablement blessée. Elle n’est pas toujours l’agresseur ou le prédateur. »
Megan Fox s’est engagée à jouer Jennifer très tôt dans la préproduction du film. Le producteur Daniel Dubiecki se souvient : « Diablo et moi étions d’accord là-dessus : s’il existait une personne au monde faite pour le rôle de Jennifer, c’était bien Megan Fox. Nous avons pris un café ensemble et Megan a dit : « J’adore l’histoire. Cette fille, c’est moi. Je sais très exactement comment je vais la jouer ! »
Megan Fox, l’héroïne des blockbusters Transformers et Transformers 2 : La Revanche, déclare : « Ce scénario est de loin le plus drôle que j’aie lu. Il dresse aussi un portrait des adolescents remarquablement juste. Diablo a vraiment un don pour ça. Il y a peu, j’allais encore au lycée et c’était un vrai cauchemar ! »
Karyn Kusama explique : « Megan est très intéressante car elle renvoie l’image d’une beauté glacée, et c’est précisément la manière dont nous envisagions Jennifer. Le plus impressionnant toutefois, c’est la profondeur qu’elle apporte au personnage. Elle a su exprimer l’assurance, la démesure et la vanité de Jennifer mais aussi ses peines, ses peurs et ses regrets. »
La scène du sacrifice de Jennifer livrée aux mains d’une bande de rockers sataniques est une scène clé, et Megan Fox avoue que c’est celle qui lui a donné le plus de mal pour trouver la juste tonalité de jeu. Elle raconte : « À ce moment de l’histoire, Jennifer est la victime, la proie. La scène a une forte dimension comique mais je l’ai jouée sobrement, au premier degré, comme s’il s’agissait d’un drame. »

Needy, la meilleure amie de Jennifer, est une jeune fille effacée et studieuse qui a toujours vécu dans l’ombre de son amie. Amanda Seyfried, qui l’incarne, explique : « Needy est une fille très intelligente et ouverte mais c’est une suiveuse. Jennifer a une emprise psychologique sur elle. C’est une fille superbe qui séduit tout le monde. L’assurance de Jennifer rabaisse Needy, mais cette dernière se sent à l’aise dans l’ombre de son amie. Elles ont toujours fonctionné de cette façon, elles sont loyales l’une envers l’autre et c’est important pour Needy de se sentir acceptée par Jennifer. »
Elle plaisante : « Vous allez vous précipiter sur ce film parce que d’abord, Megan Fox et moi nous nous embrassons fougueusement, ensuite parce que Megan se balade en sous-vêtements et enfin, parce que… Megan Fox et moi nous nous embrassons ! »
Karyn Kusama remarque : « Amanda a un visage très expressif qui peut demeurer parfaitement immobile et je trouve ça absolument craquant. Ses yeux expriment tant de choses… »
Diablo Cody ajoute : « Dans la vie, Needy se montre souvent trop hâtive. Cependant, elle analyse les choses de façon très logique et pragmatique. On la voit rassembler les pièces du puzzle, affronter la terrible réalité et essayer de comprendre ce qui arrive à sa meilleure amie. La tâche n’est pas évidente et c’est merveilleux de voir Amanda jouer ce rôle. »
Megan Fox et Amanda Seyfried se sont rapidement très bien entendues. Elles ont beaucoup ri durant les scènes de carnage et d’action. Megan Fox confie : « J’adore Amanda. Elle est drôle. Elle passe son temps à faire des réflexions complètement décalées ce qui m’amuse beaucoup. »
Johnny Simmons, qui incarne Chip, le petit ami de Needy, plaisante : « Je n’ai jamais rencontré personne comme ces deux-là. Elles ne pratiquent pas l’autocensure. Il fallait s’accrocher pour les suivre ! »
Quand elle réalise que Jennifer dévore les lycéens, Needy se confie à Chip. Johnny Simmons observe : « Lorsque votre copine vous annonce qu’une de ses amies est possédée et qu’elle mange des types, on répond : ‘Écoute, je t’aime, mais tu es complètement dingue !’ C’est la première chose qui vient à l’esprit. »

Adam Brody interprète Nikolai, le chanteur du groupe de rock Low Shoulder. Afin de devenir une star, il décide d’offrir Jennifer en sacrifice au démon. Daniel Dubiecki note : « Avec le personnage de Nikolai, Adam se révèle dans un registre inhabituel dans lequel personne ne l’attendait, pas même lui, mais ses instincts le servent remarquablement. Nikolai est un sinistre crétin – un type effroyable qui n’agit que pour de mauvaises raisons – même si au fond, on comprend la confusion qui règne en lui et à quel point le manque de succès le ronge. »
Le groupe de rock est l’élément catalyseur du film. Le producteur Mason Novick confirme : « Ce groupe déclenche l’enchaînement des événements qui vont suivre. »

Le casting de Jennifer’s body compte également l’acteur vétéran J.k. Simmons (Juno, Spider-man), qui joue M. Wroblewski, un professeur du lycée de Kettle High qui arbore un bras prosthétique muni d’un crochet. Diablo Cody explique : « J’ai inventé cette prothèse afin de suggérer l’effroyable passé de M. Wroblewski. Les films d’horreur sont souvent effrayants parce qu’ils suggèrent un malaise en noircissant les éléments du quotidien. »

De la même façon, la bande originale composée par Theodore Shapiro et Stephen Barton est un atout clé de Jennifer’s body. Elle regroupe une liste de morceaux inédits des plus grands artistes labélisés FBR (Fueled By Ramen), incluant Cobra Starship, Hayley Williams et Panic At The Disco, avec son premier single « New Perspective ». Cette bande originale concentre un véritable bottin mondain de jeunes artistes en pleine ascension tels que Silversun Pickups, All Time Low, Little Boots, Black Kids, Florence and The Machine et Lissy Trullie, de même que des icônes du rock alternatif comme Dashboard Confessional et Hole, dont le classique « Violet » sera inclus en bonus de l’édition Deluxe. La B.O.F de Jennifer’s body a été produite par le prestigieux superviseur musical Randall Poster (Very Bad Trip, Les Noces Rebelles).

Notes de production autour de Jennifer’s body

Une ville comme garde-manger
Quelle que soit la violence des scènes, l’équipe s’est efforcée d’insuffler au film un aspect très réaliste et naturel. Karyn Kusama explique : « J’aime bien évidemment qu’un film ait une belle esthétique. Néanmoins, il était crucial d’apporter une réelle crédibilité aux décors. Même si certaines choses ont été – habilement, je l’espère – exagérées, tout ce que nous avons filmé repose sur une réelle authencité. »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 691 entrées
  • 1er jour IDF : 8 472 entrées
  • 1ère semaine IDF : 67 496 entrées
  • Cumul IDF : 122 628 entrées

  • 1ère semaine France : 175 555 entrées
  • Cumul France : 320 961 entrées