Notes de Prod. : Jennifer's Body

    en DVD le 24 Février 2010

Notes de production autour de Jennifer’s body

Une ville comme garde-manger
Quelle que soit la violence des scènes, l’équipe s’est efforcée d’insuffler au film un aspect très réaliste et naturel. Karyn Kusama explique : « J’aime bien évidemment qu’un film ait une belle esthétique. Néanmoins, il était crucial d’apporter une réelle crédibilité aux décors. Même si certaines choses ont été – habilement, je l’espère – exagérées, tout ce que nous avons filmé repose sur une réelle authencité. »
Le chef décorateur Arv Greywal raconte : « Lors de notre première entrevue, Karyn et moi avons discuté de la manière d’atteindre le paroxysme de l’horreur dans un univers aussi quelconque que celui du Midwest. Lors d’une mission de repérage pour des lieux de tournage, nous avons découvert une piscine littéralement envahie par les plantes grimpantes. Nous avons repris l’idée et des milliers de plantes courent sur le décor de notre piscine. »
La nature constitue un des thèmes visuels dominants du film. On observe des papiers peints à motifs de plantes dans les chambres des filles, une forêt artificielle d’arbres dénudés à l’école de danse, une souche d’arbre recouverte servant d’autel sacrificiel… Selon M. David Mullen, le directeur de la photographie, « la nature symbolise la force sauvage et incontrôlable, le surnaturel ; une pulsion primitive qui imprègne le film. Nous sommes plongés au cœur d’une nature indomptée, ce qui apporte au film un petit côté féerique. »

De même, les sinistres cours de sciences naturelles annoncent les macabres expériences à venir. Arv Greywal, devenu chef décorateur sur Land Of The Dead (le Territoire Des Morts) du maître de l’horreur George Romero, souligne : « Dans la classe de biologie des filles, on aperçoit des maquettes de poumons et d’intestins humains. On voit également un opossum flotter dans un bocal de formol. Dans le film, certains éléments de décors sont directement inspirés des grands classiques de l’horreur. À la piscine par exemple, on retrouve un tas de vieilleries et d’objets qui sont des clichés de films fantastiques : berceaux, fauteuils roulants, miroirs brisés, chandeliers… »
Une sensibilité décalée et un humour varié sont des éléments clés du film. David Mullen explique : « Nous avons manié l’humour pince-sans-rire et l’humour macabre ; nous sommes passés du comique de dialogue au comique de situation ; nous avons joué avec les décors et avec l’image elle-même. Durant le film, nous progressons du naturalisme vers l’expressionisme. À mesure que les choses empirent pour les personnages, les éclairages baissent en intensité et les contrastes se veulent plus marqués. La nature irréelle des événements permet cette liberté visuelle. »

Le monstre est lâché

Au fil de l’histoire, la radieuse Jennifer laisse la place à une créature blafarde et souffreteuse. Pour se préparer au rôle, la splendide Megan Fox au teint hâlé a dû éviter les salles de sport et le soleil durant quelque temps. Elle se souvient : « Au sortir du tournage de Transformers, j’étais en pleine santé. Je faisais beaucoup d’exercice et j’allais souvent à la plage. Pour Jennifer's body, j’ai mis un terme à mes sorties de façon à m’approcher du teint pâle et démoniaque de Jennifer. Je ne quittais plus ma maison. Et progressivement, j’ai commencé à lui ressembler. »
Lorsque Jennifer mange, son visage se déforme de manière hideuse. L’effet est obtenu grâce à une série de plans qui marient l’utilisation de maquillages spéciaux et de prothèses et les effets visuels.
Le superviseur des effets visuels Erik Nordby explique : « Lorsqu’elle attaque ses victimes, sa mâchoire se désaxe et ses joues se déchirent, laissant apparaître une « bouche » truffée de dents. Sachant qu’il fallait faire le maximum de choses à la caméra, nos maquilleurs Greg Nicotero et Mike Fields ont pris l’initiative créative de cette séquence. Ils en ont conçu le design global à partir duquel nous avons basé notre approche. La séquence est constituée d’une série de prises cumulées, chacune remplissant un rôle particulier dans les images finales. »
Mike Fields, maquilleur effets, explique : « Megan a des dents comme des crocs lorsqu’elle se nourrit. Nous avions une doublure équipée d’une extension de mâchoire et d’une prothèse de cou qui imitait les mouvements de Megan sur une prise séparée. Cette prothèse était peinte en vert de façon à retravailler son aspect en postproduction. Enfin, je suis intervenu avec la tête prosthétique pour un plan référence afin d’obtenir des effets visuels la meilleure articulation possible de la mâchoire ».

Mangeuses d'hommes

Comme dans Juno, Diablo Cody donne à Jennifer’s body un ton décalé basé sur des dialogues vifs et une observation très pertinente de la culture pop. Elle sait comme personne explorer l’univers périlleux de l’adolescence. Elle confie : « J’ignore pourquoi les ados sont une telle source d’inspiration pour moi. Ils m’intéressent, tout simplement. Je suis fascinée par leur langage, leur culture. Les adolescents errent dans une sorte de purgatoire. Ils ne sont plus des enfants, mais ils n’ont aucune responsabilité d’adulte. Ils se confrontent simplement à l’existence, avec des émotions d’une intensité presque sauvage. »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 691 entrées
  • 1er jour IDF : 8 472 entrées
  • 1ère semaine IDF : 67 496 entrées
  • Cumul IDF : 122 628 entrées

  • 1ère semaine France : 175 555 entrées
  • Cumul France : 320 961 entrées