Notes de Prod. : Juno

    en DVD le 27 Août 2008

La genèse du film

Mais qui est Juno ?

Imaginée par la romancière et scénariste Diablo Cody, Juno est un personnage qui détonne dans l’univers du film pour ados.
Avec son sens de l’humour et son aplomb hors du commun, elle n’hésite pas à raconter à sa meilleure amie Leah comment elle a perdu sa virginité ou à annoncer à ses parents qu’elle est enceinte !
Avant d’écrire son scénario, Diablo a visionné plusieurs films d’ados récents et constaté qu’il n’existait pas de personnage tel que Juno – autrement dit, une jeune fille d’apparence timide, mais qui n’a pas la langue dans sa poche... « J’étais chez moi, dans le Minnesota, et je me disais qu’il fallait que j’écrive une histoire que je n’ai pas déjà vue cent fois,» précise Diablo. «Tout ce que j’ai vu manquait totalement d’originalité. »
La scénariste se plongea alors dans ses propres souvenirs de jeunesse. « Ecrire l’intrigue et imaginer la psychologie des personnages, tout cela m’est venu sans effort » ajoute-t-elle. «C’était un vrai jeu d’enfant. Pour moi, Juno est un prolongement de moi-même.»
Mais la protagoniste est également nourrie des conversations et des situations dont Diablo a été témoin quand elle était adolescente.

Un des points forts de Juno tient à l’humour caustique des dialogues du film, inspirés en grande partie par l’expérience de la scénariste. « Mes copines et moi, on était comme Juno et Leah. On parlait de sexe tout le temps. Il y a une scène où Leah raconte qu’elle a fait l’amour avec son petit copain, et qu’elle le chevauchait parce que c’était plus facile pour elle d’avoir un orgasme dans cette position. C’est une conversation que j’ai réellement eue avec une copine à moi quand on avait 16 ans. Cela peut sans doute en choquer certains, mais c’est tout à fait véridique. »
Mais le film ne se contente pas d’évoquer la sexualité des adolescents. Pour Ellen Page, qui interprète la protagoniste, Juno est une jeune fille pas comme les autres : « C’est un rôle d’ado extrêmement bien écrit, ce qui n’est pas si banal. Elle est à la fois directe et originale, très loin des stéréotypes, ce qui est formidable pour une comédienne. J’ai essayé de m’identifier à elle et de rendre sa manière de s’exprimer et ses rapports aux autres les plus authentiques possibles. C’est en faisant confiance aux gens avec qui j’ai travaillés que je crois y être arrivée.»

La naissance de Juno

C’est le producteur Mason Novick qui, le premier, repère un blog sur Internet, animé par Diablo Cody. Il est aussitôt séduit par le style de la romancière, à la fois drôle, sincère et totalement en phase avec l’époque actuelle.
« En tant que producteur, je lis beaucoup de scénarios censés être drôles, mais qui sont en général assez déplorables,» explique Novick. «Du coup, pendant six mois, j’ai lu son blog et cela m’a fait rire. Je l’ai alors appelée à l’improviste et je lui ait dit que j’étais producteur, que j’habitais à Los Angeles, que j’avais lu son blog quotidiennement et que cela m’avait fait rire. Je lui ai demandé si elle avait jamais envisagé d’écrire un scénario. Et elle m’a répondu qu’elle y avait pensé, mais qu’elle ne s’y était jamais vraiment attelée. »
En revanche, elle avait écrit un livre intitulé « Candy Girl : A Year in the Life of an Unlikely Stripper ». Novick envoie alors un exemplaire du roman à un agent littéraire new-yorkais qui, à son tour, le fait parvenir à Gotham Books. «A ce stade, nous en étions à évoquer une adaptation cinématographique de Candy girl » précise Novick. « J’ai indiqué à Diablo qu’il lui faudrait rédiger un premier jet du scénario afin que les studios voient ce dont elle était capable. Quelques mois plus tard, elle m’a rappelé pour me dire que la première mouture était prête et elle me l’a envoyée. Je l’ai lue d’un seul trait et j’ai été époustouflé.
La version finale du scénario est très proche de cette première mouture, ce qui est rarissime. L’histoire et les personnages m’ont immédiatement semblé d’une force peu commune.»

Jennifer Garner, qui campe Vanessa Loring, a eu la même réaction en lisant le scénario : «On ne peut s’empêcher de plonger totalement dans le monde de Diablo Cody. J’ai aussitôt été séduite,» indique l’actrice. « Tout comme Napoleon Dynamite a inventé son propre univers et sa propre langue, Juno a son propre monde – moins potache mais plus émotionnel .»
Diablo Cody s’est déclarée enthousiaste à l’idée que Jason Reitman ait souhaité porter son scénario à l’écran. « Je ne m’y attendais pas » dit-elle, « et c’est la raison pour laquelle j’ai été aussi enchantée d’apprendre qu’il était intéressé, car je trouve que Thank You For Smoking prouve qu’il est un metteur en scène de grand talent. Je peux dire que lorsque Jason Reitman s’est approprié le scénario, je me suis sentie parfaitement rassurée : il ne m’a pas déçue. »
Novick ajoute que le film est tout entier ancré dans la réalité contemporaine : «Diablo a su formidablement cerner la langue des jeunes et la manière dont les adultes s’expriment en leur présence, et elle réussit à croquer des personnages dans leur propre univers sans que cela n’ait jamais l’air forcé. C’est grâce à son style bien particulier que Juno n’est pas un film qui s’adresse aux ados avec condescendance.»

Des choix audacieux pour le casting

Il s’agissait de dénicher une comédienne à qui le public pouvait s’identifier, en l’acceptant avec ses qualités et ses défauts.
Jason Reitman était convaincu qu’Ellen Page – qui s’est fait connaître pour son rôle de redoutable manipulatrice dans Hard Candy – s’imposait d’emblée pour le film.
« Quand on travaille avec de grands comédiens, on n’a envie que d’une chose : les laisser s’approprier l’histoire et la raconter à leur façon. Ellen a un visage extraordinairement expressif, qu’elle utilise avec beaucoup de nuances. Si je lui donne une centaine de consignes par prise, elle les intègre à son jeu à la perfection » explique le réalisateur.
« Beaucoup de comédiens sont d’excellents imitateurs, ou ce sont des acteurs formés à la « méthode » de l’Actor’s Studio qui se documentent pas mal sur leur rôle, ou bien encore ils sont naturellement séduisants » ajoute Jason Reitman qui compare Ellen Page à Meryl Streep. « Ce qui est formidable avec Ellen, c’est qu’elle sait instinctivement ce que Juno pourrait dire, faire ou ressentir à n’importe quel moment, et elle entre dans la peau du personnage pour en sortir l’instant d’après à volonté. C’est très impressionnant. »

Ses partenaires sont tous admiratifs : « Elle est hallucinante » signale Jennifer Garner. Quant à Allison Janey, elle note : « Elle me fait penser à Audrey Hepburn quand elle était jeune. Elle est incroyablement féminine tout en incarnant un personnage dur et distant. Elle est intrépide. »
Pour Jason Bateman, le film aurait pu sombrer avec une comédienne autre qu’Ellen Page. « Elle est toute en retenue et c’est elle qui donne le tempo à ses partenaires » déclare-t-il.
Le fait qu’Ellen Page soit tombée amoureuse de son personnage y est sans doute pour beaucoup. « J’avais tellement envie d’interpréter ce personnage qu’elle a fini par m’impressionner. Le scénario est très percutant ».
Elle est bien consciente que sa carrière a fait un bond en avant grâce à Hard Candy : « J’ai vraiment eu beaucoup de chance ces derniers temps. J’ai eu l’occasion d’incarner des personnages très différents, ne serait-ce que cette année ». Nul doute que la diversité de ses rôles ne s’arrêtera pas là...

Les personnages

Les Loring : les parents adoptifs

Au premier coup d’œil, les Loring pourraient sembler comme l’archétype du couple modèle vivant dans une belle maison d’un quartier de banlieue résidentielle. Pourtant, ils sont beaucoup moins caricaturaux qu’il n’y paraît tout d’abord.

L’univers du film

Le monde de Juno

« Le film avance au rythme des saisons – automne, hiver, printemps » confie Jason Reitman, « car elles ponctuent les trois trimestres de la grossesse de Juno ».
Lorsqu’on l’interroge sur la palette de couleurs – des tons bordeaux et or des tenues de sport de Dancing Elk aux feuillages de l’automne et aux couleurs chatoyantes du printemps –, Jason Reitman explique que le choix des couleurs offre un éclairage sur les personnages.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 679 entrées

  • 1ère semaine France : 182 134 entrées