Notes de Prod. : Juno

    en DVD le 27 Août 2008

L’univers du film

Le monde de Juno

« Le film avance au rythme des saisons – automne, hiver, printemps » confie Jason Reitman, « car elles ponctuent les trois trimestres de la grossesse de Juno ».
Lorsqu’on l’interroge sur la palette de couleurs – des tons bordeaux et or des tenues de sport de Dancing Elk aux feuillages de l’automne et aux couleurs chatoyantes du printemps –, Jason Reitman explique que le choix des couleurs offre un éclairage sur les personnages.
« J’ai utilisé des tons chauds, du brun et de l’ocre, pour les protagonistes de Thank You For Smoking afin qu’ils tranchent dans l’univers clinquant d’Hollywood, aux antipodes de l’environnement de Nick Naylor. Le sénateur progressiste du Vermont portait des tenues vertes etc. » ajoute-t-il.
Quand Jason Reitman évoque la gamme de couleurs qu’il a choisie pour le début du film – « les scènes où Juno emmitouflée dans son sweat-shirt rouge à capuche arpente un monde tout en verts sombres et en bruns » –, il reconnaît s’être posé pas mal de questions sur cette séquence au cours de laquelle la jeune fille semble envisager de se suicider.
« Je me suis vraiment interrogé sur la pertinence de cette séquence dans le scénario : je me suis demandé ce que cette scène pouvait bien apporter au tout début d’une comédie, mais au moment du tournage, j’ai senti que je devais montrer à toute l’équipe que je savais ce que je faisais. Il nous fallait un arbre et un très, très long lacet de réglisse rouge, qu’on a fait faire, mais au fond de moi, je n’étais pas encore tout à fait convaincu. Mais Ellen a eu une idée qui a tout changé : elle croque la réglisse et, tout d’un coup, cela semble logique. A un moment donné, Juno a envie de mourir et puis, l’instant d’après, elle redevient une ado – et ces revirements sont à l’image de la plupart des décisions qu’elle prend dans le film. On croit que c’est une fille au bout du rouleau, et puis, sans prévenir, elle nous fait rire ! »

Le chef décorateur Steve Saklad, qui a déjà collaboré avec Jason Reitman sur Thank You For Smoking, s’est vu confier la mission de « créer l’espace intime de trois jeunes de 16 ans, très différents les uns des autres, le décor de la maison des parents de Juno dont chaque objet, accumulé depuis des années, révèle la simplicité de leur mode de vie et l’univers de Vanessa et Mark Loring, en partant du principe que Vanessa a sans doute lu le moindre magazine de décoration qui existe et qu’elle a essayé de les imiter de son mieux. »
La chef costumière Monique Prudhomme a apporté le même soin dans la confection des tenues des Loring, et tout particulièrement pour la scène où Juno et son père – ainsi que le spectateur – font la connaissance du couple.
« Vanessa s’habille avec beaucoup de goût, ses tenues sont simples mais trahissent une certaine maniaquerie. Elle a un style classique et tiré à quatre épingles et elle porte des chemisiers stricts. Jennifer Garner a une très belle mâchoire et c’est vraiment intéressant de s’en servir car elle apporte une certaine sévérité à son personnage, surtout au début du film. C’est pour cela que Jason Bateman porte un pull bleu tout aussi classique, qui fait écho à la tenue de Vanessa : on comprend qu’on lui fait jouer un rôle qui ne correspond pas à sa vraie nature, ce qui va cristalliser le conflit au sein du couple. Par la suite, le spectateur remarquera sans doute que son style vestimentaire se rapproche de celui de Juno. »

Lorsque la caméra s’aventure à l’extérieur – par exemple sur le terrain d’athlétisme du lycée de Dancing Elk –, on ressent presque l’air glacial nous transpercer les os.
Tandis que Juno arpente la cafétéria et les couloirs du lycée, la caméra la suit de très près, installant un sentiment claustrophobique qui va crescendo au fur et à mesure qu’elle se rapproche du terme de sa grossesse.
Jason Reitman s’est inspiré des habitudes d’adolescents qu’il a observés pour l’une des scènes du film. C’est ainsi qu’au moment des repérages dans un lycée, il a surpris un couple de jeunes, assis derrière la vitrine des trophées de l’établissement, qui discutaient entre deux cours.
Du coup, Jason Reitman a souhaité reproduire cette situation pour une scène de conversation entre Juno et Leah, alors que, dans le scénario, les deux jeunes filles étaient censées discuter en marchant. Un observateur attentif ne manquera pas de remarquer que l’utilisation de la vitrine de trophées rappelle les images façon diaporama qui ponctuent la fin de Thank You For Smoking.
Enfin, il faut évoquer le générique de début, créé par les studios Shadowplay. Pour y parvenir, la société a filmé des images peintes à la main avec une caméra à grande vitesse, puis les a montées en animation image par image. C’est également Shadowplay qui a imaginé le générique de Thank You For Smoking, inspiré par d’authentiques paquets de cigarettes.
« J’ai fait la connaissance des animateurs de Shadowplay dans un festival de cinéma au Japon où nous avions tous des courts métrages en compétition » précise Jason Reitman. «Leur film s’appelait The Sky Is Falling, et j’adore ce qu’ils font ».

Le parcours de Juno

On peut avoir des points de vue très contrastés sur le parcours de Juno MacGuff. Cependant, on ne peut qu’être séduit par son charme et son appétit de la vie, quoi qu’on pense par ailleurs de la grossesse à l’adolescence.
La scénariste Diablo Cody estime que le film suscitera sans doute des débats sur la position qu’adopte Juno sur la question de la grossesse à l’adolescence : « C’est un sujet brûlant. On peut considérer qu’il s’agit d’un hymne à la vie qui milite contre l’avortement, ou bien on peut le voir comme un film sur une jeune fille libérée qui prend une décision pour préserver sa liberté. Ou encore, on peut voir Juno comme une histoire d’amour contrariée, une sorte de méditation sur la maturité » déclare Cody en soulignant que l’intrigue et la psychologie des personnages vont bien au-delà de la question de la grossesse à l’adolescence.
« Le film soulève pas mal de questionnements sur l’amour, la liberté, le mariage et notre but ultime dans la vie ». Pour autant, Allison Janney estime que le film ne cherche pas à asséner un message : « Le film ne tente pas de faire passer un message politique. Il raconte simplement l’histoire d’une jeune fille qui tombe enceinte par accident et qui prend sa vie en main. Le fait que le film ne tente pas de défendre une thèse me plaît ».

Au final, c’est le parcours de Juno qui a le plus fasciné Ellen Page. « Elle s’embarque dans une aventure semée d’embûches » conclut-elle. « Elle se fait une idée de l’âge adulte, comme c’est souvent le cas à l’adolescence où on est coincé entre deux mondes. Et elle réussit à aller jusqu’au bout du chemin qu’elle s’était tracé ».

La genèse du film

Mais qui est Juno ?

Imaginée par la romancière et scénariste Diablo Cody, Juno est un personnage qui détonne dans l’univers du film pour ados.
Avec son sens de l’humour et son aplomb hors du commun, elle n’hésite pas à raconter à sa meilleure amie Leah comment elle a perdu sa virginité ou à annoncer à ses parents qu’elle est enceinte !

Les personnages

Les Loring : les parents adoptifs

Au premier coup d’œil, les Loring pourraient sembler comme l’archétype du couple modèle vivant dans une belle maison d’un quartier de banlieue résidentielle. Pourtant, ils sont beaucoup moins caricaturaux qu’il n’y paraît tout d’abord.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 679 entrées

  • 1ère semaine France : 182 134 entrées