Sam Raimi a longtemps été occupé par la trilogie
Spider-man qui a connu le succès que l’on sait, mais il n’attendait qu’une chose : revenir à son genre de prédilection, plus riche de l’expérience acquise sur les trois blockbusters. Et ce sont directement nos nerfs qui en souffrent ! Jamais Raimi n’a autant maîtrisé les thèmes et les moyens techniques pour raconter les histoires dont il a le secret. Pour son retour au film de genre après 16 ans d’attente, il nous entraîne sur les pas d’une jeune femme, Christine, spécialiste en crédit immobilier, à qui l’on reproche d’être trop gentille... Pour redorer son image auprès de son patron, elle va refuser le dossier d’une étrange vieille femme, Mme Ganush. Pas de chance pour Christine : sa cliente est très en colère et elle a le pouvoir de communiquer avec les démons. La vieille femme va transformer la vie de Christine en enfer, et ce n’est pas une image...Remarquée dans
Les Associés de Ridley Scott où elle jouait la fille de Nicolas Cage,
Alison Lohman incarne la pauvre Christine. L’actrice raconte : « D’habitude, je n’étudie même pas les propositions de films d’horreur, mais lorsque cela vient de
Sam Raimi, vous savez qu’il y aura bien plus que de la simple terreur. Il sait plonger des personnages attachants dans des situations qui les poussent au bout d’eux-mêmes. Ses films sont des chefs-d’œuvre de précision, d’émotion et d’intensité. Ici, il réussit même l’exploit d’associer certains moments d’humour noir à une peur primitive qui vous saisit forcément. C’est remarquable ! »
Sam Raimi et son frère Ivan ont écrit la première ébauche de
Jusqu'En Enfer voilà plus de dix ans.
Ivan Raimi explique : « Les malédictions nous ont toujours fascinés, et à l’époque nous adorions imaginer ce qui pourrait arriver à une personne normale si elle était maudite. »
Dans
Jusqu'En Enferr, des forces surnaturelles se déchaînent contre une employée de banque, Christine Brown. Après quelques recherches, les frères Raimi ont choisi de s’inspirer d’une légende existante : la malédiction de la Lamia.
Ivan Raimi raconte : « Les légendes liées à cette créature diffèrent un peu selon les cultures, mais toutes en parlent comme d’un démon qui, quand on réveille sa colère, vous emporte en hurlant au plus profond des enfers. » Pour plonger les spectateurs dans une expérience terrifiante dans la lignée des meilleurs films de maison hantée, Sam et
Ivan Raimi ont écrit un scénario qui suit et adopte le point de vue de leur personnage principal. A l’exception des premières secondes du film, Christine est présente dans toutes les scènes de
Jusqu'En Enfer, permettant ainsi aux spectateurs de ressentir la panique et le désespoir sans cesse croissants qui s’emparent d’elle en découvrant toute l’horreur de son destin. Pour aider le public à s’identifier au personnage, les frères Raimi ont créé un personnage accessible, humain jusque dans ses failles.
Ivan Raimi note : « Comme tout le monde, Christine essaye d’obtenir un peu d’avancement à son travail. Ce n’est pas une héroïne qui raisonne en termes de bien ou de mal, seulement une personne tout à fait normale qui rencontre au quotidien les mêmes problèmes que vous et moi. C’est ce qui la rend très intéressante. Le châtiment qu’elle subit dépasse de loin la faute qu’elle a commise et on souhaite du coup qu’elle s’en sorte. C’est ce qui rend son histoire aussi angoissante et passionnante. »
David Paymer, l’interprète de Mr Jacks, le patron de Christine, observe : « Ce qui arrive à Christine pourrait arriver à n’importe qui. C’est un des ressorts sur lesquels
Sam Raimi s’appuie dans ses films pour créer un lien entre le public et ses personnages. Ce sont tous des individus qui vivent comme vous et moi jusqu’à ce que quelque chose d’étrange leur arrive, comme une araignée qui les mord ou une vieille dame qui leur lance une malédiction ! » La présence de Clay, le petit ami rationnel de Christine, contrebalance la peur et le surnaturel contenus dans le scénario.
Ivan Raimi commente : « L’amour de Clay pour Christine pèse plus lourd que ce que son esprit lui dit de croire ou de ne pas croire. Par amour pour elle, il est capable de tout sacrifier. »
Le producteur
Grant Curtis raconte : « C’est bien plus qu’un simple film d’horreur ou un thriller surnaturel. Grâce au formidable talent de conteur de Sam, les personnages sont suffisamment intéressants pour toucher les gens et les impliquer dans l’histoire. Dans tous ses films, les personnages sont toujours captivants. » Le spécialiste des maquillages spéciaux Greg Nicotero, qui a collaboré avec
Sam Raimi sur plusieurs films, déclare : « Cela peut paraître surprenant, mais j’ai été frappé par le charme et la douceur de cette histoire. Christine n’est qu’une jeune femme qui essaye d’avancer dans la vie, elle a un petit ami dont les parents ne la comprennent pas, une opportunité de décrocher un nouveau poste, et soudain elle se retrouve face à une petite vieille qui la supplie de lui accorder un prêt supplémentaire. J’ai trouvé cela très touchant parce que je serais aussi désemparée qu’elle dans la même situation. »
Malgré le grand intérêt de
Sam Raimi pour ce conte moral, d’autres projets sont passés en priorité, dont la trilogie
Spider-mansur laquelle le réalisateur a travaillé sept ans, et ce projet a été mis en attente. Cette longue gestation a finalement joué en faveur de
Jusqu'En Enfer.
Grant Curtis raconte : « C’était le bon moment, Sam avait une fenêtre dans son emploi du temps, et il m’a dit : « Tu sais quoi ? J’ai toujours voulu revenir à mes racines et refaire un film d’horreur. Et j’ai justement une histoire. » Ghost House Pictures et le partenaire de
Sam Raimi,
Rob Tapert, décidèrent alors de produire le film avec
Grant Curtis. Rapidement, Mandate Pictures s’associa au projet et signa pour financer le film avec
Nathan Kahane et Joseph Drake comme producteurs exécutifs.