Greg Nicotero, un des associés de KNB Effects Group, a collaboré avec
Sam Raimi sur plusieurs de ses films en tant que spécialiste des maquillages spéciaux. Les deux hommes se sont rencontrés en 1986 sur
Evil Dead 2, et ont depuis travaillé ensemble sur plus d’une douzaine de films et productions pour la télévision, dont
Un Plan Simple,
Darkman,
Hercule et
Xena La Guerrière.
Greg Nicotero raconte : « J’étais très heureux que Sam veuille utiliser des effets spéciaux traditionnels. Les effets visuels sont fantastiques, mais ils manquent parfois un peu d’âme par rapport à ce que peut créer une bande de types avec des câbles et des marionnettes. Malgré l’hyper technicité de ses dernières grosses productions, Sam reste un amoureux des effets spéciaux à l’ancienne. »
Parmi les effets crées par Greg Nicotero et KNB figurent les multiples incarnations de Mme Ganush. Greg Nicotero raconte : «
Lorna Raver est une grande actrice. Pour créer les maquillages spéciaux qu’elle porte dans le film, elle est restée immobile des heures entières pendant que nous faisions des moulages de son corps et de son visage. En plus d’avoir fait plusieurs empreintes de son visage avec des expressions différentes, nous l’avons envoyée à Burbank chez une société qui s’appelle Cyber Effects pour la scanner des pieds à la tête et créer des répliques exactes de son corps en trois dimensions. Nous avons aussi scanné l’intérieur de sa bouche, et son visage avec des expressions différentes, la haine, la folie furieuse, et celle d’une horrible sorcière. » Pour jouer son rôle,
Lorna Raver a porté plusieurs dentiers, une lentille de contact, et une prothèse faciale qui porte les traces de sa rencontre avec l’agrafeuse de Christine.
Lorna Raver note : « J’ai été soulagée de constater que le maquillage n’était pas aussi gênant que je le pensais. Les gens de KNB ont fait avec Greg un travail remarquable. Au final je ne portais pas beaucoup de prothèses. Le maquillage ne couvrait pas tout mon visage et ne masquait pas mes expressions. Ils ont juste accentué mes rides et souligné certains traits de mon visage. » Dans certaines scènes, Mme Ganush se manifeste à Christine sous la forme d’apparitions.
Lorna Raver raconte : « J’avais un maquillage de démon plus élaboré dans ces scènes, il couvrait un peu plus mon visage mais cela ne m’a pas gênée parce que mon jeu était dans ces moments-là beaucoup plus appuyé. Je suis vraiment horrible dans ces visions, un véritable cauchemar, mais ce que l’on voit n’est pas vraiment Mme Ganush, c’est la vision qu’en a Christine. »
Une des scènes les plus terrifiantes du film est l’affrontement entre Christine et Mme Ganush dans la voiture de Christine. Comme dans beaucoup d’autres scènes de
Jusqu’en Enfer, les actrices ont fait elles-mêmes leurs cascades dans cette séquence. Après avoir conçu la scène avec des cascadeurs, le coordinateur des cascades
Randy Beckman a appris la chorégraphie à
Lorna Raver et
Alison Lohman.
Randy Beckman raconte : « Nous avons travaillé une journée entière avec elles sur cette scène et elles se sont vraiment données à fond. Christine frappe Mme Ganush dans l’œil avec une agrafeuse et lui donne plusieurs coups de coude dans la mâchoire. La scène est plutôt impressionnante. »
Alison Lohman raconte : « Avec Lorna, nous nous sommes dit qu’il fallait prendre cela au énième degré et ne pas avoir peur d’échanger quelques vrais coups. C’était nécessaire parce que la caméra était si proche que nous ne pouvions pas faire semblant de nous battre, le public l’aurait vu tout de suite. »
Lorna Raver ajoute : « Malgré les répétitions, nous avons eu quelques petits accidents. Alison m’a mis un vrai coup d’agrafeuse... Heureusement qu’elle n’était pas réellement en métal ! »
Randy Beckman observe : « Il fallait être certain que les actrices étaient prêtes et capables de faire la plupart de leurs cascades elles-mêmes. Dans le film, elles font beaucoup de chutes, volent dans les airs et sont projetées plusieurs fois contre les murs et au sol. Elles ont fait tout cela avec beaucoup de courage et sans jamais se plaindre. Elles ont vraiment été formidables. »
Le directeur de la photographie
Peter Deming n’avait pas retravaillé avec
Sam Raimi depuis
Evil Dead 2. Il déclare : « Malgré les années, la communication est toujours aussi bonne entre nous deux. Le cinéma est seulement devenu un peu plus complexe qu’avant. » Pour évoquer la présence de la Lamia,
Peter Deming a utilisé plusieurs techniques comme la réflexion de la lumière sur un film en Mylar secoué par des techniciens, des éclairs, et le vent qui balaye les feuilles dans la rue.
Peter Deming observe : « Sam adore les effets spéciaux des films de série B, ceux qui sont si simples et malgré tout très impressionnants. Il a adoré ce petit vent qui vient de nulle part, la caméra qui bouge et les modulations d’éclairage. »
Peter Deming continue : « Avec Sam, dès le début nous avons choisi de rester au plus près de Christine pendant tout le film. La caméra reste souvent sur son visage. Quand elle montre autre chose, elle revient toujours sur elle pour permettre aux spectateurs de ne pas perdre le contact avec elle, avec ses émotions et ses peurs. »
Les angles de prises de vues étranges, les points de vue inhabituels et le sens de l’humour du réalisateur et coscénariste
Sam Raimi ont aussi contribué à faire de
Jusqu'En Enfer un film aussi effrayant qu’unique. Malgré les innombrables paramètres techniques qu’il devait prendre en compte comme les décors, les axes
caméras, les cascades et les effets et maquillages spéciaux,
Sam Raimi est resté concentré sur son histoire, ses personnages et le jeu de ses acteurs.
Lorna Raver commente : « Sam sait comment désamorcer les tensions qui peuvent devenir gênantes sur un plateau. Le regarder travailler est passionnant. En tant qu’actrice, j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer sous sa direction parce qu’il vous intègre au processus créatif. Sur le plateau, il est toujours très concentré, parfois on a même l’impression de voir le film défiler dans son regard. »
Alison Lohman déclare : « Sam fait attention aux moindres détails avec les personnages, et il a besoin de connaître toutes vos pensées. » Le sens du rythme est capital dans tout bon film d’horreur « à l’ancienne ».
Les blagues, les revirements et les surprises s’enchaînent pour structurer une aventure trépidante, et le public est rassuré par quelques moments d’illusoire sécurité.
David Paymer commente : « L’humour est une bonne façon d’équilibrer et de dédramatiser l’horreur. Cela décontracte le public. Les gens se disent : « Oh, c’est marrant, on passe vraiment un bon moment. » Et puis la seconde d’après, ils sont terrifiés ! »
Alison Lohman déclare : « J’aime beaucoup la sensibilité de Sam parce que quelle que soit l’émotion qu’il propose, l’humour n’est jamais loin. Son univers est toujours absurde, étrange, drôle et dramatique en même temps. Quelque part, ces éléments se répondent dans une vraie dynamique. »
Greg Nicotero conclut : « Sam a toujours une façon bien particulière de parler des personnages, et il a un immense sens de l’humour. J’ai passé suffisamment de temps avec lui pour savoir qu’il n’a pratiquement aucune limite. Il veut faire vivre une grande expérience au public et lui faire passer un bon moment. Il a ce souci constant et il est prêt à tout pour cela ! »