Réalisme fantastique
Par la mise en scène on devait être proche de la sensation d’un enfant fasciné par l’univers mi-réel, mi-fantastique d’un
conte. L’idée était de faire appel aux souvenirs d’enfance et de garder cette sincérité première du rapport aux histoires.
Un film d’aventure intimiste
Au regard des dessins et de l’histoire, un traitement intimiste s’imposait pour ce qui se passait à l’intérieur de la
maison et de la bibliothèque. Dès qu’on franchissait le pas de la
maison, une véritable aventure plus dynamique devait prendre forme.
Les personnages
On a créé une réelle interaction entre les personnages. Par exemple pour Blanche Neige qui est sur le point de manger sa pomme et les sept nains qui l’en empêchent. Pour Natanaël, je voulais qu’il évolue tout au long du récit. Il s’affirme au fur et à mesure de l’histoire, découvre son destin et sa personnalité. Dans le château, quand il prend l’allumette pour combattre le crabe, il devient un chevalier, il assume pleinement son rôle de héros. C’est là qu’il commence à devenir maître de l’aventure et cette confiance en lui va lui permettre d’accéder à la lecture.
Sound design, musique
Tout au long du récit, on a décidé avec
Christophe Héral d’osciller entre une orchestration sobre, une sorte de thème unique qui revient, joué de manière très épurée, et des orchestrations plus ambitieuses. Au niveau des bruitages, on voulait quelque chose de très naturel, d’organique. Au début, les deux mondes sont séparés, ils sont mis en parallèle. On a traité différemment l’univers sonore d’un même personnage selon les enjeux de la scène et le contexte. Par exemple, le personnage du crabe est à la fois inoffensif dans la première séquence de la plage et devient effrayant et menaçant à l’intérieur du château de sable. Pour les personnages de
contes, on a principalement travaillé sur des froissements de papier. On revient sur des bruitages plus « réalistes» au moment où Natanaël est réduit à leur échelle et rentre dans leur monde. A la fin du film, la solution classique aurait été de retourner au bruitage papier et de séparer encore une fois les deux mondes. Mais on a décidé de garder le traitement sonore « réaliste ». À ce stade, les personnages existent vraiment pour Natanaël. Les deux mondes n’en forment qu’un.
Une histoire universelle
Dans la dernière séquence, lorsqu’on parcourt tous les continents, on entend les contes dans la langue de chaque pays. Cette bibliothèque où vivent toutes les histoires du monde, résonne au delà des frontières et des langues. Ces histoires seront toujours vivantes là où il y aura des gens prêts à les raconter. À la fin, Natanaël et sa sœur s’endorment sur le livre et les histoires continuent dans leurs rêves. C’est le propre des contes et de la lecture.
Dominique Monféry (Propos recueillis par Frédéric Schindler)