Notes de Prod. : L'adieu

    en DVD le 04 Mai 2004

Quelques mots de François Luciani, réalisateur de L’ADIEU

L’Algérie pour la France est une affaire de sang. Impossible de raconter cette histoire sans évoquer le lien affectif, profond, qui nous unit, nous français, au peuple algérien. La colonisation, racontée dans mon film précédent, L’algerie Des Chimeres, proposait une réflexion autour d’un rêve, devenu chimérique, du « mariage de l’orient et de l’occident », mariage forcé, mariage raté. La décolonisation, racontée dans L’ADIEU, marque le divorce de ces deux mondes définitivement antagonistes et nous donne une idée de la violence de cette séparation.
Avec les personnages de L’ADIEU, j’ai voulu montrer l’incroyable dimension tragique de cette histoire. Au-delà des opinions déjà établies, j’ai cherché un regard « balzacien » pour filmer avec une précision toute emprunte de tendresse l’ensemble des communautés hétérogènes que possible que formait la société d’Alger à la veille de l’indépendance : les français d’Algérie, les colons, les algériens pro-français, les algériens nationalistes l’armée française et les harkis, lâchement abandonnés à la vindicte de tous. Je n’ai volontairement pas voulu prendre parti : j’ai préféré au contraire laissé au spectateur le soin et la liberté des se faire lui-même son idée, son opinion.
Au regard d’aujourd’hui et de l’observation des questions qui traversent son société, l’islamisme, les dérives terroristes, les conséquences de ces guerres sont d’une brûlante actualité. C’est pourquoi les interventions contenues dans ce DVD participent d’une réflexion remarquable sur l’évolution de la société française, laïque et démocratique, placée au cœur des débats contemporains.
C’est là, je crois, la force de L’ADIEU : un film libre, actuel, d’aujourd’hui comme de demain, où chacun peut prendre toute la mesure de la violence du sang versé et de la force, si présente, du sang mêlé.